Affichage des articles dont le libellé est Gélinas. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gélinas. Afficher tous les articles

vendredi 4 juillet 2014

De choses et d'autres (9)

Lu dans le journal Les Chutes de Shawinigan du 3 janvier 1951 :
« Un coup d'épée blesse et avec de bons soins, cette blessure se referme et guérit; mais rien ne peut guérir la blessure faite par un coup de langue. »
Dans la même veine, le proverbe :
« Un coup de langue est pire qu'un coup de lance. » 
*****

Il est important de signaler les erreurs que l'on trouve dans les banques de données accessibles en ligne comme BMS2000  pour améliorer le produit.

*****

Deux ouvrages sur la fin de la Nouvelle-France ici

*****

Réflexions d'une adolescente sur Twitter. Souvent drôle, parfois un peu vulgaire.

One More Joke 

- Parents spend 2 years teaching their child to walk and talk and then spend the next 16 years telling them to sit down and shut up
- "Clean your room, guests are coming over." Oh, I’m sorry. I didn’t realize the gathering would be held in my bedroom.


- Why do some couples make their status "single" every time they fight? I don't put "orphan" when I get into fights with my parents.

*****

On appelait garde-moteur les conducteurs de tramway et les conducteurs de train.

*****

jeudi 31 octobre 2013

Thérèse Gélinas ou comment fabriquer une sainte

En 1925, la canonisation de Thérèse de Lisieux (1873-1897) a créé un précédent dans l'Église catholique : une jeune personne pouvait aspirer à la sainteté sans avoir accompli de grandes actions, simplement par la prière et l'obéissance à Dieu. Cette nouvelle théologie dite de La petite voie a suscité une vague d'imitations de la vie de Thérèse de Lisieux.

La « Thérèse de Lisieux » de Trois-Rivières s'appelait Thérèse Gélinas (1925-1934). Son histoire a été racontée par le père Eugène Nadeau O.M.I. qui a écrit plusieurs biographies de religieux. Elle a été publiée par l'Oeuvre Thérèse Gélinas à Trois-Rivières en 1936, soit à peine deux ans après le décès de la fillette, morte d'une hémorragie cérébrale à l'âge de neuf ans.



Becquer le petit Jésus

Les parents de Thérèse, sa mère surtout, l'ont conditionnée très jeune à agir comme son modèle : « ils veulent que leur Thérèse dise sa foi dès le berceau, et cherchent à introduire du divin jusque dans ses premiers gestes et ses premiers bégaiements ... À dix mois : bébé sait tracer seul avec sa menotte le signe de la croix pendant que maman dit les mots...  Elle ne marchait pas encore que, déjà, se mettre à genoux lui était familier... À deux ans : des Jésus elle en voit partout : dans les médailles qu'elle porte à son cou bien en évidence et qu'elle baise au moins dix fois par jour, appelant ça « becquer le petit Jésus »... À trois ans, Thérèse récite le chapelet à la perfection. »




Jésus n'aimera pas Thérèse

Son comportement change un peu à l'extérieur de la maison : « Elle préfère à tout autre milieu l'isolement du sanctuaire familial. Elle n'aime guère prier avec d'autres que ses parents...Un jour, après la grand'messe, Thérèse, bousculée par la foule, a fait sa génuflexion le dos tourné à l'autel. Sa mère, pour éviter de la gêner, fait mine de ne pas s'en apercevoir, mais une fois à la maison lui fait remarquer : « Tu as fait ta génuflexion le dos tourné au petit Jésus, le petit Jésus n'aimera pas Thérèse. » ... « Quand ils n'écoutent pas leur maman, le petit Jésus n'aime pas les petits enfants.»  


Des miracles ?

L'organisation nommée Oeuvre de Thérèse Gélinas a été constituée pour mousser son dossier de canonisation, notamment en distribuant dans les écoles sa biographie et des images pieuses la représentant. Pour être canonisée, une personne doit non seulement avoir mené une vie exemplaire, mais aussi avoir réalisé au moins deux miracles. Or, l'Oeuvre de Thérèse Gélinas n'avait pas grand chose à offrir comme miracle. L'auteur, Eugène Nadeau, rapporte des témoignages de faveurs attribuées à l'intercession de l'enfant, mais rien qui s'approche d'un véritable miracle. Ainsi, il raconte cette anecdote au sujet d'une pièce de 25 sous :


Thérèse Gélinas a été baptisée le 19 mai 1925 à la cathédrale de l'Immaculée-Conception à Trois-Rivières. Elle était l'unique enfant d'Armand Gélinas et de  Marie-Flore Dubé. Après son décès, le  8 décembre 1934, un millier de personnes auraient défilé devant sa dépouille en chambre mortuaire. On n'entend plus parler d'elle aujourd'hui.

mardi 8 octobre 2013

De choses et d'autres (8)

J'ai entendu des personnes de la génération de mes grands-parents, qui sont nées à la fin du 19ième siècle ou au début du 20ième siècle, prononcer curieusement certains mots. Ils disaient, par exemple, orguieux plutôt qu'orgueilleux. Faîtes une recherche sur le mot orguieux et vous allez trouver des citations d'ouvrages littéraires antérieurs à 1700 comme Ysaÿe le Triste, les Œuvres de Froissart ou les Vers sur la mort. 

Ces formes anciennes ont été conservées à la campagne au Canada français pendant plus de deux cents ans, mais je crois que la plupart sont aujourd'hui disparues. Du moins, je n'ai plus entendu prononcer orguieux depuis très longtemps.

 *****

J'ai ajouté des informations sur William Telfer Bald dans Patronymes anglais en Mauricie. Le recensement de 1852 nous apprend qu'il menait grand train à Trois-Rivières.

*****

Étienne Gélineau est un ancêtre bien connu au Québec, en particulier dans la région de la Mauricie où sa descendance est nombreuse. Son patronyme a été déformé en Gélinas.  À ma connaissance, aucun de ses descendants ne porte le patronyme d'origine Gélineau.

Il existe au Québec une souche distincte de Gélineau qui descendent du cordonnier François Gélineau dit Lachapelle. Cette seconde famille, beaucoup moins nombreuse que la première, se retrouve surtout dans la région de Montréal et dans l'Outaouais. Les descendants de François Gélineau ont conservé son patronyme.

Les deux Gélineau étaient Saintongeais. Étienne venait de la ville de Saintes et François, de Saint-Paul de Clion, à une centaine de kilomètres plus au sud.

mercredi 6 mars 2013

De choses et d'autres (4)

- Un démembrement de paroisse est le détachement d'une partie de son territoire pour former une vouvelle paroisse. Ainsi, une famille pouvait changer de municipalité, tout en restant au même endroit. Ces démembrements avaient lieu quand une population relativement importante se trouvait trop loin de l'église. Par exemple, une famille de Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup (aujourd'hui Louiseville) pouvait être détachée à Saint-Léon-le-Grand en 1833 et ensuite à Saint-Paulin en 1847. Un chercheur peut facilement s'y méprendre et interpréter ce changement de paroisse comme un déménagement.

*****

C'est à Saint-Léon-le-Grand, au dix-neuvième siècle, que l'on trouve l'affreuse déformation de Gélinas en Ginas. Quelle en est la cause ? Une mauvaise prononciation ? Un curé négligent, peu au fait de l'histoire de ses paroissiens ? Dans le même genre, on peut mentionner la déformation de Croisetière en Crochetière, probablement due aux mêmes causes.

