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mercredi 6 mars 2013

De choses et d'autres (4)

- Un démembrement de paroisse est le détachement d'une partie de son territoire pour former une vouvelle paroisse. Ainsi, une famille pouvait changer de municipalité, tout en restant au même endroit. Ces démembrements avaient lieu quand une population relativement importante se trouvait trop loin de l'église. Par exemple, une famille de Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup (aujourd'hui Louiseville) pouvait être détachée à Saint-Léon-le-Grand en 1833 et ensuite à Saint-Paulin en 1847. Un chercheur peut facilement s'y méprendre et interpréter ce changement de paroisse comme un déménagement.

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C'est à Saint-Léon-le-Grand, au dix-neuvième siècle, que l'on trouve l'affreuse déformation de Gélinas en Ginas. Quelle en est la cause ? Une mauvaise prononciation ? Un curé négligent, peu au fait de l'histoire de ses paroissiens ? Dans le même genre, on peut mentionner la déformation de Croisetière en Crochetière, probablement due aux mêmes causes.

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Ce que je n'aime pas de BMS2000 ? La perte d'informations. La plupart du temps, BMS2000 ne donne que les nom, date et lieu, même si l'acte contient davantage d'informations pertinentes. Un espace, presque toujours vide, est prévu dans les fiches de BMS000 pour ces autres informations. Il faudrait s'en servir. Cette situation s'explique par le fait que la banque de donnée est construite, non pas à partir des registres, mais plutôt à partir des répertoires de baptêmes, mariages et sépultures publiés par les sociétés de généalogie.

Un irritant majeur : les fonctions de mise en tampon et d'impression sont souvent défectueuses. 

Un détail qui m'agace est la disparition, en format imprimable, du crochet qui indique qu'un parent est décédé.

BMS2000 demeure un outil de recherche utile pour trouver un acte, mais qui a grandement besoin d'être amélioré. 

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J'ai enfin complété Les commandements du généalogiste en y ajoutant un neuvième et un dixième.


lundi 4 mars 2013

Deux enfants-servantes

Une des images que l'on retient du dix-neuvième siècle est celle d'enfants travaillant dans les mines ou dans les manufactures. À cette époque, on quittait la maison paternelle à douze ans pour devenir apprenti. Des auteurs comme Charles Dickens, en Angleterre, et Mark Twain, aux États-Unis ont commencé à travailler à cet âge. Plus près de  nous, Benjamin Sulte a dû abandonner l'école pour gagner sa vie dès l'âge de dix ans.

De nos jours, ce phénomène est pratiquement disparu des pays riches mais encore très présent dans les pays pauvres.

Cosette dans Les Misérables


Louise Vallière

Louise Vallière était une enfant-servante de douze ans. Elle vivait dans la maison de Louis Gauthier à Hunterstown dans le comté de Maskinongé en 1852. Gauthier et sa femme Émilie Vallière avaient cinq jeunes enfants, dont le plus vieux avait six ans. Ils ont eu un nouvel enfant à chaque année depuis leur mariage en 1845.

Hunterstown est une ancienne municipalité, aujourd'hui intégrée à Saint-Paulin, près du contrefort des Laurentides. C'était plutôt un hameau qu'un village. Des familles de travailleurs s'étaient regroupées autour d'un gros moulin à scie, alimenté par la puissance hydraulique de la Rivière-du-Loup. Au recensement de 1852, il y avait 350 habitants. La plupart des chefs de familles étaient journaliers. Il y avait aussi un forgeron, un meunier et quelques cultivateurs.Tous les bâtiments, le moulin à farine, la forge et les résidences des employés appartenaient à la compagnie de Truman Kimpton qui avait acheté la majeure partie des terres du canton vers 1823. En bon anglais, c'était une company town.

Le recensement de 1852 nous donne l'occupation, l'âge et le lieu de naissance. Louise était une servante, âgée de douze ans, née à Saint-Léon-le-Grand, prés de Saint-Paulin. J'ai vérifié les naissances à Saint-Léon en 1840 et trouvé une Marie-Louise Vallière qui est née le 13 juillet. Elle était la fille de Joseph Vallière et d'Élisabeth Alarie, la plus jeune d'une famille nombreuse. Sa mère, Élisabeth Alarie, avait 48 ans. Elle est morte moins de deux ans après la naissance de Louise, le 24 avril 1842.

