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jeudi 31 juillet 2014

Vue aérienne de Shawingan

Cette photographie aérienne d'une partie de la basse-ville de Shawinigan a été prise vers 1950. À gauche, sur la colline, l'église Saint-Pierre et l'auberge Cascades. À droite, trois rues : la cinquième et la quatrième rues à la verticale et la rue de la Station à l'horizontale. 



Voici deux repères qui permettent de dater cette carte postale : 1) on aperçoit en arrière-plan, au bout de la cinquième rue, le deuxième hôtel-de-ville qui a été bâti en 1947 ; 2) le supermarché Steinberg construit en novembre 1954 n'apparaît pas encore à gauche au pied de la colline Saint-Pierre.

Cette autre carte postale de la division Carbide de la Shawinigan Chemicals date de la même époque.


On voit bien que les cartes appartiennent à une même série d'après l'écriture du mot Shawinigan. Elles sont numérotées 40 et 35. J'en ai deux autres semblables montrant l'auberge Cascades (numéro 2) et les chutes de Shawinigan (numéro illisible). Il n'y pas de nom d'éditeur.

Une carte du même type (numéro 31), dont je n'ai qu'une photo, porte la signature de L.P. Gagné. Selon Fabien Larochelle dans Shawinigan depuis 75 ans, le photographe Léo-Paul Gagné était le fils de J.F. Gagné qui avait son studio sur la rue de la Station entre 1944 et 1957, année de son décès. Gagné (père) était le photographe attitré du quotidien Le Nouvelliste à Shawinigan.


Voir aussi sur ce blog : Les livrets de Loranger et Rousseau

dimanche 20 avril 2014

Joyeux jour de Pâques 1914

Il y a cent ans, le dimanche de Pâques tombait un 12 avril. Cette carte a été postée le 11 avril 1914 à Lévis, en face de Québec. Elle était adressée à C.E. Pouliot du Collège de Sainte-Anne de La Pocatière :
« Joyeux jour de Pâques pour toi et Louis-Joseph. Je vous souhaite toutes les joies que vous désirez.  Mariette »

mercredi 16 avril 2014

Ceux qui sont pour la conscription vont mourir !

Une émeute a éclaté à Shawinigan le soir du 4 septembre 1917, alors que la foule des manifestants s'en est pris à des partisans de la conscription  (voir La conscription de 1917 vue de Shawinigan).

Il existe peu de témoignages directs de ces événements. Dans Shawinigan depuis 75 ans, Fabien Larochelle cite le rapport de Léo van Borren qui était l'officier recruteur pour le comté de Champlain. Ce dernier a bien failli être lynché par la foule :
« Mardi soir, vers 11 heures, sur la rue Tamarac, j'étais en compagnie de Monsieur Rocheleau, assistant du percepteur des Douanes, et de monsieur Dugal, le gérant de la Banque nationale de Shawinigan, lorsque près de 400 ou 500 hommes sont venus nous entourer en criant : A bas la conscription ! A bas les lâches ! A bas van Borren ! Celui qui était le chef de la bande, un nommé Levasseur, employé de la Shawinigan Water & Power, criait à chacun : " Es-tu pour ou contre la conscription ? Ceux qui sont pour vont mourir !" Lorsqu'il m'a posé cette question, je lui ai répondu : "Cela ne vous regarde pas !" Alors il m'a crié directement en me mettant son poing sous le nez : "Si tu es pour, tu vas mourir. Crie : A bas la conscription ! ou tu vas mourir !" J'ai répondu : " Je ne crierai cela jamais de ma vie ". Un nommé Saint-Pierre criait à tue-tête : " Jetons-le dans le trou" en parlant d'une excavation qu'il y avait derrière moi. Puis Saint-Pierre ajouta en s'adressant à moi : " Si tu ne pars pas d'ici demain à 10 heures, nous te jetterons dans le Saint-Maurice !" A deux reprises ce même Saint-Pierre a essayé avec l'aide d'un commis de buvette de me saisir par ma ceinture pour me jeter à terre ; j'ai réussi à me débarrasser d'eux en leur frappant les mains chaque fois qu'ils essayaient de me saisir. Pendant tout ce temps-là, la foule grossissait toujours et vociférait : " A mort! A mort! Tuons-le! Pendons-le!" D'autres criaient : "Jetons-le dans le Saint-Maurice!" A ce moment-là, un homme est intervenu et la bagarre a éclaté entre eux (...) Je n'ai pas vu un seul homme de police pendant ce temps-là. J'ai pu profiter de ce moment pour m'esquiver quand tout-à-coup j'ai reçu une roche sur la tête. »

