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lundi 25 mars 2013

De choses et d'autres (5)

« À partir du 7 mars 1965, les messes ont cessé d'être dites en latin. Ce changement, décidé lors du concile Vatican II, précède de peu la désertion des églises par les Québécois. Au même moment, l'Église catholique abandonne le sermon du curé et favorise une décoration plus sobre dans les lieux de culte. » (Radio-canada.ca, 7 mars 2013).

La magie du sacré disparaissait. Les fidèles, pas si fidèles après tout, aimaient mieux obéir sans comprendre ce que disait le prêtre. On trouve un clip d'une messe en latin sur le site web de Radio-Canada.

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L'oiseau de Corine, un minuscule Toui Catherine, est mort. Sa mère s'est assise dessus. Ça ne s'invente pas.

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J'ai ajouté un autre cas, celui de Michel Thibault (c1629-1715), à l'article De faux centenaires publié le 14 octobre 2012.

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J'ai ajouté des informations sur le chauffeur de la remorque dans l'article Le déraillement de Yamachiche, publié le 7 mars 2013.

jeudi 7 mars 2013

Le déraillement de Yamachiche

J'ai passé quelque mois à Yamachiche en 1973 pour un emploi d'été à la voirie provinciale. J'avais loué un petit chalet, une espèce de cabanon, près de la voie ferrée du Canadien Pacifique qui passe à l'entrée du village. Un soir de juillet, le vendredi 13, un train a déraillé et creusé un cratère près du passage à niveau de la route 19b, à une cinquantaine de pieds de mon cabanon.

J'étais absent pour la fin de semaine au moment de l'accident. On m'a raconté qu'immédiatement après, il s'était formé un attroupement autour des wagons qui gisaient pêle-mêle. Tout le village était là et les pompiers peinaient à se frayer un chemin jusqu'aux décombres. Les catastrophes fascinent ; on a beau faire de l'exercice et manger du brocoli, elles nous rappellent que le sort peut nous frapper n'importe quand.

Déraillement de 1973. Source : Municipalité de Yamachiche.

À mon retour le lundi, j'ai vu le cratère et la fin des travaux de nettoyage. Le train transportait des rouleaux de papier et des caisses d'ampoules électriques. Il n'y avait plus rien à faire avec les ampoules, mais un entrepreneur est arrivé à Yamachiche pour récupérer le papier déchiqueté. Il a embauché des gens de la place et leur a fait faire des ballots de papier avec des emballeuses à foin louées aux cultivateurs. Les gens disaient qu'il était juif, qu'il avait acheté la cargaison tout de suite après l'accident et que les ballots étaient déjà vendus pour la fabrication de catalogues, avant même d'être emballés. Voilà pour mes souvenirs d'un accident qui est arrivé il y aura bientôt quarante ans.

J'ai retrouvé l'article du journal Le Nouvelliste qui rapporte ce déraillement sur le site des pompiers de Yamachiche. Vous pouvez agrandir le texte en cliquant sur les images. Je ne me souvenais pas qu'il y avait eu un mort, le chauffeur de la remorque qui a été frappée par le train.




 





















Ajout du  25 mars 2013: Le chauffeur de la remorque était M. Normand Mongrain âgé de 31 ans. Selon le journal Le Nouvelliste, il habitait sur la rue Viger à Shawinigan (Le Nouvelliste, 14 juillet 1973). J'ai retrouvé son acte de sépulture le 16 juillet 1973 à Saint-Georges de Champlain, un village situé tout près de Grand-Mère, aujourd'hui fusionné à Shawinigan. Il avait épousé Yvonne Boyle le 30 septembre 1961 à Montréal. Dans l'acte de mariage, l'époux est dit de Shawinigan, fils de Joseph Mongrain et de Rose Ayotte.

mercredi 20 février 2013

De choses et d'autres (2)

- J'ai ajouté un huitième commandement dans Les commandements du généalogiste. Je finirai bien par en avoir dix.

- L'évolution des patronymes résulte souvent d'une perte de sens. Ainsi, Prénouveau, le surnom des Rouillard, est devenu Pronovost parce que plus personne ne se souvenait du pré en question. Même chose pour Saintonge qui a été sanctifié en St-Onge quand le souvenir de la province d'origine en France s'est estompé. Ajoutons Chesnay dont le sens s'est perdu, parce qu'il n'y avait pas de forêt de chênes en Nouvelle-France, et qui s'est déformé en Chainé. Par contre, le patronyme Tremblay s'est maintenu.

