samedi 18 octobre 2014

Omissions, erreurs et fausses déclarations dans les actes de baptême

Avec l'acte de mariage de ses parents, l'acte de baptême d'un enfant est la référence normale pour établir sa filiation. Lorsque ces actes sont introuvables ou omettent des informations essentielles, le chercheur doit établir une preuve indirecte de filiation, un exercice qui s'avère souvent difficile. J'ai mis des mois à établir des preuves de filiation parce qu'un acte de baptême ou de mariage était manquant ou mal rédigé.

L'acte de baptême complet


Au XIXe siècle, l'acte de baptême complet devait contenir les informations suivantes :
  1. La date de la cérémonie
  2. La fonction de l'officiant (curé, vicaire, missionnaire, etc)
  3. Le prénom de l'enfant
  4. Le sexe de l'enfant
  5. Le jour de sa naissance (né ce jour, née hier, etc)
  6. Le statut matrimonial des parents (né du légitime mariage de ...)
  7. Le nom du père
  8. La profession du père  
  9. Le nom de la mère
  10. Le lieu de résidence des parents (de cette paroisse ou nom d'une autre paroisse)
  11. Le nom du parrain 
  12. Le nom de la marraine
  13. Leur lieu de résidence 
  14. La signature du père (ou la mention de son incapacité à signer)
  15. La signature du parrain (ou la mention de son incapacité à signer)
  16. La signature de la marraine (ou la mention de son incapacité à signer)
  17. La signature de l'officiant
Les actes du baptême du XIXe siècle ne contiennent pas toujours tous ces éléments, mais s'en approchent la plupart du temps. D'autres informations s'ajoutaient le cas échéant :
  1. L'ondoiement de l'enfant (certains bébés survivaient malgré tout)
  2. Le nom de la personne qui l'a ondoyé
  3. Le baptême sous condition 
  4. Le décès du père (feu, défunt)
  5. Un titre du père (seigneur, écuyer, officier de milice, etc)
  6. Le décès de la mère 
  7. La nationalité des parents (Anglais, Écossais, Sauvage)
  8. Le lien de parenté entre le parrain et l'enfant
  9. Le lien de parenté entre la marraine et l'enfant
  10. Le lien matrimonial entre le parrain et la marraine
  11. La mention de l'absence du père lors de la cérémonie

Omissions, erreurs et fausses déclarations


Par négligence ou par paresse, certains officiants omettaient de façon systématique beaucoup d'informations utiles. Les omissions les plus frustrantes pour un généalogiste : les noms des parents et les liens de parenté du parrain et de la marraine avec l'enfant. 

Mais il y a pire que les omissions : les informations inexactes qui  nous entraînent sur de fausses pistes. Un exemple d'erreur vraiment embêtante que j'ai déjà rencontrée: l'inversion des noms de la mère et de la marraine.

Des erreurs de bonne foi pouvaient se glisser dans les registres, mais certains officiants en faisaient beaucoup plus que d'autres. Malheureusement, dans certains cas, l'étude des registres nous amène à conclure que ces « erreurs » étaient volontaires.

J'ai consulté récemment deux registres paroissiaux qui ont été particulièrement mal tenus. Dans ces paroisses, les officiants omettaient beaucoup d'informations importantes et ne se donnaient pas la peine de faire signer les personnes présentes lors des cérémonies. Lors des baptêmes, ils écrivaient de façon systématique que le père, le parrain et la marraine ont déclaré ne savoir signer, sans égard à leur capacité de le faire. Ainsi, une même personne pouvait signer lors d'un mariage mais ne pas savoir le faire plus tard lors d'un baptême. Ces fausses déclarations répétées jettent un doute sur la validité des autres informations contenues dans leurs registres.

  • À Saint-Étienne-des-Grès en Mauricie, le taux de signature du registre, c'est-à-dire le pourcentage des témoins qui ont signé au bas des actes, est passé de 11 % à moins de 2 % après l'entrée en fonction du curé Joseph-Damase Sicard de Carufel en 1866.
  • À Sainte-Flore en Mauricie, le taux de signature du registre est passé de 28 % à 3 % seulement après l'entrée en fonction du curé Ferdinand Verville en 1890.

Or, l'alphabétisation a fortement progressé à la fin du XIXe siècle et on observe une augmentation importante du taux de signature dans les autres paroisses de la région. J'y reviendrai dans un autre article.


jeudi 16 octobre 2014

Alphonse Picard, tanneur

Alphonse Destroismaisons dit Picard exerçait le métier de tanneur à Gentilly, dans le comté de Nicolet. Il est né le 10 septembre 1861 à Saint-Pierre-les-Becquets, un village situé à l'est de Gentilly.

