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mardi 18 août 2015

Une grande famille reconstituée

Cette photo a été prise à l'été 1931, probablement à Shawinigan.


À gauche et derrière, le menuisier Sem-Wilfrid Descôteaux et les trois enfants survivants de son premier mariage avec Marie-Hélène Labranche : Lucien (1925), Henri-Paul (1918) et Fernande (1919) Descôteaux. Devant à droite, Blanche-Yvonne Lavergne et les deux filles de son premier mariage avec Roméo Robitaille : Madeleine (1928) et Simone (1926) Robitaille. Le bébé sur les genoux de Blanche-Yvonne est Marcel Descôteaux (1930), le premier enfant du couple. Ils en auront onze autres.

Ensemble, Sem-Wilfrid (1894-1990) et Blanche-Yvonne (1906-1997) ont donc élevé 17 enfants, provenant des trois lits. Sur la photo, la maman à l'air épuisée. Le papa fume la pipe qui ne le quittait jamais, bourrée de tabac canadien de son jardin.

dimanche 20 janvier 2013

Émery abat un ourson

En 1951, il était bien vu d'abattre les ours qui s'approchaient des lieux habités. On pouvait tuer un ourson et s'en vanter dans le journal local. Le 12 septembre de cette année-là, le journal Les Chutes de Shawinigan rapportait qu'Émery Lavergne avait abattu un ourson, disons plutôt un jeune ours puisque la bête de 18 mois pesait quand même 150 livres. Trois semaines plus tard, le même journal rapportait qu'Elphège Boisvert, le beau-frère d'Émery Lavergne, avait tué une femelle de deux ans pesant 200 livres.

Il était inhabituel que ce journal rapporte des histoires de chasse. J'en déduis que la présence des ours était préoccupante à l'automne 1951. Ce qui m'a particulièrement intéressé dans ces articles, c'est la profusion de détails, j'adore les détails. Remarquez le prétexte pour abattre les ours : « Chaque année, des moutons disparaissent. Actuellement, on monte bonne garde. Il n'y a eu que très peu de pertes et on entend qu'il n'y en ait pas davantage. » Comme dit le proverbe : qui veut noyer son chien l'accuse de la rage.

Émery Lavergne, Léo Lavergne et Elphège Boisvert étaient mes grands-oncles. Voici donc les deux articles du journal Les chutes de Shawinigan.


- Un jeune ourson abattu à St-Gérard des Laurentides. Les résidents de la municipalité de St-Gérard des Laurentides rapportent la présence de plusieurs ours qui parcourraient les bois environnants à ce temps-ci de l'année. M. Émery Lavergne de Shawinigan en a abattu un, qui peut avoir 18 mois, et d'un poids de 150 lb, dimanche soir, au bout de la terre de M. Willie Thiffault, et à proximité du chalet de son frère le Dr Léo Lavergne. Depuis trois semaines, on constatait que des ours, et plus particulièrement celui qui a été tué dimanche, mangeaient dans les champs d'avoine et causaient de sérieux dégâts. MM. Émery Lavergne, Léo Lavergne et Léo Lafrenière le guettèrent, dimanche soir, et mirent bien en vue des déchets de viande, à environ 200 pieds du bois. L'ours se dirigeait directement vers cet appât, et il était à 150 pieds du bois déjà, quand il fut abattu d'une balle de la carabine 30-30 Winchester, maniée par M. Émery Lavergne. (Les Chutes de Shawinigan, 12 septembre 1951, page 10).

- Un ours de 200 livres abattu à St-Gérard - Depuis le milieu de l'été dernier, on a signalé à quelques reprises la présence d'ours dans les bois avoisinants de St-Gérard des Laurentides et de St-Mathieu à quelques milles de Shawinigan. Comme ces bêtes sauvages sont une menace à la vie des personnes et causent des dommages matériels en dévorant des moutons, les cultivateurs leur donnent la chasse du mieux possible. On se souvient qu'il y a un mois et demi environ, un ours avait été abattu au fusil par un cultivateur de St-Gérard. La semaine dernière, un autre ours, une femelle cette fois, de quelque 200 lb a été tiré par M. Elphège Boisvert de Shawinigan et M. Willie Thiffault de St-Gérad. Elle mangeait dans un champ de trèfle, sur la terre de M. Thiffault, à un demi-mille du village. Tous les deux armés, MM. Boisvert et Thiffault ont tiré d'une distance de deux arpents. Les deux coups ont porté à l'épaule. Il s'agissait d'un animal de deux ans, pesant plus de 200 lb. De l'avis de M. Boisvert, les ours deviendront plus menaçants, pour les moutons aux pâturages. Chaque année, des moutons disparaissent. Actuellement, on monte bonne garde. Il n'y a eu que très peu de pertes et on entend quil n'y en ait pas davantage. (Les Chutes de Shawinigan, 3 octobre 1951, page 6).

jeudi 22 novembre 2012

Monastère et vie paroissiale

On trouve sur le site Nos Racines le numéro-souvenir du bulletin mensuel Le Foyer du Christ-Roi, consacré à l'ouverture du nouveau monastère des Pères du Saint-Sacrement à Shawinigan en 1947. On y présente notamment un historique avec photos des dix premières années de cette paroisse ouvrière de la haute-ville de Shawinigan qui s'est développée à côté de l'aluminerie Alcan. Une partie des terres sur lesquelles le Christ-Roi a été construit appartenaient à mon arrière-grand-père maternel Adélard Lavergne (voir La maison Adélard Lavergne sur ce blog).