- Les anciens indicateurs de chemin de fer sont une source d'informations sur les localités desservies et sur leurs habitants. Voir : Indicateur (directory) des villes et villages sur le chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa & occidental et ses embranchements - donnant une description des places environnantes, des distances et des moyens de communication avec les gares de ce chemin. Compilé par John A. Watkin, Fauteux et Cie, Montréal, 1880. Ici

lundi 9 avril 2012

Une petite Italie à Shawinigan en 1901

En 1901, peu avant l'incorporation de la ville, les premiers résidents de Shawinigan ont été recensés dans le district H-2 de Saint-Boniface. On voit apparaître dans les pages de recensement quelques centaines de pensionnaires (boarders) qui habitaient chez des familles du lieu. Je crois que ces pensionnaires étaient employés à la construction des installations de la Shawinigan Water and Power et des premières usines : la Pittsburg Reduction Co (Alcan) et la Belgo Pulp, notamment. C'étaient généralement des hommes seuls, parmi lesquels on trouve une forte proportion de noms anglophones. Certaines résidences plus importantes (des auberges?) logeaient  une quinzaine d'hommes pensionnaires, de même que des femmes qui avaient le statut de domestiques.

Les deux dernières pages du recensement sont couvertes d'une centaine de noms italiens : Lacovana, De Santis, Carlino, Pelegrini, etc. Aucun nom francophone ou anglophone parmi eux, ce qui signifie qu'ils résidaient ensemble à l'écart du reste de la population. Il est à noter que ces Italiens étaient locataires (lodgers) et non pas pensionnaires (boarders). Ils cohabitaient à plusieurs (entre quatre et neuf) dans des logements loués. Il n'y avait pas de femmes parmi eux, même si la plupart des Italiens se déclaraient mariés. Le colocataire le plus âgé était désigné chef du logis.

À cette époque, on employait des Italiens pour construire les chemins de fer. À Shawinigan, on terminait alors les voies ferrées qui allaient desservir les usines en construction. D'où venaient ces Italiens ? Peut-être de Montréal ou de New York, mais je crois plutôt que c'étaient des immigrants temporaires qui sont venus au Canada pour la durée des travaux de construction et sont ensuite retournés dans leur pays, comme le font de nos jours les travailleurs agricoles sud-américains. J'imagine qu'ils ont dû, dans un premier temps, construire leurs propres habitations car Shawinigan était alors un véritable boomtown où le logement était rare.

Travailleurs employés à la construction d'un chemin de fer au débu du XXe siècle

samedi 16 avril 2011

On accable l'ingénieur Louvin

Un article paru dans le Journal des Trois-Rivières du 20 mars 1880 :
« Lundi dernier, un jeune homme du nom de Alphonse Desaulniers, dans un moment d’aliénation mentale, s’est jeté sous les chars à la Rivière-du-Loup absolument au même endroit où un homme a été tué l’année dernière. Autre coïncidence non moins remarquable, c’est l’ingénieur Louvin qui conduisait la locomotive, le même qui a été inculpé dans l’accident en question... »
Source : Bases de données en histoire de la Mauricie.

jeudi 7 avril 2011

Un avenir pour le Coton

Une excellente nouvelle pour tous ceux qui ont à coeur la préservation du patrimoine industriel de Shawinigan. La ville compte acquérir l'ancienne usine de textile de la Wabasso, familièrement appelée "le Coton",  sur l'avenue de la Station (voir Jeunes filles au coton sur ce blog). On peut maintenant espérer que la suite logique sera l'acquisition de la vieille gare de chemin de fer abandonnée qui est située juste en face de la Wabasso (voir La vieille gare du CP sur ce blog).

Voici à ce sujet des extraits d'un article d'Antoine Tremblay qui a été publié dans l'Hebdo du Saint-Maurice du 15 mars 2011 :

"Après 25 ans d'inactivité, l'édifice de la Wabasso revivra. Le bâtiment situé sur l'avenue de la Station sera prochainement acquis et rénové par la Ville de Shawinigan au coût de trois millions de dollars. Elle y installera en collaboration avec la Commission scolaire de l'Énergie, le Centre d'entrepreneuriat de Shawinigan.

D'entrée de jeu, le maire Michel Angers s'est exclamé «enfin!» tout en mentionnant que c'était un vieux rêve qu'il caressait depuis 2007. Ce projet unique s'inscrit dans la lignée des actions menées avec la Communauté entrepreneuriale de Shawinigan ainsi qu'avec le Comité de diversification et développement économique ...