mardi 15 avril 2014

Le vrai cheval du colon se mange

Dans La Pointe du Lac, publié en 1934 aux Éditions du Bien Public, Alexandre Dugré se moque des mésaventures de l'abbé René-Pierre Joyer avec sa jument. L'abbé Joyer a été curé de la paroisse de 1817 à 1829 :
« Il se voiture jusqu'à Berthier, jusqu'à Lavaltrie, derrière sa jument qui lui a bien coûté $105, qui bute et qui fait semblant de mourir au beau milieu d'un voyage ... A ce prix-là, nos gens préféraient dompter le boeuf ! Vrai cheval du colon, il mange des feuilles et de la paille, et puis on le mange ! »



Voir aussi sur ce blog : Les imparfaits du subjonctif.

samedi 21 décembre 2013

Joyeux Noël 1913 (en reprise)

Une image de Noël centenaire.

Un carte postale de Noël postée à Trois-Rivières le 25 décembre 1913. Elle est adressée à une Demoiselle Corinne D'Auteuil qui habitait sur la rue Saint-Jean dans la ville de Québec. "Je vous souhaite une joyeuse fête de Noël. La personne au verso de cette carte ressemble beaucoup à Jeanne Duplessis la plus jolie fille de Trois-Rivières dont je vous ai déjà parlé." Le message n'est pas signé.

C'est une photo coloriée prise en studio sur laquelle on a ajouté de la fausse neige. Remarquez l'inclinaison de la tête et la position de la main gauche qui sont typiques de l'expression dramatique à l'époque du cinéma muet. La tache noire sur l'épaule est due au tampon de la poste.
L'ancien premier ministre du Québec Maurice Duplessis avait une soeur prénommée Jeanne qui est née à Trois-Rivières le 15 septembre 1888. Elle avait donc 25 ans en 1913. Elle a épousé Henri Balcer, le fils d'un industriel local, le 8 janvier 1919. Maurice Duplessis habitait chez elle quand il était dans son comté à Trois-Rivières. Était-ce la Jeanne de la carte ?

(Reprise d'un article publié sur ce blog le 16 décembre 2009).

Merci à Rodrigue Leclerc de la Société de généalogie de Québec qui a identifié l'éditeur de la carte. Elle a été produite par la Neue Photographische Gesellschanft (NPG) dont le logo apparaît en bas à gauche de l'image.


lundi 1 avril 2013

Déjà le premier avril !

Pardonnez ma paresse, mais pour l'occasion, je reproduis ici un message que j'ai publié le 1er avril 2010 :

Une carte postale postée le 22 mars 1908 par une nommée Clara et adressée à Mlle M. Gagnon du 257 Grande-Allée à Québec. Pendant la première décennie du vingtième siècle, qui correspond à l'âge d'or de la carte postale, le premier avril était l'occasion de transmettre des messages d'amour ou d'amitié à ses correspondants. Les cartes qui étaient échangées à cette occasion montraient souvent de jolies jeunes femmes, selon les critères de beauté de l'époque, portant des poissons. Sur la carte ci-contre, qui a été publiée par la marque "Étoile" de Paris, l'inscription 1er avril est en relief.

vendredi 29 mars 2013

Joyeuses Pâques 2013


Cette carte postale, imprimée à Paris, a été postée à Lévis et reçue à La Pocatière le 11 avril 1914, quelques mois avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Cette année-là, Pâques tombait le 12 avril. Elle montre une enfant qui hésite à choisir parmi les oeufs colorés contenus dans un grand panier. 

Cette tradition d'offrir des oeufs décorés le matin de Pâques est d'origine orthodoxe. Elle s'est diffusée dans la plupart des pays européens. Dans les pays anglo-saxons, c'est plutôt le lapin qui symbolise la fête de Pâques pour les enfants.

Au Canada français, la tradition était de se lever dès l'aube pour aller cueillir l'eau de Pâques, une eau qui ne se corrompait jamais, du moins c'est ce que l'on croyait, Selon Jean Provencher (Les quatre saisons dans la vallée du Saint-Laurent), on offrait le matin de Pâques aux enfants des oeufs durs décorés ou en sucre d'érable. La coutume voulait aussi que l'on mange le midi des oeufs sous forme d'omelette, un aliment dont on s'était privé pendant le Carême.

