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dimanche 8 mars 2015

Le repas du dimanche chez les grands-parents

Le repas familial du dimanche est une vieille tradition qui remonte à l'époque où l'on travaillait six jours par semaine. Le septième jour, on se faisait beau pour assister à la messe et ensuite aller visiter les grands-parents. C'était l'occasion pour les cousins de se rencontrer et de jouer ensemble.




Cette photo a été prise à Saint-Étienne-des-Grès en 1919. Elle montre quatre petits cousins endimanchés, les premiers-nés de la famille de Félix St-Onge et de Georgina Lavallée. Selon ce qui est écrit au verso, les quatre cousins sont, de gauche à droite : Jean-Roch St-Onge, Berthe St-Onge, Simone Plourde et Armand St-Onge. Voici quelques informations sur eux :
  1. Jean-Roch St-Onge était le fils aîné d'Albert et de Cora Lamy, né le 25 août 1917 à Shawinigan.
  2. Berthe St-Onge était la fille aînée de Félix fils et d'Alma Picard, née le 9 juillet 1916 à Saint-Étienne-des-Grès.
  3. Simone Plourde était la fille aînée d'Alphonse Plourde  et de Marie-Anna St-Onge, née le 22 mars 1915 à Saint-Étienne-des-Grès.
  4. Armand St-Onge était le fils aîné d'Alfred et de Célestina Paré, né le 7 juin 1916 à Saint-Étienne-des-Grès.
Edouardina St-Onge, épouse d'Uldoric Godin, avait des enfants plus âgés mais ils n'apparaissent pas sur la photo. Justement, sur la carte ci-après, Edouardina s'excusait auprès de se parents de ne pouvoir les visiter un dimanche. Elle devait assister au pique-nique des pompiers.



vendredi 18 avril 2014

Sept piastres pour une charrue

En 1866, Pierre Imbault, fondeur de Joliette, vendait des charrues à des cultivateurs de Saint-Étienne-des-Grès pour la somme de sept piastres payable dans un an sans intérêt. Charles Imbault, mouleur de Joliette, agissait comme représentant du fondeur. 

Une ancienne charrue à deux chevaux (Source : AlloCiné)

Cinq cultivateurs de Saint-Étienne-des-Grès devaient à Imbault sept piastres chacun pour des charrues livrées en mai 1866 : Louis Précourt, Joseph Gélinas, Louis Lemire fils, Clément Bellemare et Augustin Bourassa. Leurs dettes ont été transportées au forgeron Désiré Saintonge de Saint-Étienne-des Grès, mon arrière-grand-oncle, dans un contrat signé devant le notaire Uldéric Brunelle en date du 7 février 1867, dans l'avant-midi.

Pierre Imbaul dit Imbleau

La fonderie de Joliette a été fondée en 1844 par Pierre Imbault dit Imbleau (1807-1873), fils de Pierre et de Julie Terreau des Forges du Saint-Maurice, près de Trois-Rivières. Il a vraisemblablement appris le métier de fondeur en travaillant aux Vieilles Forges. Il a d'abord épousé Cécile Fournoit, fille d'Alexis et d'Angélique Beaudry, le 10 mai 1829 à Trois-Rivières, puis Éléonore Duplessis, veuve d'Olivier Saint-Pierre, le 5 août 1845 au même endroit. Au moins quatre enfants du premier lit sont nés aux Forges Saint-Maurice entre 1830 et 1837. Charles Imbault dit Imbleau, qui était son représentant à Saint-Étienne-des-Grès, est issu du deuxième mariage.

Source : Joliette illustrée (1897)


Au sujet du forgeron Désiré Saintonge de Saint-Étienne-des-Grès, voir aussi sur ce blog : La jument est vendue et Familysearch.

mardi 22 octobre 2013

Je veux un petit frère !

Geneviève Arcand de Deschambault, épouse de Simon Martineau-Saintonge, à eu huit filles de suite avant d'avoir enfin un garçon. Parmi ces huit filles, un couple de jumelles nées en 1729 :
  1. Josèphe (1726)
  2. Geneviève (1729)
  3. Cécile (1729)
  4. Angélique(1731)
  5. Anne (1732)
  6. Geneviève (1735)
  7. Angélique (1737)
  8. Louise (1739)
La probabilité qu'un tel événement se produise est plus élevée qu'on ne le croit généralement. C'est comme tirer huit fois à pile ou face. Un couple qui a huit enfants a 1 chances sur 256 d'avoir huit filles ou huit garçons et une chance sur 128 d'avoir huit enfants du même sexe.  C'est beaucoup plus probable que de gagner à la loterie, par exemple.

Aussi, j'aurais pu intituler cet article : je veux une petite soeur ! Émilia Caron, épouse de Maxime-Édouard Desôteaux, a eu huit garçons de suite avant d'avoir enfin une fille :
  1. Télesphore (1879)
  2. Thomas (1881)
  3. Charles-Henri-Émile (1883)
  4. Athanase (1885)
  5. Adolphe (1886)
  6. Albert (1888)
  7. Adelme (1889)
  8. Amédée (1891)
Certains prétendent que des couples peuvent avoir des prédispositions pour un sexe en particulier, mais j'en doute. Je crois plutôt que c'est la fréquence relativement élevée des séquences d'enfants du même sexe qui est à l'origine de ces croyances.

jeudi 25 juillet 2013

Des Santons aux Saintonge de la Mauricie

Comme la Bretagne est le pays des Bretons et la Catalogne, celui des Catalans, la Saintonge était la terre des Santons, un peuple celte mentionné dans La guerre des Gaules de Jules César. Ce récit de l'invasion romaine était à l'étude autrefois dans les collèges classiques du Québec. Quand j'étais étudiant au Séminaire Sainte-Marie de Shawinigan, j'avais été intrigué par cette carte qui montre la localisation des peuples rencontrés par l'armée de César lors sa conquête de la Gaule.

En 58 avant Jésus-Christ, les Santons vivaient donc au Sud-Ouest de la Gaule sur un territoire qui correspond à celui de l'ancienne province de Saintonge avec pour capitale la ville de Saintes. La carte suivante montre la localisation de cette province à l'époque de l'immigration en Nouvelle-France.

Mathurin Martineau dit Saintonge, ancêtre des Martineau-Saintonge ou St-Onge de la Mauricie, est venu de la paroisse de Saint-Fraigne située au Nord-Est de la province. Pour ceux qui ont de bons yeux (cliquez sur l'image pour l'agrandir), Saint-Fraigne, orthographié Saint-Fresgne, apparaît dans le coin supérieur droit de la carte suivante qui date de 1650. Notez la proximité de Matha et de Saint-Jean d'Angély d'où sont venus plusieurs immigrants saintongeais en Nouvelle-France.

Source : La Saintonge par les cartes anciennes.
D'autres immigrants en Nouvelle-France ont porté le surnom de Saintonge, dont certains ont laissé une descendance. Mentionnons  Jean Baril, Vincent Boissonneau, Jacques Payan et Jean Roudier.

Insolite : sur ce site, on prétend que Saintonge est un surnom donné à une personne violente, qui brise tout !

Mathurin Martineau-Saintonge 512a

mercredi 6 mars 2013

De choses et d'autres (4)

- Un démembrement de paroisse est le détachement d'une partie de son territoire pour former une vouvelle paroisse. Ainsi, une famille pouvait changer de municipalité, tout en restant au même endroit. Ces démembrements avaient lieu quand une population relativement importante se trouvait trop loin de l'église. Par exemple, une famille de Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup (aujourd'hui Louiseville) pouvait être détachée à Saint-Léon-le-Grand en 1833 et ensuite à Saint-Paulin en 1847. Un chercheur peut facilement s'y méprendre et interpréter ce changement de paroisse comme un déménagement.

*****

C'est à Saint-Léon-le-Grand, au dix-neuvième siècle, que l'on trouve l'affreuse déformation de Gélinas en Ginas. Quelle en est la cause ? Une mauvaise prononciation ? Un curé négligent, peu au fait de l'histoire de ses paroissiens ? Dans le même genre, on peut mentionner la déformation de Croisetière en Crochetière, probablement due aux mêmes causes.

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Ce que je n'aime pas de BMS2000 ? La perte d'informations. La plupart du temps, BMS2000 ne donne que les nom, date et lieu, même si l'acte contient davantage d'informations pertinentes. Un espace, presque toujours vide, est prévu dans les fiches de BMS000 pour ces autres informations. Il faudrait s'en servir. Cette situation s'explique par le fait que la banque de donnée est construite, non pas à partir des registres, mais plutôt à partir des répertoires de baptêmes, mariages et sépultures publiés par les sociétés de généalogie.

