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jeudi 28 août 2014

De choses et d'autres (11)

Chérie, on déshérite les enfants. Le 18 février 1878, devant le notaire Joseph-Hilaire Biron de Saint-Boniface de Shawinigan, Louis-Solyme Caron « lègue tous ses biens à Marie Lacerte son épouse, excluant de sa succession tous ses héritiers légitimes pour des raisons à lui connues ». Le même jour, Marie Lacerte fait un testament, en faveur de son mari, qui contient les mêmes dispositions. 

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Dirty jobs. Dans « Histoire des Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre », publiée en 1991 aux Éditions du Septentrion, Armand Chartier écrit qu'il « n'est pas rare de trouver des Canadiens-Français parmi les maçons, les briquetiers et les charpentiers de Manchester ou de Cambridge » (page 22).

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God is an American. Dans The Franco-American Heritage in Manchester N.H., publié en 1979, Thadeus Pietrowski écrit : Infortunately ... for the French ... Ste-Anne Church was founded by and for Irish catholics of Manchester and the sermon was always in english. 

Sainte-Anne a été fondée en 1843. Les choses allaient changer avec l'augmentation de l'immigration canadienne-française. À compter de 1849, des missionnaires de passage ont célébré des messe en français. Saint-Augustin, la première paroisse entièrement francophone de Manchester, a été fondée en 1871, puis Sainte-Marie en 1891. Il y eût jusqu'à huit paroisses francophones dans cette ville au tournant du siècle.

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Vers 1850-1900, les gens qui allaient travailler en Nouvelle-Angleterre laissaient des procurations à des parents ou à des amis qui devaient s'occuper de leurs affaires en leur absence. On trouve de nombreuses mentions de telles procurations dans les greffes de notaires de cette époque. Souvent, il s'agissait de liquider les biens d'un expatrié, signe qu'il ne prévoyait pas revenir « en Canada ».

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Le 19 février 1876 devant le notaire Joseph-Hilaire Biron, Hyacinthe Grondin, ci-devant de la paroisse de Saint-Thomas et habitant actuellement dans le Michigan, achète les droits de mine de plusieurs terres du 7e rang de Saint-Boniface de Shawinigan. Il compte exploiter le minerai de fer qui se trouve sur ces terrains. Grondin concède la moitié des bénéfices sur certains de ces terrains à Thomas Beaulieu cultivateur de Saint-Boniface « en retour des troubles qu'il s'est donné pour lui faire obtenir les droits de mine ».

vendredi 14 mars 2014

La noyade de John Head d'après Napoléon Caron

Nous avons vu dans un article précédent que John Walker, le fils du gouverneur général du Canada, lord Edmund Walker Head, s'est noyé dans la rivière Saint-Maurice, près des chutes de Grand-Mère, en septembre 1859.

Le rocher de la Grand-Mère au milieu de la chute vers 1900.

Dans son récit intitulé Deux voyages sur le Saint-Maurice, publié en 1889, Napoléon Caron raconte les circonstances de cet accident. Précisons que Caron n'a pas assisté aux événements. Il s'est inspiré de ce qu'en disaient les gens du coin trente ans plus tard. On sent bien en lisant sa description que l'auteur n'appréciait pas Lord Head et cherchait à le ridiculiser. Voici donc un extrait du récit de Napoléon Caron :
« Sir Edmund Head, qui gouverna les provinces unies du Canada depuis 1854 jusqu'en 1860, avait voulu se donner le plaisir délicat d'un voyage sur le Saint-Maurice. Il partit donc de Trois-Rivières en grand équipage et s'avança d'un poste à l'autre au milieu d'une société brillante et de démonstrations extraordinaires. En face de la chute de Shawinigan, dans un endroit qu'on avait défriché tout exprès, il prit un repas qui est demeuré célèbre sur le bord du Saint-Maurice. Il se rendit ensuite à la Grand-Mère, et là il vit les nageurs les plus habiles faire de grande prouesses pour le récréer er récréer aussi les gens de sa suite. Le gouverneur prenait un grand plaisir à ces jeux, et il exprima le désir de voir son propre fils y prendre part. Le jeune homme ne se fit pas prier : il se jeta à la nage et parut de force à lutter avec les plus habiles. Il disparut bientôt sous les flots mais on crut qu'il voulait montrer ses habilité de plongeur. On attend, on regarde ; le jeune homme ne parait pas. Enfin, il est évident qu'un malheur est arrivé. Quelle stupeur ! quelle désolation !
Un sauvage toucha le corps du pauvre noyé avec une perche, et M. Toussaint Bellemare alla le chercher au fond de l'eau et le traîna au rivage.
Si ce jeune homme eut appartenu aux rudes habitants du Saint-Maurice, ils l'eussent roulé sans respect et sans miséricorde, pour lui faire vomis l'eau qu'il avaient bue et peut-être fut-il revenu à la vie. Mais c'était le fils du gouverneur : il fut déposé douillettement sur de molles couvertures de laine et il resta plongé dans la mort, car les larmes de son père ne pouvaient le ressusciter.
Sir Edmund Head s'en retourna, dans un grand deuil, avec la dépouille inanimée de son fils. Les scènes joyeuses ont souvent un funeste lendemain.
Il sembla garder rancune au Canada de ce malheur terrible et il quitta notre pays si hospitalier sans aucune espèce de regret.
De leur côté, les Canadiens-français n'ont gardé de ce gouverneur qu'un souvenir désagréable : ils ont compati à sa douleur de père, mais ils n'ont jamais pardonné au représentant de leur souveraine de leur avoir appliqué le titre infamant de race inférieure. Il y a des écarts de langage que le représentant d'un grand pays comme l'Angleterre ne peut se permettre impunément.
»
En marge de son récit, Caron a ajouté les précisions suivantes :
« L'accident survint le 24 septembre 1859. Le gouverneur général avait accepté l'invitation du maire de Trois-Rivières, Joseph-Édouard Turcotte. Le jeune homme, John Head, avait 19 ans. »

Merci à André Hamel qui m'a signalé ce passage de Deux voyages sur le Saint-Maurice.

samedi 7 décembre 2013

Euphrosine Caron, supérieure du couvent

En feuilletant les annales des Ursuline de Trois-Rivières, j'ai trouvé des informations sur Euphrosine Caron qui était une arrière-arrière-grande tante de ma conjointe. Elle a été supérieure du couvent sous le nom de Mère Saint-Michel.

La supérieure du couvent des Ursulines était un personnage important à Trois-Rivières. Elle ne sortait presque jamais de son couvent, mais ça ne l'empêchait pas d'exercer une influence auprès de l'Évêque et des notables de la ville dont elle éduquait les filles. En plus du couvent, elle devait gérer la seigneurie de  la Rivière-du-Loup (Louiseville) qui appartenait à la communauté. Quand un personnage important visitait Trois-Rivières, on l'amenait rencontrer Mère Saint-Michel. 

L'histoire de sa famille est bien connue. Son grand-père Michel Caron (Sosa 456 de mes filles), originaire de Saint-Roch-des-Aulnaies dans le Bas-du-fleuve, est arrivé à Yamachiche en 1783 avec une bourse bien remplie. Il a acheté plusieurs terres pour les distribuer à ses fils dans ce qui est devenu le village des Caron.

À travers des considérations religieuses, l'annaliste nous raconte des détails de la vie d'Euphrosine Caron et nous dépeint des traits de sa personnalité :
  • Mère Saint-Michel en imposait. De grande taille, elle avait une personnalité autoritaire, une attitude réservée, une expression presque virile.
  • Elle a été confiée en adoption à son oncle Michel qui n'avait pas d'enfant. Ce Michel Caron a été élu député du comté de Saint-Maurice  en 1804. 
  • Je crois que l'épisode du bateau qui transportait son grand-père acadien est une légende. 