*****

Ce que je n'aime pas de BMS2000 ? La perte d'informations. La plupart du temps, BMS2000 ne donne que les nom, date et lieu, même si l'acte contient davantage d'informations pertinentes. Un espace, presque toujours vide, est prévu dans les fiches de BMS000 pour ces autres informations. Il faudrait s'en servir. Cette situation s'explique par le fait que la banque de donnée est construite, non pas à partir des registres, mais plutôt à partir des répertoires de baptêmes, mariages et sépultures publiés par les sociétés de généalogie.

Un irritant majeur : les fonctions de mise en tampon et d'impression sont souvent défectueuses. 

Un détail qui m'agace est la disparition, en format imprimable, du crochet qui indique qu'un parent est décédé.

BMS2000 demeure un outil de recherche utile pour trouver un acte, mais qui a grandement besoin d'être amélioré. 

*****

J'ai enfin complété Les commandements du généalogiste en y ajoutant un neuvième et un dixième.


jeudi 15 novembre 2012

Marguerite Gélinas

J'ai trouvé un site intéressant qui relate la vie d'une dame de Shawinigan nommée Marguerite Gélinas (1916-2010).



Elle appartenait à la génération des parents des baby-boomers, ces enfants de familles nombreuses qui ont quitté la campagne pour aller vivre en ville, pendant ou après la deuxième guerre mondiale. La ville pour elle ce fut la haute-ville de Shawinigan, dans les paroisses Saint-Marc et Christ-Roi. Son témoignage fait ressortir le contraste entre son enfance heureuse dans le village de Grandes-Piles sur le Saint-Maurice et sa vie adulte parfois difficile dans un quartier ouvrier.

Sa jeunesse aux Grandes-Piles : « Pour passer le St Maurice, on appelait le traversier, de bord à bord en criant très fort «Traverse!» et le traversier venait nous prendre. »

Une période heureuse en ville : « Les cafétérias marchaient bien et nous avions enfin nos meubles, de beaux objets de valeur et des employées de maison comme Lucie Alexander qui venait de St Roch, Thérèse et d’autres pour s’occuper des enfants. Dans la rue, les gens me saluaient et j’étais heureuse de constater que la vie nous souriait enfin. »

Bien racontée, son histoire est assez représentative de celles des femmes de cette génération, sauf qu'elle a eu trop d'enfants pour le milieu dans lequel elle a vécu, ses horaires de travail et ses conditions de logement. Elle parle d'ailleurs de son découragement lorsqu'elle est tombée enceinte pour la dixième fois.

J'ai découvert en lisant sa biographie qu'elle a tenu une épicerie au coin de la rue Frigon et du boulevard Royal au début des années cinquante. C'était juste en face d'un logement que mes parents ont habité quelques années plus tard. Je me souviens effectivement qu'il y a eu une petite épicerie à cet endroit, on dirait aujourd'hui un dépanneur.


La photographie provient du site en question. Elle n'est pas identifiée, mais je suppose qu'elle représente Marguerite Gélinas jeune. Sa coiffure est typique des années 1930.
 *****

Ajout du 16 novembre 2012: Le monde est petit. Lucille Gélinas, la soeur de Marguerite Gélinas, a épousé Roger Boisvert, le fils de ma grande-tante Alice Lavergne, le  24 juin 1955 dans la paroisse Saint-Marc de Shawinigan. Ils ont vécu dans le même voisinage, sur la rue Giguère, près du boulevard Royal. On retourne cinquante ans en arrière. Au sujet d'Alice Lavergne qui est morte centenaire, voir aussi sur ce blog : Nécrologie.

samedi 29 octobre 2011

Un site sur les Gélinas-Bellemare

La Société historique et généalogique Bellemare a mis en ligne un site d'information nommé Bertpage sur la famille Gélinas-Bellemare. Les responsables sont Bertrand Bellemare webmestre et le généalogiste Roger Bellemare.

J'ai examiné un peu les informations qu'on y trouve et ce site me semble fiable et bien fait.  Il s'est écrit tellement de sottises sur le web, au sujet de la prétendue origine juive de l'ancêtre Étienne Gélineau, qu'on en devient méfiant! En fait, cet ancêtre de la Saintonge appartenait à une famille de paysans, des laboureurs. Il a exercé plusieurs métiers avant d'émigrer, dont celui de sargier (vendeur de serge), ce qui ne fait pas de lui un juif pour autant.

Les auteurs présentent une hypothèse sur l'origine du surnom Bellemare qui viendrait de "belle mer" (bella mare en latin). Ce nom est assez répandu en Normandie. La mère de Jean-Baptiste Gélinas dit Bellemare, Françoise Charmesnil qui était originaire de Rouen en Normandie, lui aurait donné ce surnom.

Le site Bertpage présente aussi des informations sur les familles Béland de la Mauricie.

dimanche 23 octobre 2011

Soldats de la première guerre mondiale

On trouve sur le site Voici ma famille une banque de données qui contient les formulaires de recrutement des soldats de la première guerre mondiale, en vertu de la Loi sur la conscription de 1917. En voici un exemple, celui de Philippe Gélinas, natif de Saint-Barnabé :

Il est né le 7 février 1895 à Saint-Barnabé et habitait la paroisse de Guigues. Sa mère se nommait Aurore. Il était fermier, célibataire, de religion catholique. Il avait 23 ans et 7 jours, mesurait 5 pieds 3 pouces et demi, avait un tour de poitrine de 37 pouce en expansion. Son teint était foncé, ses yeux bruns et ses cheveux bruns. Il avait les pieds plats et deux cicatrices : une grosse sur le dessus de la main gauche et l'autre sur la cuisse droite.

Selon BMS2000, on trouve au registre de Saint-Barnabé-Nord, le baptême de Joseph Philippe Gélinas né le 7 février 1895, fils d'Hormidas Gélinas et d'Aurore Rivard. Le prêtre a noté dans la marge que Philippe Gélinas s'est marié deux fois : avec Marie-Anne Lafrenière le 29 décembre 1919 et avec Diane Cadotte le 14 décembre 1972.

Beaucoup de renseignements pour très peu d'efforts.

Familles pionnières du canton Shawenegan

Nous avons vu dans un message précédent qu'au recensement de 1851, effectué en janvier 1852, 19 familles étaient déjà établies dans le Canton Shawenegan, qui correspond au territoire actuel de Saint-Boniface de Shawinigan. Voici la liste de ces familles avec les  quelques informations que j'ai trouvées sur chacune d'elles :

Beaulieu (Hudon dit), Jean et Élisabeth Bournival mariés le 16 novembre 1847 à Saint-Barnabé-Nord. Elle s'est mariée à 14 ans  Ils avaient 2 enfants au recensement de 1852 dans le canton Shawenegan. Jean Hudon est décédé le 15 février 1853, à l'âge de 33 ans. Son acte de sépulture est au registre de Saint-Barnabé-Nord. Élisabeth Bournival s'est remariée avec Romuald Beauchemin le 24 octobre 1854 à Saint-Barnabé. Elle est décédé 6 mois plus tard, à Shawenegan, le 27 mars 1855 à l'âge de 22 ans. Son acte de sépulture a été enregistré à Saint-Barnabé-Nord.

Bellemare, Isaac et Julie Gélinas mariés le 16 septembre 1828 à Yamachiche. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 8 enfants tous nés à Saint-Barnabé-Nord. Isaac Bellemare était alors âgé de 53 ans, ce qui était un peu vieux pour commencer une nouvelle vie dans un pays de colonisation. Mais il avait quatre garçons à établir : Isaac (20 ans), Joseph (19 ans), Adolphe (17 ans) et Onésime (10 ans) pour qui il fallait trouver des terres.  Isaac Bellemare est décédé le 20 décembre 1867 à Saint-Boniface.

