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mercredi 12 mars 2014

Le fils de Lord Head s'est noyé

Selon cet extrait des Annales des Ursulines de Trois-Rivières, le fils du gouverneur général du Canada s'est noyé aux chutes de Shawinigan en 1858 :
« Lord Head annoncé pour le 5 juillet 1858 ne descend pas au monastère. Il a été frappé dans ses plus chères affections par la mort de son fils noyé en visitant les chutes Shawinigan. »
En 1857, le maire de Trois-Rivières Joseph-Édouard Turcotte a entrepris la construction d'un hôtel de luxe, le « Château Turcotte », avec vue sur les chutes de Shawinigan. On y accédait depuis la Baie-de-Shawinigan après avoir escaladé la montagne à pied. Cette excursion était prisée des visiteurs de marque de passage à Trois-Rivières. Pour rentabiliser l'hôtel, Turcotte projetait de construire un tronçon de chemin de fer passant par les chutes entre Les Piles et Trois-Rivières.

Cet édifice a inspiré le roman de Moïsette Olier intitulé L'homme à la physionomie macabre.

Sir Edmund Walker Head (1805-1868) a été gouverneur général du Canada de 1854 à 1861. Son fils John qui s'est noyé dans la rivière Saint-Maurice était l'unique héritier du titre de baron de Head. Cet événement l'a profondément affecté, à tel point qu'il aurait perdu le goût de la politique.

L'annaliste du couvent des Ursulines de Trois-Rivières avait tout faux. Elle a confondu les lieux et les années. La noyade de John Head s'est produite en septembre 1859, près des chutes de Grand-Mère, en amont de Shawinigan. Voici ce qu'en disait le York Herald de Richmond Hill en Ontario :   "We regret to learn that Mr. John Head...," York Herald (Richmond Hill, ON), 30 Sep 1859, p. 2  Notice of the death of the Governor General's son by drowning, near the falls of the Grand Mere, River St. Maurice.

Nous verrons dans un prochain article la description que Napoléon Caron a faite de cet accident dans  son récit intitulé Deux voyages sur le Saint-Maurice.



Au sujet du Château Turcotte, voir Shawinigan depuis 75 ans de Fabien Larochelle.


Modifié le 14 mars 2014.

samedi 8 février 2014

Un accident de steamboat

Le 30 juillet 1846, l'annaliste du couvent des Ursulines rapporte une collision de bateaux à vapeur dans le port de Trois-Rivières  :

« Hier soir, un terrible accident de steamboat a causé plusieurs pertes de vie. Le Québec qui était à la poursuite du Montréal, mouilla dans le port, au moment où le Rowland Hill laissait le quai. Il y eut collision. Le choc fut si fort que l'une des ailes du Rowland fut complètemeut emportée et que la coque de vaisseau a été submergée. Les passagers du Rowland se précipitèrent dans le fleuve. L'équipage du Québec leur vint en aide. On n'a pu constater, dans la confusion d'une nuit sombre, le nombre de pertes de vie. »


jeudi 30 janvier 2014

Le tremblement de terre de 1842

Puisqu'un malheur n'arrive jamais seul, l'automne précédent la grande débâcle de 1843, un tremblement de terre a secoué la région de Trois-Rivières. L'église paroissiale a été endommagée. Voici ce qu'en disait l'annaliste du monastère des Ursulines :
« A la date du 11 novembre 1842, l'annaliste inscrit qu'un violent tremblement de terre a ébranlé le monastère, lundi dernier, vers 8 heures du matin. La secousse s'est fait sentir dans tout le district, jusqu'à Montréal. Ce fut surtout à l'église paroissiale, où se trouvait réunie une foule considérable, pour assister à une cérémonie, qui avait lieu ce jour-là, qu'on eut à déplorer le plus grand nombre d'accidents. Sous la force de l'oscillation, la voûte et le baldequin se fendirent en quelques endroits. Alors, la foule prise de peur se dirigea pêle-mêle vers la porte, et, dans ce sauve-qui-peut général, il y eut bien des évanouissements et des contusions. »
Référence : Annales des Ursulines de Trois-Rivières, tome 3.