La maîtresse de maison chez qui elle travaillait comme servante, Émilie Vallière, était la soeur aînée de Louise. Quand elle a atteint ses dix-huit ans, Louise Vallière a épousé Augustin Gauthier, le frère de Louis Gauthier chez qui elle travaillait.

Louise Lemay

Louise Vallière n'était pas un cas unique. J'ai trouvé pire. Il y avait une autre enfant servante à Hunterstown en 1852. Louise Lemay était âgée de douze ans, selon le recensement, et née à Saint-Léon elle aussi. Elle vivait dans la maison de Jean-Baptiste Déchaine. Ce "Déchaine" était en réalité un Miville-Deschesnes.

La seule naissance d'une Louise Lemay que j'ai trouvée à Saint-Léon date du 10 octobre 1843. Elle aurait donc eu neuf ans et non pas douze. Pourquoi l'aurait-on vieilli devant le recenseur ? D'après mes recherches, aucune loi n'empêchait le travail des enfants à domicile. Mais il pouvait être gênant de déclarer qu'on se faisait servir par une fillette de neuf ans, fut-ce une parente.

Il y avait en tout quatre servantes à Hunterstown en 1852. Les deux autres étaient âgées de dix-huit et vingt-deux ans.

mercredi 7 avril 2010

Familysearch (2)

 (mise à jour le 15 août 2011)

J'ai publié le 22 mars dernier un article sur les trouvailles que j'ai faites sur le site de Familysearch qui rend disponibles gratuitement des images de documents anciens (recensements, listes de mariages, certificats de naissance, certificats de décès) des résidents des États-Unis. C'est un  instrument de recherche fantastique  pour ceux qui s'intéressent à la généalogie des familles franco-américaines.

Voici donc la suite de l'article du 22 mars dernier. Aux 7 familles qui avaient alors fait l'objet de recherches dans Familysearch s'ajoutent les suivantes :

 8. Élie St-Onge, Agnès Bellemare et Melinda Martell à Menominee MI
 9. Onésime Gélinas et Victoria Houle à Nashua NH
10. Pierre Gélinas et Agnès Caron à Chicopee Mass
11. Adélard Gélinas et Séverine Gélinas à Manchester NH
12. Édouard Gélinas et Louise Fréchette à Manchester NH
13. Adélard Boucher et Joséphine Gélinas à Manchester NH


8. Élie St-Onge, Agnès Bellemare et Melinda Martell  dans le Michigan

Des recherches sur ce site - voir l'article du 22 mars - avaient permis de trouver des informations sur deux frères St-Onge de Saint-Paulin, les fils de François Martineau-Saintonge et de Josephte Allard  :
  • Le forgeron Désiré St-Onge, époux de Zoé Milette, apparaît d'abord à  Woonsockett dans le Rhode Island puis à New Bedford dans le Massachusetts.
  • Son frère cadet François St-Onge, époux de Caroline Paquin, était épicier à Lowell dans le Massachusetts.
J'ai trouvé des documents sur un troisième fils du même couple prénommé Élie, époux de Melinda Martell, qui s'est établi dans le comté de Menominee dans le Michigan. Le comté de Menominee est voisin de celui d'Oconto dans le Wisconsin. Une rivière les sépare. Or, on sait que Désiré St-Onge, le forgeron, était à Oconto vers 1868-1869. Les frères St-Onge sont peut-être allés travailler ensemble dans cette région où Élie se serait établi par la suite.

En 1900, la famille d'Élie St-Onge et de Melinda Martell a été recensée dans le canton de Meyer  dans le comté de Menominee. Ils vivaient sur une ferme. Élie a 54 ans (né en octobre 1845) et sa femme Melinda  a 33 ans (n. février 1867). Ils sont mariés depuis 11 ans. Les deux sont nés au Canada. Élie déclare être arrivé aux États-Unis en 1878 et Melinda en 1870. Élie sait lire et écrire mais sa jeune femme est analphabète.