Alphonse Destroismaisons dit Picard vers 1930


Il a appris son métier de son père Joseph Destroismaisons dit Picard (1809-1876) qui a été tanneur à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, à Lauzon, puis à Saint-Pierre-les-Becquets, avant de s'installer à Gentilly quelque mois après la naissance d'Alphonse.

Le surnom Picard


Le surnom Picard vient de la province d'origine de l'ancêtre Philippe Destroismaisons, cordonnier, qui est né en 1638 dans le hameau des Trois Maisons près d'Amiens en Picardie. Plusieurs autres immigrants en Nouvelle-France ont porté ce surnom qui est associé aux patronymes Bourgeois, Caillé, Collet, Dubois, Lemaître, Olivier et  Philippon, notamment.

Les Destroismaisons ne sont pas apparentés aux Picard que l'on trouve dans certaines communautés autochtones du Québec. On a affirmé que la mère d'Alphonse, Marie-Carmelle Paradis, était une métisse adoptée. Je n'ai rien trouvé qui supporte cette affirmation. Son acte de baptême est au registre de Saint-Pierre-les-Becquets en date du 19 août 1828.

Des artisans


Les tanneurs appartenaient à la classe des artisans que l'on retrouvaient au XIXe siècle dans les villes et dans les principaux villages du Bas-Canada. Ils transformaient en cuir les peaux des animaux d'élevage : le boeuf, le mouton et le porc. Ils s'établissaient habituellement un peu à l'écart des agglomérations à cause des odeurs fortes que dégageait le trempage des peaux dans des produits chimiques.



Les principaux clients des tanneurs étaient les cordonniers qui utilisaient leurs cuirs pour en faire des souliers. Alphonse Picard a d'ailleurs épousé la fille d'un cordonnier, sa voisine Aurore Marchand, le 13 février 1888 à Gentilly. Les deux conjoints savaient lire et écrire, une compétence indispensable pour tenir un commerce. Ils ont d'ailleurs signé au bas de l'acte de mariage.



Aurore Marchand était aussi une artisane. Elle exerçait le métier de modiste, c'est-à-dire qu'elle fabriquait des chapeaux sur commande pour les dames. Elle a poursuivi cette activité après son mariage, aidée par ses filles.



La famille n'était pas riche, mais vivait bien. Les artisans avaient des revenus supérieurs à ceux des cultivateurs qui constituaient la majorité de la population. Au recensement de 1901, Alphonse Picard déclarait un revenu annuel de 400 $ auquel s'ajoutaient les 300 $ gagnés par sa femme modiste. Ils habitaient une grande maison en bois de huit pièces. Selon leur petite-fille Berthe Saintonge (1916-2011) qui les a visités dans les années 1920, le terrain qui entourait leur maison était un peu négligé : les mauvaises herbes y poussaient librement.

Alphonse et Aurore ont eu dix enfants, mais seulement six filles ont atteint l'âge adulte : Léda (1890), Marie-Berthe (1893), Alma (1895), Marie-Ange (1898), Marie-Jeanne (1900) et Lucille (1902). Elles ont été instruites par les Soeurs de l'Assomption qui tenaient un école primaire et un pensionnat pour jeunes filles à Gentilly. L'une d'entre elles, Marie-Berthe, est entrée dans cette communauté religieuse ; les cinq autres se sont mariées.

Aurore Marchand et sa fille Lucille vers 1918


Après la mort de sa femme en 1932, Alphonse Picard a vécu chez ses filles qui le recevaient à tour de rôle. À une époque, il passait ses hivers chez Léda (épouse de Lucien Fontaine) à Montréal et ses étés chez Alma (épouse de Félix Saintonge) à Saint-Étienne-des-Grès en Mauricie où il s'occupait du potager.

Il est décédé à Montréal en 1956, à l'âge de 95 ans. Le secret de sa longévité : le lait caillé qu'il laissait vieillir sur le bord d'une fenêtre.


lundi 22 septembre 2014

Mes ancêtres du Limousin étaient soldats

Mes cinq ancêtres mâles originaires du Limousin étaient tous soldats : trois du régiment de Carignan-Salières et deux des troupes de la Marine.