Bien sûr, après quarante jours de privations, les crêpes au sirop d'érable étaient à l'honneur quand Pâques coïncidait avec le temps des sucres, comme cette année.

Voir aussi sur Le carnet du flâneur : Pâques selon Fréchette  ; Pâques selon Choquette et Pâques selon Verhaeren.

mardi 16 octobre 2012

Les Fameux Cadets

Dans un article sur les drums corps de Shawinigan (voir Tambours et clairons sur ce blog), j'écrivais que les Cadets de Shawinigan avaient un sens du marketing particulièrement aiguisé.

Voici une carte postale représentant cet ensemble qui a été très actif au Québec dans les années 1960.


Il est écrit au verso de la carte : « Les Fameux Cadets de Shawinigan, le corps de cadets le plus populaire au Canada, est un ensemble musical formé de tambours, trompettes et trombones. Grâce au dynamisme dont ils font preuve durant les défilés et à l'éclatante jeunesse de leurs spectacles, ils savent soulever l'enthousiasme des foules et provoquer leur admiration. »



En septembre 1960, ils ont attiré l'attention et soulevé l'enthousiasme des foules en organisant un spectacle de musique dans un piscine municipale de Shawinigan. Cette photo a été publiée dans le journal Le Nouvelliste de Trois-Rivières.

Voici une autre carte postale des Cadets de Shawinigan. La photo a été prse dans la côte de Shawinigan-Sud. On voit la ville de Shawinigan en arrière-plan. Il est écrit au verso : « Le Fameux corps des Cadets de Shawinigan qui se distingue au pays et à l'étranger par sa brillante tenue lors des spectacles et des parades qu'il présente. »


Cette carte a été éditée par Benjamin News Co. de Montréal. Celle présentée plus haut a été éditée par Jean Garceau de Shawinigan.

Voir aussi sur ce blog : Les Majorettes Robin-des-bois.

lundi 27 août 2012

Le Motel Robi

Une carte postale du Motel Robi de Shawinigan-Sud qui accueille, depuis plus de cinquante ans, les automobilistes de passage et les amoureux. Il est situé stratégiquement à l'entrée de Shawinigan-Sud, sur l'ancienne route qui relie Shawinigan et Trois-Rivières (route 157 autrefois 19).


La photographie de la carte date des années soixante. Remarquez l'affichage en anglais (Roby Motel, vacancy, office). Elle a été publiée par W. Schermer de Pierrefonds.

Motel est une fusion des mots anglais motorist et hotel. Le motel est un hôtel bon marché, conçu spécialement pour les automobilistes. Sa particularité est que l'on accède aux chambres par le stationnement.  Le concept a vu le jour en Californie dans les années 1920. Au Canada, les motels se sont multipliés à l'entrée des villes, avec l'expansion du réseau routier à deux voies. Le nombre d'établissements a atteint son maximum dans la décennie soixante qui fut l'âge d'or du motel. On en voit moins depuis la construction des nouvelles autoroutes en dehors des villes.

Des motels célèbres : le Lorraine de Memphis où Martin Luther King a été assassiné (1968) et le Motel Bates où se situe la scène de la douche dans le film Psycho d'Alfred Hitchcock (1960).

Le Robi est très typé. Il a la forme d'un U évasé et un seul étage. L'entrée du stationnement est en plein centre de l'édifice. D'autres motels ont la forme d'un I ou d'un L et certains peuvent compter deux et même trois étages. L'avantage de la forme en U est la discrétion : on ne voit pas les autos des clients de la route.

Il est écrit au verso de la carte : Shawinigan-Sud, P.Q. Sur la route no 19. Quinze unités modernes, tapis mur à mur, bain et douche, T.V. et radio, air climatisé. Prix raisonnable. Salle à manger. Ouvert à l'année.  Art Robitaille, Prop.

La dernière fois que j'ai pris cette route, c'était ouvert. 

Note 1 : On trouve dans les journaux anglophones de la région quelques articles qui mentionnent la participation d'un nommé Art Robitaille de Shawinigan à des tournois régionaux de curling et de golf. Ces articles datent des années 1950 et 1960. J'imagine que le nom Robi représente les deux premières syllabes de son patronyme.