Boisvert, Raphaël et Marguerite Milet mariés le 25 février 1851 à Yamachiche. Ils n'avaient pas encore d'enfant au moment du recensement de janvier 1852. Le 19 octobre 1853, ils font baptiser à Saint-Barnabé-Nord une fille prénommée Élisabeth née la veille à Shawenegan. Raphaël Boisvert est décédé à Shawenegan le 22 juillet 1854, à l'âge de 23 ans. Il a été inhumé à Saint-Barnabé-Nord. Sa veuve s'est remariée avec Charles Doucet le 4 février 1856 à Yamachiche. Ils se sont établis à Saint-Étienne-des-Grès où ils ont fait baptiser 4 enfants entre 1857 et 1863. Marguerite Milet a été inhumée à Saint-Étienne le 9 mai 1884, à l'âge de 68 ans.

Caron, Louis et Elmire Dugré mariés le 14 octobre 1839 à Saint-Barnabé-Nord. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 3 enfants avec eux, tous nés à Yamachiche : Olivier (12 ans), Stéphanie (7 ans) et Caroline (4 ans). Ils avaient vécu quelques années à Saint-Grégoire de Nicolet après leur mariage. Louis Caron est décédé le 13 décembre 1888 à Saint-Boniface, à l'âge de 80 ans. Sa femme est morte onze mois plus tard, le 8 novembre 1889 à Saint-Boniface.

Caron, Louis-Solyme et Josephte Lacerte mariés le 25 février 1835 à Yamachiche. Curieusement, la femme de Louis-Solyme, n'a pas été inscrite au recensement de janvier 1852. C'est probablement une omission du recenseur. Ils avaient alors 8 enfants dont les 7 premiers sont nés à Yamachiche et Saint-Barnabé-Nord. Leur plus jeune Cyriac, âgé de 8 mois, a été le premier enfant né au Canton Shawinigan, le 9 mai 1851. Louis-Solyme Caron est peut-être arrivé dès 1850. Il est généralement considéré comme un des premiers colon de Saint-Boniface avec Augustin (Justin) Gélinas. Louis-Solyme Caron est décédé le 27 juillet 1891 à Saint-Boniface, à l'âge de 80 ans. En décembre 1890, selon le recensement paroissial effectué par le curé Charles Bellemare, Louis-Solyme vivait avec sa fille Marie, son gendre Olivier Lampron et leurs sept enfants.

Charest, Paul et Émerance Lafrenière mariés le 5 octobre 1840 à Saint-Léon-le-Grand. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 3 enfants nés à Saint-Léon-le-Grand et Saint-Paulin dans le comté de Maskinongé. Il n'y avait plus de Charest à Saint-Boniface au recensement paroissial de décembre 1890. Paul Charest est décédé, à l'âge de 80 ans,  le 30 avril 1896 à Saint-Léon-le-Grand dans le comté de Maskinongé.

Dugré, Olivier et Marie Landry. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 4 enfants tous nés à Saint-Barnabé-Nord. Selon l'album À propos de Saint-Boniface de Shawinigan, Olivier Dugré s'est établi sur le lot 4 du cinquième rang au printemps 1851 et il a exploité une industrie de potasse qui a été reprise par son fils Louis. Olivier Dugré est décédé le 29 mai 1876 à Saint-Boniface, à l'âge de 52 ans.

Dugré, Théophile et Émilie Milette mariés le 18 juin 1844 à Yamachiche. Ils ont eu un premier enfant, une fille prénommée Émilie, à Saint-Barnabé-Nord. Leur deuxième enfant, prénommé Auguste, est né à Shawinigan. Théophile Dugré était le beau-frère de Louis Caron (voir plus haut). Il est décédé le 6 août 1893 à Saint-Boniface à l'âge de 68 ans. Au recensement paroissial de Saint-Boniface, en décembre 1890, il vivait avec sa femme Émilie et hébergeait deux veuves : Félicité Martin, veuve d'Olivier Rivard, et Marcelline Hamel, veuve de François-Xavier Leclerc.

Gélinas, Abraham et Luce Audet-Lapointe mariés le 13 janvier 1835 à Yamachiche. Ils avaient 4 enfants au recensement de 1852, tous nés à Yamachiche. Luce Audet-Lapointe est décédée l'année suivante, le 6 juin 1853 à Shawenegan. Son décès a été inscrit au registre de Saint-Barnabé-Nord. Abraham Gélinas est décédé le 9 janvier 1878 à l'âge de 71 ans, à Saint-Mathieu qui était alors une mission relavant de la paroisse de Saint-Boniface.

Gélinas, Augustin, surnommé Justin, et Adélaïde Bellemare mariés le 31 juillet 1832 à Yamachiche. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 7 enfants tous nés à Yamachiche. Selon l'album À propos de Saint-Boniface de Shawinigan, Augustin Gélinas aurait obtenu sa concession du lot 2 du sixième rang le 17 mars 1850. Il est considéré comme le plus ancien colon de Saint-Boniface avec Louis-Solyme Caron. Justin Gélinas est décédé le 23 mars 1884 à Saint-Boniface, à l'âge de 78 ans.

Gélinas, Isaac et Domithilde Dupont mariés le 13 janvier 1852 à Yamachiche. Isaac s'est marié sous le prénom de Georges. Selon l'album À propos de Saint-Boniface-de-Shawinigan, Isaac Gélinas s'est établi sur le lot 118 du quatrième rang vers 1852. Ils ont été recensés à Sain-Boniface en décembre 1890 avec trois enfants adultes célibataires.

Gélinas, Louis et Félicité Desaulniers mariés le 25 aoüt 1851 à Louiseville. Ils n'avaient pas encore d'enfant au recensement de janvier 1852. Félicité Desaulniers est décédée le 1er décembre 1885 à Trois-Rivières. Leurs enfants se marient dans cette ville dans les années 1880-1890.

Gélinas, Thomas et Marie Rivard-Dufresne mariés le 22 octobre 1838 à Saint-Barnabé-Nord. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 7 enfants tous nés à Saint-Barnabé-Nord. Leur fille Philomène a épousé Louis-Onésime Caron, fils de Louis-Solyme et de Marie-Josephte Lacerte, le 2 août 1858 à Saint-Étienne-des-Grès. Marie Rivard-Dufresne est décédée à Saint-Boniface le 6 février 1880, à l'âge de 61 ans.

Jalbert, Pascal et Angèle Gagnon mariés le 24 avril 1843 à Yamachiche. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 6 enfants tous nés à Yamachiche. Il n'y avait plus de Jalbert à Saint-Boniface au recensement paroissial de décembre 1890. On les retrouve dans le comté de Nicolet dans les années 1860-1870.

Lafrenière, François et Adélaïde Gignac mariés le 27 mai 1833 à Saint-Barnabé-Nord. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 6 enfants tous nés à Saint- Barnabé-Nord. Ils ont quitté le canton pour Maniwaki dans le comté de Gatineau où leurs enfants se marient dans les années 1860.

Lefebvre-Boulanger, Gabriel et Angèle Gélinas mariés le 25 février 1840 à Yamachiche : 4 enfants. Gabriel Lefebvre était le beau-frère de Justin Gélinas (voir plus haut). Gabriel Lefebvre-Boulanger est décédé le 18 février 1878 à Saint-Boniface. Leur fille Olivine, épouse de Benjamin Rabouin, a été recensée à Saint-Boniface en décembre 1890.

