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dimanche 22 juin 2014

Inauguration du local des guides de Shawinigan

Quelqu'un devra un jour prendre le temps d'écrire l'histoire du mouvement scout en Mauricie ou, comme on disait autrefois, dans le diocèse de Trois-Rivières. En attendant, pour mémoire, je retranscris cet article paru dans le journal Les Chutes de Shawinigan du 17 janvier 1951 :
Le local des guides sera béni sous peu.  Depuis environ trois ans, les Guides Catholiques de Shawinigan ont leur propre local sur la rue Lévis. Elles sont les propriétaires d'une bâtisse dont seul le second étage était occupé par leur mouvement. Or, vu l'expansion toujours grandissante des effectifs du guidisme en notre ville, l'étage du rez-de-chaussée vient d'être aménagé pour servir lui aussi de local régulier et permanent. On projette donc de faire bénir de façon solennelle ce double local des Guides. L'étage supérieur sera utilisé par les Guides Aînées qui sont au nombre d'une quarantaine, tandis que le bas servira aux Guides Cadette et aux Jeannettes qui forment un total de quelque 125 membres.

mardi 29 avril 2014

Joson et Josette au micro

J'ai trouvé ce carnet de chansons de l'émission Le voyage autour du monde de Joson et Josette chez un brocanteur. 


Publié vers 1936, le livret de 64 pages était commandité par La Compagnie B. Houde Ltée de Québec qui vendait le tabac à cigarette Lasalle et le tabac à pipe Alouette, dont le slogan était : 



Le voyage autour du monde de Joson et Josette a été diffusé de 1930 à 1936 sur les ondes de CKAC (Montréal), CHRC (Québec), CBJ (Chicoutimi), CKCH (Hull), CJBR (Rimouski), CHNC (New Carlisle) et CKRN (Rouyn-Noranda). C'était l'époque de la crise économique, la vraie, pas celle que les médias nous réinventent à chaque année.

Le voyage était une émission de chansons et de textes satiriques écrits par Albéric Bourgeois qui était caricaturiste au journal La Presse. Les voix de Joson et de Josette étaient celles de Fred Barry et Jeanne Maubourg.

Les textes n'étaient pas bien méchants. Les victimes de ces satires légères étaient les politiciens de l'époque : les Libéraux, les dissidents de l'Action libérale nationale, les Conservateurs, devenus Unionistes sous Maurice Duplessis, et les maires de Montréal et de Québec.

Albéric Bourgeois se moquait du projet de nationalisation de l'électricité de Philippe Hamel de l'Action libérale nationale : 



Et de la gourmandise de Maurice Duplessis :



Ce carnet est un des rares documents qui nous restent de cette ancienne émission. Biblothèque et Archives nationales du Québec conserve un fonds Albéric Bourgeois qui contient des textes dactylographiés de l'émission, mais pas d'enregistrement sonore.

jeudi 3 avril 2014

La conscription de 1917 vue de Shawinigan

La crise de la conscription de 1917 a été un des événements marquants de l'histoire du Québec. Encouragée par ses élites politiques et religieuses, la population canadienne française et catholique était massivement contre l'enrôlement obligatoire pour la défense de l'Europe. Cette crise a provoqué des émeutes dans la ville de Québec et aussi en région, notamment à Shawinigan en Mauricie où des manifestations violentes se sont produites les 4 et 5 septembre 1917.

Le Royal 22e régiment, défilant devant le Parlement d'Ottawa.

Ces événements n'ont pas été spontanés. La lecture des journaux de l'époque révèle que des groupes d'activistes parcouraient le Québec pour organiser la résistance à la conscription. Voici quatre extraits de journaux de la Mauricie qui illustrent les réactions des habitants de la ville de Shawinigan. Le premier extrait est tiré de L'Écho du Saint-Maurice de Shawinigan et les trois autres, du journal Le Bien Public de Trois-Rivières.