Le baldaquin de l'église de Neuville

vendredi 27 décembre 2013

La débâcle de 1843




Au printemps 1843, l'annaliste du monastère des Ursulines de Trois-Rivières écrivait :

« Réveillées par les ardeurs d'un soleil clair, les eaux captives semblent violenter leur enveloppe de glace qui se dégage, sous l'effort de forces mystérieuses. Le fleuve charrie des banquises amoncelées, des torrents de neige fondue se mêlent aux eaux des rivières et envahissent la plaine submergée. Que d'accidents pour nos populations riveraines, que de dépenses encourues ! Dans une seule partie du district, on nous dit que quarante-huit ponts ont été détruits ; 20, 000 louis ne combleront pas les pertes causées cette année par l'inondation. Des cultivateurs ont subi des dommages estimés à huit cents louis.

Plusieurs marchands sont ruinés ; et nombreux sont les pauvres qui ont vu disparaître, entraînées par les flots en courroux, maisons, dépendances et clôtures. À Gentilly, le 29 avril, les eaux du fleuve se répandirent à vingt-cinq arpents dans les terres. On peut juger de la désolation du pauvre peuple. Au monastère, ont recourt, avec confiance, à Notre-Dame de Prompt-Secours. Un cierge est allumé devant son image et les religieuses se succèdent pour dire ses litanies. Espérons que l'étoile de la mer ne sera pas invoquée en vain et qu'elle fera rentrer dans leur lit les eaux vagabondes. »

lundi 25 mars 2013

De choses et d'autres (5)

« À partir du 7 mars 1965, les messes ont cessé d'être dites en latin. Ce changement, décidé lors du concile Vatican II, précède de peu la désertion des églises par les Québécois. Au même moment, l'Église catholique abandonne le sermon du curé et favorise une décoration plus sobre dans les lieux de culte. » (Radio-canada.ca, 7 mars 2013).

La magie du sacré disparaissait. Les fidèles, pas si fidèles après tout, aimaient mieux obéir sans comprendre ce que disait le prêtre. On trouve un clip d'une messe en latin sur le site web de Radio-Canada.

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L'oiseau de Corine, un minuscule Toui Catherine, est mort. Sa mère s'est assise dessus. Ça ne s'invente pas.

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J'ai ajouté un autre cas, celui de Michel Thibault (c1629-1715), à l'article De faux centenaires publié le 14 octobre 2012.

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J'ai ajouté des informations sur le chauffeur de la remorque dans l'article Le déraillement de Yamachiche, publié le 7 mars 2013.

jeudi 7 mars 2013

Le déraillement de Yamachiche

J'ai passé quelque mois à Yamachiche en 1973 pour un emploi d'été à la voirie provinciale. J'avais loué un petit chalet, une espèce de cabanon, près de la voie ferrée du Canadien Pacifique qui passe à l'entrée du village. Un soir de juillet, le vendredi 13, un train a déraillé et creusé un cratère près du passage à niveau de la route 19b, à une cinquantaine de pieds de mon cabanon.

J'étais absent pour la fin de semaine au moment de l'accident. On m'a raconté qu'immédiatement après, il s'était formé un attroupement autour des wagons qui gisaient pêle-mêle. Tout le village était là et les pompiers peinaient à se frayer un chemin jusqu'aux décombres. Les catastrophes fascinent ; on a beau faire de l'exercice et manger du brocoli, elles nous rappellent que le sort peut nous frapper n'importe quand.

Déraillement de 1973. Source : Municipalité de Yamachiche.