Note 2 : Sur Google Maps, on peut lire le slogan suivant :  "le meilleure motel au monde entier. tres propre et tres belle accueilleé".

samedi 10 mars 2012

La jeune fille en tous pays

Dans la série des cartes postales véhiculant des préjugés nationaux, voici une autre carte produite en France par Bergeret dans les années 1900-1905 et vendue au Canada par Pinsonneault et Frères de Trois-Rivières. Le texte en rouge (cliquez sur la carte) nous explique les différences entre les jeunes filles française, américaine, allemande, etc.

Remarquez l'évolution des canons de beauté. On savait alors apprécier les créatures bien en chair.

Voir aussi sur ce blog : Une carte postale chauvine et Commandements de la jeune épousée

lundi 28 novembre 2011

Les livrets de Loranger et Rousseau

Modifié le 18 avril 2016

Dans les années 1950, les photographes Loranger et Rousseau tenaient un atelier au 425 avenue Tamarac à Shawinigan, sous la raison sociale Loranger & Rousseau Enrg. Ils offraient gratuitement des cartes postales à collectionner aux clients qui faisaient développer leurs pellicules. Ces cartes en couleur représentaient différentes vues de la ville.

Les cartes constituaient la page couverture du livret qui contenait les photos. La dernière page (ci-dessous), le verso du livret, présentait une publicité bilingue des photographes Loranger & Rousseau.  

Dernière page d'un livret de Loranger et Rousseau



Les images suivantes montrent huit des cartes postales qui étaient offertes. C'est un voyage dans le temps, dans la petite ville industrielle prospère d'avant la nationalisation de l'électricité.

The Falls - Les chutes
À chaque printemps, après l'ouverture des pelles (vannes) du barrage de l'île Melville, des centaines d'adolescents, garçons et filles, se rassemblaient au soleil sur les rochers qui bordent les chutes. L'eau sentait bon la pitoune, le billot de sapin qui flottait sur la rivière en amont du barrage. Ce n'est plus possible d'y aller aujourd'hui parce que l'accès a été interdit par des clôtures. On racontait autrefois qu'il y avait eu des noyades dans le Trou du Diable, une fosse profonde creusée dans le roc par la première chute. Selon la légende, le corps d'un missionnaire, le père Buteux tué par des Iroquois, aurait été jeté dans la rivière à cet endroit au XVIIe siècle.


Shawinigan Water & Power Co.
L'usine hydroélectrique de la Shawinigan Water and Power au pied des chutes, là où la rivière Saint-Maurice se jette dans la Baie de Shawinigan. L'énergie produite par l'usine est à l'origine de l'industrialisation de la ville. L'architecture de ce bâtiment en briques rouges, plus que centenaire, est représentative du patrimoine industriel de Shawinigan. Remarquez l'auto verte que l'on retrouve sur plusieurs cartes postales de Loranger et Rousseau. J'imagine que c'était la voiture du photographe et qu'il en était fier.


Les usines - The Mills
Une des deux cartes qui portent le même titre : Les usines - The Mills. Celle-ci montre la Shawinigan Chemical, construite en 1904, qui fabriquait de l'acétylène et des produits chimiques apparentés à partir du coke et du calcaire. On aperçoit à droite un remblayage de chaux dans la rivière Saint-Maurice qui témoigne du peu d'intérêt qu'on accordait alors à l'environnement. Cette chaux hydratée contient plusieurs contaminants comme du mercure et du plomb. Encore la voiture verte.


Les usines - The Mills
Sur la deuxième carte postale intitulée Les usines - The Mills, on voit l'arrière de la Shawinigan Chemical et le chemin de fer qui la desservait. Les enfants jouaient à ramasser des morceaux de coke échappés par les trains le long de ces voies ferrées.


Séminaire Ste-Marie Seminary
Le Séminaire Sainte-Marie (mon Alma Mater) a été construit en 1950. Il offrait alors le cours classique complet donnant accès à l'université. Il a abrité temporairement le Cégep de Shawinigan à la fin des années 60 et au début des années 70 avant la construction du Cégep actuel. Aujourd'hui, c'est une école secondaire mixte, la dernière institution privée d'enseignement de Shawinigan. Avec la diminution de la clientèle scolaire, les deux autres institutions privées d'enseignement, le couvent Saint-Pierre qui offrait le cours classique aux filles et l'école secondaire Montfort, ont fermé leurs portes.