Le canton de Meyer s'est développé, à compter de 1878, grâce à l'industrie forestière. Un moulin à scie appartenant à Mr C.J.L. Meyer de Fond du Lac dans le Wisconsin transformait les cèdres et les pins des forêts environnantes. Des cultivateurs, comme Élie St-Onge, s'installaient ensuite sur les terres ainsi déboisées. Aujourd'hui, l'industrie forestière a disparu et le canton de Meyer ne compte plus qu'un millier d'habitants dont la plupart habitent dans le village de Hermansville.

Élie et Melinda se sont mariés le 3 juin 1889 à Spalding dans le comté de Minominee. Élie, fils de Frank St-Onge et de Joséphine Allard, était veuf mais le nom de sa première femme n'est pas indiqué. Les enregistrements de mariage dont il sera question plus loin nous donnent son nom: Agnès Bellemare.  Agnès est décédée le 26 novembre 1887 à  l'âge de 32 ans. Melinda Martell était la fille d'Alex Martell et de Vadit Bicatt. À Menominee, les noms francophones étaient affreusement déformés. Il s'agissait probablement d'une famille Martel du Québec dont la mère s'appelait  peut-être Picard. 
 
Les documents relatifs à la famille d'Élie St-Onge sont relativement nombreux; en plus des recensements de 1880, 1900 et de 1920, j'ai trouvé 8 enregistrements de naissance, un certificat de décès et 5 enregistrements de mariages. Ces informations permettent de reconstituer, partiellement,  une très grande famille de 17 enfants issus de 2 lits :

- Enfants d'Élie St-Onge et d'Agnès Bellemare :
  • Margaret (Maggie) née en 1873 dans le Michigan. Elle a épousé Joseph Janguay, probablement Tanguay, le 1er juin 1896 à Spalding dans le comté de Menominee.
  • William né en 1875 dans le Michigan.
  • Emma née en 1878 dans le Michigan
  • Lester F. né en octobre 1882. Marié à une femme prénommée Emma. Décédé le 12 octobre 1936 à Electron dans le comté de Pierce, Washington.
  • John né le 5 août 1884 à Spalding, comté de Menominee, Michigan. Marié le 22 novembre 1909 à Nadeau dans le comté de Menominee.
  • Edmond W. né en septembre 1886.
- Enfants d'Élie St-Onge et de Melinda Martell :
  • Harry né en juin 1890.
  • Herman né en septembre 1891.
  • Élie né le 9 février 1892 à Meyer twp dans le canton de Menominee MI.
  • Samuel né le 4 novembre 1894 à Meyer twp.
  • Albert né en juillet 1896.
  • Leo né le 7 mars 1898 à Meyer twp.
  • Agnès née en 1901. Elle a épousé John Radman le 9 juillet 1923 à Hermansville, comté de Menominee, MI.
  • Archie né le 5 mars 1902 à Hermansville, comté de Menominee MI.
  • Harvey né en 1904 au Michigan.
  • Edna née en 1906 au Michigan.
  • Yvan né en 1909 au Michigan.
Élie St-Onge et sa femme Melinda vivaient encore dans le comté de Menominee au recensement de 1920. Élie était alors âgé de 74 ans et Melinda 53 ans. Ils avaient encore 6 enfants avec eux à la maison.

À noter : Une autre famille dont le chef s'appelait Ely St.Onge (né en 1833 au Canada) a été recensée dans le canton de Spalding du comté de Menominee en 1880. Son épouse s'appelait Delia. (née en 1840 à New York). Ce deuxième Élie était plus âgé que celui qui nous intéresse et n'apparaît plus au recensement de 1900.  Il faut prendre garde à ne pas confondre les deux familles.


9. Onésime Gélinas et Victoria Houle dans le New Hampshire

Onésime Gélinas (né en 1838 au Canada) et Victoria Houle (née en 1842 au Canada) ont enregistré 3 naissances à Nashua dans le New Hampshire. C'était une petite ville industrielle où la Nashua Manufacturing Company exploitait des usines de coton grâce à l'énergie hydroélectrique. En 1893, Onésime Gélinas travaillait dans une fabrique de boîtes (box factory). Voici les 3 naissances qui ont été enregistrées à Nashua :
  • Thomas Gélinas né le 29 octobre 1893.
  • Flavie Marie Gélinas née le 19 février 1896.
  • Joseph Alphonse Gélinas né le 9 septembre 1899. Le certificat de naissance de Joseph Alphonse indique qu'il était le treizième enfant du couple.
Ils n'ont pas été recensés aux États-Unis en 1900. Je ne trouve plus aucune mention de cette famille après la naissance de Joseph Alphonse en 1899.