Magnan, Jean-Baptiste (père) et Marie-Rosalie Lamoureux mariés le 18 janvier 1813 à Saint-Cuthbert dans le comté de Berthier. Ils ont quitté le canton peu de temps après le recensement. On les retrouve ensuite dans le comté de Maskinongé.

Martin, Louis et Émilie Pellerin mariés le 3 février 1846 à Yamachiche. Ils ont été recensé avec une fille de 4 mois née à Shawinigan le 31 aoüt 1851 et baptisée le 1er septembre à Trois-Rivières. Ils se sont établis dans le quatrième rang. Louis Martin a vendu sa terre à Olivier Lampron de Saint-Sévère le 12 décembre 1862, devant le notaire Uldéric Brunelle (voir L'arrivée d'Olivier Lampron à Saint-Boniface sur ce blog). On retrouve ensuite la famille Martin aux Piles.

Rivard-Dufresne, Jean-Baptiste et Mariane Gélinas mariés le 11 février 1842 à Saint-Barnabé-Nord. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 4 enfants tous nés à Saint-Barnabé-Nord. Jean-Baptiste Rivard-Dufresne était le beau-frère de Thomas Gélinas (voir plus haut). Je ne sais pas ce qu'il est advenu d'eux. Ils n'ont pas été recensés à Saint-Boniface en janvier 1890.

Voir aussi sur ce blog La population du Canton Shawenegan en 1852.

Les photos sont tirées de l'album souvenir À propos de Saint-Boniface de Shawinigan.

vendredi 22 avril 2011

Le premier-né de Yamachiche

Dans un pays de colonisation, la naissance d'un premier enfant est un événement important. En 1704, Yamachiche ne comptait que quelques familles nouvellement établies à l'embouchure des rivières sur le bord du Saint-Laurent. Il y avait des Lesieur et des Gélinas, dont les descendant se sont disputé l'honneur d'appartenir à la plus ancienne famille du lieu. Deux historiens de Yamachiche, François Lesieur-Desaulniers et Raphaël (Gélinas-)Bellemare ont entretenu une polémique à ce sujet, chacun soutenant que sa propre famille était arrivée la première.

Photo : Adrienne

Dans Les vieilles familles d'Yamachiche publié en 1898, François  Lesieur-Desaulniers écrit "les membres de la famille Lesieur-Desaulniers seront heureux de lire ce qui suit :
"L'enfant que l'on présente sur les fonds baptismaux est Marie-Françoise Lesieur, fille de Charles Lesieur (les registres disent Pierre) et de Marie-Charlotte Rivard. On est au 4 mai 1705, mais l'enfant est né le premier novembre 1704 ; il a été ondoyé, à la maison paternelle. En y réfléchissant, nous nous rendons bien compte de ce qui s'est passé : l'enfant est né aux jours froids de l'automne, et ce n'est qu'aux premiers beaux jours du printemps, et à l'ouverture de la navigation, qu'il a été possible de le porter aux Trois-Rivières, pour faire suppléer les cérémonies du baptême et pour faire entrer son nom aux registres.
 
Marie-Francoise Lesieur est la première enfant qui soit née à Yamachiche."

D'après mes notes tirées du registre de Trois-Rivières, le premier-né de Yamachiche était plutôt un Gélinas. En effet, on trouve en date du 19 octobre 1704 : 
"Baptême d'Étienne Gélinas, à la maison à Agmachiche, sous condition, ondoyé en cas de nécessité par Pierre Gélinas, né le 8 du même mois, fils d'Étienne Gélinas et de Marguerite Benoist."
Le petit Gélinas est donc arrivé 3 semaines avant la petite Lesieur. L'honneur familial est ainsi partagé : le premier garçon aux Gélinas et la première fille aux Lesieur.

Ces actes de baptême montrent bien l'isolement dans lequel se trouvaient les premiers colons de Yamachiche en 1704. Étienne, né le 8 octobre, a été baptisé 11 jours plus tard à Trois-Rivières, tandis que Marie-Françoise, née le 1er novembre, n'a été baptisée que 6 mois plus tard à Trois-Rivières.  Qu'est-il arrivé entre le 19 octobre et le 1er novembre 1704 ? Probablement la neige et la glace qui ont interrompu la navigation côtière sur le fleuve Saint-Laurent, isolant les premiers habitants de Yamachiche du reste de la colonie pendant 5 ou 6 mois.

vendredi 8 avril 2011

Le prénom rime avec Gélinas

Angélina est un joli prénom. Très féminin. Mais il perd un peu de son charme lorsqu'il précède le nom de famille le plus répandu en Mauricie. Il faut cependant admirer la perfection de la rime :
  • Angélina Gélinas, fille d'Onésime et d'Oliva Lamy. a épousé Isaïe Guillemette, fils de Benjamin et de Philomène Lacerte, le 10 janvier 1905 à Saint-Sévère.
  • Angélina Gélinas, fille de Thomas et d'Agnès Lamy, a épousé Fernando Lord, fils de Joseph et d'Oliva Boisvert, le 4 octobre 1909 à Saint-Boniface de Shawinigan.
  • Angélina Gélinas, fille d'Élie et d'Annie Hill, a été recensée en 1891 à Saint-Boniface de Shawinigan.
Célina était un prénom très courant mais quand même étonnant pour une Gélinas. La rime est un peu moins riche :
  • Célina Gélinas, fille d'Alexis et de Louise Landry, a épousé Pierre Lampron, fils de Jean-Baptiste et de Louise Hangard-Lapolice, le 23 juillet 1864 à Saint-Sévère.
  • Célina Gélinas, fille d'Antoine et de Célina Blais, a épousé Amédée Boucher, fils de Léger et de Lucie Aubry, le 16 février 1881 à Saint-Barnabé.
  • Célina Gélinas, fille de Georges et d'Élisabeth Gélinas, a épousé Adélard Déziel, fils de Joseph et de Zélia Lavergne, le 6 novembre 1900 à Saint-Sévère.
  • Célina Gélinas, fille d'Onésime et d'Olivine Lesieur, a épousé Louis Grenier, fils d'Édouard et d'Élisabeth Lesieur, le 27 octobre 1902 à Saint-Sévère.
  • Célina Gélinas, fille de Pierre-Étienne et de Domithilde Bellemare, a épousé Arsène Bellemare, fils d'Eusèbe et d'Appoline Bellemare, le 7 janvier 1884 à Saint-Barnabé.
  • Célina Gélinas, fille de Joseph et de Sophie Lord, a épousé Prime Pelletier, fils de Paul et de Marie-Josephte Godin, le 28 septembre 1880 à Saint-Boniface de Shawinigan.
  • Célina Gélinas, fille d'Honoré et de Lucie Déziel, a épousé Majorique Gélinas, fils de Charles et de Lucie Melançon, le 29 avril 1872 à Saint-Sévère.
  • Célina Gélinas, fille de Jean-Baptiste et d'Adèle Caron, a épousé Pierre Rivard le 22 février 1880 à Saint-Boniface de Shawinigan.
Dans la même veine, quelques Adélina Gélinas :
  • Adélina Gélinas, fille de Joseph et d'Adéline Bellemare, a épousé Onésime Dugré, fils d'Olivier et de Marie Landry, le 9 avril 1872 à Saint-Boniface de Shawinigan.
  • Adélina Gélinas, fille de Paul et d'Oliva Milot, a épousé Thomas Lacerte le 23 novembre 1914 à Saint-Sévère.
  • Adélina Gélinas, fille d'Élie et d'Annie Hill, a été recensée en 1891 à Saint-Boniface de Shawinigan. Elle était la soeur de la troisième Angélina Gélinas mentionnée plus haut.

vendredi 29 octobre 2010

Le cousin Gratien déclamait

Le dramaturge Gratien Gélinas (1909-1999) était apparenté aux Lampron de Saint-Boniface-de-Shawinigan par sa grand-mère paternelle Dina Lampron qui était la fille d'Olivier et d'Anasthasie Gélinas (voir L'arrivée d'Olivier Lampron à Saint-Boniface).

