mardi 9 août 2016

Se marier ou coiffer la Sainte-Catherine

Les conventions sociales étaient encore très fortes dans le Québec des années 1940-1950. La voie normale pour une jeune fille était de se marier dès l'âge de 18 ou 19 ans. Celle qui n'avait pas de prétendant, qui croyait avoir entendu l'appel de Dieu ou qui voulait faire honneur à ses parents pouvait choisir la vie religieuse. À 25 ans sonné, les filles restantes étaient étiquetées, stigmatisées vieilles filles

Selon une tradition ancienne, Sainte-Catherine d'Alexandrie, une vierge et martyre qui n'a pas réellement existé, était la patronne des filles à marier de plus de vingt cinq ans, surnommées les catherinettes. Au Moyen-âge, les catherinettes arboraient un couvre-chef de couleur jaune et verte.

Le jour de son 25e anniversaire, la catherinette était l'objet de moqueries. On lui faisait lourdement sentir que son célibat était un échec personnel.



Des mariages in-extremis


On a connu des mariages pour cause de grossesse ou encore pour éviter la conscription. Mais il y eut aussi des mariages précipités de jeunes femmes qui approchaient leurs 25 ans.

Un exemple parmi d'autres. Contrairement à la plupart des jeunes filles de sa génération, qui rêvaient du Prince charmant, Simone n'était pas pressée de se marier. Elle recevait certainement des propositions, car elle était jolie, mais la vie d'épouse et de mère ne l'intéressait pas du tout. Elle s'est quand même mariée en 1951, trois jours seulement avant de coiffer la Sainte-Catherine.

mercredi 20 juillet 2016

Duplessis en guerre contre la margarine

Il n'y a pas si longtemps, jusqu'en 2008 en fait, le Québec était le seul endroit au monde où l'ajout d'une couleur jaune dans la margarine était interdit, une concession faite au lobby des producteurs laitiers. Marie-Lyse Paquin a raconté l'origine de cette réglementation loufoque dans un article intitulé La saga de la margarine. 

Source : La saga de la margarine.

En 1949, le gouvernement unioniste de Maurice Duplessis, très proche des milieux agricoles, avait complètement interdit la fabrication et la vente de la margarine au Québec. Un interdit qui a ensuite été levé au début des années 1960 par le gouvernement libéral de Jean Lesage.

Cet épineux dossier a suscité des débats passionnés au cours des années 1950. Le 6 avril 1951, dans La Voix de Shawinigan, le premier ministre Duplessis faisait un plaidoyer en faveur du maintien de l'interdiction de la margarine et menaçait les contrevenants : 
« La vente de la margarine est toujours formellement interdite au Québec. Il n'y a pas de tolérance et il n'y en aura pas Nous considérons que les cultivateurs doivent recevoir pleine et entière justice. C'est leur rendre justice que de contribuer au bien-être de la classe agricole et à la prospérité de l'industrie laitière, qui est un des principaux fondement de l'agriculture. Une loi, votée en 1949, prohibe la fabrication, la vente et la mise en vente de la margarine et autres succédanés du beurre. Je demande donc à tous de se soumettre à cette loi d'intérêt public et cela dans leur propre intérêt. Il ne saurait y avoir d'excuse pour qui que ce soit, et les transgresseurs en subiront les conséquences. Elles seront coûteuses pour eux, mais ils seront les responsables. »

mardi 19 juillet 2016

Roman d'un curé de campagne

L'auteur est un prêtre qui a écrit un roman de prêtre.

Le Roman d'un curé de campagne a été publié en 1963. Il n'a pas suscité beaucoup d'intérêt et le nom de son auteur Eugène Rivest (un pseudonyme ?) est demeuré pratiquement inconnu, sauf peut-être dans les milieux ecclésiastiques.