Nom Prénom Naissance Lieu Parents Arrivée Régiment Sosa
Blet (Blais) Jean c1640 Sarrazac Pierre et Françoise Jardinier 1665 Carignan 2596a
Coupy (Goupil) Antoine c1673 Cornil Jean et Marie Chasseing c1698 Marine 1882g
Dubord Guillien c1636 Thiviers Louis et Catherine de la Brugière 1665 Carignan 1074a
Émery Antoine 1643 Sarrazac Mégny et Marguerite Pasquau 1665 Carignan 5210a
Tessier (Éringué) Mathieu c1660 Cognac-le-Froid Jacques et Laurence Boigeou c1687 Marine 1062a








Ce n'est pas un hasard. Je crois que le Limousin a fourni à la Nouvelle-France davantage de soldats que de civils. Les soldats étaient recrutés dans toutes les régions de France, tandis que les engagés (36 mois) provenaient surtout des régions proches des ports d'embarquement. Le Limousin est une région du centre de la France relativement éloignée des ports de mer. 



Le Limousin est le pays des noms de lieu en « ac » : Allasac, Ambazac, Bellac, Boussac, Canillac, Cosnac, Donzenac, Juillac, Lubersac, Magnac, Meymac, Rilhac, Sarrazac, Sornac, Ussac, etc. Ce suffixe est répandu en France dans les régions de langues d'oc où il marque l'emplacement ancien d'une villa gallo-romaine (Wikipédia). Son équivalent dans les régions de langues d'oil, plus au nord, est le suffixe « ay » ou « y » comme dans Mézeray, Champigny ou Sévigny.

Les soldats de Carignan


Les trois soldats du régiment de Carignan-Salières (Jean Blet, Guilien Dubord et Antoine Émery) sont arrivés en Nouvelle-France à l'été 1665 pour combattre les Iroquois. Ils appartenaient à des compagnies différentes, mais venaient du même coin du Limousin au Nord-Ouest de Périgueux : Jean Blet et Antoine Émery étaient du village de Sarrazac (300 h), tandis que Guillien Dubord était de Thiviers, petite ville voisine de Sarrazac. Il se connaissaient donc vraisemblablement.

En France, les découpages territoriaux sont multiples et changeants. J'hésite à utiliser le découpage administratif actuel (département de Dordogne) qui n'a pas grand chose à voir avec la réalité de 1665, année du départ du régiment de Carignan. Thiviers et Sarrazac se situaient au nord de l'ancien comté du Périgord, région aujourd'hui nommée Périgord vert. Les deux localités relevaient alors de l'évêché de Périgueux. C'est encore le cas aujourd'hui, Thiziers et Sarrazac font partie de la paroisse de Notre-Dame Des Hauts De L'Isle dans le diocèse de Périgueux.

Les paroisses actuelles  du diocèse de Périgueux.

Selon mes recherches, au moins quatre autres soldats de Carignan sont venus de cette paroisse : Pierre Barbary (Thiviers), Sicaire De Guire (Thiviers), Pierre Dextras (Sarrazac) et Jean Gazaille (Sarrazac). Un recruteur efficace est passé à cet endroit.

Jean Blet (ou Blais) dit Gazaille (c1640-1722) originaire de Sarrazac, est arrivé à Québec le 14 septembre 1665 à bord du navire Le Justice. Il appartenait à la compagnie de Saint-Ours qui a été stationnée dans la région de Montréal.

Guillien Dubord dit Lafontaine (c1636-1705), originaire de Thiviers, est arrivé à Québec le 12 septembre 1665 à bord du Saint-Sébastien. Il appartenait à la compagnie de La Fouille qui a été stationnée à l'embouchure de la Rivière du Loup sur la rive Nord du Lac Saint-Pierre à l'ouest de Trois-Rivières. Il est demeuré à cet endroit après sa démobilisation en 1668, comme censitaire de l'enseigne Charles De Goudon-Dujay devenu seigneur du lieu (voir La compagnie de La Fouille à Louiseville sur ce blog).

Antoine Émery dit Coderre (1643-c1715), originaire de Sarrazac, est arrivé à Québec le 19 août 1665 à bord du navire La Paix. Il appartenait à la compagnie de Contrecoeur qui a été stationnée dans la région de Montréal.

Les troupes de la marine


Les troupes de la marine sont arrivées plus tard en Nouvelle-France pour continuer la guerre contre les Iroquois menée d'abord par le régiment de Carignan. Trente-cinq compagnies de la marine se sont embarquées pour la Nouvelle-France à Rochefort entre 1683 et 1688, mais d'autres soldats sont arrivés plus tard pour compléter les effectifs.

Mes deux ancêtres limousins, soldats de la marine, étaient originaires de deux communes du diocèse de Limoges : Cornil (Corrèze) et Cognac-le-Froid (Haute-Vienne) :

Antoine Goupil ou Coupy dit Laviolette (c1673-1715), originaire de Cornil près de Tulle au sud de Limoges. La première mention de sa présence en Nouvelle-France date du 3 novembre 1698, jour de son mariage avec Marie Gaboury à La Durantaye.