Pendant trois-quarts de siècle, soit avant la construction du centre commercial La Plaza de la Mauricie en 1974, la cinquième rue de Shawinigan a été la principale artère commerciale de la ville. Elle n'est pas bien longue à cause de l'exiguïté de la Pointe-à-Bernard qu'elle traverse. D'autres rues commerciales se sont développées pour compenser ce manque d'espace : la quatrième rue dans la basse-ville et la rue Saint-Marc en haute-ville. Plusieurs cartes postales présentant le même point de vue de la cinquième rue ont été publiées à différentes époques. Celle-ci montre qu'il y avait encore une certaine unité architecturale dans les années 1950.
  
Hôtel de Ville - City Hall
Le nouvel hôtel de ville a été construit en 1945-1946 selon les plans des architectes Arthur Lacoursière de Shawinigan et Ernest Denoncourt de Trois-Rivières. C'est un bel édifice qui, parait-il, ressemble à l'hôtel de ville de Vancouver. Il a abrité plusieurs services municipaux dont la bibliothèque qui était dirigée par Fabien Larochelle, l'historien de Shawinigan. On y trouvait aussi à une époque l'unité sanitaire et le centre de main-d'oeuvre où mes parents travaillaient.

Shawinigan P.Q.

Une vue aérienne de Shawinigan qui montre à l'avant-plan le pittoresque village d'Almaville-en-Bas avec ses rues sinueuses et ses maisons colorées, serrées les unes contre les autres. En face, sur l'autre rive du Saint-Maurice, on distingue à peine derrière l'île la Pointe-à-Bernard ou basse-ville de Shawinigan. 

mercredi 20 juillet 2011

Un tour de machine à la Caillette

Une carte postale qui date du début des années soixante. Elle montre une photographie de l'intérieur d'une véritable institution, le fameux restaurant Caillette qui était situé sur la vieille route 2 (aujourd'hui la 138) à Maskinongé. Il est écrit au verso de la carte : « L'endroit le plus original au Québec - Service chaud et froid ». Elle a été publiée par le Studio St-Cyr de Trois-Rivières.


C'était à l'époque l'une des destinations préférées des familles de la Mauricie lors des « tours de machine » ou ballades en auto du dimanche. On s'y arrêtait pour la crème glacée et autres milk shakes, mais surtout  pour le fromage frais « en crottes ». Le thème de la décoration était très clairement la vache, d'où le nom de Caillette : têtes de vaches qui dodelinaient sur les murs, plancher et comptoirs à motifs de peau de vache, cornes et queues de ruminants pendues au plafond.

Avec le recul, je dirais que c'était évidemment quétaine, mais surtout très amusant. Aussi, le modernisme impressionnait les enfants : l'air climatisé et les portes automatiques qui s'ouvraient toutes seules quand on les approchait étaient des nouveautés au début des années soixante. Sans parler des grosses vaches mécaniques grandeur nature qui se trémoussaient en beuglant.

Voici une seconde carte postale qui présente quatre photos de la Caillette. Le même slogan est écrit au verso : « L'endroit le plus original au Québec ». Cette carte a été publiée par la société UNIC de Montréal.


Ajout  du 15 août 2012 : Le restaurant est ouvert. Il conserve plusieurs éléments de l'ancienne décoration, mais ne porte plus le nom de Caillette.

jeudi 19 mai 2011

La France éternelle


Une carte postale de propagande de la France de Vichy, sous l'occupation allemande. Elle montre le maréchal Philippe Pétain (1856-1951), alors chef auto-proclamé de l'État français, ainsi que son slogan : Suivez-moi, gardez votre confiance en la France éternelle. Cette phrase est extraite d'un message diffusé le 30 octobre 1940, dans lequel le vieux maréchal annonçait une politique de collaboration avec l'Allemagne nazie qui visait à assurer la survie de la France en tant que pays (la France éternelle). Pétain était convaincu du caractère définitif de la victoire allemande, mais l'Histoire lui a donné tort.

Voir aussi sur ce blog : Duplessis admirait-il Hitler ?

lundi 25 avril 2011

L'autel sur le toit

Cette carte postale, tirée de la collection numérique de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, est intitulée : "L'autel sur le toit et rue qui conduit au village". Elle représente une cérémonie religieuse, possiblement la Fête-Dieu, sur le toit du soubassement qui a servi d'église dans la paroisse Saint-Pierre de Shawinigan de 1901 à 1929. Une foule nombreuse assiste à cet événement. On voit à l'arrière-plan sur la rue Hemlock le couvent des Ursulines qui a été construit en 1908.