Son défaut le plus évident est qu'il rappelle beaucoup trop, par son sujet et par son titre, le Journal d'un curé de campagne de Georges Bernanos qui a reçu le Grand prix du roman de l'Académie française en 1936. Les similitudes entre les deux romans sont nombreuses.























Rivest aurait pu dissiper le doute en reconnaissant s'être inspiré de Bernanos et en expliquant qu'il avait voulu transposer son histoire de curé de campagne dans un contexte canadien. Mais il ne l'a pas fait. Au contraire, il a prétendu que seul un prêtre peu écrire un bon roman de prêtre : « C'est un domaine trop sacré et trop mystérieux. Impossible de traiter convenablement du prêtre, à moins d'être prêtre » (page 83). Bernanos était un laïc.


Résumé


Les paroissiens de Saint-Zéphirin, peu pratiquants et rongés par l'avarice, font la vie dure à leur curé. Cinq prêtres se sont succédés en quelques années. L'un d'entre eux est mort de pneumonie parce que les marguilliers refusaient de chauffer l'église sur semaine. Un autre a fait une dépression et un troisième s'est complètement désintéressé de son ministère.

En 1946, le jeune abbé Antoine Fortier, fraîchement sorti du séminaire et nouvellement nommé à Saint-Zéphirin, va tenter de raviver la ferveur religieuse de ses paroissiens.

Le chef des méchants est l'homme le plus riche de la paroisse, Major Gratton surnommé le gendarme, un personnage qui rappelle le Séraphin Poudrier de Claude-Henri Grignon. Il se permet d'insulter le prêtre devant témoin, le traitant de baveux. Même Séraphin n'aurait jamais osé dire baveux à son curé.

Parallèlement aux ennuis du prêtre, une intrigue romanesque très mineure se développe entre le sacristain Serge Labrie et la jeune Violette, une représentante du « sexe pieux » qui fréquente l'église à tous les matins. « Ce n'est pas dans les grills mais à l'église qu'on rencontre les meilleures filles ». Il y a de l'humour, peut-être involontaire, dans ce roman.

Le milieu


Le curé se sent étranger au milieu de ses paroissiens. Il affiche une attitude condescendante envers eux. L'auteur ne s'en est peut-être pas rendu compte tellement ce sentiment de supériorité était répandu autrefois dans le clergé catholique.

La description du milieu paroissial du début du XXe siècle m'a intéressé davantage que les intrigues religieuse et amoureuse. Voici des extraits de passages qui ont retenu mon attention.

- Le village

« ... cette affreuse agglomération de vieilles maisons qui se ressemblaient toutes et qui étaient liées, les unes aux autres, par un même relent de moisissure et d'ennui ... On n'était plus à la campagne ni, diraient les citadins, en province. On était au « village ». Quand ils jugeaient venue l'heure de « se donner » ou de vendre leur ferme, les habitants transportaient leurs pénates en ce suprême refuge. Le croque-mort aurait une distance moins longue à franchir, et exigerait moins, pour conduire leur dépouille dans le terrain de famille. Et ils songeaient à sanctifier leurs vieux jours en se rapprochant de l'église ... 

... Comme à n'importe quelle heure du jour, l'unique rue du village était déserte. Le calme morne d'un cimetière.

À peine pouvait-on apercevoir deux ou trois petits « rentiers », courbés ou boiteux, une main sur un vieux bâton noueux qui servait de canne, l'autre qui soutenait l'inséparable pipe. Ces fantômes de mort apparaissaient comme les derniers, les seuls témoins de la vie dans ce village de Saint-Zéphirin. Le matin, ils se dirigeaient vers l'église. Au cours de la journée, ils promenaient leur ennui chez le marchand ou chez le barbier. » (page 7) 

- Les commères

« Mais chaque maison constituait un observatoire. Personne n'échappait à l'oeil inquisiteur qui se dissimulait derrière les rideaux des fenêtres. Les commères savaient et répétaient qu'un « étrange » avait traversé leur village la veille. » (page 8)

- Une enfant donnée

« De constitution délicate, le visage mince et souriant, elle avait quitté sa famille qui habitait Saint-Exupère, pour servir de bâton de vieillesse à l'oncle et à la tante de sa mère, monsieur et madame Michel Lalime. Ce vieux couple n'avait jamais eu d'enfants, alors que les parents de Violette suffisaient à peine à la charge de leur nombreuse famille. » (page 10).

