dimanche 20 avril 2014

Joyeux jour de Pâques 1914

Il y a cent ans, le dimanche de Pâques tombait un 12 avril. Cette carte a été postée le 11 avril 1914 à Lévis, en face de Québec. Elle était adressée à C.E. Pouliot du Collège de Sainte-Anne de La Pocatière :
« Joyeux jour de Pâques pour toi et Louis-Joseph. Je vous souhaite toutes les joies que vous désirez.  Mariette »

samedi 19 avril 2014

Le sirop des enfants

Le sirop des enfants, élaboré par le docteur Émery Coderre dans les années 1840, était encore vendu à la fin du 19e siècle. L'image de cette bouteille provient du site Anciennes bouteilles de médicaments du Québec d'un auteur anonyme qui possède une collection et une connaissance impressionnantes de ces contenants.



J'ai trouvé cette publicité qui vante les mérites du sirop des enfants dans Joliette illustré publié en 1893. Le sirop était certifié par dix-huit médecins dont les noms apparaissent dans l'annonce. Dans la même page, on vante les « Pilules de noix longues composées de McGale » enrobées de sucre.




Émery Coderre (1813-1888) n'était pas un charlatan, mais bien une sommité dans le milieu médical montréalais du XIXe siècle. Le Dictionnaire biographique du Canada lui a consacré cet article qui ne mentionne pas son sirop.


vendredi 18 avril 2014

Sept piastres pour une charrue

En 1866, Pierre Imbault, fondeur de Joliette, vendait des charrues à des cultivateurs de Saint-Étienne-des-Grès pour la somme de sept piastres payable dans un an sans intérêt. Charles Imbault, mouleur de Joliette, agissait comme représentant du fondeur. 

Une ancienne charrue à deux chevaux (Source : AlloCiné)

Cinq cultivateurs de Saint-Étienne-des-Grès devaient à Imbault sept piastres chacun pour des charrues livrées en mai 1866 : Louis Précourt, Joseph Gélinas, Louis Lemire fils, Clément Bellemare et Augustin Bourassa. Leurs dettes ont été transportées au forgeron Désiré Saintonge de Saint-Étienne-des Grès, mon arrière-grand-oncle, dans un contrat signé devant le notaire Uldéric Brunelle en date du 7 février 1867, dans l'avant-midi.

Pierre Imbaul dit Imbleau

La fonderie de Joliette a été fondée en 1844 par Pierre Imbault dit Imbleau (1807-1873), fils de Pierre et de Julie Terreau des Forges du Saint-Maurice, près de Trois-Rivières. Il a vraisemblablement appris le métier de fondeur en travaillant aux Vieilles Forges. Il a d'abord épousé Cécile Fournoit, fille d'Alexis et d'Angélique Beaudry, le 10 mai 1829 à Trois-Rivières, puis Éléonore Duplessis, veuve d'Olivier Saint-Pierre, le 5 août 1845 au même endroit. Au moins quatre enfants du premier lit sont nés aux Forges Saint-Maurice entre 1830 et 1837. Charles Imbault dit Imbleau, qui était son représentant à Saint-Étienne-des-Grès, est issu du deuxième mariage.

Source : Joliette illustrée (1897)


Au sujet du forgeron Désiré Saintonge de Saint-Étienne-des-Grès, voir aussi sur ce blog : La jument est vendue et Familysearch.

jeudi 17 avril 2014

Un meneur de l'émeute de 1917

L'émeute de la conscription à Shawinigan a duré deux jours, les mardi 4 et mercredi 5 septembre 1917. D'après les sources que j'ai consultées, la foule des émeutiers s'est attaquée aux partisans de la conscription et à leurs biens. Plusieurs commerces et résidences ont été saccagés et l'officier recruteur a dû s'enfuir de la ville pour éviter d'être lynché. Heureusement, il n'y a pas eu de morts ni de blessures graves (voir La conscription de 1917 vue de Shawinigan et Ceux qui sont pour vont mourir).