Voici ce qu'écrivait l'annaliste des Ursulines de Trois-Rivières :
« Sous la date de 1830, notre annaliste écrivait : Les mères anciennes, ces vives lumières qui, depuis plus d'un demi-siècle, éclairaient et guidaient leurs enfants adoptives dans les voies de la perfection, se retirent de la lice : les années et l'épuisement commandent cette retraite. Le ciel réclame aussi sa moisson. Que de places vacantes ! Et l'on se demande si ces bonnes mères seront jamais remplacées.  Qu'est-ce que le ciel nous réserve ? Il est vrai que le sacrifice est la grande école du cloître. Les calculs de la sagesse humaine y sont confondus. Plus qu'ailleurs peut-être, les succès et les consolations sont d'autant plus providentiels qu'ils sont moins entrevus. Après quatre-vingts ans, nous pouvons répondre à cette voix d'outre-tombe. Dieu, dans la douceur et le secret de sa Providence, préparait des sujets d'élite qui ont conservé et transmis intact l'esprit de l'Institut. En 1813, une jeune personne grande, svelte, au teint animé, causant avec une grâce calme et tranquille, mais laissant paraître, dans toute sa personne, quelque chose d'énergique qui lui donnait une expression presque virile, se présentait au parloir de notre monastère. Elle semblait être attendue. A la question : — Pourquoi, mon enfant, n'êtes-vous pas venue plus tôt ? elle répondit simplement : — C'était l'époque des semences, j'avais ma part de travail que je n'ai voulu céder à personne. — Très bien, désormais vous cultiverez les âmes. Celle qui échangeait ainsi le travail des champs pour la vigne du Seigneur, se nommait Euphrosine. Elle avait vingt ans. Son père descendait de Robert Caron, premier du nom dans le pays, héritier de vertus mâles et généreuses pratiquées jadis dans la douce France. Il les transmit à sa nombreuse postérité. Le sanctuaire et les communautés religieuses prélevèrent à l'envi, dans cette famille patriarcale, des sujets d'élite. La jeune postulante racontait que son grand père, Michel Caron, demeurant à St-Roch de Québec, s'apercevant vers 1783, que l'espace lui manquerait, en cet endroit, pour y établir ses dix fils, vint demander un jour à Madame Wilkinson, seigneuresse d'Yamachiche, de lui vendre cent arpents de terre. L'affaire conclue, un sac d'argent à la main, il paya un premier versement qui fut bientôt suivi de plusieurs autres. Le village des Caron était fondé. Augustin, père de notre novice, voyait quinze enfants s'asseoir au foyer familial. Son frère et son voisin, Michel, n'avait pas de famille. Il adopta sa nièce Euphrosine et en fit son héritière. Monsieur Michel Caron était alors membre de l'assemblée législative. Par conséquent, nombreuses étaient  les visites dans cette maison hospitalière et l'on s'accorde à dire que, pour recevoir les hôtes, la jeune nièce secondait admirablement sa bonne tante. Madame Caron était acadienne. Son père, Charles Trahan, faisait partie du groupe hardi qui, à l'époque de la déportation, fit prisonnier le capitaine du navire, à bord duquel on avait entassé de nombreuses victimes, désarma l'équipage et mit ensuite le cap sur Québec, sous la conduite de l'un des leurs. Arrivés sur nos plages, ces frères établirent à Yamachiche une nouvelle « Acadie.» C'est dans ce milieu d'héroïsme et de vertu que l'adolescente avait grandi et mûri pour le cloître. Quel était le charme secret qui avait ravi cette jeune fille à une famille dont elle était aimée et à une société dont elle était l'ornement ? Était- ce une prédication de l'abbé de Calonne ? Était-ce une invitation indirecte de M. l'Ecuyer, son curé, fidèle ami des Ursulines ? Ce qui est certain, c'est qu'à ces causes peut-être réunies, il faut joindre l'appel secret de Jésus qui dit : « Viens, mon enfant, j'établirai ta demeure près de mon sanctuaire. » Et la fidèle amante du Sauveur avait répondu : « Me voici, je viens, bon Maître. » L'abbé de Calonne était là pour accélérer, dans la voie des parfaits, l'âme généreuse qui entrait dans les sentiers de la vie intérieure. Elle y marcha à pas de géants. En 1829, nous la trouvons Supérieure du monastère. Son gouvernement est ferme, sa manière d'apprécier les personnes et les événement», prudente et éclairée. Mgr Signay lui imprime une direction forte. Il s'agit de changer le cours d'étude, de bâtir un pensionnat, de maintenir des droits de propriété. Tout se fera. La Mère S. Michel traite auparavant ses intérêts avec Jésus, dans le cœur à cœur de la prière. Pour ses exercices de piété, elle est d'une rigoureuse exactitude, la psalmodie de l'office divin enflamme son zèle : elle ne peut tolérer qu'on baisse la note ou que l'on précipite la récitation. Elle relève une antienne donnée sur un ton trop faible On l'entendait dire : « Ne soyez pas religieuse de chœur sans cœur. » Sa fermeté n'excluait pas, à l'occasion, les paroles maternelles et les soins bienveillants. Dieu lui avait largement départi le don d'éclairer, de consoler et d'encourager les personnes qui se confiaient à elle. Vivre de règle fut sa grande maxime. Mgr Caron, son cousin, a raconté qu'étant jeune prêtre, il était venu lui faire une visite au parloir. Il la voyait pour la première fois. L'entretien, après avoir touché les affaires de famille, était devenu tout personnel. La bonne mère paraissait y mettre un intérêt réel, ce qui ne l'empêcha pas à un moment donné de prier son visiteur de vouloir bien l'excuser. « L'heure du parloir déterminée par nos saintes règles, dit-elle, est écoulée, je ne puis prolonger ma visite, sans prévenir la Mère Assistante. » Cette fidélité à la règle qui avait alimenté la ferveur de la jeune novice, qui avait nourri sa vie religieuse, faisait désormais la consolation de la Supérieure et l'édification de toutes les personnes qui venaient en relation avec elle. Ce qui brillait surtout en cette bonne mère, dit l'annaliste, était son esprit de droiture et de candeur qui la rendait ennemie déclarée de toute apparence de dissimulation et de duplicité. Mettant tout en usage pour faire régner la plus sincère charité entre toutes ses sœurs, elle voulait en même temps cette sage réserve, que commandent la prudence et la discrétion, dans toutes les situations et tous les âges de la vie, ce tact qui donne le bon ton et l'à-propos dans la conversation et qui en fait le meilleur assaisonnement. » (Annales des Ursulines de Trois-Rivières, tome 3).

dimanche 23 octobre 2011

Familles pionnières du canton Shawenegan

Nous avons vu dans un message précédent qu'au recensement de 1851, effectué en janvier 1852, 19 familles étaient déjà établies dans le Canton Shawenegan, qui correspond au territoire actuel de Saint-Boniface de Shawinigan. Voici la liste de ces familles avec les  quelques informations que j'ai trouvées sur chacune d'elles :

Beaulieu (Hudon dit), Jean et Élisabeth Bournival mariés le 16 novembre 1847 à Saint-Barnabé-Nord. Elle s'est mariée à 14 ans  Ils avaient 2 enfants au recensement de 1852 dans le canton Shawenegan. Jean Hudon est décédé le 15 février 1853, à l'âge de 33 ans. Son acte de sépulture est au registre de Saint-Barnabé-Nord. Élisabeth Bournival s'est remariée avec Romuald Beauchemin le 24 octobre 1854 à Saint-Barnabé. Elle est décédé 6 mois plus tard, à Shawenegan, le 27 mars 1855 à l'âge de 22 ans. Son acte de sépulture a été enregistré à Saint-Barnabé-Nord.

Bellemare, Isaac et Julie Gélinas mariés le 16 septembre 1828 à Yamachiche. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 8 enfants tous nés à Saint-Barnabé-Nord. Isaac Bellemare était alors âgé de 53 ans, ce qui était un peu vieux pour commencer une nouvelle vie dans un pays de colonisation. Mais il avait quatre garçons à établir : Isaac (20 ans), Joseph (19 ans), Adolphe (17 ans) et Onésime (10 ans) pour qui il fallait trouver des terres.  Isaac Bellemare est décédé le 20 décembre 1867 à Saint-Boniface.

Boisvert, Raphaël et Marguerite Milet mariés le 25 février 1851 à Yamachiche. Ils n'avaient pas encore d'enfant au moment du recensement de janvier 1852. Le 19 octobre 1853, ils font baptiser à Saint-Barnabé-Nord une fille prénommée Élisabeth née la veille à Shawenegan. Raphaël Boisvert est décédé à Shawenegan le 22 juillet 1854, à l'âge de 23 ans. Il a été inhumé à Saint-Barnabé-Nord. Sa veuve s'est remariée avec Charles Doucet le 4 février 1856 à Yamachiche. Ils se sont établis à Saint-Étienne-des-Grès où ils ont fait baptiser 4 enfants entre 1857 et 1863. Marguerite Milet a été inhumée à Saint-Étienne le 9 mai 1884, à l'âge de 68 ans.