Le Centre d'entrepreneuriat offrira un programme de développement des compétences ainsi que des outils d'accompagnement. Le tout sera géré par une coopérative formée de partenaires qui permettra de mettre en commun les services de réceptionniste, de secrétariat et tout le processus de gestion.

Il y a aura trois niveaux au programme. Les trois premiers de 18 mois seront destinés à la formation des futurs entrepreneurs. De 18 mois à 3 ans, ce sera l'incubation de leurs entreprises, toujours en étant en formation en continu, dans des locaux adaptés. Une fois toutes ces étapes réalisées, l'hébergement de la nouvelle PME et sa relocalisation entreront en ligne de compte. «Ce qu'on leur offre, c'est le petit coup de pouce. Quand on sait que ce sont les cinq premières années les plus difficiles, ça aidera grandement les entrepreneurs», précise la présidente de la Commission scolaire de l'Énergie, Danielle Bolduc ...

Un total de 600 000$ sera consacré à l'acquisition du bâtiment tandis que quelque 2,4M$ seront consacrés à la restauration et à la rénovation. Outre le Centre d'entrepreneuriat, l'édifice offrira des espaces locatifs au prix du marché pour des entreprises qui ont un besoin d'espaces. Le maire précise que l'idée n'est pas d'entrer en compétition avec le secteur privé dans cette portion du projet, mais bien de soutenir financièrement le Centre ...

Les travaux commenceront dès que le beau temps reprendra. L'objectif rencontré est de voir la première cohorte d'entrepreneurs occuper les lieux dès l'automne. «On ne sait pas quand, mais le plus tôt possible. On ne dit pas que tout le bâtiment sera terminé, mais l'idée est que les entrepreneurs commencent leurs formations et que les locaux soient disponibles», souligne le maire.

Rappelons que l'édifice Wabasso fait partie de l'inventaire du patrimoine bâti de Shawinigan et qu'il a reçu une cote supérieure de la firme Patri-Arch. Sa restauration s'inscrit dans la volonté de la Politique du patrimoine et permettra d'améliorer l'apparence de l'avenue de la Station.

Et de l'autre côté de l'Avenue?

En 2010, les autorités municipales ont appelées le Canadian Pacific pour discuter de l'achat de la gare. «Toutefois, la politique du CP est qu'ils discutent seulement quand les bâtiments sont sur une liste de bâtiments excédentaires, ce qui n'était pas le cas en 2010. Nous pensons qu'en 2011, nous pourrions avoir la possibilité de reprendre les discussions. Il y a des projets sur la table, mais il faut attendre l'approbation du CP avant d'entreprendre quoi que ce soit», affirme M. Angers".

vendredi 17 décembre 2010

Des avantages et un inconvénient du train

En 1879, l'achèvement de la construction du Chemin de fer du Nord entre Montréal  et Québec a facilité de façon considérable les déplacements entre les municipalités de la Mauricie situées le long de cette ligne. Des activités comme le tourisme, les pèlerinages et même les assemblées politiques ont alors connu un essor remarquable. À l'époque, il y avait souvent des fanfares à bord  pour distraire les passagers et peut-être aussi pour couvrir le bruit du train. On imagine le vacarme !

Voici quelques extraits d'articles de la presse régionale qui nous parlent avec enthousiasme de ces nouveaux développements. Certains déplorent cependant que l'arrivée du chemin de fer favorise l'exode des familles aux États-Unis.

Le tourisme 

« On nous dit que la baie de la Maskinongé va devenir une des places favorites pour le pique-nique des Trois-Rivières, grâce à la beauté de la plage et à l’abondance de la pêche et la facilité qu’il y a pour aller et revenir en chemin de fer. »  Courrier de Maskinongé (1 août 1878): 2, col. 4.

« Dimanche prochain, le 7 septembre, nous aurons de visite de Québécois : comme nos lecteurs ont pu le voir, sans doute, par les journaux de Québec. Une excursion, par le chemin de fer du Nord, partira de la gare du Palais à midi précis dimanche, arrivant ici vers 3:30 heures probablement. Les excursionnistes repartiront vers 7 heures du soir. Un magnifique corps de musique les accompagnera. »  La Concorde (5 septembre 1879): 3, col. 1.