Les casseurs n'ont pas été poursuivis

Selon les témoignages, la police de Shawinigan n'est pas intervenue, la police provinciale non plus, et les casseurs n'on jamais été traduits en justice. On ne rapporte aucune poursuite au civil pour les dommages matériels subis par les victimes. Ces dernières ont peut-être eu peur des représailles. La population de Shawinigan, habituellement paisible, a voulu tourner la page sur ces incidents fâcheux le plus rapidement possible. 

Dans son rapport, l'officier recruteur van Borren a identifié deux meneurs de l'émeute : un nommé Levasseur, employé de la Shawinigan Water and Power, et un nommé Saint-Pierre. Ces deux-là sont décédés depuis longtemps.

Philippe Levasseur est devenu un notable de la ville

Selon Fabien Larochelle, dans Shawinigan depuis 75 ans publié en 1976, « Le M. Levasseur dont fait mention l'officier recruteur dans son rapport est M. Phil. Levasseur  par la suite propriétaire de l'atelier de nettoyage bien connu sur la 4e rue et qui a laissé le souvenir d'un grand ami des sports organisés dans notre ville.». 

Plus loin, Larochelle ajoute ce qui suit : « En 1938, M. Phil. Levasseur établissait son atelier de nettoyage sur la 5e rue et le déménageait peu après sur la 4e rue. Bien organisé, il est vite devenu le plus important du genre dans Shawinigan. Depuis le décès de M. Phil. Levasseur, il y a quelques années, et celui de son fils Marcel, en 1974, les fils de ce dernier continuent l'exploitation de l'entreprise. »


La quatrième rue à Shawinigan en 1962 (Source : Le Nouvelliste)

Philippe Levasseur n'avait que 18 ans lors de l'émeute de 1917. Il a ensuite épousé Yvonne Arsenault, le 2 mai 1922, dans la paroisse Saint-Bernard de Shawinigan. Il a été président du club de hockey junior Les Cataractes de Shawinigan et un membre du sélect Club Rotary. Son commerce, Nettoyeur Phil Levasseur Lteeexiste toujours au numéro 425 de la quatrième rue.

Levasseur est décédé le 23 février 1971 à Shawinigan, à l'âge de 72 ans, 3 mois et 4 jours, selon l'officiant, ce qui situe la date de sa naissance vers le 19 décembre 1898. Ses parents, Arsène Levasseur et Vitaline Bazinet, ont vécu à Saint-Maurice, près de Trois-Rivières. 

mercredi 16 avril 2014

Ceux qui sont pour la conscription vont mourir !

Une émeute a éclaté à Shawinigan le soir du 4 septembre 1917, alors que la foule des manifestants s'en est pris à des partisans de la conscription  (voir La conscription de 1917 vue de Shawinigan).