Vois sur ce blog : Où est l'église ?

lundi 4 avril 2011

Pâques selon Choquette

Pâques, le poème de Robert Choquette, a été publié une première fois en 1925 dans le recueil À travers les vents. Choquette nous décrit un Pâques hâtif où la neige est "amoncelée aux bras des sapins" et les traîneaux défilent sur le chemin du roi. La fête chrétienne de Pâques correspond au premier dimanche qui suit la première pleine lune après l'équinoxe du printemps sous la longitude de la ville de Rome (ouf!). Elle se situe entre le 22 mars et le 25 avril. Cette année, ce sera le 24 avril et on peut espérer qu'il n'y aura plus de neige aux bras des sapins et que les traîneaux ne pourront plus glisser sur le chemin du roi.

PÂQUES

Sous le soleil d'avril qui flambe dans l'azur
La campagne du Nord s'étale et se déroule
Avec ampleur. Tout est calme dans le vent pur.
La neige, amoncelée aux bras des sapins, croule.

Soudain voici venir sur le chemin du roi,
Pleins jusqu'aux bords d'un groupe en riant apanage,
La file des traîneaux dont la gai désarroi
Se mêle aux piaillements des moineaux en ménage.

Et le ciel verse sa cascade de splendeur
À la plaine. Là-bas, le clocher catholique
Au-dessus des pins bleus brille. Lors, plein d'ardeur,
Grelots en tête, ils vont sur la route publique.

Car c'est au vieux Québec la fête du printemps,
La fête du clocher qui fait les toits plus proches.
Jour de Pâques, jour d'or où la Terre a vingt ans.
Eclosion du coeur, renaissance des cloches !


On trouve aussi ce poème dans le recueil Oeuvres Poétiques de Robert Choquette, publié en 1967 chez Fides. Il est accessible sur ce site.

Il n'y a pas que la date de Pâques qui soit compliquée. Son genre l'est aussi. C'est masculin singulier quand on désigne la fête chrétienne, comme dans un Pâques hâtif, mais féminin pluriel dans un souhait comme JOYEUSES PÂQUES.

Cette carte postale en tissu a été postée à Québec le 6 avril 1912. Celui qui l'a envoyée a utilisé une formule qui était alors en vogue : "que cette humble pensée vous dise qu'en ce jour de Pâques, il y aura un coeur qui pensera à vous".

lundi 17 janvier 2011

Les Pinsonneault fleuries

Le photographe Pinsonneault de Trois-Rivières a produit une série de cartes postales ornées de gerbes de fleurs. On les appelle communément les Pinsonneaul fleuries. Il reprenait l'image d'une de ses cartes postales à laquelle il ajoutait une ornementation florale. Je crois que ces cartes étaient destinées à faire la promotion  de la ville qui était représentée. En voici deux spécimens : la première montre la cathédrale de l'Assomption de Trois-Rivières et la seconde, une partie des chutes de Shawinigan. Cette dernière a été postée le 27 janvier 1907.



jeudi 30 décembre 2010

Heureuse année

Au début du siècle dernier, on échangeait des cartes postales pour les souhaits du nouvel an. Celle-ci a été postée à Ottawa le 30 décembre 1905 et a été reçue à Québec le premier janvier 1906. L'année étant inscrite dessus, elle ne pouvait servir qu'une seule journée.

samedi 4 décembre 2010

Jeunes filles au coton

L'usine de la Shawinigan Cotton Co, une filature de coton devenue plus tard la Wabasso, a été construite en 1910 sur la rue de la Station juste en face de la vieille gare du Canadien Pacifique (voir La vieille gare du CP sur ce blog).  Des exemptions de taxe foncière avaient été accordées à l'entreprise pour la construction de cette usine que les habitants de Shawinigan  appelaient "le coton".

Notez l'évolution : les mêmes industries qui avaient attiré les Canadiens français en Nouvelle-Angleterre cinquante ans  plus tôt venaient maintenant s'installer de ce côté-ci de la frontière pour profiter des salaires moins élevés. C'était le début de la mondialisation, en quelque sorte. Plus tard, dans les années 1960-1970, on qualifiera ces industries de "secteurs mous" de l'économie québécoise alors que la production se déplaçait en Asie.