À mon retour le lundi, j'ai vu le cratère et la fin des travaux de nettoyage. Le train transportait des rouleaux de papier et des caisses d'ampoules électriques. Il n'y avait plus rien à faire avec les ampoules, mais un entrepreneur est arrivé à Yamachiche pour récupérer le papier déchiqueté. Il a embauché des gens de la place et leur a fait faire des ballots de papier avec des emballeuses à foin louées aux cultivateurs. Les gens disaient qu'il était juif, qu'il avait acheté la cargaison tout de suite après l'accident et que les ballots étaient déjà vendus pour la fabrication de catalogues, avant même d'être emballés. Voilà pour mes souvenirs d'un accident qui est arrivé il y aura bientôt quarante ans.

J'ai retrouvé l'article du journal Le Nouvelliste qui rapporte ce déraillement sur le site des pompiers de Yamachiche. Vous pouvez agrandir le texte en cliquant sur les images. Je ne me souvenais pas qu'il y avait eu un mort, le chauffeur de la remorque qui a été frappée par le train.




 





















Ajout du  25 mars 2013: Le chauffeur de la remorque était M. Normand Mongrain âgé de 31 ans. Selon le journal Le Nouvelliste, il habitait sur la rue Viger à Shawinigan (Le Nouvelliste, 14 juillet 1973). J'ai retrouvé son acte de sépulture le 16 juillet 1973 à Saint-Georges de Champlain, un village situé tout près de Grand-Mère, aujourd'hui fusionné à Shawinigan. Il avait épousé Yvonne Boyle le 30 septembre 1961 à Montréal. Dans l'acte de mariage, l'époux est dit de Shawinigan, fils de Joseph Mongrain et de Rose Ayotte.

jeudi 5 mai 2011

Saint-Étienne chasse les sauterelles

La huitième plaie d'Égypte selon l'Exode
La paroisse de Saint-Étienne-des-Grès a souvent été frappée par des invasions de sauterelles qui détruisaient les récoltes. Ces invasions, plus fréquentes qu'ailleurs, étaient peut-être dues à la nature des sols qui sont généralement sablonneux à cet endroit. Pour les familles de cultivateurs, l'arrivée de ces nuées d'insectes signifiait une année de misère.

Voici deux entrefilets, parus à la fin du dix-neuvième siècle, qui traitent de ce fléau et de la solution qui a été trouvée pour l'enrayer :  « On nous écrit de St-Étienne, comté de St-Maurice, que les sauterelles ont fait des ravages considérables. Cependant, à la suite de prières publiques, on s’aperçoit qu’elles disparaissent rapidement. »  (Le Constitutionnel, 26 juillet 1869). « On nous apprend de Shawenegan et de St-Étienne que les sauterelles font des ravages dans ces paroisses. Les cultivateurs font des prières pour les chasser. »  (Le Journal des Trois-Rivières 16 août 1888).  

L'abbé Irénée Trudel, curé de 1912 à 1927, a organisé une fête le jour de la Saint-Étienne pour protéger la paroisse contre les invasions de sauterelles. En 1920, le 26 décembre est devenu un "jour férié". Les habitants du lieu devaient obligatoirement assister à la messe ce jour-là et on organisait des réjouissances populaires. (voir le site de la municipalité)

Un orthoptère de la famille des Tettigoniidae
Par moquerie, les habitants des villages voisins ont affublé ceux de Saint-Étienne du surnom de sauterelles. Aujourd'hui, ce surnom est devenu un objet de fierté. On trouve à Saint-Étienne-des-Grès un Centre de la petite enfance La Petite Sauterelle, des guides Les Sauterelles, une troupe de théatre Les Sauterelles et même un Festival des Sauterelles !

Descendant d'une famille de Saint-Étienne-des-Grès, j'ai aussi un peu de sang de sauterelle dans les veines.

Voir aussi sur ce blog : En attendant le train.

jeudi 27 janvier 2011

Louiseville enterre ses morts

Un article qui a été publié le 14 août 1936 dans le journal La Presse. La campagne électorale dont il est question est celle qui a permis à l'Union nationale de Maurice Duplessis de prendre le pouvoir pour la première fois et de mettre ainsi fin à 39 années de règne libéral.