Le premier article nous parle d'un assemblée anti-conscription qui a été organisée le 7 juin 1917 par un groupe venu de Montréal.   
7 juin 1917 :  « Shawinigan Falls est contre la Conscription. Une assemblée enthousiaste. «Grande assemblée anti-conscription convoquée par les membres de la Ligue des Amis de la Liberté, de Montréal. » 
Deux mois plus tard, la ville est couverte d'affiches qui dénoncent la conscription de façon plutôt agressive. Des partisans de la conscription sont intimidés.
28 août 1917 : « Chutes Shawinigan. Dans la nuit de samedi à dimanche, des affiches contre la conscription ont été posées partout sur les trottoirs, sur les magasins, sur les poteaux, etc. On lisait sur ces affiches: “À bas la conscription. À bas Borden et ses Trusts. À bas les traîtres Blondin et Sévingy”. Nos bons bleus, qui continuent de professer une admiration béate pour le gouvernement, il en est même qui ont la témérité de parler en faveur de la conscription, [ils] ont reçu une attention toute spéciale de la part des poseurs d’affiches. »
Le mercredi 5 septembre, une manifestation dégénère en émeute. La boutique du bijoutier Flamand, partisan de la conscription, est saccagée.
6 septembre 1917 : « Manifestations Anticonscriptionistes. Mercredi soir, à Shawinigan Falls, des manifestations violentes ont eu lieu contre la conscription. Une foule de douze à quinze cents personnes ont paradé par les rues et ont manifesté devant la demeure de Monsieur Flamand: des discours violents ont été prononcés; les vitres de la maison ont été brisées et les meubles déménagés dans la rue. On dit même qu’un soldat a été fort malmené par la foule. »
L'été suivant c'est la chasse aux conscrits qui sont pourchassés par la police militaire :
18 juillet 1918 : « La chasse aux conscrits. Les autorités militaires ont commencé dans notre district la recherche des insoumis. Des contingents assez nombreux de soldats et de policiers sont déjà rendus aux Chutes de Shawinigan et à Grand-Mère où ils ont commencé leurs investigations. Ces jours-ci, une escouade opérait dans les environs de Ste-Anne de la Pérade, et un peu partout, on s’attend à leur visite. Certains même se demandent si l’on ira jusqu’à faire des recherches à domicile de nuit. Dans l’état d’énervement et de tension causé par la recherche des insoumis, un pareil procédé, s’il devient nécessaire, demandera infiniment de tact et de prudence, et il est à souhaiter qu’on ait recours à d’autres moyens. »

Les extraits sont tirés des Bases de données en histoire de la Mauricie.

vendredi 28 mars 2014

Le Bécancour

En 1858, un vapeur nommé Bécancour effectue la traverse entre le port de Trois-Rivières et la rive Sud du Saint-Laurent. Des horaires spéciaux sont prévus pour accommoder les cultivateurs de la rive Sud qui se rendent en ville vendre leurs produits, de même que pour ceux qui veulent assister à la Grande Messe ou aux Vêpres à Trois-Rivières. 

Cette annonce, parue dans L'Ère Nouvelle du 26 avril 1858, précise les horaires de traversée pour la nouvelle saison qui s'ouvre après le retrait des glaces : 
« Le vapeur Bécancour fera ses traverses régulières tous les jours entre le sud et les Trois-Rivières, comme suit : de 9 heures du matin aller à 4 heures de l’après-midi, il fera une traverse, toutes les heures, C’est-à-dire huit traverses, quittant le sud à 9 heures. Avant 9 heures du matin, il fera 4 traverses, pour la commodité des cultivateurs et autres personnes. Après 4 heures de l’après-midi, il fera autant de voyages que nécessaires. Les dimanches : avant la Grande Messe il fera une traverse pour les commodités du public en général. Les cultivateurs auront leurs heures accoutumées pour la Grande Messe et les Vêpres. Après les Vêpres, il fera ses traverses comme à l’ordinaire. Hilaire Doucet, capitaine, Trois-Rivières, 24 avril 1858. »  (L'Ère Nouvelle, 26 avril 1858)



L'annonce est tirée des Banques de données en histoire de la Mauricie.

mercredi 12 mars 2014

Le fils de Lord Head s'est noyé

Selon cet extrait des Annales des Ursulines de Trois-Rivières, le fils du gouverneur général du Canada s'est noyé aux chutes de Shawinigan en 1858 :
« Lord Head annoncé pour le 5 juillet 1858 ne descend pas au monastère. Il a été frappé dans ses plus chères affections par la mort de son fils noyé en visitant les chutes Shawinigan. »
En 1857, le maire de Trois-Rivières Joseph-Édouard Turcotte a entrepris la construction d'un hôtel de luxe, le « Château Turcotte », avec vue sur les chutes de Shawinigan. On y accédait depuis la Baie-de-Shawinigan après avoir escaladé la montagne à pied. Cette excursion était prisée des visiteurs de marque de passage à Trois-Rivières. Pour rentabiliser l'hôtel, Turcotte projetait de construire un tronçon de chemin de fer passant par les chutes entre Les Piles et Trois-Rivières.