Un irritant majeur : les fonctions de mise en tampon et d'impression sont souvent défectueuses. 

Un détail qui m'agace est la disparition, en format imprimable, du crochet qui indique qu'un parent est décédé.

BMS2000 demeure un outil de recherche utile pour trouver un acte, mais qui a grandement besoin d'être amélioré. 

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J'ai enfin complété Les commandements du généalogiste en y ajoutant un neuvième et un dixième.


mercredi 20 février 2013

De choses et d'autres (2)

- J'ai ajouté un huitième commandement dans Les commandements du généalogiste. Je finirai bien par en avoir dix.

- L'évolution des patronymes résulte souvent d'une perte de sens. Ainsi, Prénouveau, le surnom des Rouillard, est devenu Pronovost parce que plus personne ne se souvenait du pré en question. Même chose pour Saintonge qui a été sanctifié en St-Onge quand le souvenir de la province d'origine en France s'est estompé. Ajoutons Chesnay dont le sens s'est perdu, parce qu'il n'y avait pas de forêt de chênes en Nouvelle-France, et qui s'est déformé en Chainé. Par contre, le patronyme Tremblay s'est maintenu.

- Les anciens indicateurs de chemin de fer sont une source d'informations sur les localités desservies et sur leurs habitants. Voir : Indicateur (directory) des villes et villages sur le chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa & occidental et ses embranchements - donnant une description des places environnantes, des distances et des moyens de communication avec les gares de ce chemin. Compilé par John A. Watkin, Fauteux et Cie, Montréal, 1880. Ici

samedi 26 janvier 2013

Les pionniers de la haute-ville

Dans Shawinigan depuis 75 ans, à la page 186, Fabien Larochelle mentionne que « trois familles pionnières (Lavergne, Lambert et St-Onge) ont participé au premier développement de la haute-ville de Shawinigan. » C'est tout ce qu'il raconte à ce sujet.

Fabien Larochelle faisait référence à trois cultivateurs du rang Des Hêtres de Sainte-Flore, un rang qui traversait le territoire qui allait devenir plus tard la haute-ville de Shawinigan : Adélard Lavergne (1869-1944), Augustin Lambert (1838-1920) et Antoine Martineau dit Saintonge (1835-1889). Pour simplifier un peu, j'ajouterai que les terres de Saintonge étaient situées dans la paroisse Saint-Marc, celles de Lambert dans Saint-Marc et Sainte-Croix et celles de Lavergne dans Christ-Roi et l'Assomption. Ces quatre paroisses religieuses n'existent plus aujourd'hui, regroupée sous l'appellation de paroisse Marguerite d'Youville.

Antoine Martineau-Saintonge et Augustin Lambert, des beaux-frères, étaient originaires du rang Quatre de Saint-Boniface. Ils ont reçu gratuitement des terres dans le rang Des Hêtres de Sainte-Flore en vertu de la Loi des douze enfants. Adélard Lavergne était originaire de Sainte-Flore. Son père Louis exploitait une ferme dans un autre rang de cette paroisse.

Le hameau qui s'est formé en haut de la côte Saint-Marc au début du vingtième siècle était appelé « village St-Onge » ou plus simplement « St-Onge », tandis que le bas de la ville était nommé familièrement « la Pointe », à cause de sa forme de péninsule qui s'avance dans la rivière Saint-Maurice. L'appellation « St-Onge » n'a pas duré bien longtemps, peut-être un vingtaine d'années tout au plus, mais on dit encore de nos jours « descendre à la Pointe ».

Le terme de pionniers que j'ai employé dans le titre de cet article est peut-être exagéré. Les trois familles se sont établies dans un milieu agricole déjà structuré, le rang Des Hêtres de Sainte-Flore. Ce n'étaient pas des colons, au sens où on l'entend généralement. Ces familles ont tiré profit de la vente des terrains pour le développement rapide de la haute-ville. Ainsi, Émile Lavergne, un des fils d'Adélard, se vantait d'avoir ouvert seize rues (Fabien Larochelle, op. cit. p 187).

Voir aussi sur ce blog : La loi des douze enfants, de même que La maison Adélard Lavergne.

samedi 5 janvier 2013

De choses et d'autres

La douzième nuit du cycle de la Nativité, le roman Un homme et son péché et deux décès survenus en décembre 2012 :
  • La nuit des Rois ou de l'Épiphanie est la douzième nuit après celle de Noël. Elle marque la fin du cycle de la Nativité. C'est aussi le titre d'une comédie de William Shakespeare écrite pour être jouée à l'Épiphanie de 1601. Sept ans avant la fondation de la ville de Québec par Samuel de Champlain.
  • Le roman Un homme et son péché de Claude-Henri Grignon, et Les Belles histoires des Pays-d'en-haut qui en découlent, est l'oeuvre de fiction qui a le plus marqué la culture québécoise. On dit Séraphin pour avare, Donalda pour femme soumise, Bidou pour bon à rien et père Laloge pour vieux bonasse. Le site de BANQ présente un parcours thématique sur cette oeuvre.
  • Le 10 décembre 2012, à l'âge de 109 ans et 8 mois, est décédée Clara Saucier. Selon mes données, elle était la personne la plus âgée de la Mauricie au moment de son décès. Le record de longévité pour la région appartient à Julia Houde qui était âgée de 112 ans au moment de son décès le 19 novembre 2006. Clara Saucier était la fille d'Arthur Saucier et d'Anny Elliott. Elle a épousé Hormidas Bronsard le 13 juin 1928 à Shawinigan.
  • Le 27 décembre 2012, à l'âge de 83 ans, est décédé Roger St-Onge, président fondateur de l'Association des descendants de Mathurin Martineau dit Saintonge. Cette association, fondée en 1990, est devenue en 2004 l'Association des Martineau d'Amérique. Il était le fils d'Origène St-Onge et de Lumina Noury. Il a épousé Claire Caron le 5 septembre 1953 à Shawinigan.

lundi 13 août 2012

Décès du voiturier Lampron

On trouve dans le journal Shawinigan Standard du mercredi 17 décembre 1947 une notice nécrologique sur le « voiturier » Victor Lampron. 

Cette notice nous apprend que Victor Lampron a été un des premiers résidents de la ville de Shawinigan où il se serait installé en 1900. Rappelons que le village de Shawinigan Falls a été officiellement fondé en 1901. Elle nous apprend aussi qu'il a été le premier fabricant de voitures (carriage-maker) de la ville. On disait alors « voiturier ». Il a ensuite opéré un atelier de mécanique automobile jusqu'à sa retraite en 1945.

Victor Lampron avait épousé, en premières noces, la fille de mon arrière-grand-père Félix Martineau-Saintonge qui était forgeron et voiturier à Saint-Étienne-des-Grès. Mon arrière-grand-père avait l'habitude de prendre des apprentis. Il est donc possible que Victor Lampron, natif de Saint-Boniface de Shawinigan, ait été un apprenti du voiturier Saintonge, ce qui lui aurait permis d'apprendre son métier et aussi de rencontrer sa première femme.Ce n'est qu'une hypothèse.

Victor Lampron et Albina Saintonge mariés en 1904

Victor Lampron, fils d'Olivier et de Marie Caron, est né le 16 avril 1882 dans le rang Quatre de Saint-Boniface. Il a épousé Albina Saintonge, fille de Félix et de Georgiane Paquet-Lavallée, le 30 mai 1904 à Saint-Étienne-des-Grès.Si on en croit l'article du Shawinigan Standard, il se serait donc établi à Shawinigan dès l'âge de 18 ans, 4 ans avant son mariage.

Voici le texte intégral de la notice nécrologique du Shawinigan Standard.

VICTOR LAMPRON AGE 65, PASSES

One of the oldest citizens of Shawinigan Falls, Victor Lampron, who arrives here in 1900, died last Wenesday afternoon at the age of 65. He was the oldest resident of the Ward No.1.

He was the first carriage-maker in Shawinigan Falls and later operated an automobile, paint and fender repair shop. He went into retirement in 1945.

Mr Lampron was married twice; to Dame Alvina St-Onge and Delina Allard, who survives him. He is also survived by three sons, Maurice, Georges and Charles-Edouard, a daughter, Miss Léo Gélinas, a brother, Georges of St.Boniface, his sister-in-law, Mrs Georges Lampron, and several grandchildren, nephews and nieces.

The funeral service wich was largely attended took place on Saturday morning at the St. Bernard parish church, with interment in the local Cemetery

Sincere sympathy to the bereaved.