Caron, Louis et Elmire Dugré mariés le 14 octobre 1839 à Saint-Barnabé-Nord. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 3 enfants avec eux, tous nés à Yamachiche : Olivier (12 ans), Stéphanie (7 ans) et Caroline (4 ans). Ils avaient vécu quelques années à Saint-Grégoire de Nicolet après leur mariage. Louis Caron est décédé le 13 décembre 1888 à Saint-Boniface, à l'âge de 80 ans. Sa femme est morte onze mois plus tard, le 8 novembre 1889 à Saint-Boniface.

Caron, Louis-Solyme et Josephte Lacerte mariés le 25 février 1835 à Yamachiche. Curieusement, la femme de Louis-Solyme, n'a pas été inscrite au recensement de janvier 1852. C'est probablement une omission du recenseur. Ils avaient alors 8 enfants dont les 7 premiers sont nés à Yamachiche et Saint-Barnabé-Nord. Leur plus jeune Cyriac, âgé de 8 mois, a été le premier enfant né au Canton Shawinigan, le 9 mai 1851. Louis-Solyme Caron est peut-être arrivé dès 1850. Il est généralement considéré comme un des premiers colon de Saint-Boniface avec Augustin (Justin) Gélinas. Louis-Solyme Caron est décédé le 27 juillet 1891 à Saint-Boniface, à l'âge de 80 ans. En décembre 1890, selon le recensement paroissial effectué par le curé Charles Bellemare, Louis-Solyme vivait avec sa fille Marie, son gendre Olivier Lampron et leurs sept enfants.

Charest, Paul et Émerance Lafrenière mariés le 5 octobre 1840 à Saint-Léon-le-Grand. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 3 enfants nés à Saint-Léon-le-Grand et Saint-Paulin dans le comté de Maskinongé. Il n'y avait plus de Charest à Saint-Boniface au recensement paroissial de décembre 1890. Paul Charest est décédé, à l'âge de 80 ans,  le 30 avril 1896 à Saint-Léon-le-Grand dans le comté de Maskinongé.

Dugré, Olivier et Marie Landry. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 4 enfants tous nés à Saint-Barnabé-Nord. Selon l'album À propos de Saint-Boniface de Shawinigan, Olivier Dugré s'est établi sur le lot 4 du cinquième rang au printemps 1851 et il a exploité une industrie de potasse qui a été reprise par son fils Louis. Olivier Dugré est décédé le 29 mai 1876 à Saint-Boniface, à l'âge de 52 ans.

Dugré, Théophile et Émilie Milette mariés le 18 juin 1844 à Yamachiche. Ils ont eu un premier enfant, une fille prénommée Émilie, à Saint-Barnabé-Nord. Leur deuxième enfant, prénommé Auguste, est né à Shawinigan. Théophile Dugré était le beau-frère de Louis Caron (voir plus haut). Il est décédé le 6 août 1893 à Saint-Boniface à l'âge de 68 ans. Au recensement paroissial de Saint-Boniface, en décembre 1890, il vivait avec sa femme Émilie et hébergeait deux veuves : Félicité Martin, veuve d'Olivier Rivard, et Marcelline Hamel, veuve de François-Xavier Leclerc.

Gélinas, Abraham et Luce Audet-Lapointe mariés le 13 janvier 1835 à Yamachiche. Ils avaient 4 enfants au recensement de 1852, tous nés à Yamachiche. Luce Audet-Lapointe est décédée l'année suivante, le 6 juin 1853 à Shawenegan. Son décès a été inscrit au registre de Saint-Barnabé-Nord. Abraham Gélinas est décédé le 9 janvier 1878 à l'âge de 71 ans, à Saint-Mathieu qui était alors une mission relavant de la paroisse de Saint-Boniface.

Gélinas, Augustin, surnommé Justin, et Adélaïde Bellemare mariés le 31 juillet 1832 à Yamachiche. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 7 enfants tous nés à Yamachiche. Selon l'album À propos de Saint-Boniface de Shawinigan, Augustin Gélinas aurait obtenu sa concession du lot 2 du sixième rang le 17 mars 1850. Il est considéré comme le plus ancien colon de Saint-Boniface avec Louis-Solyme Caron. Justin Gélinas est décédé le 23 mars 1884 à Saint-Boniface, à l'âge de 78 ans.

Gélinas, Isaac et Domithilde Dupont mariés le 13 janvier 1852 à Yamachiche. Isaac s'est marié sous le prénom de Georges. Selon l'album À propos de Saint-Boniface-de-Shawinigan, Isaac Gélinas s'est établi sur le lot 118 du quatrième rang vers 1852. Ils ont été recensés à Sain-Boniface en décembre 1890 avec trois enfants adultes célibataires.

Gélinas, Louis et Félicité Desaulniers mariés le 25 aoüt 1851 à Louiseville. Ils n'avaient pas encore d'enfant au recensement de janvier 1852. Félicité Desaulniers est décédée le 1er décembre 1885 à Trois-Rivières. Leurs enfants se marient dans cette ville dans les années 1880-1890.

Gélinas, Thomas et Marie Rivard-Dufresne mariés le 22 octobre 1838 à Saint-Barnabé-Nord. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 7 enfants tous nés à Saint-Barnabé-Nord. Leur fille Philomène a épousé Louis-Onésime Caron, fils de Louis-Solyme et de Marie-Josephte Lacerte, le 2 août 1858 à Saint-Étienne-des-Grès. Marie Rivard-Dufresne est décédée à Saint-Boniface le 6 février 1880, à l'âge de 61 ans.

Jalbert, Pascal et Angèle Gagnon mariés le 24 avril 1843 à Yamachiche. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 6 enfants tous nés à Yamachiche. Il n'y avait plus de Jalbert à Saint-Boniface au recensement paroissial de décembre 1890. On les retrouve dans le comté de Nicolet dans les années 1860-1870.

Lafrenière, François et Adélaïde Gignac mariés le 27 mai 1833 à Saint-Barnabé-Nord. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 6 enfants tous nés à Saint- Barnabé-Nord. Ils ont quitté le canton pour Maniwaki dans le comté de Gatineau où leurs enfants se marient dans les années 1860.

Lefebvre-Boulanger, Gabriel et Angèle Gélinas mariés le 25 février 1840 à Yamachiche : 4 enfants. Gabriel Lefebvre était le beau-frère de Justin Gélinas (voir plus haut). Gabriel Lefebvre-Boulanger est décédé le 18 février 1878 à Saint-Boniface. Leur fille Olivine, épouse de Benjamin Rabouin, a été recensée à Saint-Boniface en décembre 1890.

Magnan, Jean-Baptiste (père) et Marie-Rosalie Lamoureux mariés le 18 janvier 1813 à Saint-Cuthbert dans le comté de Berthier. Ils ont quitté le canton peu de temps après le recensement. On les retrouve ensuite dans le comté de Maskinongé.

Martin, Louis et Émilie Pellerin mariés le 3 février 1846 à Yamachiche. Ils ont été recensé avec une fille de 4 mois née à Shawinigan le 31 aoüt 1851 et baptisée le 1er septembre à Trois-Rivières. Ils se sont établis dans le quatrième rang. Louis Martin a vendu sa terre à Olivier Lampron de Saint-Sévère le 12 décembre 1862, devant le notaire Uldéric Brunelle (voir L'arrivée d'Olivier Lampron à Saint-Boniface sur ce blog). On retrouve ensuite la famille Martin aux Piles.

Rivard-Dufresne, Jean-Baptiste et Mariane Gélinas mariés le 11 février 1842 à Saint-Barnabé-Nord. Au recensement de janvier 1852, ils avaient 4 enfants tous nés à Saint-Barnabé-Nord. Jean-Baptiste Rivard-Dufresne était le beau-frère de Thomas Gélinas (voir plus haut). Je ne sais pas ce qu'il est advenu d'eux. Ils n'ont pas été recensés à Saint-Boniface en janvier 1890.

Voir aussi sur ce blog La population du Canton Shawenegan en 1852.

Les photos sont tirées de l'album souvenir À propos de Saint-Boniface de Shawinigan.

mercredi 19 octobre 2011

La population du Canton Shawenegan en 1852

Voici le premier de deux messages sur la population du Canton Shawenegan en 1852 d'après les résultats du recensement du Canada effectué cette année-là.

Le recensement de 1851 ou 1852

Le recensement canadien de 1851 a connu des retards, de sorte qu'une grande partie des formulaires n'ont été complétés que l'année suivante. On peut voir les résultats de ce recensement sur le site Automated Genealogy.

Dans le comté de Saint-Maurice, on a recensé la population nouvellement établie dans le Canton Shawenegan. C'était le nom qu'on donnait alors au territoire actuel de Saint-Boniface de Shawinigan, avant l'érection de la paroisse. C'était cinquante ans avant la création de la ville du même nom.