Il existe peu de témoignages directs de ces événements. Dans Shawinigan depuis 75 ans, Fabien Larochelle cite le rapport de Léo van Borren qui était l'officier recruteur pour le comté de Champlain. Ce dernier a bien failli être lynché par la foule :
« Mardi soir, vers 11 heures, sur la rue Tamarac, j'étais en compagnie de Monsieur Rocheleau, assistant du percepteur des Douanes, et de monsieur Dugal, le gérant de la Banque nationale de Shawinigan, lorsque près de 400 ou 500 hommes sont venus nous entourer en criant : A bas la conscription ! A bas les lâches ! A bas van Borren ! Celui qui était le chef de la bande, un nommé Levasseur, employé de la Shawinigan Water & Power, criait à chacun : " Es-tu pour ou contre la conscription ? Ceux qui sont pour vont mourir !" Lorsqu'il m'a posé cette question, je lui ai répondu : "Cela ne vous regarde pas !" Alors il m'a crié directement en me mettant son poing sous le nez : "Si tu es pour, tu vas mourir. Crie : A bas la conscription ! ou tu vas mourir !" J'ai répondu : " Je ne crierai cela jamais de ma vie ". Un nommé Saint-Pierre criait à tue-tête : " Jetons-le dans le trou" en parlant d'une excavation qu'il y avait derrière moi. Puis Saint-Pierre ajouta en s'adressant à moi : " Si tu ne pars pas d'ici demain à 10 heures, nous te jetterons dans le Saint-Maurice !" A deux reprises ce même Saint-Pierre a essayé avec l'aide d'un commis de buvette de me saisir par ma ceinture pour me jeter à terre ; j'ai réussi à me débarrasser d'eux en leur frappant les mains chaque fois qu'ils essayaient de me saisir. Pendant tout ce temps-là, la foule grossissait toujours et vociférait : " A mort! A mort! Tuons-le! Pendons-le!" D'autres criaient : "Jetons-le dans le Saint-Maurice!" A ce moment-là, un homme est intervenu et la bagarre a éclaté entre eux (...) Je n'ai pas vu un seul homme de police pendant ce temps-là. J'ai pu profiter de ce moment pour m'esquiver quand tout-à-coup j'ai reçu une roche sur la tête. »

mardi 15 avril 2014

Le vrai cheval du colon se mange

Dans La Pointe du Lac, publié en 1934 aux Éditions du Bien Public, Alexandre Dugré se moque des mésaventures de l'abbé René-Pierre Joyer avec sa jument. L'abbé Joyer a été curé de la paroisse de 1817 à 1829 :
« Il se voiture jusqu'à Berthier, jusqu'à Lavaltrie, derrière sa jument qui lui a bien coûté $105, qui bute et qui fait semblant de mourir au beau milieu d'un voyage ... A ce prix-là, nos gens préféraient dompter le boeuf ! Vrai cheval du colon, il mange des feuilles et de la paille, et puis on le mange ! »



Voir aussi sur ce blog : Les imparfaits du subjonctif.

lundi 14 avril 2014

Les imparfaits du subjonctif

Dans La Pointe-du-Lac, publié en 1934 aux Éditions du Bien Public, Alexandre Dugré racontait quelques anecdotes amusantes au sujet de l'abbé René-Pierre Joyer qui a été curé de la paroisse au début du XIXe siècle. L'auteur se moquait de ses manières précieuses. En voici un extrait :
M. Pierre-René Joyer, né à Tours en 1764, ... est à la Pointe-du-Lac de 1817 à 1829, alors qu'il devint aumônier des Ursulines. Celles-ci ont conservé, outre un bon souvenir de M. Joyer, sa correspondance avec Mademoiselle de la Valtrie, octogénaire, où la part faite à l'âme est si grande qu'on y découvre fort peu de données sur la vie d'alors. Il profite des occasions pour envoyer ses lettres : ça coûtait huit sous par enveloppe de Québec à Montréal, et 1.12$ pour Londres, ce qui veut dire qu'on n'écrivait pas souvent en France. Une très grande politesse : « Oserais-je vous prier de présenter mes respects à Madame de la Naudière ... J'ai l'honneur d'être, Mademoiselle, avec une reconnaissance respectueuse, votre très humble et très obéissant serviteur et frère. » .... Même fidélité aux imparfaits du subjonctif : « Le curé désirait que je restasse ... Je serais bien aise que vous priassiez M. Joliet ...


Alexandre Dugré, un Jésuite, était le frère cadet d'Adélard Dugré, lui aussi Jésuite et auteur d'un roman auquel j'ai déjà consacré un billet sur ce blog : La campagne canadienne. L'action de ce roman se déroule justement à la Pointe-du-Lac, paroisse natale de l'auteur, aujourd'hui fusionnée dans la ville de Trois-Rivières.

Voir aussi sur ce blog : Des mendiants à la Pointe-du-Lac