C'est une source d'informations unique sur ce milieu de vie : écoles, caisse populaire, L.O.C, J.O.C., Ligue des citoyens, chorales, garde paroissiale, scouts, Cercle Lacordaire, etc. En 1947, à Shawinigan comme ailleurs au Québec, toutes les activités communautaires étaient structurées en fonction du territoire des paroisses religieuses, et plus ou moins supervisées par des religieux ou prêtres aumôniers. 

On ne manquait pas de prêtres au Christ-Roi. La paroisse était desservie par les Pères du Saint-Sacrement et leur monastère abritait six ou sept Pères et autant de Frères. Je crois qu'ils souhaitaient même en avoir davantage, comme le montrent les dimensions du monastère nouvellement construit. Mais la baisse de la pratique religieuse et le manque de vocations sont venus contrecarrer leurs projets. Aujourd'hui, la paroisse n'existe plus et l'église a été démolie, remplacée par un Jean-Coutu. Le monastère est devenu une résidence pour personnes âgées.

Le monastère, dont on voit l'arrière sur la photo suivante, était donc beaucoup trop vaste pour une communauté d'une quinzaine de religieux. Ses locaux pouvaient servir aux organismes communautaires. Il a aussi logé la Caisse populaire du Christ-Roi. À l'arrière, il y avait un immense balcon où les Pères se promenaient tout en lisant leur bréviaire. Ils avaient une vue imprenable sur les cheminées de l'aluminerie Alcan, située en face de l'autre côté du boulevard Saint-Sacrement.



Le milieu était particulièrement fertile. Jusqu'à la débandade de la fin des années 1960, la plupart des résidents du quartier étaient membres d'une ou de plusieurs organisations paroissiales. Ainsi, ma mère était bénévole à la Saint-Vincent-de-Paul et mon père chantait dans la chorale. Les deux étaient membres de la Ligue ouvrière catholique (L.O.C.). J'ai aussi été embrigadé dans cette nébuleuse paroissiale, au sein des enfants de choeur et du mouvement scout.


À la fin du bulletin, la liste des annonceurs donne un aperçu du secteur commercial en 1947. Ceux qui ont vécu dans le quartier reconnaîtront certains de ces commerces qui logeaient, pour la plupart, sur la rue Frigon, l'artère commerciale du Christ-Roi. On y trouvait, notamment, le 5-10-15 de Bruno Boisvert, un commerce de nouveautés à bon marché que l'on appelait communément le 15 cennes. Les 5-10-15 étaient les ancêtres des magasins à un dollar d'aujourd'hui, sauf que les produits étaient généralement Made in Canada ou bien in USA.

L'infatigable J-Armand Foucher, propriétaire du garage Foucher Auto "En face de l'Aluminium" avait la réputation de vendre l'essence la moins chère de la région. Il avait aussi une imprimerie qui produisait des journaux hebdomadaires, notamment Les Chute de Shawinigan dont j'ai déjà cité des articles sur ce blog. Ses journaux lui permettaient d'annoncer son garage et de faire un peu de politique. Il a aussi été maire de Shawinigan.

En 1947, Arthur Riquier avait déjà un entrepôt de fruits et légumes sur la rue Champlain. Je crois qu'il y est encore, 65 ans plus tard. Non loin de là, le magasin de Meubles Bernard Limoges (200 Frigon) est demeuré ouvert pendant plusieurs décennies.

Sauf exception, les commerces tenus par une femme mariée affichaient le nom du mari, tandis que les demoiselles pouvaient afficher leur propre nom. Leurs commerces ne s'adressaient qu'aux femmes : 
  • Madame J.B. Gingras, marchandises à la verge (403 Frigon).
  • Madame Victor Hamel, magasin de coupons (613 Frigon).
  • Salon Marguerite, chapeaux de choix (232 Frigon).
  • Madame Rose Carbonneau, experte corsetière (689 Saint-Marc).
J'ai trouvé quelques commerces tenus par des gens de ma parenté :
  • Elphège Boisvert, viande fumée et poisson frais (363a Giguère).
  • Dr L. Lavergne, chirurgien-dentiste (124 Champlain).
  • Pharmacie Lavergne (386 Frigon).

Voir aussi sur ce blog : Le Lac McLaren

mardi 18 septembre 2012

La maison Adélard Lavergne

Cette maison a appartenu à mon arrière-grand-père Adélard Lavergne (1869-1944). Elle a été inscrite dans la Base de données patrimoniales de la ville de Shawinigan. Elle est située, ou plutôt mal située, au  3222 Boulevard des Hêtres, près du centre commercial La Plazza de Shawinigan. Ajoutons que c'est l'un des rares édifices de la haute-ville auquel on accorde une valeur patrimoniale.

 

La fiche descriptive mentionne : « Cette  maison est l'une des plus anciennes du secteur. Elle rappelle l'époque où il possédait une vocation agricole avant de s'industrialiser au cours des années 1930 et 1940. Cette résidence est représentative du style traditionnel québécois. Il s'agit de l'une des rares maisons traditionnelles de ce quartier qui est composé en majorité de résidences plutôt contemporaines et d'immeubles de type plex. Elle possède une bonne valeur patrimoniale.» 

L'édifice a été classé sous le nom de maison Julien Vallières, le gendre d'Adélard Lavergne. Mon grand-oncle Julien Vallières a été échevin de Shawinigan de 1948 à 1960.

J'ai trouvé, dans le journal Les chutes de Shawinigan du mercredi 27 juin 1951, un article où Julien Vallières annonce qu'il présente à nouveau sa candidature aux élections municipales. La modestie de son message m'a fait sourire : « A la pressante invitation des électeurs de toutes les parties du quartier satisfaits du travail accompli dans le quartier No 4 depuis trois ans ... »