La population totale recensée dans le canton était de 241 personnes. On peut diviser cette population en trois groupes distincts :
  1. Une population temporaire formée d'hommes seuls qui avaient leur résidence en dehors du canton. Ces hommes étaient à l'emploi d'entreprises forestières ou travaillaient à la construction d'infrastructures (89 personnes).
  2. Des résidents qui n'avaient pas de famille avec eux au moment du recensement (46 personnes). 
  3. Des cultivateurs qui ont été recensés avec une famille. Ce sont les familles pionnières du Canton Shawenegan (106 personnes).

1. Une population temporaire

Il y avait 89 hommes seuls qui avaient leur résidence à l'extérieur du canton. Ils étaient donc de passage pour un emploi temporaire.  En 1851-1852, on terminait la route qui reliait le fief Saint-Étienne au pied de la chute Shawinigan, tandis que le gouvernement fédéral avait entrepris la construction d'une gigantesque glissade de 1000 pieds de long pour permettre aux billots de pin blanc de franchir la chute et atteindre la baie navigable. C'était un peu le Frontier Town de la Mauricie, la dernière municipalité avant d'entrer dans les grandes concessions forestières.


Il y avait parmi ces hommes seuls des charretiers, des charpentiers, des  voyageurs (c'est ainsi que l'on nommait les coureurs des bois), et des navigateurs. Je ne sais pas ce que le terme navigateur pouvait signifier dans le contexte du Canton Shawenegan. Peut-être des conducteurs de cages (cageux), des draveurs ou encore des canotiers qui effectuaient le transport des marchandises dans les chantiers du Saint-Maurice (portageux). Beaucoup de ces navigateurs étaient originaires de la Pointe-Lévis, en face de Québec.

2. Des résidents sans famille

Ces 46 résidents sans famille étaient cultivateur. Ils venaient des paroisses de la région : Yamachiche, Saint-Barnabé, Saint-Sévère, Saint-Léon, Saint-Paulin, Louiseville. J'imagine qu'ils voulaient commencer le défrichement et construire une maison avant de fonder une famille ou encore, avant de faire venir celle qu'ils avaient laissée dans leur paroisse d'origine. En plus de cultiver la terre, ils pouvaient aussi travailler pour des entreprises forestières. En Mauricie, les hommes étaient souvent cultivateurs en été, bûcherons en hiver et draveurs au printemps.

J'ai fait quelques recherches sur ces colons sans famille et constaté que plusieurs avaient quitté le canton. Ils étaient peut-être moins motivés que ceux qui sont venus avec leur famille.

3. Des familles pionnières

Au printemps de 1851, grâce à la nouvelle route, des familles de colons ont commencé à s'établir sur les  terres fertiles de la future paroisse de Saint-Boniface, au pied des Laurentides.  Quelques-unes sont peut-être arrivées dès 1850. Les familles de cultivateurs suivaient l'industrie forestière dans sa progression, pour profiter des terres qui avaient déjà été défrichées, mais aussi parce que cette industrie leur offrait un débouché pour les produits de la ferme.

Les 19 familles qui avaient leur résidence dans le canton regroupaient 106 personnes. Il y avait 68 enfants dont seulement 3 étaient nés dans le canton : Cyriac Caron (âgé de 8 mois), Émilie Martin (4 mois) et Auguste Dugré (3 mois). Le premier enfant né dans le canton a donc été Cyriac Caron, fils de Louis-Solyme et de Josephte Lacerte, le 9 mai 1851. Il a été baptisé à Trois-Rivières. Le second enfant et première fille a été Émilie Martin, de Louis et Émilie Pellerin, née le 31 août 1851. Elle a aussi été baptisée à Trois-Rivières.

D'après l'âge des enfants, les familles du Canton Shawenegan auraient été recensées en janvier 1852.

Le recensement nous donne aussi le lieu de naissance des individus. Si l'on considère, comme lieu de provenance d'une famille, la paroisse ou est né le plus jeune de ses enfants, on obtient le résultat suivant : Saint-Barnabé-Nord (9), Yamachiche (7),  Saint-Sévère (1), Saint-Paulin (1) et Saint-Cuthbert (1).

Étant donné que Saint-Barnabé-Nord et Saint-Sévère sont des détachements de la paroisse de Yamachiche, on peut conclure que 17 des 19 familles pionnières du Canton Shawenegan venaient de l'ancien territoire de Yamachiche. Les deux exceptions étaient la famille de Paul Charet, originaire de Saint-Paulin dans le comté de Maskinongé, et celle Jean-Baptiste Magnan, originaire de Saint-Cuthbert dans le comté de Berthier.

À quelques exceptions près, ces familles sont demeurées dans le canton.

Nous verrons dans un prochain message la liste des 19 familles pionnières du Canton Shawenegan.

Voir aussi sur ce blog : Les portageux.

La photo du flottage du bois provient du site Tourisme Shawinigan.

mardi 3 mai 2011

Que des conservateurs

À l'élection provinciale du premier mai 1878 dans Maskinongé, les trois candidats en lice étaient des conservateurs. Aucun candidat du Parti Libéral ne s'était présenté. Édouard Caron l'avait  emporté sur les deux autres conservateurs Alfred Baron-Lafrenière et Moïse Houde. Le parti était alors dirigé par l'avocat Joseph-Adolphe Chapleau, grand orateur et ami du curé Labelle.

Joseph-Adolphe Chapleau (1840-1898)

C'était la deuxième élection consécutive où le Parti Conservateur du Québec (PCQ), l'ancêtre de l'Union Nationale, n'avait pas d'adversaire libéral dans Maskinongé. Trois ans plus tôt, le 5 juillet 1875, Moïse Houde l'avait emporté sur un autre conservateur, Alexis Lesieur-Desaulniers.

Les résultats des élections générales provinciales depuis la Confédération sont disponibles sur le site QuébecPolitique.com

Voir aussi Une poursuite futile ? sur ce blog.

jeudi 13 janvier 2011

Qui était Marie Biron?

Marie Biron (1836-1907)
J'ai cherché pendant plusieurs années l'identité des parents de Marie Biron qui a épousé Cyriac Caron le 22 novembre 1853 dans la paroisse St. Anne de Manchester dans le New Hampshire. Les noms des parents des mariés n'ont pas été inscrit dans l'acte. Le premier curé de St. Anne, le révérend William McDonald, avat la fâcheuse habitude de ne pas les inscrire dans le registre. 

De plus, n'étant pas familier avec la langue française, il avait aussi tendance à angliciser les noms des Canadiens français.  Ainsi, le nom de la mariée a été inscrit Margret Byront. La forme anglaise de son nom et la difficulté d'établir l'identité de ses parents laissaient croire qu'elle était américaine, auquel cas il aurait été pratiquement impossible de l'identifier.

Cyriac Caron et Marie Biron ont eu 12 enfants. Les deux premiers sont nés aux États-Unis et les suivants à Saint-Boniface où la famille a été recensée en 1861. À ce recensement, Marie Caron a déclaré être née au Bas-Canada, ce qui exclut la possibilité d'une origine américaine.

Par ailleurs, il n'y a aucun doute possible quant à l'identité de Cyriac Caron. Une multitude de contrats notariés et d'actes civils le rattachent à la famille d'Alexis Caron et de Pélagie Rivard, une des plus anciennes de Saint-Boniface. Lui et son jumeau Omer sont nés le 8 août 1832 à Yamachiche. 

Fausses pistes

L'impossibilité d'établir une filiation nous force à laisser en blanc tout un pan d'un arbre généalogique, ce qui est très frustrant pour un chercheur. Mais la règle d'or en généalogie est de ne rien affirmer tant qu'il n'y a pas de preuve. Certains ne s'en soucient pas. Plusieurs banques de données généalogiques personnelles qui sont accessibles sur l'internet nous apprennent que Marie Biron était la fille de Théophile, le seul autre Biron qui vivait à Saint-Boniface à la même époque. C'était impossible puisque leur différence d'âge n'était que de 7 ou 8 ans : 
  • Marie Biron est décédée le 12 février 1907 à Saint-Boniface à l'âge de 71 ans, ce qui situe sa naissance vers 1836;
  • Théophile Biron, fils Louis-Gabriel Biron et d'Angèle Vallières, est né le 24 janvier 1828 à Saint-François-de-Lac dans le comté de Yamaska.