Dina Lampron a épousé Joseph "Jos" Gélinas le 21 avril 1879 à Saint-Boniface. Ils sont allés vivre dans la paroisse voisine de Sainte-Flore dans le secteur de Glenada (aujourd'hui Shawinigan-Nord). Jos Gélinas et sa femme aimaient recevoir la parenté dans le temps des Fêtes. Ils organisaient des veillées dans la tradition au cours desquelles chacun faisait son numéro. Béatrice Lampron (1904-1985) racontait que son  jeune cousin Gratien déclamait (du théâtre ?) comme d'autres jouaient d'un instrument ou interprétaient une chanson à répondre. C'était l'Ovide Plouffe du roman de Roger Lemelin.

mercredi 12 mai 2010

L'école du quatrième rang

La dernière école du  quatrième rang de Saint-Boniface de Shawinigan  a été construite en 1935.  Elle était située du côté sud du chemin St-Onge après la voie ferrée, sur un terrain qui avait été prêté par  M. Adélard Boucher. La photo montre un petit édifice carré d'une vingtaine de pieds de façade  avec de grandes fenêtres. Il y avait deux pièces seulement : la classe des petits au rez-de-chaussée et celle des grands à l'étage. 

L'école du quatrième rang a été fermée en 1957 alors que les élèves du rang et ceux du boulevard Trudel ont été regroupés à l'école Saint-Pierre nouvellement construite.

La classe des petits en 1941. Première rangée, de gauche à droite : Liliane Lavergne, Lise Lampron, Gisèle Lavergne, Pierrette Lampron, Huguette Gélinas, Jacqueline Chainé, Jacqueline St-Onge et Marcel Flageol. Deuxième rangée : Solange Lampron, Irène Chainé, Colette Gélinas, Lucille Chainé, Clémence Gélinas, Gaétane St-Onge et Jean-Claude Lavergne. Troisième rangée : plusieurs enfants sont cachés. Les trois garçons habillés en blanc derrière à droite sont Bernard St-Onge, Robert Chainé et Fernand Gélinas.

La classe des grands en 1943. Première rangée : Irène Chainé, Solange Lampron et Pauline Gélinas. Deuxième rangée : Guy Lampron, Jean-Claude Lavergne, Marcel Flageol et Jean Gélinas. Troisième rangée : Lucille Lacerte, Françoise St-Onge, Cécile Gélinas, Thérèse Gélinas, Ange-Aimé St-Onge et Réal Lampron.

mercredi 7 avril 2010

Familysearch (2)

 (mise à jour le 15 août 2011)

J'ai publié le 22 mars dernier un article sur les trouvailles que j'ai faites sur le site de Familysearch qui rend disponibles gratuitement des images de documents anciens (recensements, listes de mariages, certificats de naissance, certificats de décès) des résidents des États-Unis. C'est un  instrument de recherche fantastique  pour ceux qui s'intéressent à la généalogie des familles franco-américaines.

Voici donc la suite de l'article du 22 mars dernier. Aux 7 familles qui avaient alors fait l'objet de recherches dans Familysearch s'ajoutent les suivantes :

 8. Élie St-Onge, Agnès Bellemare et Melinda Martell à Menominee MI
 9. Onésime Gélinas et Victoria Houle à Nashua NH
10. Pierre Gélinas et Agnès Caron à Chicopee Mass
11. Adélard Gélinas et Séverine Gélinas à Manchester NH
12. Édouard Gélinas et Louise Fréchette à Manchester NH
13. Adélard Boucher et Joséphine Gélinas à Manchester NH


8. Élie St-Onge, Agnès Bellemare et Melinda Martell  dans le Michigan

Des recherches sur ce site - voir l'article du 22 mars - avaient permis de trouver des informations sur deux frères St-Onge de Saint-Paulin, les fils de François Martineau-Saintonge et de Josephte Allard  :
  • Le forgeron Désiré St-Onge, époux de Zoé Milette, apparaît d'abord à  Woonsockett dans le Rhode Island puis à New Bedford dans le Massachusetts.
  • Son frère cadet François St-Onge, époux de Caroline Paquin, était épicier à Lowell dans le Massachusetts.
J'ai trouvé des documents sur un troisième fils du même couple prénommé Élie, époux de Melinda Martell, qui s'est établi dans le comté de Menominee dans le Michigan. Le comté de Menominee est voisin de celui d'Oconto dans le Wisconsin. Une rivière les sépare. Or, on sait que Désiré St-Onge, le forgeron, était à Oconto vers 1868-1869. Les frères St-Onge sont peut-être allés travailler ensemble dans cette région où Élie se serait établi par la suite.

En 1900, la famille d'Élie St-Onge et de Melinda Martell a été recensée dans le canton de Meyer  dans le comté de Menominee. Ils vivaient sur une ferme. Élie a 54 ans (né en octobre 1845) et sa femme Melinda  a 33 ans (n. février 1867). Ils sont mariés depuis 11 ans. Les deux sont nés au Canada. Élie déclare être arrivé aux États-Unis en 1878 et Melinda en 1870. Élie sait lire et écrire mais sa jeune femme est analphabète.

Le canton de Meyer s'est développé, à compter de 1878, grâce à l'industrie forestière. Un moulin à scie appartenant à Mr C.J.L. Meyer de Fond du Lac dans le Wisconsin transformait les cèdres et les pins des forêts environnantes. Des cultivateurs, comme Élie St-Onge, s'installaient ensuite sur les terres ainsi déboisées. Aujourd'hui, l'industrie forestière a disparu et le canton de Meyer ne compte plus qu'un millier d'habitants dont la plupart habitent dans le village de Hermansville.

Élie et Melinda se sont mariés le 3 juin 1889 à Spalding dans le comté de Minominee. Élie, fils de Frank St-Onge et de Joséphine Allard, était veuf mais le nom de sa première femme n'est pas indiqué. Les enregistrements de mariage dont il sera question plus loin nous donnent son nom: Agnès Bellemare.  Agnès est décédée le 26 novembre 1887 à  l'âge de 32 ans. Melinda Martell était la fille d'Alex Martell et de Vadit Bicatt. À Menominee, les noms francophones étaient affreusement déformés. Il s'agissait probablement d'une famille Martel du Québec dont la mère s'appelait  peut-être Picard. 
 