L'article provient de Google News.

mardi 13 mars 2012

La démocratie municipale

Quelques mois avant son décès, le vieux Monsieur Lampron du chemin des Dalles m'a raconté un souvenir des élections municipales à Saint-Étienne-des-Grès dans les années 1930. Son fils l'aidait à raconter.

Cette année-là, un des deux candidats à la mairie était mon grand-père Joseph-Félix Saintonge. Le vote avait lieu dans un petit bureau où se tenaient un secrétaire d'élection et les deux candidats à la mairie. À tour de rôle, les électeurs entraient dans le bureau et désignaient à haute voix le candidat de leur choix. Les candidats savaient donc précisément qui votaient contre eux. C'était intimidant pour les électeurs.

Monsieur Lampron hésitait à m'avouer qu'il n'aimait pas mon grand-père Félix : « C'était pas mon homme, il écoutait pas.» Il avait donc désigné l'autre candidat et mon grand-père avait été battu de peu. Les jours suivant l'élection, Monsieur Lampron était gêné d'aller au magasin général qui était tenu par ma grand-mère Alma Picard qu'il aimait bien. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle savait et qu'elle lui en voulait d'avoir voté contre son mari.

Alma Picard ( 1895-1976)

dimanche 13 novembre 2011

Les brodeuses

 Au XIXe siècle, les artisanes de Louiseville en Mauricie étaient réputées pour leurs broderies.

En 1851, à la Rivière-du-Loup (Louiseville), dans la maison de Jean-Baptiste Martineau-Saintonge et de Marie-Madeleine Fournier, vivaient quatre brodeuses. Elles appliquaient des motifs sur des écorces de bouleau et sur des brodequins en feutre ou en peau, un art appris des femmes amérindiennes. Les quatre soeurs Lucie, Julie, Émilie et Félicité Saintonge avaient dépassé la trentaine sans se marier. Elles se rendaient utiles en fabriquant des produits d'artisanat pour les marchands du village.

Elles devaient subvenir aux besoins du ménage. Leur père Jean-Baptiste, âgé de 74 ans, était rentier, ce qui ne signifiait pas qu'il touchait une rente, mais plutôt qu'il avait arrêté de travailler. À 69 ans, leur mère Marie-Madeleine était trop vieille pour broder, une activité qui requiert une excellente vue. Jean-Baptiste et Marie-Madeleine se sont mariés à Saint-Antoine de la Rivière-du-Loup le 31 mai 1802. Il était un petit-fils de Geneviève Arcand qui a établi sa famille dans cette paroisse en 1759 (voir L'arrivée des Matineau-Saintonge en Mauricie sur ce blog).

Leur fils Désiré Saintonge, qui était voisin de ses parents, était menuisier. Sa femme Aurélie Lemaître-Bellenoix était brodeuse; ils n'avaient pas d'enfant. J'imagine qu'Aurélie brodait avec les soeurs de son mari. Un autre fils Louis Saintonge était aussi menuisier, mais sa femme Hermine Marineau ne faisait pas de broderie; ils avaient un garçon de 2 ans prénommé Désiré comme son oncle. Les mères n'avaient pas le temps de broder.

Les jeunes filles apprenaient très tôt. Toujours en 1851, chez les voisin Desrosiers-Dargis, deux filles de 12 et 14 ans, Hermine et Denise, étaient déjà brodeuses. Il y avait cette année-là 138 brodeuses à la Rivière-du-Loup qui travaillaient dans de petits ateliers, la plupart du temps dans la maison paternelle.

Sources :
- Recensement du Canada en 1851
- Jocelyn Morneau, Petits pays et grands ensembles : Les articulations du monde rural au XIXe siècle. L'exemple du lac Saint-Pierre. Les Presses de l'Université Laval, 2000.
- Jocelyn Morneau, Louiseville en Mauricie au XIXe siècle : la croissance d'une ère villageoise. Revue d'histoire de l'Amérique française, vol 44, no 2, 1990, p. 223-241.

lundi 26 septembre 2011

Le piège à mouches de tante Eugénie

Eulalie et Eugénie Lampron

Cette photo a été prise vers 1950. On voit à gauche Eulalie Lampron (1879-1956) et à droite sa soeur aînée Eugénie (1875-1959), deux filles de Sévère Lampron et d'Adéline Lord de Saint-Boniface de Shawinigan. Les deux femmes étaient devant la maison d'Eugénie qui était l'épouse d'Hilarion St-Onge, un cultivateur du Grand Quatre.  Eulalie, la petite, était l'épouse du grand Télesphore Descôteaux, un vendeur de machinerie agricole qui a été maire de la paroisse.

Remarquez les mains d'Eulalie qui étaient déformées par l'arthrose. Elle devait souffrir le martyr. Sa soeur Eugénie était atteinte du même mal, mais à un stade moins avancé. C'était une maladie héréditaire des femmes de cette famille.

Eugénie Lampron avait  une façon originale d'attraper les mouches domestiques, en mettant un peu de mélasse dans le fond d'une assiette à tarte qu'elle posait ensuite sur le meuble de son moulin à coudre. Attirées par l'odeur du sucre, les mouches allaient s'y engluer. Le comportement des mouches fascinait les enfants qui observaient le piège.

Eugénie Lampron était sage-femme, à une époque où les mamans accouchaient encore à la maison. On éloignait les enfants chez une voisine pour ne pas qu'ils entendent souffrir leur mère. Les sages-femmes étaient respectées dans leur milieu ; elles inspiraient confiance. Alice Descôteaux ne voulait voir personne d'autre que sa tante Eugénie auprès d'elle dans ces circonstances.

Voir aussi sur ce blog : En attendant bébé en 1901.

jeudi 15 septembre 2011

L'arrivée des Martineau-Saintonge en Mauricie

L'arrivée des Martineau-Saintonge en Mauricie date de 1759, l'année de la prise de Québec par l'armée de Wolfe. Cette année-là, Geneviève Arcand, alors veuve de Simon Martineau-Saintonge, a déménagé sa famille de Deschambault, dans la seigneurie de la Chevrotière, pour aller s'établir à la Rivière-du-Loup (aujourd'hui Louiseville). La seigneurie de la Rivière-du-Loup appartenait alors aux Ursulines de Trois-Rivières. Les familles Saintonge ou St-Onge de la Mauricie descendent des deux garçons de Geneviève Arcand, Simon et Joseph Martineau-Saintonge.

Le moulin de la Chevrotière à Deschambault
 
Geneviève Arcand

Geneviève Arcand a été baptisée le 5 août 1708 à Deschambault. Elle était fille de Simon Arcand et de Marie Isnard. Elle a épousé Simon Martineau-Saintonge, fils de l'ancêtre Mathurin Martineau dit Saintonge, le 25 février 1726 à Deschambault.

Geneviève et Simon ont eu onze enfants, tous nés à Deschambault, dont les huit premiers étaient des filles. C'est une suite d'événements hautement improbable. Essayez d'obtenir huit faces de suite en lançant une pièce de monnaie et vous risquez d'y passer des jours sinon des semaines. Enfin, les neuvième et dixième ont été des garçons, Simon né en 1741 et Joseph né en 1743, suivis d'une dernière fille prénommée Élisabeth.

Simon Martineau-Saintonge est décédé en janvier 1750. En août de l'année suivante, Geneviève Arcand s'est remariée avec un veuf, Jean Denevers dit Boisvert, qui est décédé lui aussi peu après.

Le contrat

On trouve des informations sur le départ de cette famille pour Louiseville dans un contrat qui a été rédigé par le curé de Deschambault, Jean Ménage, le 27 février 1759. Je suppose que le curé faisait alors office de notaire parce qu'il était instruit et qu'il n'y avait pas de notaire à Deschambault. Le contrat rédigé par le curé a ensuite été collationné par le notaire Guyard de Fleury le 8 octobre 1760. J'ai retrouvé des extraits de ce contrat dans le texte d'une conférence prononcée par le généalogiste Jean-Jacques Saintonge il y a une dizaine d'années.

Le contrat prévoit que Geneviève Arcand échange ses propriétés situées dans la seigneurie de la Chevrotière (maison, terre et bâtiments) contre celles de Jean-Baptiste Maranda situées dans la seigneurie de la Rivière-du-Loup  Il prévoit aussi des échanges d'animaux (vaches, moutons, cochons) et de mobilier (couchettes, rouets) pour éviter d'avoir à transporter le tout. En 1759, par le Chemin du roy, il fallait bien deux jours pour aller de Deschambault jusqu'à la Rivière-du-Loup.