Selon un texte publié en 1984, Cyriac Caron aurait travaillé dans une briqueterie pendant son séjour aux États-Unis et sa femme aurait été institutrice. Je n'ai pas pu vérifier ces informations. On peut toutefois douter que Marie Biron ait été institutrice, bien qu'elle ait su lire et écrire, car il n'y avait pas de paroisse francophone, et encore moins d'école francophone, à Manchester en 1853. Elle a probablement travaillé à l'Amoskeag comme les autres jeunes filles immigrantes qui vivaient dans cette ville (voir L'Amoskeag sur ce blog). Ce même texte, qui a été publié dans un album intitulé  À propos de Saint-Boniface de Shawinigan 1859-1884, prétend aussi qu'elle était la fille de Théophile Biron. La photo ci-haut est tirée de cet album.

La solution

On trouve la preuve de l'identité des parents de Marie Biron dans deux contrats du greffe du notaire Joseph-Hilaire Biron en date du 16 février 1871. Cyriac Caron et Théophile Biron sont alors désignés comme beaux-frères. Théophile Biron, qui était donc le frère de Marie (et non pas son père), était le fils de Louis-Gabriel Biron et d'Angèle Vallières-Chabot, une famille du comté de Yamaska sur la rive Sud du Sain-Laurent.

Marie Biron avait aussi une soeur prénommée Angèle qui a vécu à Saint-Boniface pendant quelques années. Elle était l'épouse de Hyacinthe Grondin qui a exploité la fameuse "mine à Grondin" dans le septième rang de Saint-Boniface de 1875 à 1877. Les trois beaux-frères Cyriac Caron, Théophile Biron et  Hyacinthe Grondin ont effectué de nombreuses transactions foncières dans les années 1870.

Je n'ai pas retrouvé l'acte de baptême de Marie Biron.  Selon le recensement de 1901, elle est née le 20 février 1836.


 P.S.: La photo n'est pas très flatteuse mais je n'en ai pas d'autre. Elle a été prise avant l'invention du dentier.

mercredi 7 avril 2010

Familysearch (2)

 (mise à jour le 15 août 2011)

J'ai publié le 22 mars dernier un article sur les trouvailles que j'ai faites sur le site de Familysearch qui rend disponibles gratuitement des images de documents anciens (recensements, listes de mariages, certificats de naissance, certificats de décès) des résidents des États-Unis. C'est un  instrument de recherche fantastique  pour ceux qui s'intéressent à la généalogie des familles franco-américaines.

Voici donc la suite de l'article du 22 mars dernier. Aux 7 familles qui avaient alors fait l'objet de recherches dans Familysearch s'ajoutent les suivantes :

 8. Élie St-Onge, Agnès Bellemare et Melinda Martell à Menominee MI
 9. Onésime Gélinas et Victoria Houle à Nashua NH
10. Pierre Gélinas et Agnès Caron à Chicopee Mass
11. Adélard Gélinas et Séverine Gélinas à Manchester NH
12. Édouard Gélinas et Louise Fréchette à Manchester NH
13. Adélard Boucher et Joséphine Gélinas à Manchester NH


8. Élie St-Onge, Agnès Bellemare et Melinda Martell  dans le Michigan

Des recherches sur ce site - voir l'article du 22 mars - avaient permis de trouver des informations sur deux frères St-Onge de Saint-Paulin, les fils de François Martineau-Saintonge et de Josephte Allard  :
  • Le forgeron Désiré St-Onge, époux de Zoé Milette, apparaît d'abord à  Woonsockett dans le Rhode Island puis à New Bedford dans le Massachusetts.
  • Son frère cadet François St-Onge, époux de Caroline Paquin, était épicier à Lowell dans le Massachusetts.
J'ai trouvé des documents sur un troisième fils du même couple prénommé Élie, époux de Melinda Martell, qui s'est établi dans le comté de Menominee dans le Michigan. Le comté de Menominee est voisin de celui d'Oconto dans le Wisconsin. Une rivière les sépare. Or, on sait que Désiré St-Onge, le forgeron, était à Oconto vers 1868-1869. Les frères St-Onge sont peut-être allés travailler ensemble dans cette région où Élie se serait établi par la suite.

En 1900, la famille d'Élie St-Onge et de Melinda Martell a été recensée dans le canton de Meyer  dans le comté de Menominee. Ils vivaient sur une ferme. Élie a 54 ans (né en octobre 1845) et sa femme Melinda  a 33 ans (n. février 1867). Ils sont mariés depuis 11 ans. Les deux sont nés au Canada. Élie déclare être arrivé aux États-Unis en 1878 et Melinda en 1870. Élie sait lire et écrire mais sa jeune femme est analphabète.

Le canton de Meyer s'est développé, à compter de 1878, grâce à l'industrie forestière. Un moulin à scie appartenant à Mr C.J.L. Meyer de Fond du Lac dans le Wisconsin transformait les cèdres et les pins des forêts environnantes. Des cultivateurs, comme Élie St-Onge, s'installaient ensuite sur les terres ainsi déboisées. Aujourd'hui, l'industrie forestière a disparu et le canton de Meyer ne compte plus qu'un millier d'habitants dont la plupart habitent dans le village de Hermansville.

Élie et Melinda se sont mariés le 3 juin 1889 à Spalding dans le comté de Minominee. Élie, fils de Frank St-Onge et de Joséphine Allard, était veuf mais le nom de sa première femme n'est pas indiqué. Les enregistrements de mariage dont il sera question plus loin nous donnent son nom: Agnès Bellemare.  Agnès est décédée le 26 novembre 1887 à  l'âge de 32 ans. Melinda Martell était la fille d'Alex Martell et de Vadit Bicatt. À Menominee, les noms francophones étaient affreusement déformés. Il s'agissait probablement d'une famille Martel du Québec dont la mère s'appelait  peut-être Picard. 
 
Les documents relatifs à la famille d'Élie St-Onge sont relativement nombreux; en plus des recensements de 1880, 1900 et de 1920, j'ai trouvé 8 enregistrements de naissance, un certificat de décès et 5 enregistrements de mariages. Ces informations permettent de reconstituer, partiellement,  une très grande famille de 17 enfants issus de 2 lits :

- Enfants d'Élie St-Onge et d'Agnès Bellemare :
  • Margaret (Maggie) née en 1873 dans le Michigan. Elle a épousé Joseph Janguay, probablement Tanguay, le 1er juin 1896 à Spalding dans le comté de Menominee.
  • William né en 1875 dans le Michigan.
  • Emma née en 1878 dans le Michigan
  • Lester F. né en octobre 1882. Marié à une femme prénommée Emma. Décédé le 12 octobre 1936 à Electron dans le comté de Pierce, Washington.
  • John né le 5 août 1884 à Spalding, comté de Menominee, Michigan. Marié le 22 novembre 1909 à Nadeau dans le comté de Menominee.
  • Edmond W. né en septembre 1886.
- Enfants d'Élie St-Onge et de Melinda Martell :
  • Harry né en juin 1890.
  • Herman né en septembre 1891.
  • Élie né le 9 février 1892 à Meyer twp dans le canton de Menominee MI.
  • Samuel né le 4 novembre 1894 à Meyer twp.
  • Albert né en juillet 1896.
  • Leo né le 7 mars 1898 à Meyer twp.
  • Agnès née en 1901. Elle a épousé John Radman le 9 juillet 1923 à Hermansville, comté de Menominee, MI.
  • Archie né le 5 mars 1902 à Hermansville, comté de Menominee MI.
  • Harvey né en 1904 au Michigan.
  • Edna née en 1906 au Michigan.
  • Yvan né en 1909 au Michigan.
Élie St-Onge et sa femme Melinda vivaient encore dans le comté de Menominee au recensement de 1920. Élie était alors âgé de 74 ans et Melinda 53 ans. Ils avaient encore 6 enfants avec eux à la maison.

À noter : Une autre famille dont le chef s'appelait Ely St.Onge (né en 1833 au Canada) a été recensée dans le canton de Spalding du comté de Menominee en 1880. Son épouse s'appelait Delia. (née en 1840 à New York). Ce deuxième Élie était plus âgé que celui qui nous intéresse et n'apparaît plus au recensement de 1900.  Il faut prendre garde à ne pas confondre les deux familles.