Les pèlerinages

« Un grand pèlerinage à Ste-Anne de Yamachiche vient d’être organisé par les conférences St-Vincent-de-Paul de cette ville. Il aura lieu vendredi prochain. Les catholiques de cette ville profiteront, nous n’en doutons pas, de cette occasion, pour aller déposer leurs hommages aux pieds de la grande sainte dans le sanctuaire vénéré d’Yamachiche. Le voyage aura lieu par le chemin de fer du Nord; des arrangements ont été pris pour offrir aux pèlerins tout le confort et la facilité possible; les prix seront très réduits. Départ de la gare des Trois-Rivières à 5 1/2 heures du matin; retour à 10 heures a.m. et 7 heures du soir. »  Le Journal des Trois-Rivières (29 juillet 1878): 2, col. 4.

Les assemblées politiques

« Dimanche prochain, il y aura une grande démonstration politique à Yamachiche à laquelle les honorables Messieurs Joly, Marchand, Turcotte et Messieurs Charles Langelier, J. N. Bureau, C. R. et plusieurs autres orateurs distingués adresseront la parole. À cet effet, et pour donner à nos amis l’avantage de prendre part à cette grande démonstration, un train spécial du chemin de fer du Nord laissera la gare des Trois-Rivières à l’heure précise, dimanche, pour se rendre à Yamachiche, où doit avoir lieu la démonstration, et de là à Rivière-du-Loup, afin de donner l’avantage aux amis de la cause libérale, en cette paroisse, de se joindre à nous. Le train arrêtera aussi, en allant et revenant, à la Pointe-du-Lac. Un magnifique corps de musique fera partie de l’excursion. Le prix du passage, aller et retour, sera réduit à 25 centins, afin de permettre à chacun de prendre part à cette grande manifestation libérale. »  La Concorde (3 octobre 1879): 2, col. 1.

L'émigration aux États-Unis

« Nous regrettons de constater qu’à chaque convoi de chemin de fer du Nord Q.M.O. et O., quatre à cinq familles prennent passage pour les Etats-Unis. »  Courrier de Maskinongé (15 avril 1880): 2, col. 2. 

« On nous informe que les agents pour la vente des billets pour les différentes compagnies de chemin de fer font de véritables ravages dans notre district. Il y a de ces agents dans presque toutes les paroisses et la plupart, pour grossir leur commission, encourage les cultivateurs à émigrer aux Etats-Unis. Nous attirons l’attention du gouvernement sur ce regrettable état de choses. »  La Concorde (25 août 1880): 3, col. 1.


Ces extraits sont tirés des Bases de données en histoire de la Mauricie.

Voir aussi sur ce blog :  En attendant le train, La Bonne Sainte-Anne et 400 victimes sur un vapeur.


mercredi 1 décembre 2010

En attendant le train

En 1879, la construction du chemin de fer Quebec, Montreal, Ottawa & Occidental (acquis plus tard par le Canadien Pacifique) avait donné à Trois-Rivières un accès rapide à la capitale et à la métropole sur la rive Nord du Saint-Laurent. On commença,  la même année, la construction d'un nouveau tronçon pour relier Trois-Rivières aux Grandes-Piles, le pied de la navigation sur le Haut-Saint-Maurice.

Le Chemin de fer des Piles devait longer la rivière pour contourner les trois chutes qui faisaient obstacle à la navigation à La Gabelle, à Shawinigan et à Grand-Mère. Deux tracés étaient alors possibles en partant de Trois-Rivières : soit sur la rive Nord du Saint-Maurice  par les paroisses de Saint-Maurice, de Saint-Narcisse et le Lac-à-la Tortue, soit sur la rive Sud par les paroisses de Saint-Étienne-des-Grès, de Saint-Boniface et de Sainte-Flore. L'enjeu était majeur pour les villages situés des deux côtés de la rivière.

À Saint-Étienne-des-Grès, comme ailleurs sur la rive Sud du Sain-Maurice, la déception avait été grande  quand le tracé de la rive Nord avait été retenu.  Mais dix ans plus tard, une nouvelle occasion s'est présentée avec le projet de prolongement du Chemin de fer des Basses Laurentides (acquis plus tard par le Canadien National) des Piles jusqu'à Trois-Rivières sur la rive Sud de la rivière. Pour ne pas "manquer le train" une fois de plus, les habitants de Saint-Étienne-des-Grès ont pris l'initiative d'accorder gratuitement un droit de passage sur leurs propriétés. Ces droits ont été consignés par le notaire Uldéric Brunelle. En voici une exemple :

Le 11 avril 1890, le forgeron Félix St-Onge, mon arrière-grand-père, cédait à la Corporation de la paroisse de St-Étienne-des-Grès un droit de passage sur sa propriété (lot 196 du cadastre). Ce droit de passage, d'une lisière de 75 pieds de largeur,  devait servir uniquement "pour le chemin de fer des Basses-Laurentides, partant de la cité des Trois-Rivières et traversant les paroisses de St-Étienne, St-Boniface et Ste-Flore". Le greffe du notaire Brunelle contient une série d'actes de même nature signés par les habitants de la paroisse.