Il est à noter que Simon Arcand, le frère de Geneviève est subrogé tuteur. Les femmes, mêmes veuves, n'avaient pas la capacité légale de contracter. Par ailleurs, le contrat nous apprend que la propriété acquise par Geneviève Arcand à la Rivière-du-Loup était située entre celle de Louis Derive au "sorouest" et celle de Gervais Lambert au "nordest". Le déménagement a dû se faire en cette même année 1759 puisque la famille était déjà établie à Louiseville en 1760.

Le contexte de la transaction

Cette transaction m'a longtemps intrigué. Elle soulève deux questions. Comment une veuve en charge d'une famille nombreuse a-t-elle pu organiser un tel échange entre deux propriétés aussi distantes ? Pourquoi s'est-elle ainsi éloignée de sa famille, de ses frères et soeurs qui vivaient à Deschambault ?

J'ai trouvé quelques éléments de réponse qui peuvent nous aider à comprendre le contexte dans lequel s'est faite cette transaction :
    1. Une des filles de Geneviève Arcand, Marie-Louise née en 1739 était déjà installée dans la région. Elle a épousé Alexis Gerbeau le 7 novembre 1757 à Louiseville. Alexis Gerbeau, natif de Louiseville, est peut-être celui qui a organisé l'échange des terres en 1759 pour permettre à sa belle-famille de venir les rejoindre.
    2. L'autre partie au contrat, Jean-Baptiste Maranda n'était pas un inconnu. Son épouse, Marie-Anne Cloutier, était originaire de Deschambault. Ils se sont mariés dans cette paroisse le 24 octobre 1757. 
    3. On observe à cette époque un mouvement de population de la région de Québec vers les seigneuries situées à l'ouest de Trois-Rivières où des terres étaient disponibles. Un nombre important de réfugiés acadiens se sont aussi dirigés vers cette région à la même époque.
Enfin, il ne faut pas oublier le contexte géopolitique. La forteresse de Louisbourg qui gardait l'entrée du golfe du Saint-Laurent est tombée en 1758. En février 1759, l'invasion de la Nouvelle-France était imminente et prévisible. Geneviève Arcand a peut-être voulu mettre ses enfants à l'abri dans la région des Trois-Rivières, moins exposée que celle de Québec à l'attaque des Anglais. Ce n'est qu'une hypothèse, bien sûr.

mercredi 9 février 2011

Passé et présent au féminin

Aurore Dessureault-Descôteaux et Yolande Buist-Bordeleau, «Passé et présent au féminin», Trois-Rivières, Éditions du Bien Public, 1979.

Ce répertoire présente une cinquantaine de courtes biographies de résidentes de Grand-Mère (y compris Sainte-Flore) qui se sont impliquées dans différentes oeuvres paroissiales : AFEAS, Saint-Vincent-de-Paul, etc. Il a été écrit à une époque où les femmes mariées portaient deux noms de famille, le leur et celui de leur mari. Pour la plupart, ces femmes n'occupaient pas d'emploi rémunéré et pouvaient  donc consacrer une partie de leur temps au bénévolat après avoir élevé leurs enfants. Ce livre a été écrit pour leur rendre hommage et pour faire connaître le travail qu'elles ont accompli. On peut le consulter en ligne sur le site Nos racines.

Voici, à titre d'exemple, la fiche d'Azilda Lavergne-St-Onge, épouse de Cléophas St-Onge. Je ne l'ai pas choisie au hasard, elle était la soeur de mon arrière-grand-père maternel Adélard Lavergne. On insiste dans le texte qui lui est consacré sur son caractère qu'elle avait fort semble-t-il : femme énergique, qui sait faire respecter ses idées, d'une grande fermeté, d'un courage remarquable  Des qualités essentielles pour une "maîtresse d'école" qui a enseigné pendant une vingtaine d'années dans le rang Saint-Anatole de Sainte-Flore.

Source : Passé et présent au féminin, 1979

J'ajoute ci-après quelques informations sur l'histoire de cette famille. 

Azilda Lavergne (1865-1962) était la fille de Louis Lavergne et de Marie Blais. Cette famille, originaire de Saint-Boniface, habitait le rang des Hêtres de Sainte-Flore dans le secteur qui allait devenir plus tard la paroisse de l'Assomption de Shawinigan. Azilda avait épousé, en premières noces, Augustin Doucet le 9 février 1885 à Sainte-Flore. Je n'ai pas retrouvé la date du décès d'Augustin Doucet avec qui elle a eu deux enfants (Liguori et Aurore). Je suppose que c'est après la mort de ce dernier qu'elle est allée enseigner dans le Rang Saint-Anatole. Les femmes mariées n'avaient pas le droit d'enseigner à cette époque.

Ses enfants étaient adultes quand elle s'est remariée, à l'âge de 49 ans, avec Cléophas St-Onge, lui-même veuf  d'Auréa Bourassa et père de sept enfants. Ce deuxième mariage a été célébré  le 11 juillet 1914 toujours à Sainte-Flore. Azilda est décédée presque centenaire, le 25 octobre 1962 à l'âge de 97 ans et 8 mois.

Auréa Bourassa (1882-1912)
Cléophas St-Onge, le deuxième mari d'Azilda Lavergne, était le fils de Louis St-Onge et de Julie Auger du Rang Quatre de Saint-Boniface de Shawinigan. Il a épousé en premières noces Auréa Bourassa, âgée de 16 ans seulement, fille d'Elzéar Bourassa et d'Odélie Gélinas, aussi du Rang Quatre. Ce mariage a été célébré  le 15 juin 1898 à Saint-Boniface. Cléophas était cultivateur à Saint-Boniface au moment de son mariage avec Auréa mais on retrouve ce couple à Sainte-Flore trois ans plus tard, au recensement de 1901; ils avaient déjà deux enfants (Marie-Anne et Marie-Flore). Auréa Bourassa est décédée le 2 juillet 1912 et a été inhumée à Sainte-Flore (carte mortuaire ci-contre).

mardi 21 décembre 2010

La grosse boîte rouge de bonbons Viau


Viau Limitée vendait des "bonbons surfins" dans de grosses boîtes rondes en fer-blanc de couleur rouge vif, ornées d'une fleur-de-lys dorée. Elles contenaient  environ 20 livres de bonbons durs multicolores qui étaient consommés dans le temps des Fêtes. Comme le couvercle fermait bien, les boîtes vides pouvaient être utilisées pour conserver des aliments. Ma mère y mettait les beignes de Noël au froid dans la "dépense".


Je crois que ces boîtes datent des années 1940-1950. Sur le site Héritage Montréal, on aperçoit des contenants de format semblable sur une photo en noir et blanc qui a été prise en 1935. L'entreprise fondée en 1867 a adopté le nom de Viau Limitée en 1936.

 Ajout du 25 décembre 2010 : La boîte date des années 1940. Elle était vendue aux commerces qui revendaient ensuite les bonbons au poids. Une boîte identique à celle qui est illustrée provenait du magasin général de Félix St-Onge à Saint-Étienne-des-Grès.

Voir aussi sur ce blog : Les bonbons mélangés.

mercredi 1 décembre 2010

En attendant le train

En 1879, la construction du chemin de fer Quebec, Montreal, Ottawa & Occidental (acquis plus tard par le Canadien Pacifique) avait donné à Trois-Rivières un accès rapide à la capitale et à la métropole sur la rive Nord du Saint-Laurent. On commença,  la même année, la construction d'un nouveau tronçon pour relier Trois-Rivières aux Grandes-Piles, le pied de la navigation sur le Haut-Saint-Maurice.

Le Chemin de fer des Piles devait longer la rivière pour contourner les trois chutes qui faisaient obstacle à la navigation à La Gabelle, à Shawinigan et à Grand-Mère. Deux tracés étaient alors possibles en partant de Trois-Rivières : soit sur la rive Nord du Saint-Maurice  par les paroisses de Saint-Maurice, de Saint-Narcisse et le Lac-à-la Tortue, soit sur la rive Sud par les paroisses de Saint-Étienne-des-Grès, de Saint-Boniface et de Sainte-Flore. L'enjeu était majeur pour les villages situés des deux côtés de la rivière.