9. Onésime Gélinas et Victoria Houle dans le New Hampshire

Onésime Gélinas (né en 1838 au Canada) et Victoria Houle (née en 1842 au Canada) ont enregistré 3 naissances à Nashua dans le New Hampshire. C'était une petite ville industrielle où la Nashua Manufacturing Company exploitait des usines de coton grâce à l'énergie hydroélectrique. En 1893, Onésime Gélinas travaillait dans une fabrique de boîtes (box factory). Voici les 3 naissances qui ont été enregistrées à Nashua :
  • Thomas Gélinas né le 29 octobre 1893.
  • Flavie Marie Gélinas née le 19 février 1896.
  • Joseph Alphonse Gélinas né le 9 septembre 1899. Le certificat de naissance de Joseph Alphonse indique qu'il était le treizième enfant du couple.
Ils n'ont pas été recensés aux États-Unis en 1900. Je ne trouve plus aucune mention de cette famille après la naissance de Joseph Alphonse en 1899.

Onésime Gélinas et Victoria Houle se sont mariés le 23 septembre 1878 à Saint-Barnabé-Nord dans le comté de Saint-Maurice. On les retrouve ensuite à Sainte-Flore dans le comté de Champlain où ils ont fait baptiser 5 enfants entre 1881 et 1889. 


10. Pierre Gélinas et Agnès Caron dans le Massachusetts

L'article sur Familtsearch du 22 mars dernier présentait des informations sur trois enfants de Louis-Solyme Caron et de Marie-Josephte Lacerte de Saint-Boniface-de-Shawinigan :

  • Marie Caron et son mari Olivier Lampron à Manchester
  • Onésime Caron et Philomène Gélinas aussi à Manchester
  • Cyriac Caron et Anaphlète Lamy à Chicopee, Mass
Une quatrième enfant du même couple, Agnès Caron, est décédée le 15 avril 1913 à Chicopee dans le Massachusetts. Elle était âgée de 67 ans et veuve de Pierre Gélinas. Elle était domiciliée au 81 School Street à Chicopee.


11. Adélard Gélinas et Séverine Gélinas à Manchester

Adélard Gélinas, fils de Frédéric et de Domithilde Lavergne, et Séverine Gélinas, fille d'Alphonse et de Mérélice Grenier, se sont mariés à Saint-Sévère dans le comté de Saint-Maurice le 11 septembre 1894. L'été suivant, on les retrouve à Manchester dans le New Hampshire où ils enregistrent la naissance de leur premier enfant. Adélard Gélinas exerce alors le métier de "mill operative". J'ai trouvé trois enregistrements de naissance au nom de ce couple à Manchester :

  • Amédée né le 17 juillet 1895;
  • Rosa née le 16 décembre 1897;
  • Florido né le 8 décembre 1900.
Les enregistrements indiquent que Rosa était le troisième enfant du couple et Florido le cinquième. Il y aurait donc eu deux autres naissances entre 1895 et 1900, soit en 1896 et en 1898 ou 1899. On retrouve dans les registres de la Mauricie les mariages de deux autres filles du couple :

  • Irène mineure à son mariage avec Maxime Lessard (Léandre et Mézélée Milette) le 26 juin 1929 à Charette.
  • Mathilda mineure à son mariage avec Onésime Déziel (Onésime, Louise Lesieur) le 27 juillet 1915 à Saint-Sévère.

12. Édouard Gélinas et Louise Fréchette à Manchester

Ce couple a enregistré la naissance de son quatorzième enfant, prénommé Gilbert, le 12 août 1899 à Manchester dans le New Hampshire. Édouard Gélinas travaille comme "laborer". Ils sont tous les deux âgés de 45 ans.

Édouard Gélinas, fils de Paul et d'Adélaïde Robert, et Louise Fréchette, fille de Zéphirin et de Félicité Rivard, se sont mariés le 13 juillet 1876 à Saint-Léon-le-Grand dans le comté de Maskinongé. Édouard Gélinas était cultivateur à l'époque de son mariage.


13. Adélard Boucher et Joséphine Gélinas à Manchester

Adélard Boucher, fils d'Isaac et d'Honorat Bellemare, et Joséphine Gélinas, fille de Majorique et de Célina Gélinas, se sont mariés le 3 avril 1894 à Saint-Élie-de-Caxton dans le comté de Saint-Maurice. Quatre ans plus tard, soit le 12 août 1898, ils enregistrent la naissance de leur troisième enfant, une fille prénommée Marie Yvonne Angélina, à Manchester dans le New Hampshire. Adélard Boucher âgé de 25 ans travaille comme "mill operative". Sa femme est âgée de 21 ans seulement.


Voir aussi sur ce blog : Familysearch

lundi 22 mars 2010

Familysearch

(Mise à jour le 17 août 2011)

Le site de Familysearch offre un accès gratuit aux microfilms des recensements et des certificats de naissance et de décès des États-Unis (ici). C'est particulièrement intéressant pour ceux qui font des recherches sur les Franco-Américains.

J'ai noté les trouvailles que j'ai faites sur ce site pour 7 familles de la Mauricie :
  1. Désiré St-Onge et Zoé Milette à New Bedford Mass
  2. Onésime Lemire et Mathilda Milette à New Bedford Mass
  3. François St-Onge et Caroline Paquin à Lowell Mass
  4. Nazaire Robitaille et Azéline Rondeau à Lowell Mass
  5. Olivier Lampron et Marie Caron à Manchester NH
  6. Onésime Caron et Philomène Gélinas à Manchester NH
  7. Cyriac Caron et Anaphlète Lamy à Chicopee Mass

1. Désiré St-Onge et Zoé Milette à New Bedford

J'ai trouvé sur Familysearch beaucoup d'informations sur la famille de Désiré St-Onge et de Zoé Milette, un couple dont il a déjà été question sur ce blogue (Voir La jument est vendue). Cette famille avait quitté Saint-Étienne-des-Grès, où Désiré exerçait le métier de forgeron, pour aller s'établir à Oconto dans le Wisconsin vers 1868-1869. On perdait ensuite leur trace.

J'ai trouvé les certificats de décès de Zoé Milette et de trois de leurs fils. Ces décès sont survenus dans le Massachusetts en 1898, 1906, 1909 et 1915 :
  •  Zoé Milette est décédée le 16 février 1898 à New Bedford, Mass. Elle était âgée de 58 ans.
  • À Holyoke, Mass le 26 juin 1906, Georges St.Onge est décédé d'une péricardite à l'âge de 38 ans. L'acte de décès mentionne qu'il est né dans le Wisconsin. Il a été enterré le 28 juin 1906. Il était marié et résidait au 234 "Hamelin" Street. Mrs Georges St. Onge qui résidait à la même adresse a été insctite comme "informant". Georges St.Onge (né en 1871) a épousé Délia Hetu (née en 1873), fille de Edonard  et Angéle Ledue, le 21 mai 1899 à Woonsockett R.I. 
  • Henry St.Onge, qui était ouvrier, est mort d'une bronchopneumonie à New Bedfosd le 10 février 1909. Il était âgé de 35 ans. L'acte mentionne qu'il est né au Canada. Il a été enterré le 10 février au French Cemetary de New Bedford. Il était marié et résidait au 212 Second Street. Le nom de Joseph Milette est inscrit comme "informant"
  • À New Bedford, le 13 novembre 1915, Victor St.Onge, qui était ouvrier lui aussi, est mort écrasé (run over) par une voiture. Il est né le 2 février 1875 à Woonsocket, R.I. Il a été enterré le 16 novembre 1915 au Sacred Heart Cemetary. Il était marié et résidait au 735 Belleville Ave. à New Bedford. Le nom de Flora St.Onge est inscrif comme "informant" sur le certificat de décès. Elle résidait à la même adresse que le défunt. ---  On trouve le mariage de Victor (né en 1875) et d'Adélina Milette (née en 1877) à New Bedford le 13 avril 1896. Adélina Milette était la fille Joseph Milette et d'Ida Laframboise. --- Le recensement de 1900 à New Bedford nous apprend que Flora (née en juillet 1897) était la fille aînée de Victor, qu'il avait deux autres filles prénommées Irène (née en janvier 1899) et Bertha (née en avril 1900) et que son épouse Adélina est née en mai 1877. Ils étaient mariés depuis 4 ans. Victor travaillait dans une manufacture de fil (yarn mill). - On trouve aussi sur Familysearch le certificat de décès d'un fils de Victor, prénommé Hector-Raymond (né le 2 janvier 1913) qui est mort du choléra infantile le 19 juin 1913. La famille résidait alors au 31 Slocum Street à Acushnet, une municipalité situé au nord de New Bedford Mass. Un autre fils Edmond (né en novembre 1907) est mort d'une bronchpneumonie le 20 novembre 1908 à New Bedford. La famille habite alors au 4 Hillman Court.
Par ailleurs, on trouve aussi le certificat de naissance d'une fille de Désiré St.Onge et Zoé milette, prénommée Marie, née le 4 juillet 1877 à Woonsocket, Rhode Island. De plus, leur fille Clara se marie avec Boromé Bélanger, fils de Benjamin et de Marceline Grenier, le 6 avril 1899 à Holyoke Mass. Boromé Bélanger exerce alors le métier de "mill operative".