Le préambule de ce contrat montre bien l'intérêt que portaient les citoyens au projet de chemin de fer : "considérant les bénéfices considérables que retireraient les paroissiens et habitants de St-Étienne-des-Grès par suite de la construction d'un chemin de fer qui passerait sur le territoire de la dite paroisse, et voulant les favoriser et fournir à la Corporation de la dite paroisse les moyens d'obtenir et assurer la construction d'un chemin de fer ... "

Le prolongement souhaité du Chemin de fer des Basses Laurentides ne s'est pas réalisé. Il a fallu attendre en 1906, avec la construction du Chemin de fer de la Vallée du St-Maurice (acquis plus tard par le Canadien Pacifique), entre Shawinigan et Trois-Rivières, pour que le train arrive enfin à Saint-Étienne-des-Grès. La nouvelle voie traversait le Saint-Maurice par un pont construit sur le rocher des Grès.  J'ai lu sur le site internet de la municipalité qu'un centre de ski avec remonte-pente avait alors été aménagé aux Grès pour attirer les skieurs de Trois-Rivières qui arrivaient par le train.

Le transport des passagers sur cette ligne a été abandonné au printemps de 1960, faute de clientèle. L'autobus était alors plus rapide que le train.

Voir sur ce blog La vieille gare du CP

Sources :
- Greffe du notaire Uldéric Brunelle.
- Larochelle, Fabien. Shawinigan depuis 75 ans. Shawinigan, 1975, p 467-478.
- Verrette, René. Entre le rêve et la réalité : l'implantation du réseau ferroviaire mauricien. Cap-aux-Diamants, no 54, 1998, p 18-23.


jeudi 25 novembre 2010

Aux Grandes-Piles en voiture

Elzéar Gérin (1843-1886), frère de l'auteur Antoine Gérin-Lajoie, est né à Yamachiche. Il a été avocat, journaliste, député conservateur du comté de St-Maurice à la Législature de Québec et conseiller législatif à Ottawa. C'était un apôtre du progrès économique, reconnu pour ses discours en faveur de l'industrie forestière et pour la construction de chemins de fer.

Gérin a publié en janvier 1872, dans la Revue Canadienne, un article intitulé "Le St-Maurice : notes de voyage". Son récit nous donne un portrait de la vallée du Saint-Maurice vingt ans après l'ouverture de cette région à la colonisation.  Le voyage commence le 1er août 1871. Un premier segment s'effectue en voiture de Trois-Rivières jusqu'aux Grandes-Piles et un second, sur une barge des Piles jusqu'à La Tuque. Voici quelques extraits du premier segment de son voyage :
(...) St-Étienne! joli village, avec haute-ville et basse-ville, belle église en pierre toute flambant neuve. Un peu plus haut que le village on voit à droite la route qui conduit aux Grès. Là encore, il y a un poste considérable de travailleurs. Le moulin est bâti sur un des plus beaux pouvoirs d'eau qu'on puisse désirer. (...) Les terres ne sont pas bien bonnes à St-Étienne. le sable est généralement sec et peu fertile. À Shawinigan, le sable est plus frais et la moisson est meilleure. Il y a un joli village à St-Boniface aussi. L'église est construite sur le versant méridional d'une chaîne des Laurentides.

Plus haut que Shawinigan il y a encore une paroisse qui sera fondée dans un an. La place de l'église est marquée et le clocher de St-Mathieu s'élèvera bientôt au sein de la forêt. Au-dessus de St-Paulin, surgit en même temps la paroisse de St-Alexis. Quelques jeunes gens de Montréal ont pris des terres entre St-Mathieu et St-Alexis, sur le bord du lac des Souris, et ils s'accordent à dire que la terre est excellente pour la colonisation. Dans le lac ils prennent du poisson autant qu'ils veulent. Voilà jusqu'où la colonisation a pénétré. Et dire qu'il y a vingt ans, il fallait un guide pour aller de Trois-Rivières à Shawinigan. Qui peut prévoir les développements que prendra le territoire du St-Maurice dans les vingt ans à venir ?