À Saint-Étienne-des-Grès, comme ailleurs sur la rive Sud du Sain-Maurice, la déception avait été grande  quand le tracé de la rive Nord avait été retenu.  Mais dix ans plus tard, une nouvelle occasion s'est présentée avec le projet de prolongement du Chemin de fer des Basses Laurentides (acquis plus tard par le Canadien National) des Piles jusqu'à Trois-Rivières sur la rive Sud de la rivière. Pour ne pas "manquer le train" une fois de plus, les habitants de Saint-Étienne-des-Grès ont pris l'initiative d'accorder gratuitement un droit de passage sur leurs propriétés. Ces droits ont été consignés par le notaire Uldéric Brunelle. En voici une exemple :

Le 11 avril 1890, le forgeron Félix St-Onge, mon arrière-grand-père, cédait à la Corporation de la paroisse de St-Étienne-des-Grès un droit de passage sur sa propriété (lot 196 du cadastre). Ce droit de passage, d'une lisière de 75 pieds de largeur,  devait servir uniquement "pour le chemin de fer des Basses-Laurentides, partant de la cité des Trois-Rivières et traversant les paroisses de St-Étienne, St-Boniface et Ste-Flore". Le greffe du notaire Brunelle contient une série d'actes de même nature signés par les habitants de la paroisse.

Le préambule de ce contrat montre bien l'intérêt que portaient les citoyens au projet de chemin de fer : "considérant les bénéfices considérables que retireraient les paroissiens et habitants de St-Étienne-des-Grès par suite de la construction d'un chemin de fer qui passerait sur le territoire de la dite paroisse, et voulant les favoriser et fournir à la Corporation de la dite paroisse les moyens d'obtenir et assurer la construction d'un chemin de fer ... "

Le prolongement souhaité du Chemin de fer des Basses Laurentides ne s'est pas réalisé. Il a fallu attendre en 1906, avec la construction du Chemin de fer de la Vallée du St-Maurice (acquis plus tard par le Canadien Pacifique), entre Shawinigan et Trois-Rivières, pour que le train arrive enfin à Saint-Étienne-des-Grès. La nouvelle voie traversait le Saint-Maurice par un pont construit sur le rocher des Grès.  J'ai lu sur le site internet de la municipalité qu'un centre de ski avec remonte-pente avait alors été aménagé aux Grès pour attirer les skieurs de Trois-Rivières qui arrivaient par le train.

Le transport des passagers sur cette ligne a été abandonné au printemps de 1960, faute de clientèle. L'autobus était alors plus rapide que le train.

Voir sur ce blog La vieille gare du CP

Sources :
- Greffe du notaire Uldéric Brunelle.
- Larochelle, Fabien. Shawinigan depuis 75 ans. Shawinigan, 1975, p 467-478.
- Verrette, René. Entre le rêve et la réalité : l'implantation du réseau ferroviaire mauricien. Cap-aux-Diamants, no 54, 1998, p 18-23.


mercredi 12 mai 2010

L'école du quatrième rang

La dernière école du  quatrième rang de Saint-Boniface de Shawinigan  a été construite en 1935.  Elle était située du côté sud du chemin St-Onge après la voie ferrée, sur un terrain qui avait été prêté par  M. Adélard Boucher. La photo montre un petit édifice carré d'une vingtaine de pieds de façade  avec de grandes fenêtres. Il y avait deux pièces seulement : la classe des petits au rez-de-chaussée et celle des grands à l'étage. 

L'école du quatrième rang a été fermée en 1957 alors que les élèves du rang et ceux du boulevard Trudel ont été regroupés à l'école Saint-Pierre nouvellement construite.

La classe des petits en 1941. Première rangée, de gauche à droite : Liliane Lavergne, Lise Lampron, Gisèle Lavergne, Pierrette Lampron, Huguette Gélinas, Jacqueline Chainé, Jacqueline St-Onge et Marcel Flageol. Deuxième rangée : Solange Lampron, Irène Chainé, Colette Gélinas, Lucille Chainé, Clémence Gélinas, Gaétane St-Onge et Jean-Claude Lavergne. Troisième rangée : plusieurs enfants sont cachés. Les trois garçons habillés en blanc derrière à droite sont Bernard St-Onge, Robert Chainé et Fernand Gélinas.

La classe des grands en 1943. Première rangée : Irène Chainé, Solange Lampron et Pauline Gélinas. Deuxième rangée : Guy Lampron, Jean-Claude Lavergne, Marcel Flageol et Jean Gélinas. Troisième rangée : Lucille Lacerte, Françoise St-Onge, Cécile Gélinas, Thérèse Gélinas, Ange-Aimé St-Onge et Réal Lampron.

mercredi 7 avril 2010

Familysearch (2)

 (mise à jour le 15 août 2011)

J'ai publié le 22 mars dernier un article sur les trouvailles que j'ai faites sur le site de Familysearch qui rend disponibles gratuitement des images de documents anciens (recensements, listes de mariages, certificats de naissance, certificats de décès) des résidents des États-Unis. C'est un  instrument de recherche fantastique  pour ceux qui s'intéressent à la généalogie des familles franco-américaines.

Voici donc la suite de l'article du 22 mars dernier. Aux 7 familles qui avaient alors fait l'objet de recherches dans Familysearch s'ajoutent les suivantes :

 8. Élie St-Onge, Agnès Bellemare et Melinda Martell à Menominee MI
 9. Onésime Gélinas et Victoria Houle à Nashua NH
10. Pierre Gélinas et Agnès Caron à Chicopee Mass
11. Adélard Gélinas et Séverine Gélinas à Manchester NH
12. Édouard Gélinas et Louise Fréchette à Manchester NH
13. Adélard Boucher et Joséphine Gélinas à Manchester NH


8. Élie St-Onge, Agnès Bellemare et Melinda Martell  dans le Michigan

Des recherches sur ce site - voir l'article du 22 mars - avaient permis de trouver des informations sur deux frères St-Onge de Saint-Paulin, les fils de François Martineau-Saintonge et de Josephte Allard  :
  • Le forgeron Désiré St-Onge, époux de Zoé Milette, apparaît d'abord à  Woonsockett dans le Rhode Island puis à New Bedford dans le Massachusetts.
  • Son frère cadet François St-Onge, époux de Caroline Paquin, était épicier à Lowell dans le Massachusetts.
J'ai trouvé des documents sur un troisième fils du même couple prénommé Élie, époux de Melinda Martell, qui s'est établi dans le comté de Menominee dans le Michigan. Le comté de Menominee est voisin de celui d'Oconto dans le Wisconsin. Une rivière les sépare. Or, on sait que Désiré St-Onge, le forgeron, était à Oconto vers 1868-1869. Les frères St-Onge sont peut-être allés travailler ensemble dans cette région où Élie se serait établi par la suite.

En 1900, la famille d'Élie St-Onge et de Melinda Martell a été recensée dans le canton de Meyer  dans le comté de Menominee. Ils vivaient sur une ferme. Élie a 54 ans (né en octobre 1845) et sa femme Melinda  a 33 ans (n. février 1867). Ils sont mariés depuis 11 ans. Les deux sont nés au Canada. Élie déclare être arrivé aux États-Unis en 1878 et Melinda en 1870. Élie sait lire et écrire mais sa jeune femme est analphabète.

Le canton de Meyer s'est développé, à compter de 1878, grâce à l'industrie forestière. Un moulin à scie appartenant à Mr C.J.L. Meyer de Fond du Lac dans le Wisconsin transformait les cèdres et les pins des forêts environnantes. Des cultivateurs, comme Élie St-Onge, s'installaient ensuite sur les terres ainsi déboisées. Aujourd'hui, l'industrie forestière a disparu et le canton de Meyer ne compte plus qu'un millier d'habitants dont la plupart habitent dans le village de Hermansville.

Élie et Melinda se sont mariés le 3 juin 1889 à Spalding dans le comté de Minominee. Élie, fils de Frank St-Onge et de Joséphine Allard, était veuf mais le nom de sa première femme n'est pas indiqué. Les enregistrements de mariage dont il sera question plus loin nous donnent son nom: Agnès Bellemare.  Agnès est décédée le 26 novembre 1887 à  l'âge de 32 ans. Melinda Martell était la fille d'Alex Martell et de Vadit Bicatt. À Menominee, les noms francophones étaient affreusement déformés. Il s'agissait probablement d'une famille Martel du Québec dont la mère s'appelait  peut-être Picard. 
 