Les documents relatifs à la famille d'Élie St-Onge sont relativement nombreux; en plus des recensements de 1880, 1900 et de 1920, j'ai trouvé 8 enregistrements de naissance, un certificat de décès et 5 enregistrements de mariages. Ces informations permettent de reconstituer, partiellement,  une très grande famille de 17 enfants issus de 2 lits :

- Enfants d'Élie St-Onge et d'Agnès Bellemare :
  • Margaret (Maggie) née en 1873 dans le Michigan. Elle a épousé Joseph Janguay, probablement Tanguay, le 1er juin 1896 à Spalding dans le comté de Menominee.
  • William né en 1875 dans le Michigan.
  • Emma née en 1878 dans le Michigan
  • Lester F. né en octobre 1882. Marié à une femme prénommée Emma. Décédé le 12 octobre 1936 à Electron dans le comté de Pierce, Washington.
  • John né le 5 août 1884 à Spalding, comté de Menominee, Michigan. Marié le 22 novembre 1909 à Nadeau dans le comté de Menominee.
  • Edmond W. né en septembre 1886.
- Enfants d'Élie St-Onge et de Melinda Martell :
  • Harry né en juin 1890.
  • Herman né en septembre 1891.
  • Élie né le 9 février 1892 à Meyer twp dans le canton de Menominee MI.
  • Samuel né le 4 novembre 1894 à Meyer twp.
  • Albert né en juillet 1896.
  • Leo né le 7 mars 1898 à Meyer twp.
  • Agnès née en 1901. Elle a épousé John Radman le 9 juillet 1923 à Hermansville, comté de Menominee, MI.
  • Archie né le 5 mars 1902 à Hermansville, comté de Menominee MI.
  • Harvey né en 1904 au Michigan.
  • Edna née en 1906 au Michigan.
  • Yvan né en 1909 au Michigan.
Élie St-Onge et sa femme Melinda vivaient encore dans le comté de Menominee au recensement de 1920. Élie était alors âgé de 74 ans et Melinda 53 ans. Ils avaient encore 6 enfants avec eux à la maison.

À noter : Une autre famille dont le chef s'appelait Ely St.Onge (né en 1833 au Canada) a été recensée dans le canton de Spalding du comté de Menominee en 1880. Son épouse s'appelait Delia. (née en 1840 à New York). Ce deuxième Élie était plus âgé que celui qui nous intéresse et n'apparaît plus au recensement de 1900.  Il faut prendre garde à ne pas confondre les deux familles.


9. Onésime Gélinas et Victoria Houle dans le New Hampshire

Onésime Gélinas (né en 1838 au Canada) et Victoria Houle (née en 1842 au Canada) ont enregistré 3 naissances à Nashua dans le New Hampshire. C'était une petite ville industrielle où la Nashua Manufacturing Company exploitait des usines de coton grâce à l'énergie hydroélectrique. En 1893, Onésime Gélinas travaillait dans une fabrique de boîtes (box factory). Voici les 3 naissances qui ont été enregistrées à Nashua :
  • Thomas Gélinas né le 29 octobre 1893.
  • Flavie Marie Gélinas née le 19 février 1896.
  • Joseph Alphonse Gélinas né le 9 septembre 1899. Le certificat de naissance de Joseph Alphonse indique qu'il était le treizième enfant du couple.
Ils n'ont pas été recensés aux États-Unis en 1900. Je ne trouve plus aucune mention de cette famille après la naissance de Joseph Alphonse en 1899.

Onésime Gélinas et Victoria Houle se sont mariés le 23 septembre 1878 à Saint-Barnabé-Nord dans le comté de Saint-Maurice. On les retrouve ensuite à Sainte-Flore dans le comté de Champlain où ils ont fait baptiser 5 enfants entre 1881 et 1889. 


10. Pierre Gélinas et Agnès Caron dans le Massachusetts

L'article sur Familtsearch du 22 mars dernier présentait des informations sur trois enfants de Louis-Solyme Caron et de Marie-Josephte Lacerte de Saint-Boniface-de-Shawinigan :

  • Marie Caron et son mari Olivier Lampron à Manchester
  • Onésime Caron et Philomène Gélinas aussi à Manchester
  • Cyriac Caron et Anaphlète Lamy à Chicopee, Mass
Une quatrième enfant du même couple, Agnès Caron, est décédée le 15 avril 1913 à Chicopee dans le Massachusetts. Elle était âgée de 67 ans et veuve de Pierre Gélinas. Elle était domiciliée au 81 School Street à Chicopee.


11. Adélard Gélinas et Séverine Gélinas à Manchester

Adélard Gélinas, fils de Frédéric et de Domithilde Lavergne, et Séverine Gélinas, fille d'Alphonse et de Mérélice Grenier, se sont mariés à Saint-Sévère dans le comté de Saint-Maurice le 11 septembre 1894. L'été suivant, on les retrouve à Manchester dans le New Hampshire où ils enregistrent la naissance de leur premier enfant. Adélard Gélinas exerce alors le métier de "mill operative". J'ai trouvé trois enregistrements de naissance au nom de ce couple à Manchester :

  • Amédée né le 17 juillet 1895;
  • Rosa née le 16 décembre 1897;
  • Florido né le 8 décembre 1900.
Les enregistrements indiquent que Rosa était le troisième enfant du couple et Florido le cinquième. Il y aurait donc eu deux autres naissances entre 1895 et 1900, soit en 1896 et en 1898 ou 1899. On retrouve dans les registres de la Mauricie les mariages de deux autres filles du couple :

  • Irène mineure à son mariage avec Maxime Lessard (Léandre et Mézélée Milette) le 26 juin 1929 à Charette.
  • Mathilda mineure à son mariage avec Onésime Déziel (Onésime, Louise Lesieur) le 27 juillet 1915 à Saint-Sévère.

12. Édouard Gélinas et Louise Fréchette à Manchester

Ce couple a enregistré la naissance de son quatorzième enfant, prénommé Gilbert, le 12 août 1899 à Manchester dans le New Hampshire. Édouard Gélinas travaille comme "laborer". Ils sont tous les deux âgés de 45 ans.

Édouard Gélinas, fils de Paul et d'Adélaïde Robert, et Louise Fréchette, fille de Zéphirin et de Félicité Rivard, se sont mariés le 13 juillet 1876 à Saint-Léon-le-Grand dans le comté de Maskinongé. Édouard Gélinas était cultivateur à l'époque de son mariage.


13. Adélard Boucher et Joséphine Gélinas à Manchester

Adélard Boucher, fils d'Isaac et d'Honorat Bellemare, et Joséphine Gélinas, fille de Majorique et de Célina Gélinas, se sont mariés le 3 avril 1894 à Saint-Élie-de-Caxton dans le comté de Saint-Maurice. Quatre ans plus tard, soit le 12 août 1898, ils enregistrent la naissance de leur troisième enfant, une fille prénommée Marie Yvonne Angélina, à Manchester dans le New Hampshire. Adélard Boucher âgé de 25 ans travaille comme "mill operative". Sa femme est âgée de 21 ans seulement.


Voir aussi sur ce blog : Familysearch

mercredi 20 janvier 2010

Une dévote

Odélie Gélinas (1858-1930) de Saint-Boniface près de Shawinigan, était une femme très pieuse. On raconte dans la famille qu’elle s’était destinée depuis l’enfance à entrer en religion mais que sa vocation avait été remise en cause quand Elzéar Bourassa, son futur époux, l’avait demandée en mariage. Ils se sont mariés le 16 mai 1876 à Saint-Boniface. Odélie avait alors dix-sept ans seulement. Ils ont eu quatorze enfants. La photo suivante montre Odélie Gélinas assise devant deux de ses filles religieuses : Almida, soeur de la Providence, et Maria, adoratrice du Précieux-Sang.