Pourquoi les héroïnes de roman étaient-elles toujours de constitution délicate ?

- Le presbytère

« L'immense presbytère de dix-huit pièces, bâti selon la conception du siècle précédent de façon à pouvoir accueillir tous les curés voisins pendant trois jours complets, à l'occasion des Quarante-Heures, et pendant toute une semaine, à l'occasion de la retraite paroissiale, avait l'apparence d'un club. Il lui semblait aussi triste, ce jour-là, qu'il avait pu être, jadis, le théâtre de réunions joyeuses et enrichissantes. » (page 19). 


- L'école du rang

« Mais en 1946, ces pauvres cabanes, dépourvues du confort et de l'hygiène les plus élémentaires, ne sont-elles pas les vestiges d'un âge révolu tout autant que les témoins de sacrifices héroïque.

La poignée de la porte tomba à terre, comme il la tournait. Dans une salle dont les murs n'avaient pas reçu de peinture depuis longtemps et qui dégageait une odeur âcre, quinze enfants, aux allures gauches et au regard fauve, répartis en sept divisions ... À mesure que le curé tentait de les apprivoiser, ils se regardaient les uns et les autres d'un air inquiet. » (page 32).

La commission scolaire locale refusait de transporter les enfants dans une école du village pour sauver de l'argent. 

- L'enchère des bancs d'église

« Le jeune Serge Labrie convoitait le banc de son père. Celui-ci avait quitté Saint-Zéphirin pour la paroisse voisine depuis bientôt un an. La loi des fabriques exige, en pareil cas, que le banc soit mis en vente, mais accorde à l'aîné des fils le droit de retraire le banc au prix de la dernière enchère. » (page 54).

Le verbe ancien retraire signifie retirer.

vendredi 8 juillet 2016

Les Chevaliers de Champlain et La Patente

L'ordre de Jacques-Cartier (OJC), surnommé La Patente, était une société secrète patriotique fondée en 1926 à Vanier et dissoute en 1965. Son crédo : « religion, fraternité, discrétion ». En 1956, l'Ordre a créé les Chevaliers de Champlain pour faire concurrence aux Chevaliers de Colomb, un mouvement catholique d'origine irlando-américaine qui s'implantait au Canada français.

Bâtir un peuple meilleur


Les Chevaliers de Champlain, issus de l'OJC, étaient donc une manifestation de l'ancien nationalisme canadien-français, celui d'avant la Révolution tranquille. Cette organisation a eu une existence éphémère, de 1956 jusqu'à la dissolution de l'Ordre en 1965. Certaines sections locales ont survécu un peu plus longtemps.

La mission des Chevaliers de Champlain était « d'augmenter le prestige des Canadiens catholiques d'expression française » et leur devise : « bâtir un peuple meilleur »


La terminologie du mouvement était empruntée à l'histoire de la Nouvelle-France. Chaque section locale portait le nom d'Abitation, selon l'orthographe utilisé par Samuel de Champlain pour désigner l'édifice qu'il a fait construire sur le site de Québec en 1608. Les Abitations étaient réparties en Intendances, structure régionale correspondant aux territoires des diocèses. Un Conseil souverain, dirigé par le Grand Intendant, chapeautait le mouvement.

À Trois-Rivières


La première Abitation a été fondée à Trois-Rivières en 1956 par des Chevaliers de Colomb dissidents, avec l'appui de l'OJC et de l'évêque Mgr Georges-Léon Pelletier. Le document suivant est une carte de convocation pour une réunion mensuelle de l'Abitation Laviolette de Trois-Rivières.