Ces documents nous donnent un aperçu du trajet compliqué qui a été accompli par la famille de Désiré St-Onge et de Zoé Milette:
  •  Ils ont quitté Saint-Étienne-des-Grès en 1868 pour aller à Oconto dans le Wisconsin où Georges est né en 1871.
  • Ils sont ensuite revenus au Canada où Clara est née en 1872 et Henri en 1874.
  • L'année suivante, on les retrouve à Woonsocket dans le Rhode Island où Victor et Marie sont nés en février 1875 et juillet 1877 respectivement. 
  • Ils reviennent ensuite au Canada, dans la paroisse de Sainte-Flore,  où Dora et Joseh-Henri-Désiré ont été baptisés en 1880 et 1883 respectivement. Le 22 février 1887, Joseph-Henri Désiré est inhumé à Saint-Jacques-des-Piles, une paroisse voisine de Sainte-Flore.
  • Ils retournent aux États-Unis, cette fois dans le Massachusett. Zoé Milette est décédée à New Bedford Mass en 1898. Désiré se remarie avec Dina Milette, la soeur aînée de Zoé, le 24 juin 1899 à New Bedford. Dina Milette était la veuve d'Évariste Lavoie qu'elle avait épousé le 30 juillet 1870 à Saint-Étienne-de-Grès.
En 1900, la famille de Désiré St-Onge a été recensée à New Bedford dans la Massachusets. Il était alors âgé de 61 ans et exerçait son métier de forgeron. Donia (Dina), la nouvelle épouse de Désiré, est née en mai 1848 au Canada. Ils sont mariés depuis 1 an seulement. Un fils de Désiré habite avec eux : Henry (27 ans) qui se dit journalier et son épouse Vinie âgée de 26 ans; ils sont mariés depuis cinq ans. Il y a aussi dans leur logement trois garçon du premier mariage de Donia : Victor Lajoie (25 ans), Arthur Lajoie (11 ans) et Joseph Lajoie (9 ans). Ils ont aussi des pensionnaires (boarders): John et Valida Grimes (née en janvier 1873 dans le Rhodes Island) et leur fille de 2 ans "Rear" Grimes, de même qu'une femme célibataire de 22 ans nommée Elizza Lapointe (née en juin 1874 dans le Rhodes Island). John Grimes était l'époux de Valida Lapointe, une fille du premier mariage de Dina Milette avec Évariste Lapointe.
Une fille de Désiré et Zoé Milette prénommée Valida (née en juin 1868) a aussi été recensée à New Bedford en 1900 avec son mari Henri Villemure (né en novembre 1863) et leurs deux filles Dora (née en janvier 1888) et Annie (née en mai 1890). Le couple est arrivé aux États-Unis en 1885. Valida déclare qu'elle a eu 6 enfants dont 2 sont vivants. Les deux filles se sont mariées dans le Massachusetts :
  • Dora a épousé Oliver Cormier, fils de Theophilus et de Domithilde Hébert, le 4 may 1908 à New Bedford. Dora est née à Holyoke, Mass.
  • Anna (Annie) a épousé Joseph P. Bourgeois, fils de Théodore et de Marie Fougère, le 2 janvier 1913 à Acushmet près de New Bedford. Elle travaille dans une usine. Anna est née à Holyoke, Mass.

2. Onésime Lemire et Mathilda Milette à New Bedford
    Par ailleurs, Mathilda Milette, la soeur de Zoé, et son mari Onésime Lemire charpentier étaient aussi présents à New Bedford au recensement de 1900. Mathilda déclare qu'elle a eu 4 enfants dont 1 seul est vivant. Ce couple a immigré aux États-Unis dès 1869, soit à la même époque que Désiré St-Onge et Zoé Milette. - Mathilda Milette est décédée le 6 février 1910 au New Bedford St.Luke's Hospital d'un "abdominal papillomatis". Elle était âgée de 72 ans et 6 mois. Elle a été enterrée au French Cemetary le 8 feb 1910. Mathilde résidait au 193 Arnold Street.

    3. François St-Onge et Caroline Paquin à Lowell
    François St-Onge était le frère de Désiré St-Onge, le forgeron dont il a été question plus haut. J'ai trouvé son acte de décès sur Familysearh. Il est décédé le 8 novembre 1914, à l'âge de 72 ans, d'une apoplexie cérébrale. Il était malade depuis 12 ans. Il a été inhumé le 10 novembre 1914 au St.Joseph Cemetary de Lowell. Son domicile était au 615 Morrinack Street à Lowell.

    La famille de François St-Onge (né en mars 1842) a été recensée à Lowell en 1900 à l'adresse 615 Merrimack Street. François était aux États-Unis depuis 1890. Il était alors marié depuis 9 ans à une femme prénommée Alice (née en mai 1861) qui était de 19 ans sa cadette. Sa première femme, Caroline Paquin, est donc décédée avant 1891. L'épouse Alice a déclaré avoir eu 7 enfants dont 4 étaient vivants. Ils avaient quatre filles : Emma (née en mai 1896), Éva (juillet 1897), Alexandra (septembre 1898) et Alice (décembre 1899) qui sont nées au Massachusetts. Il y avait une vingtaine de chambreurs dans leur logement dont une servante célibataire nommée Victorie St-Onge (née en janvier 1874). François St-Onge était "grocer" (épicier).

    Parmi la vingtaine de chambreurs qui habitaient le logement en 1900, il y avait une fille de François St-Onge, Valida (née en avril 1878) avec son mari Arthur Paillé écrit Payer (né au Massachusetts en 1876). Ils sont mariés depuis 4 ans. On retrouve ce couple au recensement de 1920 à Lowell avec leurs enfants : Anna, Arthur (né au Mass en 1902), Alfred, Blanche, Albert, Laura et Roland. - J'ai trouvé trois certificats de décès d'enfants de ce couple à Lowell en 1912 et 1914 :
    • Rene Payer (né le 10 mai 1910) est décédé le 11 may 1912 d'une bronchite (capillary bronchites). Il était âgé de deux ans et un jour. Il a été enterré au St.Joseph Cemetary le 13 may 1912. La famille habitait au 543 Moody Street.
    • Hortense Payer (née le 1er mai 1912) est décédée le 1er sep 1912 d'une bronchite (acute cap. bronchites). Elle était âgée de 6 mois et 2 jours. Elle a été enterrée au St.Joseph Cemetary le 2 septembre 1912. La famille habitait au 489 Moody Street.
    • Un garçon mort-né le 30 oct 1914. La famille habitait alors au 47 Exeter Street à Lowell.

    4. Nazaire Robitaille et Azéline Rondeau à Lowell

    J'ai aussi trouvé sur Familysearch le certificat de décès de Napoléon Robitaille, le 24 février 1906, à "Laval Place" dans la ville de Lowell Massachusetts. Il était le fils de Nazaire Robitaille et d'Azéline Rondeau dont il a déjà été question sur ce blog (De l'eau courante). Il est mort d'une rubéole (measles) compliquée d'une pneumonie, après quatre jours d'hospitalisation, à l'âge de 2 ans, 9 mois et 6 jours. Il a été enterré au St. Joseph Cemetary.

    Nazaire Robitaille, fils d'Augustin et de Sophia (Sophie), et Asiline (Azéline) Rondeau, fille de Pierre et de Philomene, se sont mariés le 8 juillet 1883 à Lowell. Il était alors âgé de 28 ans et travaillait comme "Brick maker".

    La famille de Nazaire Robitaille et d'Azéline Rondeau a été recensée à Lowell en 1900. Ils étaient mariés depuis 16 ans. Azéline Rondeau déclare avoir eu 8 enfants, tous vivants : Exina (juillet 1884), Ellenda (janvier 1886), Joseph (décembre 1887), Dorilda (février 1890), Zeilda (avril 1892), William (août 1894), Henri (février 1897) et Télesphore (mars 1899), tous nés au Canada. Ils déclarent être arrivés aux États-Unis en 1900. Nazaire Robitaille travaille comme "concrete laborer", tandis que les deux filles aînées, Exina et Ellenda, sont "hosiery mender".