Mathieu Tessier ou Éringué (c1660-1745), originaire de Cognac-le-Froid, tout près de Limoges en Haute-Vienne, aujourd'hui Cognac-la-Forêt. Il appartenait à la compagnie de Bouraillan arrivée en Nouvelle-France en 1687. Il a épousé Marguerite Carreau  le 25 novembre de la même année à Beauport.

Des dizaines de soldats de la marine ont fait souche en Nouvelle-France. Voici six autres noms qui comptent parmi mes ancêtres : Jean-Baptiste Leclerc dit Francoeur (cie de Cloches, originaire de Bretagne), Pierre Sylvain (cie de Périgny, originaire de Saintonge), Thomas Duhamel dit Sansfaçon (cie de Cabanac, originaire de Normandie), Robert Houy (cie de Bergères, originaire de l'Orléanais), François Duval (cie de Louvigny, originaire de Bretagne), Jean Crevier dit Saint-Jean (cie de Bégon, originaire du Quercy).

Sources :

jeudi 4 septembre 2014

Baptême et décès des prématurés

La mortalité périnatale était un phénomène encore fréquent au début du vingtième siècle. Les naissances prématurées en étaient la cause principale. Les femmes accouchaient à la maison et les familles n'avaient pas les connaissances ni l'aide médicale requises pour prendre soin d'un enfant de petit poids. Aujourd'hui, on les garde en incubateur pendant des semaines, sinon des mois.

On couchait le petit bébé derrière le poêle à bois pour qu'il ait bien chaud, mais on l'amenait à l'église par temps froid pour le faire baptiser le plus rapidement possible. Selon les préceptes de l'Église catholique, les enfants morts sans baptême étaient privés du Paradis et restaient à jamais prisonniers des Limbes. Il fallait donc se dépêcher de les faire baptiser.

On constate en parcourant les registres paroissiaux que certaines femmes perdaient leurs bébés à répétition, non pas à l'accouchement, mais dans les jours suivant la naissance, et souvent après le baptême de l'enfant. La répétition de ces naissances prématurées pouvait être causée par une malformation de l'utérus que l'on ne savait pas diagnostiquer.

Odélide Lampron, épouse d'Adélard Boucher, a accouché cinq fois, mais aucun de ses quatre premiers bébés n'a vécu plus de 48 heures. Ils ont tous été baptisés à l'église de la paroisse Saint-Pierre de Shawinigan, et non pas ondoyés à la maison, la veille de leur décès. Soulignons que ces baptêmes ont eu lieu à la fin d'octobre, en mars et en avril (ne te découvre pas d'un fil).










Prénom Jour Mois Année


Naissance Baptême Décès Sépulture










Georges 21 22 23 24 oct. 1904

Jeannette 12 12 13 14 mars 1906

Adélard 12 12 13 14 avril 1908

Adélard 19 19 20 21 avril 1909









Source : Registre de la paroisse Saint-Pierre de Shawinigan


Odélide Lampron est décédée le 10 janvier 1911 à Shawinigan, à l'âge de 25 ans, des suites de son cinquième accouchement. Je ne sais pas ce qu'il est advenu de ce cinquième enfant qui a été baptisé Adélard-Oscar-Omer le 8 janvier 1911 dans la paroisse Saint-Pierre. Je n'ai pas trouvé son acte de sépulture. 

Adélard Boucher s'est remarié avec Sara Pellerin le 29 juin 1914 à Saint-Boniface de Shawinigan. 

mardi 2 septembre 2014

La réincarnation d'Isaïe Lampron


Né le jour du décès de son frère homonyme


Il était d'usage courant au Canada français, où les naissances étaient nombreuses, que l'on redonne au nouveau-né le prénom d'un enfant décédé. Cette tradition a perduré jusqu'au début du vingtième siècle. J'ai déjà vu des familles qui ont donné le même prénom une troisième fois. C'est d'ailleurs une source de confusion pour les généalogistes.

Le cas d'Isaïe Lampron est unique parce que son frère homonyme est décédé le jour même de sa naissance. Les deux actes se suivent dans le registre de la paroisse de Saint-Boniface de Shawinigan en date du 18 mai 1877. La probabilité d'une telle coïncidence est infime.


Le premier Isaïe


Isaïe Lampron, fils d'Olivier et de Marie Caron, est décédé le 16 mai 1877 à l'âge de 15 mois. Voici son acte de sépulture :





Le deuxième Isaïe


Isaïe Lampron est né le 16 mai 1877 à Saint-Boniface, fils d'Olivier et de Marie Caron.  Voici son acte de baptême :



Ce deuxième Isaïe n'a pas vécu longtemps non plus. Il a été inhumé dans le cimetière de Saint-Boniface de Shawinigan le 13 septembre 1898, mort à l'âge de 21 ans.