Le programme de l'assemblée du 17 décembre 1961 prévoyait une messe au Séminaire et un déjeuner au Château de Blois, l'endroit le plus chic de Trois-Rivières.


Les Chevaliers cherchaient à recruter des gens influents. La carte ci-haut est adressée à Joseph-Arthur Lemire qui a été maire de Saint-Étienne-des-Grès, un village situé près de Trois-Rivières.

Rayonnement


Le mouvement a connu un certain rayonnement dans les petites villes du Québec, mais il n'a pas réussi à s'implanter à Montréal. L'image élitiste que projetait l'OJC a pu nuire au recrutement des membres.

A l'apogée, au début des années soixante, il y aurait eu une cinquantaine d'Abitations, plus ou moins actives. En plus de celle de Trois-Rivières, j'ai trouvé des mentions des Chevaliers de Champlain à Alma, Chicoutimi, Joliette, L'Épiphanie, Longeuil, Pointe-Gatineau, Repentigny, Rivière-du-Loup, Sept-Îles et Tracy. La plus récente de ces mentions est à Tracy en 1975, dix ans après la disparition de l'OJC.

Des Dames aussi


Un pendant féminin a été créé : les Dames Hélène de Champlain, du nom de l'épouse du fondateur de Québec, Hélène Boulé. J'ai trouvé des mentions de ces Dames à Chicoutimi, Joliette, Pointe-Gatineau, Rimouski, Sept-Îles et Tracy. Elles se sont notamment impliquées dans la diffusion du livre québécois.

Exécutif des Dames de Champlain de Pointe-Gatineau en 1963

La photographie de l'exécutif des Dames de Champlain de Pointe-Gatineau provient de ce blog.


jeudi 23 juin 2016

Le bon voisinage

À Saint-Étienne-des-Grès, mon grand-père Félix St-Onge et Ferdinand Milette étaient des amis. On les voit sur cette photographie assis, mon grand-père à gauche et Ferdinand à droite. Elle a été prise chez le photographe Pinsonneault de Trois-Rivières vers 1908. Les trois autres jeunes gens debout, probablement de Saint-Étienne-des-Grès eux aussi, n'ont pas encore été identifiés.

Félix St-Onge, Ferdinand Milette et trois amis vers 1908.

Après leurs mariages, Félix et Ferdinand ont été voisins sur la rue Principale de Saint-Étienne-des-Grès. Leurs enfants sont aussi devenus des amis, par affinité bien sûr, mais aussi parce que ma grand-mère Alma Picard interdisait à ses enfants, mes oncles et mes tantes, de sortir de la cour arrière de la maison. Leur choix d'amis se résumait donc aux voisins immédiats sur la rue Principale. 

Ma grand-mère, qui était une ancienne maîtresse d'école, donnait à ses enfants une éducation bourgeoise très rigide, en décalage avec celle que recevaient la plupart des autres enfants du village. Très peu de familles du voisinage trouvaient grâce à ses yeux. 

La photo suivante a été prise vers 1939. On reconnait, sur la deuxième rangèe : Angèle Milette, ma tante Jacqueline St-Onge, Louis-Joseph Milette et ma tante Berthe St-Onge. Yolande St-Onge est au deuxième rang de la première rangée.

Enfants Milette er St-Onge vers 1939

Ma tante Berthe St-Onge, l'aînée de la famille, a fréquenté Louis-Joseph Milette, fils de Ferdinand, pendant plusieurs années. On les voit ici ensemble devant le barrage hydroélectrique de La Gabelle vers 1940. Finalement, Louis-Joseph, surnommé Titou, en a épousé une autre en 1942. Il a repris la maison de son père décédé en 1939.