Sa ferveur religieuse s’était accrue après la naissance de ses enfants, à un point tel que ses proches s’en inquiétaient. Sa fille Angélina (1890-1979), qui était carmélite, écrivait en 1939 : « Durant les quelques vingt dernières années à ma connaissance, elle menait une vie vraiment religieuse, ayant ses heures de silence, de lecture pieuse d’oraison. Si elle en était empêchée le jour, elle faisait ses pieux exercices la nuit… Sous son habit de femme du monde elle portait un rude cilice. Et cela avec tant de discrétion qu’il fallait être très perspicace pour le découvrir… Un jour, effrayée de ses pénitences, j’allai m’en plaindre à Mr. Le Curé J.E. Héroux, il me répondit : Ma petite fille, nous ne pouvons pas nous opposer aux desseins du Bon Dieu. Ta mère n’est pas une femme ordinaire, c’est clair que c’est le Saint-Esprit qui la dirige. »

Odélie Gélinas s’exprimait mieux que des gens plus instruits. Sa fille Angélina y voyait la preuve qu’elle était habitée par le Saint-Esprit. Elle écrivait en 1939 : « Oui je comprend aujourd’hui que c’était véritablement le Saint-Esprit qui était son Guide et son Maître. Elle n’avait pas d’instruction et pourtant avec quelle facilité elle me parlait des choses spirituelles auxquelles je ne comprenais rien alors. Et maintenant, quelle humilité : que de fois elle m’a demandé en pleurant de prier pour elle disant qu’elle n’aimait pas le Bon Dieu, qu’elle était lâche à son service. »

J'ai de la difficulté à croire qu'elle n'avait aucune instruction. Son projet était d'entrer en religion; elle avait donc dû étudier dans un couvent avant de se marier à l'âge de 17 ans. Si c'est le cas, elle pouvait avoir fait l'équivalent d'un secondaire 4 ou 5 aujourd'hui. Quant à son talent, j'y verrais davantage l'effet d'une intelligence exceptionnelle que l'intervention du Saint-Esprit. Mais c'est une question de foi. Qu'on en juge par la lettre qu'elle écrivait en mai 1918 à son fils Antoni qui s'était réfugié chez les Pères Oblats de Marie-Immaculée pour échapper à la conscription :


"Mon bien cher enfant,

C’est ta mère cher Antoine qui franchit le seuil du Monastère pour baiser son fils chéri. Cher enfant c’est donc bien vrai que tu nous a quittés pour suivre ton Jésus. Tu avais entendu son appel au fond de ton cœur, mais un peu lent pour correspondre à ta sublime vocation. Voilà qu’aujourd’hui, temps bien sombre pour la jeunesse, de nombreux obstacles se présentaient sur ta route, et qui semblaient se multiplier davantage à mesure que grandissait ton désir d’être tout à Jésus et à Marie. Fauchée par cette terrible guerre, ta vocation était perdue!… Mais grâce à tes prières, à tes rosaires peut-être? La Sainte Vierge arriva à temps te chercher, pour t’abriter sous le mante de son divin Fils. Oh oui, nous voyons en tout cela l’ouvrage de Marie. « Quiconque l’aime ne peut périr ». Tu l’as beaucoup aimée, mais comme tu es bien récompensé! Ton départ imprévu a broyé mon cœur de mère! Mais au milieu de mes larmes, je ne puis que bénir le Ciel de t’avoir choisi pour « fidèle serviteur de Marie-Immaculée ». Tu as, cher enfant, choisi la meilleure part. Le sacrifice de la séparation est déchirant pour des parents, mais ces sacrifices que le bon Maître nous impose sont bien doux comparé à ceux de tant d’autres de nos jours. Le bon Dieu ne m’en voudra pas je l’espère, pour pleurer le départ de mon cher enfant. N’est-ce pas Lui qui a fait des ses mains divines le cœur d’une mère et qui l’a rempli de tant d’amour et de tant de tendresse? N’a-t-il point pleuré lui-même la perte d’un ami? Il est vrai que tu n’es perdu pour moi, mon cher enfant, et que, du fond de ton Monastère, ton amour pour ta mère ne fera que s’accroître. Que de choses n’obtiendras-tu pas pour ta mère et ton père de ce Cœur blessé d’amour et de l’Immaculée Marie. Dans mes ennuis, quand la tristesse envahit mon âme, j’accours me réfugier dans le Sacré-Cœur. C’est au pied de la croix que nous déposons tout; c’est là que nous trouvons la force, la consolation; c’est là aussi que nous te retrouvons cher enfant. C’est aussi là que nous reconnaissons, non les sacrifices, mais les grands bienfaits du bon Dieu, l’honneur qu’Il nous fait en choisissant six de nos enfants pour les enrôler dans l’armée des vierges, des privilégiés de son Cœur. Ah! Comment pouvons-nous remercier ce Dieu si bon si libéral! Jamais nous ne pourrons nous acquitter de cette dette de reconnaissance. Nous prions sans cesse pour ta persévérance. Remercions Dieu de ta vocation et demandons-lui la même faveur pour ton petit frère. Il nous faut deux Oblats à tout prix!…

Ah! Cher enfant, qu’il nous tarde de te contempler sous le Saint Habit! Comme ce sera long sans doute?… Nous te remercions beaucoup de ta petite missive, laquelle nous apporta tant de consolations. Tu es vraiment à l’entrée du Paradis avec de si bons R. Pères.

Maintenant nous sommes tout à fait dans l’impossibilité de t’expédier ta valise pour le moment, par la raison que tu serais mis à découvert. Tu comprends, envoyer ta valise au « Canadien Nord » hein?… Il nous faudra la descendre aux Trois-Rivières la nuit… et les semailles ne sont pas encore terminées; et aussi, même, c’est très dangereux de se faire arrêter. De nos braves gens ont été saisis en pleine nuit. Si c’était en d’autres temps tu l’aurai eue immédiatement. Fais encore ce petit sacrifice, dans quelques temps peut-être tu l’auras.

Tu ne saurais croire comme tout le monde est inquiet de toi et d’Anna-Marie qui partit le lundi suivant de ton départ. Tout le monde sont là : où sont-ils? que font-ils? quand reviendront-ils? etc. C’est à ne plus finir! Mais le secret est bien gardé va!… Ma santé est assez bonne, ainsi en est-il de toute notre petite famille. Marie-Ange demeure à la maison pour vaquer aux soins du ménage. Josaphat travaille avec son père. Au revoir donc mon cher enfant, veuille saluer respectueusement tes supérieurs pour nous. Unions de prières et de sacrifices.

Nous t’embrassons bien tendrement,Ta mère Dame E. Bourassa"

On imagine facilement l'influence que pouvait exercer une telle mère sur les vocations religieuses de ses enfants. Six d'entre eux sont entrés en religion : trois soeurs de la Providence, une carmélite, une adoratrice du Précieux-Sang et un frère Oblat de Marie-Immaculée.

jeudi 7 janvier 2010

Les recettes de Monsieur 50

Un petit livre de cuisine traditionelle du Québec qui a été publié par la Brasserie Labatt. Le nom de l'auteur et l'année de la publication ne sont pas indiqués mais je crois que ça date de la fin des années soixante à cause du slogan "Lui y connait ça! " qui est écrit sur la première page. Ce slogan rappelle les publicités de la Labatt 50 qui mettaient en vedette Olivier Guimond et qui ont été télédiffusées à partir de 1966.

L'exemplaire que j'ai consulté appartenait à Madame Résina Vincent, épouse d'Obélard Gélinas, de Glenada (Shawinigan-Nord). Les nombreuses taches d'aliments sur la couverture montrent bien qu'il a servi.

On y trouve exactement 50 recettes :

Hors-d'oeuvre : graisse de rôti, foie gras, cretons, galantine de poulet, tête de fromage, gelée de porc frais.