    La soeur de Nazaire, Marie-Louise Robitaille (née en mai 1856), habite le logement voisin avec son mari Charles Ducharme (né en février 1840) et leurs enfants : Pierre (décembre 1881), Marie-L. (octobre 1883), Robia (juillet 1888), Thadule (juillet 1892) et Marie A. (juillet 1893). Ils sont mariés depuis 27 ans. Marie-Louise déclare avoir eu 12 enfants dont 7 sont vivants. Ils sont arrivés aux États-Unis en 1899. Ils hébergent aussi deux pensionnaires. Charles Ducharme et son fils aîné Pierre sont "laborer" (ouvrier).

    5. Olivier Lampron et Marie Caron à Manchester NH

    Un certificat de naissance d'un fils d'Olivier Lampron et de Marie Caron né le 25 novembre 1893 à Manchester dans le New Hampshire. Le nom de l'enfant a été omis. Le certificat précise que c'était le onzième enfant du couple. La profession du père est "Clerk".

    Il s'agit probablement d'un enfant qui est mort peu après sa naissance. Selon mes données, le onzième enfant du couple était une fille prénommée Rébecca qui est morte à l'âge d'un mois seulement le 3 juillet 1889 à Saint-Boniface-de-Shawinigan.


     6. Onésime Caron et Philomène Gélinas à Manchester

    Onésime Caron, le beau-frère d'Olivier Lampron, et son épouse Philomène Gélinas ont aussi été recensés à Manchester en 1900 avec leurs enfants Joseph (né en mars 1867), Maria (juillet 1878) et Marie-Louise (juin 1882). Onésime Caron est né en octobre 1837 et Philomène Gélinas en février 1841. Ils sont mariés depuis 41 ans. Philomène Gélinas déclare avoir eu 17 enfants dont 8 sont vivants. Ils ont immigré aux États-Unis en 1896, sauf Joseph qui y est depuis 15 ans (1885). Maria est "wool sertor" et Marie-Louise est "cotton spinner".

    Le fils d'Onésime Caron, Michel Caron (né en août 1862), est aussi recensé en 1900 à Manchester avec son épouse Caroline Dubé (née en novembre 1864) et leurs filles Marie-Louise (février 1887) et Dora (août 1888). Ils sont mariés depuis 14 ans. Caroline Dubé déclare avoir eu 5 enfants dont 2 sont vivants. Les deux filles sont nées au New Hampshire. Michel Caron est "cotton weaver". Il déclare avoir immigré en 1884. - Ils ont enregistré la naissance de leur premier enfant une fille anonyme le 18 février 1887 à Manchester. Michel Caron exerce alors le métier de weaver.

    7. Cyriac Caron (fils de Louis-Solyme) et Anaphlète Lamy à Chicopee Mass

    Un autre beau-frère d'Olivier Lampron, Cyriac Caron époux d'Anaphlète Lamy, était à Chcopee Falls près de Springfiels dans le Massachusetts. Leur fils Hermidas Caron est décédé dans cette ville le 17 juillet 1912 d'une tuberculose pulmonaire. Le garçon, âgé de 18 ans, était né le 6 juillet 1894. Il était malade depuis 1 an. Hermidas a été inhumé au Calvary Cemetary le 16 juillet. Il habitait au 14 West Street à Chicopee. Thomas Caron, qui logeait à la même adresse, a été désigné comme "Informant".


    Voir aussi sur ce blog : Familysearch (2)

    mardi 9 février 2010

    De la Mauricie à la Nouvelle-Angleterre

    Dans son étude sur les Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre, Yves Roby mentionnait le phénomène de jumelage entre certaines paroisses du Québec et certaines villes américaines. Par exemple, selon l'auteur, les gens de Rimouski allaient surtout à Salem et ceux de Saint-Ours à Southbridge MA.

    J'ai trouvé dans les registres paroissiaux et les actes notariés plusieurs mentions de la présence d'individus ou de familles du comté de Saint-Maurice en Nouvelle-Angleterre. Je me suis amusé à compiler ces mentions pour déterminer les principales destinations des habitants de cette région et vérifier si le phénomène du jumelage dont parlait Yves Roby s'applique. Rien de bien scientifique. J'ai relevé en tout 79 mentions d'individus ou de couples originaires de quatre paroisses rurales voisines (Saint-Boniface de Shawinigan, Saint-Étienne-des-Grès, Saint-Barnabé et Saint-Sévère) entre 1866 et 1967. Voici les résultats :
    • Manchester NH : 28 mentions
    • Lowell MA : 9 mentions
    • Waterburry CO : 8 mentions
    • Westford MA: 4 mentions
    • Malborough : 3 mentions
    • New Bedford MA : 3 mentions
    • Autres destinations : 24 mentions
    Le résultat le plus significatif, à mon avis, est la très forte concentration de migrants à Manchester dans l'État du New Hampshire. Plus du tiers des migrants mentionnés sont allés dans cette ville. Voici, par ordre alphabétique, les 28 individus ou couples dont la présence à Manchester est mentionnée; j'ai ajouté entre parenthèses l'année de la mention :
    1. Théophile Biron (1869)
    2. Adrien Blais et Éléonore Lupien (1891)
    3. Barnabé Blais et Émilie De la Durantaye (1902)
    4. Casimir Blais et Phélanise Lapolice (1881)
    5. Euchariste Bellemare et Elzire-Sophie Blais (1931)
    6. David Bourassa et Sophie Lemay (1923)
    7. Jacques Bourassa et Sophie Lemay (1916)
    8. Hercule Carbonneau et Marie Godin (1911)
    9. Louis Carbonneau et Séraphine Gélinas (1909)
    10. Alexis Caron et Élisabeth Burgin (1868)
    11. Cyriac Caron (1869)
    12. Omer Caron (1869)
    13. François Dozois et Emma Thibault (1901)
    14. Gonzalve Gagnon et Zénaïde Rousseau (1914)
    15. Évariste Gélinas et Marie Leclerc (1929)
    16. Napoléon Gélinas et Herméline Lacerte (1909)
    17. Moïse Goulet (1866)
    18. Napoléon Houle et Madgery Philibert (1913)
    19. Olivie Lampron et Marie Caron
    20. Zacharie Lamy et Emma Pellerin (1908)
    21. Joseph Lemay et Herméline Lamy (1912)
    22. Onésime Lemire et Odile Picher (1901)
    23. Noé Marchand et Zélia Lacourse (1909)
    24. Hyacinthe Matteau et Elzire Boisvert (1912)
    25. Cyprien Milot et Adéline Milot (1953)
    26. Adélard Ricard et Marie Castonguay (1908)
    27. Jean-Baptiste St-Cyr et Mathilde Roberge (1889)
    28. Hilaire St-Onge et Adéline Chainé (1886)
    Certains de ces individus ou couples sont apparentés. Il s'agit en fait de groupes familiaux qui ont migré dans une même ville. Ainsi, les frères Alexis, Cyriac et Omer Caron de Saint-Boniface, de même que Théophile Biron qui était le beau-frère de Cyriac Caron, sont mentionnés en 1868-1869. Ces derniers sont ensuite revenus au Québec. On retrouve aussi 4 frères et soeur Blais de Saint-Barnabé (Adrien, Barnabé, Casimir et Elzire-Sophie) qui sont mentionnés entre 1881 et 1931. Ces derniers étaient les frères et soeur de Fridoline Blais la centenaire dont il a été question dans la chronique du 11 novembre 2009 (ici). Ils sont restés à Manchester. Le nom de famille Blais est aujourd'hui commun dans cette ville.

    Par ailleurs, les frères Joseph et Victor Milot de Saint-Étienne-des-Grès sont mentionnés en 1905 et 1910 à Graniteville, un village où on exploitait des carrières de Granit et qui fait maintenant partie de la municipalité de Westford dans le Massachusets. Plusieurs Milot de Westford sont morts au combat pendant les deux guerres mondiales. Une rue porte aujourd'hui le nom de Milot Road. Odélide Milot, la fille de Victor et de Virginie Bastarache, est mentionnée à Manchester dans le New Hampshire en 1953.

    Soulignons en terminant que plusieurs des plus grands centres de population canadienne-française en Nouvelle-Angleterre ne semblent pas avoir attiré les gens originaires des quatre paroisses du comté de Saint-Maurice. On ne trouve aucune mention dans ma liste de 79 individus ou couples pour les villes de Fall River MA, Woonsocket RH, Holyoke MA et Lewinston ME, entre autres.

    J'essaierai d'augmenter l'échantillon pour voir si les conclusions énoncées plus haut demeurent valides.