La plus grande catastrophe de l’auto

L'Église et l'État apportent aux familles des 22 victimes de la plus épouvantable catastrophe de l'auto en Amérique, des prières ferventes et des sympathies émues.

Louiseville. Le baisser de rideau de la campagne électorale dans cette région a été sinistre. En une fraction de seconde 22 hommes - des jeunes gens et même des adolescents— ont été précipités dans l'éternité.

A 11 h. 25 (heure solaire) vendredi (14 août 1936), dans la nuit, un convoi de fret, le No 85 du Pacifique Canadien (convoi communément appelé le «train de papier» car il transporte des usines du bas de Québec le papier à journal destiné aux imprimeries américaines) a frappé à la traverse de Louiseville au mille 61, un camion portant plus de 30 personnes qui revenaient d'une assemblée contradictoire (qui fut tumultueuse) à Saint-Justin. Voilà le fait brutal dans tout son laconisme.

Pour ceux qui en furent témoins - ils sont nombreux - de cet accident, peut-être le plus formidable du genre dans toute l'Amérique du Nord, restera un inoubliable cauchemar.

Jamais l'imprudence d'un chauffeur n'aura accumulé en si peu de temps pareilles horreurs, créé autant de deuils et jeté toute une population dans une consternation indicible.

La traverse à niveau en question se trouve à un demi-mille de la ville. On y arrivait et le chauffeur, Edmond Houle, 45 ans, amateur de vitesse, nous a-t-on dit, aperçut comme bien d'autres le reflet du phare de la locomotive. Habitant Louiseville depuis des années, il n'était pas sans savoir que le fret rapide de Québec n'allait pas tarder.

Il ne pouvait se méprendre sur la nature du reflet lumineux qu'il voyait grandir rapidement. Et il le voyait fort bien car il n'existe aucune obstruction. Un chauffeur, fut-il bien enfoncé dans son siège, ne peut pas ne pas voir une locomotive approcher.

Si peu admissible que cela soit, supposons un moment que M. Houle n'ait pas aperçu la lumière de la locomotive, il a certainement entendu l'appel dramatique du sifflet qui durant trois longues minutes, lança son cri. En outre - ceci est confirmé par quatre des jeunes gens qui ont échappé à la mort - M. Houle fut averti par quelques-uns de ceux qu'il transportait dans son camion:

« M. Houle, le train s'en vient, arrêtez! Arrêtez! »

Enfin, à quelques centaines de pieds de la voie ferrée. M. Houle ne fut pas sans voir trois autos qui avaient complètement stoppé. Même - ceci encore a été raconté par des témoins oculaires - les chauffeurs de ces autos avaient averti de la main M. Houle de ne pas passer.

Mais celui-ci filait! A quelle vitesse? 35 ou 45 milles à l'heure. Qui le dira? Seulement on croit comprendre qu'il a subitement saisi le danger. Que faire? Appliquer les freins? L'auto eut donne sur le convoi. Tenter le coup alors, jouer avec le destin… et passer?

C'est ce qu'il fit ou plus exactement ce qu'il essaya de faire. Des témoins ont vu le camion sauter sous la pression subite de l'accélérateur poussé à fond.

Le camion fut touché à 2 pieds des roues gauche arrière. Ce fut un seul cri d'horreur!

Comme un bolide, le camion de trois tonnes fut soulevé jusqu'à la hauteur de la locomotive. Accomplissant un tour complet sur lui-même, virevoltant, il alla s'écraser, de l'autre côté de la voie, jusqu'au fond du remblai.