Les documents relatifs à la famille d'Élie St-Onge sont relativement nombreux; en plus des recensements de 1880, 1900 et de 1920, j'ai trouvé 8 enregistrements de naissance, un certificat de décès et 5 enregistrements de mariages. Ces informations permettent de reconstituer, partiellement,  une très grande famille de 17 enfants issus de 2 lits :

- Enfants d'Élie St-Onge et d'Agnès Bellemare :
  • Margaret (Maggie) née en 1873 dans le Michigan. Elle a épousé Joseph Janguay, probablement Tanguay, le 1er juin 1896 à Spalding dans le comté de Menominee.
  • William né en 1875 dans le Michigan.
  • Emma née en 1878 dans le Michigan
  • Lester F. né en octobre 1882. Marié à une femme prénommée Emma. Décédé le 12 octobre 1936 à Electron dans le comté de Pierce, Washington.
  • John né le 5 août 1884 à Spalding, comté de Menominee, Michigan. Marié le 22 novembre 1909 à Nadeau dans le comté de Menominee.
  • Edmond W. né en septembre 1886.
- Enfants d'Élie St-Onge et de Melinda Martell :
  • Harry né en juin 1890.
  • Herman né en septembre 1891.
  • Élie né le 9 février 1892 à Meyer twp dans le canton de Menominee MI.
  • Samuel né le 4 novembre 1894 à Meyer twp.
  • Albert né en juillet 1896.
  • Leo né le 7 mars 1898 à Meyer twp.
  • Agnès née en 1901. Elle a épousé John Radman le 9 juillet 1923 à Hermansville, comté de Menominee, MI.
  • Archie né le 5 mars 1902 à Hermansville, comté de Menominee MI.
  • Harvey né en 1904 au Michigan.
  • Edna née en 1906 au Michigan.
  • Yvan né en 1909 au Michigan.
Élie St-Onge et sa femme Melinda vivaient encore dans le comté de Menominee au recensement de 1920. Élie était alors âgé de 74 ans et Melinda 53 ans. Ils avaient encore 6 enfants avec eux à la maison.

À noter : Une autre famille dont le chef s'appelait Ely St.Onge (né en 1833 au Canada) a été recensée dans le canton de Spalding du comté de Menominee en 1880. Son épouse s'appelait Delia. (née en 1840 à New York). Ce deuxième Élie était plus âgé que celui qui nous intéresse et n'apparaît plus au recensement de 1900.  Il faut prendre garde à ne pas confondre les deux familles.


9. Onésime Gélinas et Victoria Houle dans le New Hampshire

Onésime Gélinas (né en 1838 au Canada) et Victoria Houle (née en 1842 au Canada) ont enregistré 3 naissances à Nashua dans le New Hampshire. C'était une petite ville industrielle où la Nashua Manufacturing Company exploitait des usines de coton grâce à l'énergie hydroélectrique. En 1893, Onésime Gélinas travaillait dans une fabrique de boîtes (box factory). Voici les 3 naissances qui ont été enregistrées à Nashua :
  • Thomas Gélinas né le 29 octobre 1893.
  • Flavie Marie Gélinas née le 19 février 1896.
  • Joseph Alphonse Gélinas né le 9 septembre 1899. Le certificat de naissance de Joseph Alphonse indique qu'il était le treizième enfant du couple.
Ils n'ont pas été recensés aux États-Unis en 1900. Je ne trouve plus aucune mention de cette famille après la naissance de Joseph Alphonse en 1899.

Onésime Gélinas et Victoria Houle se sont mariés le 23 septembre 1878 à Saint-Barnabé-Nord dans le comté de Saint-Maurice. On les retrouve ensuite à Sainte-Flore dans le comté de Champlain où ils ont fait baptiser 5 enfants entre 1881 et 1889. 


10. Pierre Gélinas et Agnès Caron dans le Massachusetts

L'article sur Familtsearch du 22 mars dernier présentait des informations sur trois enfants de Louis-Solyme Caron et de Marie-Josephte Lacerte de Saint-Boniface-de-Shawinigan :

  • Marie Caron et son mari Olivier Lampron à Manchester
  • Onésime Caron et Philomène Gélinas aussi à Manchester
  • Cyriac Caron et Anaphlète Lamy à Chicopee, Mass
Une quatrième enfant du même couple, Agnès Caron, est décédée le 15 avril 1913 à Chicopee dans le Massachusetts. Elle était âgée de 67 ans et veuve de Pierre Gélinas. Elle était domiciliée au 81 School Street à Chicopee.


11. Adélard Gélinas et Séverine Gélinas à Manchester

Adélard Gélinas, fils de Frédéric et de Domithilde Lavergne, et Séverine Gélinas, fille d'Alphonse et de Mérélice Grenier, se sont mariés à Saint-Sévère dans le comté de Saint-Maurice le 11 septembre 1894. L'été suivant, on les retrouve à Manchester dans le New Hampshire où ils enregistrent la naissance de leur premier enfant. Adélard Gélinas exerce alors le métier de "mill operative". J'ai trouvé trois enregistrements de naissance au nom de ce couple à Manchester :

  • Amédée né le 17 juillet 1895;
  • Rosa née le 16 décembre 1897;
  • Florido né le 8 décembre 1900.
Les enregistrements indiquent que Rosa était le troisième enfant du couple et Florido le cinquième. Il y aurait donc eu deux autres naissances entre 1895 et 1900, soit en 1896 et en 1898 ou 1899. On retrouve dans les registres de la Mauricie les mariages de deux autres filles du couple :

  • Irène mineure à son mariage avec Maxime Lessard (Léandre et Mézélée Milette) le 26 juin 1929 à Charette.
  • Mathilda mineure à son mariage avec Onésime Déziel (Onésime, Louise Lesieur) le 27 juillet 1915 à Saint-Sévère.

12. Édouard Gélinas et Louise Fréchette à Manchester

Ce couple a enregistré la naissance de son quatorzième enfant, prénommé Gilbert, le 12 août 1899 à Manchester dans le New Hampshire. Édouard Gélinas travaille comme "laborer". Ils sont tous les deux âgés de 45 ans.

Édouard Gélinas, fils de Paul et d'Adélaïde Robert, et Louise Fréchette, fille de Zéphirin et de Félicité Rivard, se sont mariés le 13 juillet 1876 à Saint-Léon-le-Grand dans le comté de Maskinongé. Édouard Gélinas était cultivateur à l'époque de son mariage.


13. Adélard Boucher et Joséphine Gélinas à Manchester

Adélard Boucher, fils d'Isaac et d'Honorat Bellemare, et Joséphine Gélinas, fille de Majorique et de Célina Gélinas, se sont mariés le 3 avril 1894 à Saint-Élie-de-Caxton dans le comté de Saint-Maurice. Quatre ans plus tard, soit le 12 août 1898, ils enregistrent la naissance de leur troisième enfant, une fille prénommée Marie Yvonne Angélina, à Manchester dans le New Hampshire. Adélard Boucher âgé de 25 ans travaille comme "mill operative". Sa femme est âgée de 21 ans seulement.


Voir aussi sur ce blog : Familysearch

lundi 22 mars 2010

Familysearch

(Mise à jour le 17 août 2011)

Le site de Familysearch offre un accès gratuit aux microfilms des recensements et des certificats de naissance et de décès des États-Unis (ici). C'est particulièrement intéressant pour ceux qui font des recherches sur les Franco-Américains.

J'ai noté les trouvailles que j'ai faites sur ce site pour 7 familles de la Mauricie :
  1. Désiré St-Onge et Zoé Milette à New Bedford Mass
  2. Onésime Lemire et Mathilda Milette à New Bedford Mass
  3. François St-Onge et Caroline Paquin à Lowell Mass
  4. Nazaire Robitaille et Azéline Rondeau à Lowell Mass
  5. Olivier Lampron et Marie Caron à Manchester NH
  6. Onésime Caron et Philomène Gélinas à Manchester NH
  7. Cyriac Caron et Anaphlète Lamy à Chicopee Mass

1. Désiré St-Onge et Zoé Milette à New Bedford

J'ai trouvé sur Familysearch beaucoup d'informations sur la famille de Désiré St-Onge et de Zoé Milette, un couple dont il a déjà été question sur ce blogue (Voir La jument est vendue). Cette famille avait quitté Saint-Étienne-des-Grès, où Désiré exerçait le métier de forgeron, pour aller s'établir à Oconto dans le Wisconsin vers 1868-1869. On perdait ensuite leur trace.