Cet édifice a inspiré le roman de Moïsette Olier intitulé L'homme à la physionomie macabre.

Sir Edmund Walker Head (1805-1868) a été gouverneur général du Canada de 1854 à 1861. Son fils John qui s'est noyé dans la rivière Saint-Maurice était l'unique héritier du titre de baron de Head. Cet événement l'a profondément affecté, à tel point qu'il aurait perdu le goût de la politique.

L'annaliste du couvent des Ursulines de Trois-Rivières avait tout faux. Elle a confondu les lieux et les années. La noyade de John Head s'est produite en septembre 1859, près des chutes de Grand-Mère, en amont de Shawinigan. Voici ce qu'en disait le York Herald de Richmond Hill en Ontario :   "We regret to learn that Mr. John Head...," York Herald (Richmond Hill, ON), 30 Sep 1859, p. 2  Notice of the death of the Governor General's son by drowning, near the falls of the Grand Mere, River St. Maurice.

Nous verrons dans un prochain article la description que Napoléon Caron a faite de cet accident dans  son récit intitulé Deux voyages sur le Saint-Maurice.



Au sujet du Château Turcotte, voir Shawinigan depuis 75 ans de Fabien Larochelle.


Modifié le 14 mars 2014.

mardi 28 janvier 2014

La Septuagésime

Il y avait un petit creux dans le calendrier liturgique catholique entre le cycle des fêtes de Noël qui, comme chacun le sait, se termine à l'Épiphanie et celui de Pâques qui commence le Mercredi des cendres. Pour combler ce vide, on inventa donc la Septuagésime, une période liturgique de trois semaines qui précédait le Carême. On s'assurait ainsi que l'attention des fidèles ne se relâchait jamais, du moins pendant la saison froide.

Le premier dimanche de la Septuagésime s'appelait justement la Septuagésime, le deuxième dimanche s'appelait la Sexagésime et le troisième, la Quinquagésime ou Dimanche gras, en référence au Mardi gras qui le suivait.

Que devait-on faire pendant ces trois semaines ? Se mortifier, en attendant de se priver davantage pendant le Carême.

Cette période liturgique a été supprimée par le concile Vatican II.

samedi 11 janvier 2014

Bozo ...

Dans les années d'après-guerre, on suivait dans les journaux les aventures de Bozo, un petit vagabond avec un cigare au bec. Ses histoires sans dialogues étaient brèves, seulement trois cases pour amener un punch final à la quatrième.

Bozo a été créé au début des années 1920 dans le Richmond Times en Virginie. Il est devenu une des bandes dessinées les plus populaires des journaux en Occident de 1945 à 1955, année du décès de son créateur Francis Xavier "Foxo" Reardon.

Les deux épisodes suivants ont été publiés dans La Voix de Shawinigan du vendredi 5 janvier 1951. Le premier est un exemple classique des anciens « comic strips » qui se terminaient souvent par une poursuite. Le deuxième, avec la lampe et la boîte de chocolat, est un petit chef-d'oeuvre de concision en quatre images : rien à ajouter ni à enlever.

Cliquezr sur l'image pour l'agrandir

dimanche 22 décembre 2013

Le vrai sens de la fête de Noël

Entre la commercialisation à outrance d'aujourd'hui et la célébration religieuse d'autrefois, comment trouver le vrai sens de la fête de Noël ?

La réponse se trouve peut-être dans cet entrefilet du 19 décembre 1951 publié dans Les Chutes de Shawinigan :
« La joie est sur toutes les figures ... les chants de Noël retentissent dans les airs ... les sapins chargés d'étoiles abritent les gages touchants de l'amour et de l'amitié humaine ... c'est Noël. Mais le vrai Noël au fond de nous-mêmes ... c'est la bonté qui doit nous animer tous les jours de notre vie ... la recherche constante de l'harmonie et le respect des opinions d'autrui ... la volonté de nous aimer les uns et les autres en vue de notre commun destin ... ce bon vouloir qui est la condition de la paix promise à l'homme sur terre. Là est le vrai Noël, le Noël du coeur et de l'âme. »