Sous le choc, le carburateur du camion éclata - on le retrouva à 100 pieds du véhicule - l'essence se répandit et mit le feu à la cabine du chauffeur. Sur un rayon de 1000 pieds éclairé par le camion en flammes ce n'était que des formes affreusement mutilées. Du champ s'élevait une plainte à fendre l'âme. Le train stoppé le plus prestement possible par son mécanicien formait la toile de fond de cette scène horrible.

jeudi 18 novembre 2010

Le destin de Jean Cloutier

"La tragédie de la mort est en ceci qu'elle transforme la vie en destin." (André Malraux, La condition humaine)

Jean Cloutier, maire de Saint-Prosper dans le comté de Champlain, est mort de façon tragique et tout à fait improbable. Le premier jour du mois de mai 1877, un glissement de terrain a soulevé une énorme vague sur la Rivière-à-Veillet qui l'a emporté alors qu'il discutait sur la chaussée du moulin  Massicotte (voir sur ce blog Un affreux malheur).


F-X Cloutier (1848-1934)
 Son destin aura été d'engendrer le plus grand nombre de membres du clergé qu'on ait vus dans une même famille. Avec sa deuxième femme Olive Rivard-Lacoursière, il a eu quinze enfants dont quatorze ont atteint l'âge adulte. Onze de leurs enfants sont entrés en religion, soit trois prêtres et huit religieuses. Un des prêtres, François-Xavier Cloutier, a été nommé Évêque de Trois-Rivières, tandis qu'une des religieuses, Georgiana Cloutier, a été la supérieure provinciale de la Congrégation de Notre-Dame.

Voici ce que j'ai trouvé sur les enfants de cette famille :
  1. Ferdinand (Jean) né le 14 septembre 1847, baptisé à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Il est décédé le 21 juillet 1855 à l'âge de 8 ans.
  2. François-Xavier né le 2 novembre 1848, baptisé à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Il a été nommé Évêque de Trois-Rivières en 1899. Il est décédé le 18 septembre 1934, à 85 ans et 10 mois selon l'acte de sépulture.
  3. Théophile en 1849. Il a épousé Aurélie Jacob, fille de François-Xavier et de Clarina Rivard le 25 juillet 1871 à Saint-Prosper. Il est décédé le 1er février 1933, à l'âge de 86 ans selon l'acte de sépulture. Je n'ai pas retrouvé son acte de baptême.
  4. Malvina (Elvina) née et baptisée le 27 mai 1850 à Saint-Prosper. Soeur du Sacré-Coeur de la Congrégation de Notre-Dame. Elle est décédée le 11 mars 1933.
  5. Ernest né et baptisé le 5 mars 1852 à Saint-Prosper. Il s'est marié deux fois : avec Clara Frigon, fille de Hilaire et de Marie-Ange Grant, le 11 novembre 1873, puis avec Alphonsine Périgny, fille de François et d'Esther Leduc, le 3 février 1885. Il est décédé le 16 octobre 1924 à l'âge de 72 ans et a été inhumé à Saint-Tite de Champlain.
  6. Prosper né et baptisé le 27 juin 1853 à Saint-Prosper. Il a été curé de Saint-Étienne-des-Grès, de Saint-Narcisse et de Champlain. Il est décédé le 18 octobre 1938 à Trois-Rivières.
  7. Eugénie née le 19 et baptisée le 22 mars 1855 à Saint-Prosper. Soeur Saint-Jean-de-Dieu de la Congrégation de Notre-Dame. Elle est décédée le 13 décembre 1906.
  8. Sara née et baptisée le19 juin 1856 à Saint-Prosper. Soeur Sainte-Jeanne-de-Valois de la Congrégation de Notre-Dame. Elle est décédée le 3 mars 1932 à Montréal.
  9. Jean (Jean-Baptiste) né le 30 et baptisé le 31 janvier 1858 à Saint-Prosper.  Il s'est marié deux fois : avec Sarah Lefebvre, fille de Pierre-Louis et de Henriette Massicotte, le 8 janvier 1884, puis avec Olive Jacob, fille de Laurent et de Judith Rivard, le 10 mars 1898.
  10. Aurélie née et baptisée le 4 février 1860 à Saint-Prosper. Soeur Sainte-Émerence de la Gongrégation de Notre-Dame. Elle est décédée de tuberculose le 24 décembre 1902.
  11. Georgina née le 22 et baptisée le 23 octobre 1861 à Saint-Prosper. Mère Félicité qui fut supérieure provinciale de la communauté des Soeurs de la Providence. Elle est décédée le 15 janvier 1941 à Montréal à l'Institution des Sourdes-Muettes.
  12. Joseph né le 15 et baptisé le 16 octobre 1863 à Saint-Prosper. Il a été vicaire à Saint-Barnabé. Il est décédé le 6 avril 1909.
  13. Amanda née le 8 et baptisée le 9 avril 1865 à Saint-Prosper. Soeur Félicienne de la communauté des Soeurs de la Providence. Elle est décédée en février 1942.
  14. Emma née et baptisée le 26 décembre 1866 à Saint-Prosper. Soeur Sainte-Claire de la Croix chez les Adoratrices du Précieux-Sang. Elle est décédé à Trois-Rivières le 20 mai 1927, à l'âge de 60 ans et 4 mois selon l'acte de sépulture.
  15. Annie née le 22 et baptisée le 23 mai 1869 à Saint-Prosper. Soeur du Saint-Coeur de Marie de la Congrégation de Notre-Dame.