J'ai trouvé les certificats de décès de Zoé Milette et de trois de leurs fils. Ces décès sont survenus dans le Massachusetts en 1898, 1906, 1909 et 1915 :
  •  Zoé Milette est décédée le 16 février 1898 à New Bedford, Mass. Elle était âgée de 58 ans.
  • À Holyoke, Mass le 26 juin 1906, Georges St.Onge est décédé d'une péricardite à l'âge de 38 ans. L'acte de décès mentionne qu'il est né dans le Wisconsin. Il a été enterré le 28 juin 1906. Il était marié et résidait au 234 "Hamelin" Street. Mrs Georges St. Onge qui résidait à la même adresse a été insctite comme "informant". Georges St.Onge (né en 1871) a épousé Délia Hetu (née en 1873), fille de Edonard  et Angéle Ledue, le 21 mai 1899 à Woonsockett R.I. 
  • Henry St.Onge, qui était ouvrier, est mort d'une bronchopneumonie à New Bedfosd le 10 février 1909. Il était âgé de 35 ans. L'acte mentionne qu'il est né au Canada. Il a été enterré le 10 février au French Cemetary de New Bedford. Il était marié et résidait au 212 Second Street. Le nom de Joseph Milette est inscrit comme "informant"
  • À New Bedford, le 13 novembre 1915, Victor St.Onge, qui était ouvrier lui aussi, est mort écrasé (run over) par une voiture. Il est né le 2 février 1875 à Woonsocket, R.I. Il a été enterré le 16 novembre 1915 au Sacred Heart Cemetary. Il était marié et résidait au 735 Belleville Ave. à New Bedford. Le nom de Flora St.Onge est inscrif comme "informant" sur le certificat de décès. Elle résidait à la même adresse que le défunt. ---  On trouve le mariage de Victor (né en 1875) et d'Adélina Milette (née en 1877) à New Bedford le 13 avril 1896. Adélina Milette était la fille Joseph Milette et d'Ida Laframboise. --- Le recensement de 1900 à New Bedford nous apprend que Flora (née en juillet 1897) était la fille aînée de Victor, qu'il avait deux autres filles prénommées Irène (née en janvier 1899) et Bertha (née en avril 1900) et que son épouse Adélina est née en mai 1877. Ils étaient mariés depuis 4 ans. Victor travaillait dans une manufacture de fil (yarn mill). - On trouve aussi sur Familysearch le certificat de décès d'un fils de Victor, prénommé Hector-Raymond (né le 2 janvier 1913) qui est mort du choléra infantile le 19 juin 1913. La famille résidait alors au 31 Slocum Street à Acushnet, une municipalité situé au nord de New Bedford Mass. Un autre fils Edmond (né en novembre 1907) est mort d'une bronchpneumonie le 20 novembre 1908 à New Bedford. La famille habite alors au 4 Hillman Court.
Par ailleurs, on trouve aussi le certificat de naissance d'une fille de Désiré St.Onge et Zoé milette, prénommée Marie, née le 4 juillet 1877 à Woonsocket, Rhode Island. De plus, leur fille Clara se marie avec Boromé Bélanger, fils de Benjamin et de Marceline Grenier, le 6 avril 1899 à Holyoke Mass. Boromé Bélanger exerce alors le métier de "mill operative".

Ces documents nous donnent un aperçu du trajet compliqué qui a été accompli par la famille de Désiré St-Onge et de Zoé Milette:
  •  Ils ont quitté Saint-Étienne-des-Grès en 1868 pour aller à Oconto dans le Wisconsin où Georges est né en 1871.
  • Ils sont ensuite revenus au Canada où Clara est née en 1872 et Henri en 1874.
  • L'année suivante, on les retrouve à Woonsocket dans le Rhode Island où Victor et Marie sont nés en février 1875 et juillet 1877 respectivement. 
  • Ils reviennent ensuite au Canada, dans la paroisse de Sainte-Flore,  où Dora et Joseh-Henri-Désiré ont été baptisés en 1880 et 1883 respectivement. Le 22 février 1887, Joseph-Henri Désiré est inhumé à Saint-Jacques-des-Piles, une paroisse voisine de Sainte-Flore.
  • Ils retournent aux États-Unis, cette fois dans le Massachusett. Zoé Milette est décédée à New Bedford Mass en 1898. Désiré se remarie avec Dina Milette, la soeur aînée de Zoé, le 24 juin 1899 à New Bedford. Dina Milette était la veuve d'Évariste Lavoie qu'elle avait épousé le 30 juillet 1870 à Saint-Étienne-de-Grès.
En 1900, la famille de Désiré St-Onge a été recensée à New Bedford dans la Massachusets. Il était alors âgé de 61 ans et exerçait son métier de forgeron. Donia (Dina), la nouvelle épouse de Désiré, est née en mai 1848 au Canada. Ils sont mariés depuis 1 an seulement. Un fils de Désiré habite avec eux : Henry (27 ans) qui se dit journalier et son épouse Vinie âgée de 26 ans; ils sont mariés depuis cinq ans. Il y a aussi dans leur logement trois garçon du premier mariage de Donia : Victor Lajoie (25 ans), Arthur Lajoie (11 ans) et Joseph Lajoie (9 ans). Ils ont aussi des pensionnaires (boarders): John et Valida Grimes (née en janvier 1873 dans le Rhodes Island) et leur fille de 2 ans "Rear" Grimes, de même qu'une femme célibataire de 22 ans nommée Elizza Lapointe (née en juin 1874 dans le Rhodes Island). John Grimes était l'époux de Valida Lapointe, une fille du premier mariage de Dina Milette avec Évariste Lapointe.
Une fille de Désiré et Zoé Milette prénommée Valida (née en juin 1868) a aussi été recensée à New Bedford en 1900 avec son mari Henri Villemure (né en novembre 1863) et leurs deux filles Dora (née en janvier 1888) et Annie (née en mai 1890). Le couple est arrivé aux États-Unis en 1885. Valida déclare qu'elle a eu 6 enfants dont 2 sont vivants. Les deux filles se sont mariées dans le Massachusetts :
  • Dora a épousé Oliver Cormier, fils de Theophilus et de Domithilde Hébert, le 4 may 1908 à New Bedford. Dora est née à Holyoke, Mass.
  • Anna (Annie) a épousé Joseph P. Bourgeois, fils de Théodore et de Marie Fougère, le 2 janvier 1913 à Acushmet près de New Bedford. Elle travaille dans une usine. Anna est née à Holyoke, Mass.

2. Onésime Lemire et Mathilda Milette à New Bedford
    Par ailleurs, Mathilda Milette, la soeur de Zoé, et son mari Onésime Lemire charpentier étaient aussi présents à New Bedford au recensement de 1900. Mathilda déclare qu'elle a eu 4 enfants dont 1 seul est vivant. Ce couple a immigré aux États-Unis dès 1869, soit à la même époque que Désiré St-Onge et Zoé Milette. - Mathilda Milette est décédée le 6 février 1910 au New Bedford St.Luke's Hospital d'un "abdominal papillomatis". Elle était âgée de 72 ans et 6 mois. Elle a été enterrée au French Cemetary le 8 feb 1910. Mathilde résidait au 193 Arnold Street.

    3. François St-Onge et Caroline Paquin à Lowell
    François St-Onge était le frère de Désiré St-Onge, le forgeron dont il a été question plus haut. J'ai trouvé son acte de décès sur Familysearh. Il est décédé le 8 novembre 1914, à l'âge de 72 ans, d'une apoplexie cérébrale. Il était malade depuis 12 ans. Il a été inhumé le 10 novembre 1914 au St.Joseph Cemetary de Lowell. Son domicile était au 615 Morrinack Street à Lowell.

    La famille de François St-Onge (né en mars 1842) a été recensée à Lowell en 1900 à l'adresse 615 Merrimack Street. François était aux États-Unis depuis 1890. Il était alors marié depuis 9 ans à une femme prénommée Alice (née en mai 1861) qui était de 19 ans sa cadette. Sa première femme, Caroline Paquin, est donc décédée avant 1891. L'épouse Alice a déclaré avoir eu 7 enfants dont 4 étaient vivants. Ils avaient quatre filles : Emma (née en mai 1896), Éva (juillet 1897), Alexandra (septembre 1898) et Alice (décembre 1899) qui sont nées au Massachusetts. Il y avait une vingtaine de chambreurs dans leur logement dont une servante célibataire nommée Victorie St-Onge (née en janvier 1874). François St-Onge était "grocer" (épicier).