Berthe St-Onge et Louis-Joseph (Titou) Milette vers 1940

Ma grand-mère Alma Picard a été alitée pendant plusieurs années avant son décès en 1976. Sa fille Jacqueline, qui en prenait soin, la transportait dans ses bras, de la chaise longue de la cuisine jusqu'à son lit dans la chambre voisine dont la fenêtre donnait chez les voisins Milette. Elle demandait à sa mère : « de quel côté voulez-vous vous coucher ? » Et ma grand-mère répondait :  « la cuisine » ou bien « chez Titou ».


dimanche 19 juin 2016

Azilda donnée en élève

Il semble que la valeur d'un enfant était moins grande autrefois, à l'époque où les femmes en avaient beaucoup.

C'est difficile à concevoir aujourd'hui, mais au 19e siècle, on pouvait donner son propre enfant à un couple de parents ou d'amis qui n'en avait pas. C'était même considéré comme un geste de générosité. L'enfant ainsi donné demeurait dans sa nouvelle famille jusqu'à l'âge adulte, sans papiers d'adoption ni aucune autre formalité.

La famille d'Adèle Gélinas


Mon arrière-arrière-grand-mère Adèle Gélinas, fille de Léon et de Marie Hébert, est née le 22 janvier 1848 à Saint-Barnabé dans le comté de Saint-Maurice. Elle a épousé Norbert-Alfred Leclerc le 24 février 1868 à Sainte-Flore dans le comté de Champlain.

Ils ont eu quatre enfants : Victoria (née en 1868), Mathias (1870), Azilda (1872) et Marie-Louise (1874). La photo suivante, sur métal, montre Adèle Gélinas avec sa fille Azilda Leclerc, mon arrière-grand-mère, en 1874 ou 1875.


Adéle Gélinas et Azilda Leclerc vers 1874-1875

Norbert-Alfred Leclerc est décédé le 21 avril 1874, trois semaines avant la naissance de Marie-Louise. Adèle Gélinas se retrouvait donc seule avec bientôt quatre enfants. Elle a gardé avec elle ses deux plus vieux, Victoria et Mathias, et donné en élève ses deux plus jeunes, Azilda et Marie-Louise.


Victoria et Mathias Leclerc vers 1880.

Je ne sais pas où est allé le bébé Marie-Louise, mais mon arrière-grand-mère Azilda a été prise en charge par Joseph Pothier et Caroline Biron, des amis d'Adèle Gélinas qui n'avaient pas d'enfant. Azilda a passé toute son enfance chez ce couple, tout en sachant qui était sa véritable mère. Sainte-Flore était un petit village.

Je crois que le placement d'Azilda chez Joseph Pothier et Caroline Biron a dû se faire peu après la prise de cette photographie vers 1875.

Mathias et Azilda Leclerc vers 1875

Au recensement de 1881 à Sainte-Flore. Adèle Gélinas vivait chez son père Léon, avec ses enfants Victoria et Mathias, tandis qu'Azilda, âgée de 8 ans habitait chez Joseph Pothier et Caroline Biron qui n'avaient pas d'autres enfants. J'ignore où se trouvait alors Marie-Louise la petite soeur d'Azilda.

Adèle Gélinas s'est remariée en 1881


Adèle Gélinas, veuve de Norbert-Alfred Leclerc s'est remariée avec Narcisse Benoît le 9 août 1881 à Sainte-Flore. Joseph Pothier lui a servi de témoin et on trouve la signature de Caroline Biron au bas de l'acte de mariage. Les parents suppléants d'Azilda étaient donc des amis proches de sa mère Adèle Gélinas.


Elle a eu six autres enfants de ce second mariage.

Du ressentiment ?


Azilda Leclerc a épousé Adélard Lavergne le 10 novembre 1891 à Sainte-Flore. Étant mineure, il lui a fallu demander la permission de sa vraie mère, Adèle Gélinas, pour se marier.