Voir aussi le Fonds de la famille de Jean Cloutier aux Archives du Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières, de même que le Fonds Émile Cloutier et le Fonds François-Xavier Cloutier qui sont conservés au même endroit.

mardi 13 juillet 2010

Un affreux malheur

E.-Z. Massicotte, Sainte-Geneviève-de-Batiscan, Collection "Pages trifluviennes", Série A, no 18, Les éditions du Bien Public, Les Trois-Rivières, 1936, 127 pages.

L'historien montréalais Édouard-Zotique  Massicotte (1867-1947) a publié en 1936 ce petit livre d'une centaine de pages sur l'histoire de la paroisse de Sainte-Geneviève-de-Batiscan qui était le chef-lieu du comté de Champlain. Son père était né dans cette paroisse. L'avant-propos est signé par Albert Tessier qui dirigeait la collection Pages trifluviennes. L'ouvrage comporte quelques passages intéressants, dont le récit saisissant d'une catastrophe naturelle. On trouve ce récit à la page 40 sous le titre Affreux malheur :
Le premier mai 1877, vers onze heures du matin, un éboulement se produisit sur la Rivière-à-Veillet, à un mille au nord du village de S.-Geneviève.

La partie écroulée était en bois debout ; elle avait une étendue d'environ six arpents de longueur, quatre en largeur et trente à quarante pieds en profondeur.

Cette masse de terre, en tombant dans le lit étroit de la rivière souleva une vague de trente pieds de hauteur qui alla s'abattre quelques arpents plus bas, sur le moulin de Xavier Massicotte et le détruisit complètement.

Au moment de l'éboulement, M. Jean Cloutier causait sur la chaussée du moulin avec M. Massicotte. M. Cloutier fut emporté par la vague et disparut, mais le meunier Massicotte put se cramponer à un poteau et sauver sa vie.

Dans le moulin, il y avait six personnes : Samuel lanouette, sa femme, trois enfants, puis Ferdinand Gervais. Tous furent entraînés avec les débris; cependant les sieurs Lanouette et Gervais projetés sur le rivage sans connaissance purent être ranimés. La catastrophe avait causé la mort de cinq personnes. La nouvelle du sinistre se répandit partout, et bientôt, tant de S.-Geneviève que des paroisses voisines, au-delà de mille personnes accoururent.

Environ deux cents d'entre elles se mirent à faire des fouilles dans les décombres. On retira d'abord le corps d'un enfant, le lendemain celui d'un autre enfant et, le trois mai, les corps de dame Lanouette et de M. Cloutier. La cinquième victime, une petite fille de six semaines, ne put être retrouvée.

Le curé Noiseux, de S.-Geneviève, le curé Roberge, de S.-Prosper, et le curé Gouin, de S.-Anne, assistèrent aux fouilles et contribuèrent à entretenir le courage et l'ardeur des travaillants.