Soupes : soupe à l'oignon, soupe aux légumes, soupe aux gourganes, soupe aux tomates vertes, soupe aux poireaux, crème d'oignons et de tomates, soupe aux pois, soupe au poisson de Gaspé.

Plats de résistance : bines (sic), ragoût de patte, filet de porc au chou, ragoût de boulettes, oeuf dans le purgatoire, poule au macaroni, petits poissons des chenaux, pâté de saumon, pâté chinois, ragoût d'agneau aux petits pois, rôti de porc aux patates brunes, gibelotte du nord, jambon à la bière, pot-au-feu, omelette au p'tit lard, tourtière, perdrix au chou, sang de mouton, vraie tourtière du Saguenay.

Desserts : bonbons aux patates, mousse au sirop d'érable, gâteau de blé d'inde, grosses crêpes, pouding au chômeur, pouding au pain, beignes canadiens, pain doré, sucre à la crème, tire à la mélasse, crème glacée d'autrefois, crêpes au pain, tarte à la farlouche.

Spécialités : pain canadien, chou-fleur gratiné, ketchup rouge, herbes salées, sirop de gadelles.

C'est une cuisine simple qui utilise les ingrédients bon marché qui étaient disponibles à la campagne autrefois : la cassonnade, la mélasse, la viande et le gras de porc sous toutes ses formes, le gibier, les légumes racines (patates, carottes, navets), le chou, les légumineuses et les épices de nos grand-mères. En France, on dirait que c'est une cuisine paysanne.


Voir aussi sur ce blog : La perdrix au chou et Beignes canadiens de Monsieur 50.

On trouve des scans des pages du livret sur ce site.

mercredi 11 novembre 2009

Les femmes du cordonnier Lacombe

Le cordonnier Edmond Lacombe (1863-1941), fils d'Onésime et de Louise Martin, était originaire de la paroisse de Saint-Barnabé-Nord en Mauricie. Il a eu deux épouses qui portaient des prénoms peu communs. Sa première femme, Deigneur Gélinas, lui a donné 18 enfants vivants. Sa deuxième femme, Fridoline Blais, a vécu cent ans.

Deigneur la féconde (1871-1929)

Le prénom de Deigneur Gélinas, fille de Thomas Gélinas et d'Alphie Bellemare, a été écrit de toutes les façons : Daigneur, Dagneur, Degneur, Digneur, Dégneure, Deneur, Dagnès, Meigneur, Lagnure, etc. J'ignore d'où il vient; c'était peut-être une déformation d'un prénom anglais qui étaient en vogue à cette époque.

Elle s'est mariée en 1887 à l'âge de 16 ans. Elle a eu son premier enfant dix mois plus tard et son dix-huitième à 44 ans : Lydia (née en 1887), Virginie (1888), Philémon (1890), Anna (1891), Alfred (1892), Camille (1893), Armédia (1894), Graziella (1896), Wilbray (1897), Rosée (1898), Aldéa (1899), Alphonse (1904), Généré (1905), Albert (1907), Simone (1908), Gérard (1911), Roland (1913) et Lucienne (1916).

Neuf enfants sont décédés avant d'atteindre l'âge adulte. L'année 1898 a été particulièrement éprouvante alors que trois petits, Camille (5 ans), Armédia (4 ans) et Graziella (18 mois) sont morts durant l'hiver, peut-être d'une grippe ou d'une autre maladie infectieuse. Cet hiver-là, la famille habitait à Saint-Mathieu-du-Lac-Bellemare, un village forestier situé au nord de Saint-Boniface-de-Shawinigan, et Deigneur était enceinte pour la dixième fois.

Après leur mariage, ils ont vécu d'abord à Saint-Boniface-de-Shawinigan (1887-1893), puis à Sainte-Flore et à Saint-Mathieu avant de s'établir définitivement à Grand-Mère. La carte postale qui suit présente une vue générale de la ville de Grand-Mère vers 1905-1910 (photo de J.A. Roy). On voit à l'arrière-plan l'usine de pâte Laurentide autour de laquelle la ville s'est développée.



Deigneur Gélinas est décédée à Grand-Mère le 11 janvier 1929 à l'âge de 57 ans. Edmond Lacombe est demeuré veuf pendant cinq ans. En 1935, il s'est remarié avec Fridoline Blais , une veuve âgée de 68 ans.


Fridoline la centenaire (1867-1967)

Contrairement à Deigneur, Fridoline Blais s'est mariée tard. Selon l'âge inscrit sur son acte de sépulture, elle serait née en mai 1867, l'année de la Confédération. Elle était la fille de Georges Blais et de Sophie Saint-Pierre de Saint-Barnabé. Au recensement de 1901, elle était encore célibataire (on disait alors vieille fille) et vivait seule avec sa mère à Yamachiche.

En 1904, à l'âge de 37 ans, elle a épousé un veuf Joseph Lacombe. Ensemble, ils ont eu une fille qu'ils ont prénommée Fridoline comme sa mère (la petite n'a pas aimé son prénom et en a changé plus tard pour celui de Jeannette). Ils ont vécu à Saint-Étienne-des Grès dans le comté de Saint-Maurice où Joseph est décédé en 1934.

L'année suivante, Fridoline Blais s'est remariée avec Edmond Lacombe, veuf de Deigneur Gélinas. Ce deuxième mariage a duré à peine 6 ans. Edmond est mort le 27 novembre 1941 à Grand-Mère.

Fridoline est décédée le 16 septembre 1967, l'année de l'Exposition universelle de Montréal. Elle a été inhumée à Saint-Étienne-des-Grès. Selon l'acte de sépulture, elle était âgée de 100 ans et 4 mois. Il est à noter que sa mère Sophie Saint-Pierre (1827-1924) a vécu elle aussi très longtemps, soit jusqu'à l'âge de 97 ans, ce qui démontre bien le caractère héréditaire de la longévité.

Voir aussi sur ce blog : Quand Grand-Mère était jeune.

lundi 26 mai 2008

La croix du Grand Quatre

La croix de chemin du Grand Quatre à Saint-Boniface de Shawinigan a été enlevée. Le propriétaire m'a fait remettre la plaque de cuivre qui était fixée à son montant parce qu'il m'avait déjà vu en noter les inscriptions.

Cette croix avait été érigée en 1941 par onze fermiers des alentours, les grands-pères et les arrière-grands-pères des familles qui habitent encore le rang aujourd'hui. Leurs noms sont gravés sur la plaque : Léo Matteau, Rosaire Chainé, Alphonse E. Gélinas, Camille A. Gélinas, Adélard Chainé, Alphonse Chainé, Adélard Lacerte, Amédée Chainé, Georges Lampron, Claudio Lampron, Elzéar Chainé.

C'était une de ces croix de chemin en bois plantées directement dans la terre et que l'on remplaçait pieusement, à tous les vingt ou trente ans, lorsque la base était pourrie. À ma connaissance, celle du Grand Quatre avait été restaurée par des voisins vers la fin des année soixante-dix. Elle était sûrement faite en cèdre pour durer aussi longtemps.

Elle marquait l'intersection du Rang Quatre avec l'ancienne route qui reliait le village de Saint-Boniface à la ville de Shawinigan. En 1949, cette route a été déplacée de quelques centaines de mètres vers l'est. Il n'y avait donc plus d'intersection à marquer depuis très longtemps. La croix du Grand Quatre était ainsi devenue une croix sans chemin, une orpheline en quelque sorte.