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dimanche 21 février 2010

Quand Grand-Mère était jeune

Florence Lawless-Lacroix, Quand Grand-Mère était jeune, 1999, 400 pages.

C'est une véritable mine d'or pour ceux qui s'intéressent à la petite histoire de Grand-Mère : 400 pages remplies d'anecdotes et un bon millier de photos. Quand Grand-Mère était jeune a été écrit par Florence Lawless -Lacroix qui est née dans cette ville en 1920. Il est ici question de la jeunesse de la ville mais aussi de celle de l'auteure qui parle abondamment de sa famille et de ses amis.

La recherche dans ce livre publié en 1999 exige une bonne dose de patience. Il n'y a pas d'index et l'auteure présente les familles dans un désordre alphabétique.

J'y ai trouvé des renseignements sur la famille du cordonnier Edmond Lacombe sur laquelle j'ai déjà blogué dans Les femmes du cordonnier Lacombe. En fait, je m'étais davantage intéressé à ses épouses, Dagneur Gélinas et Fridoline Blais, qu'à lui-même.

À la page 358 de son livre Florence Lawless-Lacroix écrit :

Quand monsieur Edmond Lacombe, ancien maire de Saint-Mathieu, déménagea à Grand-Mère, ce n'est pas un, mais cinq cordonniers qui arrivèrent en notre ville. En suivant son exemple, quatre de ses fils pratiquaient également ce métier. (...) La famille Lacombe s'est d'abord installée en haut de la côte à Grondin sur la rue Sainte-Catherine. De leur fenêtre, la vue était magnifique,découvrant la partie basse de la ville, la rivière Saint-Maurice et des boisés à perte de vue, mais en 1912, cette maison dû être déménagée de ce site privilégié afin de céder sa place au Rocher de Grand-Mère pour lequel on trouvait cet endroit idéal.

Alfred Lacombe est celui des fils d'Edmond qui garda sa cordonnerie en opération le plus longtemps. Celle-ci, située au coin 9e rue et 6e avenue, resta en service jusqu'en 1950, alors qu'elle fut transformée en magasin d'articles de sport. (...)

mercredi 11 novembre 2009

Les femmes du cordonnier Lacombe

Le cordonnier Edmond Lacombe (1863-1941), fils d'Onésime et de Louise Martin, était originaire de la paroisse de Saint-Barnabé-Nord en Mauricie. Il a eu deux épouses qui portaient des prénoms peu communs. Sa première femme, Deigneur Gélinas, lui a donné 18 enfants vivants. Sa deuxième femme, Fridoline Blais, a vécu cent ans.

Deigneur la féconde (1871-1929)

Le prénom de Deigneur Gélinas, fille de Thomas Gélinas et d'Alphie Bellemare, a été écrit de toutes les façons : Daigneur, Dagneur, Degneur, Digneur, Dégneure, Deneur, Dagnès, Meigneur, Lagnure, etc. J'ignore d'où il vient; c'était peut-être une déformation d'un prénom anglais qui étaient en vogue à cette époque.

Elle s'est mariée en 1887 à l'âge de 16 ans. Elle a eu son premier enfant dix mois plus tard et son dix-huitième à 44 ans : Lydia (née en 1887), Virginie (1888), Philémon (1890), Anna (1891), Alfred (1892), Camille (1893), Armédia (1894), Graziella (1896), Wilbray (1897), Rosée (1898), Aldéa (1899), Alphonse (1904), Généré (1905), Albert (1907), Simone (1908), Gérard (1911), Roland (1913) et Lucienne (1916).

Neuf enfants sont décédés avant d'atteindre l'âge adulte. L'année 1898 a été particulièrement éprouvante alors que trois petits, Camille (5 ans), Armédia (4 ans) et Graziella (18 mois) sont morts durant l'hiver, peut-être d'une grippe ou d'une autre maladie infectieuse. Cet hiver-là, la famille habitait à Saint-Mathieu-du-Lac-Bellemare, un village forestier situé au nord de Saint-Boniface-de-Shawinigan, et Deigneur était enceinte pour la dixième fois.

Après leur mariage, ils ont vécu d'abord à Saint-Boniface-de-Shawinigan (1887-1893), puis à Sainte-Flore et à Saint-Mathieu avant de s'établir définitivement à Grand-Mère. La carte postale qui suit présente une vue générale de la ville de Grand-Mère vers 1905-1910 (photo de J.A. Roy). On voit à l'arrière-plan l'usine de pâte Laurentide autour de laquelle la ville s'est développée.



Deigneur Gélinas est décédée à Grand-Mère le 11 janvier 1929 à l'âge de 57 ans. Edmond Lacombe est demeuré veuf pendant cinq ans. En 1935, il s'est remarié avec Fridoline Blais , une veuve âgée de 68 ans.


Fridoline la centenaire (1867-1967)

Contrairement à Deigneur, Fridoline Blais s'est mariée tard. Selon l'âge inscrit sur son acte de sépulture, elle serait née en mai 1867, l'année de la Confédération. Elle était la fille de Georges Blais et de Sophie Saint-Pierre de Saint-Barnabé. Au recensement de 1901, elle était encore célibataire (on disait alors vieille fille) et vivait seule avec sa mère à Yamachiche.

En 1904, à l'âge de 37 ans, elle a épousé un veuf Joseph Lacombe. Ensemble, ils ont eu une fille qu'ils ont prénommée Fridoline comme sa mère (la petite n'a pas aimé son prénom et en a changé plus tard pour celui de Jeannette). Ils ont vécu à Saint-Étienne-des Grès dans le comté de Saint-Maurice où Joseph est décédé en 1934.

L'année suivante, Fridoline Blais s'est remariée avec Edmond Lacombe, veuf de Deigneur Gélinas. Ce deuxième mariage a duré à peine 6 ans. Edmond est mort le 27 novembre 1941 à Grand-Mère.

Fridoline est décédée le 16 septembre 1967, l'année de l'Exposition universelle de Montréal. Elle a été inhumée à Saint-Étienne-des-Grès. Selon l'acte de sépulture, elle était âgée de 100 ans et 4 mois. Il est à noter que sa mère Sophie Saint-Pierre (1827-1924) a vécu elle aussi très longtemps, soit jusqu'à l'âge de 97 ans, ce qui démontre bien le caractère héréditaire de la longévité.

Voir aussi sur ce blog : Quand Grand-Mère était jeune.