Par ce désastre, Samuel Lanouette perdait ses trois enfants et sa femme, Célanire Romaré, agée de 21 ans seulement.

La famille Cloutier éprouvait une perte douloureuse. Jean Cloutier, cultivateur âgé de 58 ans, était maire de S.-Prosper. Quatre de ses filles étaient religieuses et deux de ses fils étaient prêtres. L'un des deux devint évêque des Trois-Rivières, l'autre fut curé de Champlain."

Ajout du 20 novembre 2010 : Massicotte a grandement sous-estimé la progéniture de Jean Cloutier. Il a eu, avec sa deuxième femme Olive Rivard-Lacoursière, 14 enfants qui ont atteint l'âge adulte parmi lesquels on trouve 11 membres du clergé, soit 3 prêtres dont un évêque et 8 religieuses dont une supérieure de la Congrégation de Notre-Dame. Je crois bien que c'est un record pour un couple. Voir sur ce blog Le destin de Jean Cloutier.

lundi 21 juin 2010

Les inondations de 1896

Le 23 avril 1896, le curé Charles Bellemare, anciennement de Saint-Boniface-de-Shawinigan et maintenant en poste à Sainte-Geneviève de Batiscan, écrit à son correspondant le curé Vital Bellemare de Chambray en Normandie :

"Pendant que je vous écris, toute la vallée du Saint-Laurent, celle de la rivière Batiscan et d'un grand nombre d'autres rivières tributaires du Saint-Laurent sont inondées ; la désolation est générale. Pour ne parler que de Sainte-Geneviève, une grande partie de notre village est couverte d'eau. En plusieurs endroits, l'eau atteint dans les maisons des hauteurs de cinq et six pieds. Notre beau pont de 5 à 600 pieds de longeur en face de l'église, a été, hier, emporté tout d'un pain par les glaces. L'eau ayant monté et monté encore, il fut soulevé par les glaces à pas moins de trois pieds au-dessus de ses assises et les glaces s'étant mises en mouvement l'ont emporté. Il git maintenant à une dizaine d'arpents en bas de l'église. C'est un désastre pour notre paroisse divisée maintenant en deux parties par la rivière. Ce pont avait coûté au-delà de $ 10,000. Quand pourrons-nous en refaire un autre ?
Aux Trois-Rivières, près de 50 maisons ont été emportées par les glaces. Sainte-Anne-de-la-Pérade, notre paroisse voisine est sous l'eau. À Batiscan, il y a deux pieds d'eau dans l'église et c'est ainsi jusqu'à Montréal. À Yamachiche, Gaspard doit avoir de l'eau sur ses comptoirs. J'y suis allé la semaine dernière ; déjà l'eau entourait sa maison. Dégâts partout ! C'est la plus forte inondation de mémoire d'homme. Tout notre monde est découragé ; on pourrait l'être à moins."
(Source : Nadine-Josette Chaline et al, La Normandie et le Québec vus du presbytère, Publications de l'Université de Rouen, 1987).

lundi 1 mars 2010

Le séisme de 1925

Blanche Lavergne (1906-1997) se souvenait d'un tremblement de terre effrayant qui s'était produit à Shawinigan quand elle était encore fille. Elle s'est mariée le 26 avril 1925. Le tremblement de terre dont elle parlait correspond au séisme de Charlevoix-Kamouraska qui s'est produit deux mois avant son mariage soit le 28 février 1925.

Le tremblement de terre de 1925 n'était pas comparable à ceux qui ont secoué Haïti, le Chili et le Japon dernièrement. Mais il était assez fort pour semer la crainte dans la population. Plusieurs secousses de moindre ampleur se sont produites pendant les jours suivants, ce qui a contribué à entretenir cette crainte.