Malgré la tradition qui voulait que les grands-parents soient parrain et marraine des aînés d'une famille, Adèle Gélinas n'a été marraine d'aucun des 14 enfants d'Azilda Leclerc et d'Adélard Lavergne. Par contre, sa mère suppléante Caroline Biron a été marraine de l'aînée d'Azilda, prénommée Anna, tandis que son père suppléant Joseph Pothier a été parrain de sa deuxième fille, prénommée Albertine.

Les trois autres enfants Leclerc 


Les trois frère et soeurs d'Azilda ont émigré aux États-Unis.

Victoria Leclerc est allée travailler à Manchester dans le New Hampshire où elle a épousé Adélard René le 4 janvier 1889. La photo suivante, prise vers 1913, montre quatre générations de femmes : Victoria Leclerc debout à droite, sa mère Adèle Gélinas assise, sa fille Aurore René à gauche et sa petite-fille Irène Paradis. 

Quatre générations de femmes

Mathias Leclerc s'est marié avec Rose-Anna Martel le 24 juillet 1893 à Saint-Jacques-des-Piles. Ils sont allés vivre aux États-Unis. Leur passage à la frontière du Vermont a été enregistré par les autorité américaines le 2 avril 1919. Mathias revenait alors d'une visite chez sa mère Adèle Gélinas. Je perd ensuite sa trace.

Marie ou Marie-Louise Leclerc est aussi allée travailler aux États-Unis, probablement avec sa soeur Victoria. Elle a épousé Maurice Grenier le 15 février 1891 à Manchester dans le New Hampshire.

Leclerc ou Boisclair

 

Il y avait deux familles de Leclerc dans la région de Sainte-Flore à cette époque : des Leclerc dit Francoeur et des Leclerc dit Boisclair. Il en est résulté une certaine confusion dans les registres paroissiaux. Azilda était une Leclerc-Francoeur, mais plusieurs actes relatifs à sa famille ont été inscrits, de façon erronée, sous le surnom de Boisclair.




jeudi 21 avril 2016

Morte d'éclampsie

Le décès de Caroline Paquin à Lowell


Caroline Paquin, la première épouse de mon arrière-grand-oncle François Martineau-Saintonge est morte d'éclampsie le 14 août 1890 à Lowell. Elle avait 42 ans. Caroline a été inscrite sous le patronyme de St Onge dans le registre des décès de la ville.


La famille, originaire de Saint-Paulin dans le comté de Maskinongé, était à Lowell depuis moins d'un an au moment du décès. Caroline avait déjà mené à terme douze grossesses et il lui restait huit enfants vivants.

L'éclampsie


Les chercheurs qui parcourent les registres paroissiaux anciens rencontrent souvent des actes de sépultures de jeunes femmes mariées. Une des principales causes de ces décès était l'éclampsie chez la femme enceinte.

L'éclampsie est une crise convulsive généralisée due à l'hypertension. La malade atteinte peut mourir en quelques heures seulement. La seule façon de la traiter est d'interrompre la grossesse. Une première grossesse ou un âge maternel supérieur à 40 ans sont parmi les principaux facteurs de risque.

La mortalité due à l'éclampsie est maintenant plutôt rare dans les pays riches, mais demeure fréquente dans certains pays d'Afrique.

Chercher de l'aide 


Le décès de Caroline laissait François seul avec huit enfants. Puis Diana, la plus jeune de ses filles, est décédée deux mois après sa mère. La situation était devenue intenable pour lui.

Il est retourné à Saint-Paulin, sa paroisse d'origine du comté de Maskinongé, sans doute pour chercher de l'aide auprès de la famille. En 1891, il a été recensé au lieu-dit Hunterstown, un hameau situé un peu à l'ouest du village de Saint-Paulin sur la Rivière-du-Loup.

Ce n'était que partie remise. François Martineau-Saintonge était de retour à Lowell le 18 février 1892, jour de son second mariage avec Aurélie Bergeron.