Onésime Gélinas et Victoria Houle se sont mariés le 23 septembre 1878 à Saint-Barnabé-Nord dans le comté de Saint-Maurice. On les retrouve ensuite à Sainte-Flore dans le comté de Champlain où ils ont fait baptiser 5 enfants entre 1881 et 1889. 


10. Pierre Gélinas et Agnès Caron dans le Massachusetts

L'article sur Familtsearch du 22 mars dernier présentait des informations sur trois enfants de Louis-Solyme Caron et de Marie-Josephte Lacerte de Saint-Boniface-de-Shawinigan :

  • Marie Caron et son mari Olivier Lampron à Manchester
  • Onésime Caron et Philomène Gélinas aussi à Manchester
  • Cyriac Caron et Anaphlète Lamy à Chicopee, Mass
Une quatrième enfant du même couple, Agnès Caron, est décédée le 15 avril 1913 à Chicopee dans le Massachusetts. Elle était âgée de 67 ans et veuve de Pierre Gélinas. Elle était domiciliée au 81 School Street à Chicopee.


11. Adélard Gélinas et Séverine Gélinas à Manchester

Adélard Gélinas, fils de Frédéric et de Domithilde Lavergne, et Séverine Gélinas, fille d'Alphonse et de Mérélice Grenier, se sont mariés à Saint-Sévère dans le comté de Saint-Maurice le 11 septembre 1894. L'été suivant, on les retrouve à Manchester dans le New Hampshire où ils enregistrent la naissance de leur premier enfant. Adélard Gélinas exerce alors le métier de "mill operative". J'ai trouvé trois enregistrements de naissance au nom de ce couple à Manchester :

  • Amédée né le 17 juillet 1895;
  • Rosa née le 16 décembre 1897;
  • Florido né le 8 décembre 1900.
Les enregistrements indiquent que Rosa était le troisième enfant du couple et Florido le cinquième. Il y aurait donc eu deux autres naissances entre 1895 et 1900, soit en 1896 et en 1898 ou 1899. On retrouve dans les registres de la Mauricie les mariages de deux autres filles du couple :

  • Irène mineure à son mariage avec Maxime Lessard (Léandre et Mézélée Milette) le 26 juin 1929 à Charette.
  • Mathilda mineure à son mariage avec Onésime Déziel (Onésime, Louise Lesieur) le 27 juillet 1915 à Saint-Sévère.

12. Édouard Gélinas et Louise Fréchette à Manchester

Ce couple a enregistré la naissance de son quatorzième enfant, prénommé Gilbert, le 12 août 1899 à Manchester dans le New Hampshire. Édouard Gélinas travaille comme "laborer". Ils sont tous les deux âgés de 45 ans.

Édouard Gélinas, fils de Paul et d'Adélaïde Robert, et Louise Fréchette, fille de Zéphirin et de Félicité Rivard, se sont mariés le 13 juillet 1876 à Saint-Léon-le-Grand dans le comté de Maskinongé. Édouard Gélinas était cultivateur à l'époque de son mariage.


13. Adélard Boucher et Joséphine Gélinas à Manchester

Adélard Boucher, fils d'Isaac et d'Honorat Bellemare, et Joséphine Gélinas, fille de Majorique et de Célina Gélinas, se sont mariés le 3 avril 1894 à Saint-Élie-de-Caxton dans le comté de Saint-Maurice. Quatre ans plus tard, soit le 12 août 1898, ils enregistrent la naissance de leur troisième enfant, une fille prénommée Marie Yvonne Angélina, à Manchester dans le New Hampshire. Adélard Boucher âgé de 25 ans travaille comme "mill operative". Sa femme est âgée de 21 ans seulement.


Voir aussi sur ce blog : Familysearch