Plus de peur que de mal

Dans Shawinigan depuis 75 ans (1976), l'auteur Fabien Larochelle raconte que «c'est dans la soirée du samedi, 28 février 1925, entre neuf heures quinze et neuf heures vingt qu'il secoua assez vigoureusement toute la région de la Mauricie. Shawinigan n'a pas été épargnée et les secousses se sont fait sentir avec plus d'intensité dans les parties élevées de la ville, au sommet de la colline Saint-Pierre et dans le quartier Saint-Marc».


«Ce fut une affaire de quelques secondes mais suffisamment violente pour semer la crainte et la peur chez beaucoup de citoyens. Heureusement, aucune perte de vie n'en résulta et personne ne fut blessé gravement. Cependant, les secousses devaient être la cause de quelques dommages matériels ici et là. (...) Un citoyen de la 7e rue, assis confortablement dans sa baignoire au moment des secousses, eut durant quelques instants la sensation de voguer en plein océan dans le balancement des vagues. (...)

Le Nouvelliste de Trois-Rivières, dans ses éditions des 2 et 3 mars, donne un comte-rendu détaillé des dommages enregistrés et des émotions ressenties dans toute la région.»


À 250 km de l'épicentre

On trouve des informations techniques sur ce tremblement de terre sur le site de Séisme Canada (ici). Les trois photos montrant des édifices de Shawinigan endommagés proviennent de ce site.

À environ 250 km de l'épicentre, les villes de Trois-Rivières et Shawinigan furent touchées. Dans ces deux municipalités, les dommages sont reliés à la présence de dépôts meubles (sable, argile, remplissage).

À Shawinigan, approximativement à 250 kilomètres de l'épicentre, quelques bâtiments ont subi des dommages. Puisqu'aucun dommage semblable ne fut rapporté entre Québec et Shawinigan, l'amplification due aux conditions géologiques locales doivent être responsables de ces dommages. Des dommages ont été essentiellement confinés aux effondrements hors-plans des murs de MNR. Plusieurs murs de briques ou de pierres pourtant bien construits furent craqués parce que les bâtisses étaient situées près des pentes ou sur des terrasses argileuses. La charpente en acier d'un bâtiment industriel agissant comme un bélier pendant le tremblement de terre a suffit pour endommager et déloger des parties des pignons de la structure. Des dommages à l'église Saint-Marc ont aussi été rapportés. La photo montre la chute hors-plan du mur de transept de MNR de l'église St-Marc à Shawinigan. Le clocher, la fenêtre et le parement extérieur de la partie inférieure de beaucoup de murs de maçonnerie se sont effondrés vers l'extérieur.

Abbott (1926), qui a recencé les dommages à Trois-Rivière et à Shawinigan, a évalué le coût total associé au séisme à 17 000$ pour les deux villes.

jeudi 14 janvier 2010

Les incendies de Trois-Rivières en 1752 et 1908

La ville de Trois-Rivières a été dévastée par un gigantesque incendie en 1908. C'est la raison pour laquelle on ne trouve aujourd'hui que relativement peu d'édifices anciens dans cette ville qui est pourtant la deuxième plus vieille au Canada après Québec. La photographie ci-haut donne un aperçu des ruines de la ville après l'incendie. Elle a été prise en 1908 par le photographe J.F. Pinsonneault et a été reproduite sur une carte postale plus récente.

La ville a connu un autre incendie majeur en 1752. Des soldats de la garnison aurait allumé le feu qui a brûlé pendant 5 jours et détruit la palissade du bourg, 45 maisons et le couvent des Ursulines. Les suspects ont été soumis à la question par le supplice des brodequins mais n'ont pas été condamnés faute de preuves. Un article sur ce sujet se trouve dans le Fichier d'Accès Rapide à l'histoire de Trois-Rivières ici. Le supplice des brodequins consistait à enfoncer des coins dans les genoux du supplicié à grands coups de maillet. Si l'accusé subissait la torture sans rien avouer, il était déclaré innocent et remis en liberté (voir le Dictionnaire historique et anecdotique des bourreaux ici).