    Parmi la vingtaine de chambreurs qui habitaient le logement en 1900, il y avait une fille de François St-Onge, Valida (née en avril 1878) avec son mari Arthur Paillé écrit Payer (né au Massachusetts en 1876). Ils sont mariés depuis 4 ans. On retrouve ce couple au recensement de 1920 à Lowell avec leurs enfants : Anna, Arthur (né au Mass en 1902), Alfred, Blanche, Albert, Laura et Roland. - J'ai trouvé trois certificats de décès d'enfants de ce couple à Lowell en 1912 et 1914 :
    • Rene Payer (né le 10 mai 1910) est décédé le 11 may 1912 d'une bronchite (capillary bronchites). Il était âgé de deux ans et un jour. Il a été enterré au St.Joseph Cemetary le 13 may 1912. La famille habitait au 543 Moody Street.
    • Hortense Payer (née le 1er mai 1912) est décédée le 1er sep 1912 d'une bronchite (acute cap. bronchites). Elle était âgée de 6 mois et 2 jours. Elle a été enterrée au St.Joseph Cemetary le 2 septembre 1912. La famille habitait au 489 Moody Street.
    • Un garçon mort-né le 30 oct 1914. La famille habitait alors au 47 Exeter Street à Lowell.

    4. Nazaire Robitaille et Azéline Rondeau à Lowell

    J'ai aussi trouvé sur Familysearch le certificat de décès de Napoléon Robitaille, le 24 février 1906, à "Laval Place" dans la ville de Lowell Massachusetts. Il était le fils de Nazaire Robitaille et d'Azéline Rondeau dont il a déjà été question sur ce blog (De l'eau courante). Il est mort d'une rubéole (measles) compliquée d'une pneumonie, après quatre jours d'hospitalisation, à l'âge de 2 ans, 9 mois et 6 jours. Il a été enterré au St. Joseph Cemetary.

    Nazaire Robitaille, fils d'Augustin et de Sophia (Sophie), et Asiline (Azéline) Rondeau, fille de Pierre et de Philomene, se sont mariés le 8 juillet 1883 à Lowell. Il était alors âgé de 28 ans et travaillait comme "Brick maker".

    La famille de Nazaire Robitaille et d'Azéline Rondeau a été recensée à Lowell en 1900. Ils étaient mariés depuis 16 ans. Azéline Rondeau déclare avoir eu 8 enfants, tous vivants : Exina (juillet 1884), Ellenda (janvier 1886), Joseph (décembre 1887), Dorilda (février 1890), Zeilda (avril 1892), William (août 1894), Henri (février 1897) et Télesphore (mars 1899), tous nés au Canada. Ils déclarent être arrivés aux États-Unis en 1900. Nazaire Robitaille travaille comme "concrete laborer", tandis que les deux filles aînées, Exina et Ellenda, sont "hosiery mender".

    La soeur de Nazaire, Marie-Louise Robitaille (née en mai 1856), habite le logement voisin avec son mari Charles Ducharme (né en février 1840) et leurs enfants : Pierre (décembre 1881), Marie-L. (octobre 1883), Robia (juillet 1888), Thadule (juillet 1892) et Marie A. (juillet 1893). Ils sont mariés depuis 27 ans. Marie-Louise déclare avoir eu 12 enfants dont 7 sont vivants. Ils sont arrivés aux États-Unis en 1899. Ils hébergent aussi deux pensionnaires. Charles Ducharme et son fils aîné Pierre sont "laborer" (ouvrier).

    5. Olivier Lampron et Marie Caron à Manchester NH

    Un certificat de naissance d'un fils d'Olivier Lampron et de Marie Caron né le 25 novembre 1893 à Manchester dans le New Hampshire. Le nom de l'enfant a été omis. Le certificat précise que c'était le onzième enfant du couple. La profession du père est "Clerk".

    Il s'agit probablement d'un enfant qui est mort peu après sa naissance. Selon mes données, le onzième enfant du couple était une fille prénommée Rébecca qui est morte à l'âge d'un mois seulement le 3 juillet 1889 à Saint-Boniface-de-Shawinigan.


     6. Onésime Caron et Philomène Gélinas à Manchester

    Onésime Caron, le beau-frère d'Olivier Lampron, et son épouse Philomène Gélinas ont aussi été recensés à Manchester en 1900 avec leurs enfants Joseph (né en mars 1867), Maria (juillet 1878) et Marie-Louise (juin 1882). Onésime Caron est né en octobre 1837 et Philomène Gélinas en février 1841. Ils sont mariés depuis 41 ans. Philomène Gélinas déclare avoir eu 17 enfants dont 8 sont vivants. Ils ont immigré aux États-Unis en 1896, sauf Joseph qui y est depuis 15 ans (1885). Maria est "wool sertor" et Marie-Louise est "cotton spinner".

    Le fils d'Onésime Caron, Michel Caron (né en août 1862), est aussi recensé en 1900 à Manchester avec son épouse Caroline Dubé (née en novembre 1864) et leurs filles Marie-Louise (février 1887) et Dora (août 1888). Ils sont mariés depuis 14 ans. Caroline Dubé déclare avoir eu 5 enfants dont 2 sont vivants. Les deux filles sont nées au New Hampshire. Michel Caron est "cotton weaver". Il déclare avoir immigré en 1884. - Ils ont enregistré la naissance de leur premier enfant une fille anonyme le 18 février 1887 à Manchester. Michel Caron exerce alors le métier de weaver.

    7. Cyriac Caron (fils de Louis-Solyme) et Anaphlète Lamy à Chicopee Mass

    Un autre beau-frère d'Olivier Lampron, Cyriac Caron époux d'Anaphlète Lamy, était à Chcopee Falls près de Springfiels dans le Massachusetts. Leur fils Hermidas Caron est décédé dans cette ville le 17 juillet 1912 d'une tuberculose pulmonaire. Le garçon, âgé de 18 ans, était né le 6 juillet 1894. Il était malade depuis 1 an. Hermidas a été inhumé au Calvary Cemetary le 16 juillet. Il habitait au 14 West Street à Chicopee. Thomas Caron, qui logeait à la même adresse, a été désigné comme "Informant".


    Voir aussi sur ce blog : Familysearch (2)

    mercredi 10 mars 2010

    Mortalité et renouveau

    La mortalité infantile était très élevée à la fin du XIXe siècle. La première semaine de vie d'un enfant était particulièrement critique; il n'était pas rare de voir des familles perdre trois ou quatre nouveaux-nés. Les maladies contagieuses et la consommation de lait cru contaminé par des bactéries pathogènes étaient les principales causes de mortalité chez les enfants.

    On remarque en fouillant dans les registres paroissiaux une pratique assez répandue qui consistait à redonner le prénom d'un enfant mort au nouveau-né suivant. Certains couples le faisaient de façon systématique. C'était le cas de Félix Martineau-Saintonge, forgeron à Saint-Étienne-des-Grès, et de sa femme Georgiana Paquet-Lavallée qui ont été durement touchés par les morts d'enfants.Le recensement de 1881 nous donne la liste des personnes qui vivaient dans leur maison au printemps de cette année-là. Ils avaient alors cinq enfants: Marie-Louise (née en 1874), Alfred (1875), Félix-Édouard (1877), Alvina (1878) et Édouardina (1880). Ils hébergeaient aussi un apprenti-forgeron de 13 ans nommé Philippe Dubé.
    L'année 1882 a été tragique pour cette famille. Les quatre plus jeunes de leurs cinq enfants sont décédés en l'espace de quelques mois seulement. Édouardina, alors âgée de 16 mois, est décédée la première le 28 janvier, suivie d'Alfred le 13 avril et de Félix et Alvina qui ont été enterrés ensemble le 16 mai 1882. Seule l'aînée Marie-Louise, qui était alors âgée de 8 ans, a survécu à cette tragédie. La photo ci-contre date de cette époque. On y voit le père assis sur une chaise avec sa femme debout derrière lui et leur unique enfant Marie-Louise debout à sa droite.
    Le 28 août de la même année, Georgiana a donné naissance à une fille qui sera baptisée Édouardina comme celle qui est décédée quelques mois plus tôt. Les trois enfants qui suivront porteront aussi les prénoms de ceux qui sont décédés pendant l'année 1882, soit Alfred en 1884, Alvina en 1886, et Félix en 1888. Puis, viendront Arthur en 1891, Albert en 1894 et Marie-Anna en 1895.

    Les actes de sépulture des enfants ne précisaient pas la cause de leur mort mais il s'agissait fort probablement d'une épidémie, du moins pour les trois plus vieux qui sont décédés en avril et mai 1882. On signalait ce printemps-là une épidémie de scarlatine à Trois-Rivières. Le Journal des Trois-Rivières rapportait le 25 mai 1882 : « Les fièvres scarlatines font de terribles ravages en cette ville et enlèvent un grand nombre d’enfants. » La scarlatine est une infection bactérienne qui se transmet par les voies respiratoires. L'infection survient surtout pendant la saison froide.