Ste-Flore vient à peine de naître et déjà c'est une belle paroisse.  Presque toute la paroisse est formée d'une vallée qui se trouve entre deux chaînes des Laurentides. Le sol est excellent. Il y a des côtes cependant, qui sont rudes à traverser, mais n'importe, nous sommes aux Grandes-Piles avant six heures du soir.

(...) Les Piles! Saluons les Piles, c'est le siège d'une ville future et d'une ville qui deviendra grande. Que le chemin de fer des Piles passe d'un côté du St-Maurice ou de l'autre, cette place n'en restera pas moins le pied de la navigation.

Source : Pierre Dupin, Anciens chantiers du Saint-Maurice, Éditions du Bien Public, Trois-Rivières, 1953
Quand Gérin parle de Shawinigan, c'est du canton qu'il s'agit puisque la ville n'a été fondée que trente ans après son voyage. Il ne mentionne pas la chute qui était une attraction touristique à l'époque. Si je comprend bien son itinéraire, la voiture a emprunté l'ancienne route de Saint-Mathieu qui traversait les montagnes au bout du quatrième rang de Saint-Boniface pour atteindre ensuite le village de Sainte-Flore.

lundi 12 juillet 2010

La vieille gare du CP


Le 17 avril 2009, M. André-Jean Bordeleau écrivait sur le forum de la Société d'histoire et de généalogie de Shawinigan le texte suivant qui a aussi été publié dans le journal Le Nouvelliste :

"Bientôt la saison touristique 2009. Bientôt des visiteurs viendront nous voir. Pour ceux qui arriveront par la côte de la Baie, ils auront une réception visuelle intéressante avec les aménagements autour du carrefour giratoire. Cependant, s’ils veulent remonter vers le haut de la ville dans le secteur Saint-Marc, ils seront désolés de voir un restant de gare abandonnée en face d’une grande usine délabrée et désaffectée. Parlons de la Gare, celle que l’on dit du CP (Canadien Pacifique), je ne sais pas si elle a encore une certaine fonction auprès du CP.

Je ne sais pas si cette bâtisse appartient encore au CP. Cependant, je sais qu’elle est sur le territoire de la ville de Shawinigan et je sais qu’elle fait partie de notre histoire et de notre patrimoine. Je ne comprends pas que l’on attende encore pour lui donner une autre vocation afin d’en assurer l’entretien et la préservation.Je suis certain que la ville pourrait avoir accès à un emploi étudiant subventionné pour avoir quelqu’un qui offrirait un service quelconque à la population et aux visiteurs. Que ce soit pour l’accueil touristique, un groupe d’étudiants qui en font une salle de spectacle, un petit restaurant, etc.

Je viens juste d’aller voir cette bâtisse. Qu’elle ne fut pas ma surprise de voir que des graffitis ont déjà faits leur apparition sur les portes. Une autre surprise encore plus désagréable est de constater que la bâtisse est « squattées » et qu’il n’en faudra pas beaucoup plus pour qu’elle disparaisse à la suite de vandalisme plus radical. Il est grand temps que des gens se mobilisent pour faire bouger les politiciens ..."

C'était il y a plus d'un an et rien n'a changé depuis. Hier, je suis allé à la vieille gare  de la rue de la Station pour constater l'état des lieux. Ce n'est pas un grand bâtiment mais il  a du style et il est très représentatif de l'architecture des petites gares de campagne qui ont été construites au début du vingtième siècle. La gare du Canadien Pacifique a été construite en 1927. Elle aurait bien besoin de rénovations mais la structure du bâtiment semble encore très solide. Il faudrait, en particulier, refaire le toit avec son revêtement d'origine qui était, je crois, en bardeaux de cèdre.

Ce serait l'endroit idéal pour un kiosque d'informations touristiques ou pour un petit musée.

Quant au statut de la gare, elle semble tout simplement avoir été laissée à l'abandon par  le Canadien Pacifique qui est une entreprise privée. Les voies ferrées qui passent devant sont maintenant  recouvertes de végétation :  linaires, molènes, carottes sauvages, herbe à poux, verges d'or.  L'usine de la Shawinigan Coton Company que l'on voit en arrière-plan est aussi abandonnée. L'ensemble à des allures de ville-fantôme.

Située un peu plus à l'est, l'autre gare de Shawinigan, celle du Canadien National construite en 1929, est encore en opération. Elle reçoit les passagers de la compagnie Via Rail, une  société d'État. Le gouvernement fédéral qui en est propriétaire lui a accordé le statut de gare patrimoniale du Canada, ce qui en fait un site historique national.