La Shawinigan Cotton Co employait une main-d'oeuvre féminine qui provenait des paroisses environnantes, ce qui soulevait des considérations d'ordre moral : comment surveiller ces jeunes filles de la campagne qui se retrouvaient seules en ville ? Dans Shawinigan depuis 75 ans, Fabien Larochelle nous raconte l'inquiétude du clergé et la solution qui a été trouvée pour encadrer les jeunes filles employées au coton :

"L'abbé F. Boulay, curé de Saint-Pierre, voulait assurer une protection aux jeunes filles sans surveillance et toujours trop éloignées de leurs familles qui étaient venues à Shawinigan pour s'y trouver un emploi, plus particulièrement à la filature de la Compagnie de coton. Un foyer de protection pour la jeune fille était la formule toute désignée pour réaliser ses objectifs. Il acheta l'ancienne résidence de M. Beaudry Leman située sur la rue Hemlock, en face du presbytère, et il demanda à la Communauté des Soeurs Dominicaines de venir prendre la direction de la jeune institution. Avec l'autorisation de l'évêque de Trois-Rivières, Mgr Cloutier, quatre religieuses arrivaient à Shawinigan le 21 septembre 1912.
Les débuts s'avérèrent difficiles et la maison fut bien souvent dans un état voisin de la misère. La résidence n'était pas confortable et, en hiver, on y gelait comme dans une glacière. Il en résulta que les jeunes filles, l'une après l'autre, délaissèrent le "Foyer" pour se loger plus confortablement ailleurs."
L'établissement de la rue Hemlock a ensuite été transformé en "jardin de l'enfance", une école primaire  pour garçons. Raymond Lavergne, un cousin de ma mère, y a été pensionnaire de 1945 à 1949.  Bien que la maison soit devenue une école, on continuait à l'appeler le Foyer comme à l'époque où elle recevait des jeunes filles.  Madeleine Robitaille (1928-1950), fille de Roméo et de Blanche Lavergne, a été à l'emploi des Domincaines au Foyer vers la fin des années quarante.

La carte postale représentant la Shawinigan Cotton Co a été postée en 1911, un an après sa construction. On aperçoit la rue Hemlock où se situait le "foyer de protection" sur la colline Saint-Pierre à l'arrière de l'usine.

Voir aussi sur ce blog : Où est l'église ?

(mise à jour le 15 août 2011)

jeudi 2 décembre 2010

Une carte postale chauvine

Les cartes postales illustrées produites par la société française Bergeret, et distribuées au Canada par le photographe Pinsonneault de Trois-Rivières, comportaient souvent des textes écrits en rouge qui nous  révèlent la mentalité de l'époque. Ces textes offraient parfois des leçons de vie (voir Commandements de la jeune épousée sur ce blog). Mais il y avait aussi des messages d'un genre différent qui affirmaient la supériorité des Français sur les autres peuples européens, sur les Allemands et les Anglais en particulier.  Ces messages souvent un peu bêtes flattaient l'orgueil de l'acheteur de la carte. Les gens aiment bien se sentir supérieurs.



La carte ci-dessus, qui a été postée en 1905, appartient à cette catégorie. Elle nous apprend que les Français écoutent la musique alors que les Allemands l'entendent (seulement) et que les Anglais y assistent. On est plus indulgent envers les Italiens qui vivent la musique. Est-ce à dire que Bach, Beethoven, Mozart et tous les autres grands compositeurs et interprètes allemands n'écoutaient pas la musique ?


mardi 9 novembre 2010

Commandements de la jeune épousée

Cette carte postale, produite par les Éditions Bergeret, a été postée à Sorel le 31 janvier 1906. Antoine Bergeret (1859-1932) a introduit la carte postale illustrée en France après un voyage en Allemagne au cours duquel il avait découvert ce nouveau mode de communication. La production a débuté en 1898.  Ses ateliers de Nancy auraient imprimé jusqu'à 300000 cartes par jour. Le photographe Pinsonneault de Trois-Rivières a été son agent général au Canada.

Les textes imprimés en rouge sur les cartes de Bergeret sont souvent des leçons de vie dans lesquelles les gens se reconnaissaient, et qui nous font découvrir la mentalité de l'époque. Les Commandements de la jeune épousée (que l'on peut lire en cliquant sur la photo) sont particulièrement révélateurs à cet égard. Le monde a changé !