Un an plus tôt, il avait épousé Virginie Lampron, fille de Benjamin et de Dina Melançon, le 23 juin 1897 à Manchester dans le New Hampshire. Les mariés étaient petits cousins. Virginie s'est remariée deux fois : avec Élisée Cantin en 1901 à Manchester, puis avec Joseph Girardin en 1912 à Grand-Mère, près de Shawinigan. Elle est décédée à Grand-Mère le 5 mai 1964 à l'âge de 85 ans.


Voir aussu sur ce blog : Les prénoms bibliques.

jeudi 28 août 2014

De choses et d'autres (11)

Chérie, on déshérite les enfants. Le 18 février 1878, devant le notaire Joseph-Hilaire Biron de Saint-Boniface de Shawinigan, Louis-Solyme Caron « lègue tous ses biens à Marie Lacerte son épouse, excluant de sa succession tous ses héritiers légitimes pour des raisons à lui connues ». Le même jour, Marie Lacerte fait un testament, en faveur de son mari, qui contient les mêmes dispositions. 

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Dirty jobs. Dans « Histoire des Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre », publiée en 1991 aux Éditions du Septentrion, Armand Chartier écrit qu'il « n'est pas rare de trouver des Canadiens-Français parmi les maçons, les briquetiers et les charpentiers de Manchester ou de Cambridge » (page 22).

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God is an American. Dans The Franco-American Heritage in Manchester N.H., publié en 1979, Thadeus Pietrowski écrit : Infortunately ... for the French ... Ste-Anne Church was founded by and for Irish catholics of Manchester and the sermon was always in english

Sainte-Anne a été fondée en 1843. Les choses allaient changer avec l'augmentation de l'immigration canadienne-française. À compter de 1849, des missionnaires de passage ont célébré des messe en français. Saint-Augustin, la première paroisse entièrement francophone de Manchester, a été fondée en 1871, puis Sainte-Marie en 1891. Il y eût jusqu'à huit paroisses francophones dans cette ville au tournant du siècle.

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Vers 1850-1900, les gens qui allaient travailler en Nouvelle-Angleterre laissaient des procurations à des parents ou à des amis qui devaient s'occuper de leurs affaires en leur absence. On trouve de nombreuses mentions de telles procurations dans les greffes de notaires de cette époque. Souvent, il s'agissait de liquider les biens d'un expatrié, signe qu'il ne prévoyait pas revenir « en Canada ».

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Le 19 février 1876 devant le notaire Joseph-Hilaire Biron, Hyacinthe Grondin, ci-devant de la paroisse de Saint-Thomas et habitant actuellement dans le Michigan, achète les droits de mine de plusieurs terres du 7e rang de Saint-Boniface de Shawinigan. Il compte exploiter le minerai de fer qui se trouve sur ces terrains. Grondin concède la moitié des bénéfices sur certains de ces terrains à Thomas Beaulieu cultivateur de Saint-Boniface « en retour des troubles qu'il s'est donné pour lui faire obtenir les droits de mine ».

samedi 2 août 2014

Les noms de guerre

L'historien Luc Lépine a étudié l'impact des noms de guerre des militaires français sur la patronymie québébécoise. Ces noms de guerre (Lafleur, Lafontaine, Laliberté, Laviolette, Sansfaçon, etc) sont devenus les surnoms et plus tard les patronymes de nombreuses familles du Québec. Je rapporte ici sa conclusion :

  • Les soldats français reçoivent un surnom lors de leur entrée dans l’armée. 
  • Ces surnoms sont idividuels. En France, ils ne se transmettent pas de père en fils.
  • Sous le régime francais, près de 30,000 soldats ont foulé le sol de la Nouvelle-France.
  • Les autorités ont tout fait pour inciter ces militaires à s’intégrer dans la société.
  • Nous estimons que plus de 70% de tous nos ancêtres francais étaient militaires à leur arrivée au pays.
  • La Nouvelle-France constitue une société quasi militaire. Les anciens militaires, devenus miliciens, servent sous leurs anciens officiers, devenus seigneurs.
  • Ces mêmes seigneurs continuent d’appeller leur censitaires par leurs noms de guerre.
  • Les noms de guerre se transmettent de père en fils, les fils ne servant pas dans l’armée mais dans la milice.
  • D’après nous, les noms de guerre des militaires français venus en Nouvelle-France constituent la grande majorité de tous les sobriquets que l’on retrouve dans la province de Québec.