Affichage des articles dont le libellé est loisirs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est loisirs. Afficher tous les articles

mercredi 31 juillet 2013

Le Roi du Spaghetti

Au Québec, dans les années 1950, les Rois de la Patate (frite) étaient légions, mais il n'y avait qu'un seul et unique Roi du Spaghetti, qui régnait sur la nouille italienne.

Son royaume était situé au 135, 4e rue, à Shawinigan. Le Roi du Spaghetti était selon l'annonce : « Le restaurant le plus fashionable et le plus fréquenté en ville. » (La Voix de Shawinigan, 2 novembre 1955).


Il était aussi le monarque des sports, un commanditaire des compétitions de hockey sur glace, de canot et de bowling.

Le hockey

Au hockey, le Roi écrasait ses adversaires : « Devant une foule que l'on estime à environ 1000 personnes, Le Roi du Spaghetti a déclassé le club St-Tite au formidable pointage de 20 à 6. Le St-Tite fut complètement déclassé dès la première période. Les joueurs du Roi du Spaghetti ont affiché trop de fini pour leurs jeunes adversaires qui, au fur et à mesure que la saison avance, prendront de l'expérience. » (Les Chutes de Shawinigan, 21 novembre 1951).

La grande vedette du Roi du Spaghetti était un nommé St-Pierre qui a obtenu 6 buts et 3 passes contre le St-Tite.




En 1954, la boutique de vêtements Doyon, de la rue Saint-Marc en haute-ville, était le dernier obstacle dans sa course au championnat : « Les éliminatoires de la Ligue intermédiaire de Shawinigan ont commencé mardi soir dernier alors que l'équipe Le Roi du Spaghetti rencontrait le Doyon Vêtements. Les hommes de Guy Boucher qui avaient terminé en première position du circuit Gignac ont remporté la victoire par 7 à 1. » (La Voix de Shawinigan, 26 février 1954).

Le Roi du Spaghetti, renommé The Spaghetti King pour l'occasion, était aussi suivi par le journal anglophone de Shawinigan : « The second annual Independant Hockey Tournament, sponsored by the Shawinigan Arena, got under way here Sunday afternoon when The Spaghetti King players, sparked by St-Pierre with five goals, trounced the shorthanded Belleville Knitting team, of Three Rivers 13-2. » (The Shawinigan Standard, 28 mars 1951).

La course de canots

En 1949, les canotiers du Roi du Spaghetti, Paul Vallières et Claude Bronsard, ont participé à la Classique Internationale de Canots sur la rivière Saint-Maurice. Mais l'histoire ne dit pas s'ils ont réussi à terminer cette compétition éprouvante organisée par le Club Nautique de Shawinigan : « À Shawinigan, plus de 15000 personnes attendaient la fin de la course sur le boulevard Saint-Maurice. L'Union musicale de Shawinigan faisait les frais de la musique en attendant les 14 équipes qui étaient encore dans la course. De nouveau l'équipe américaine formée de Estes et Jensen arriva en première place. » (La Voix de Shawinigan, 4 août 1950).


Le bowling

Le Roi du Spaghetti régnait aussi sur les tournois de petites quilles du Shawinigan Bowling Academy : « Jean-Paul Bellemare a roulé un simple de 201 et a gagné le spaghetti offert par le populaire sportif Hervé Roy, propriétaire du Roi du Spaghetti. »  (La Voix de Shawinigan, 9 novembre 1951).


Un royaume éphémère

La première mention que j'ai trouvée du Roi du Spaghetti de la 4e rue à Shawinigan date du mois d'août 1949 et la dernière, du 2 novembre 1955. 


Cette annonce est tirée du Programme-souvenir du 21e festival annuel de l'Association des fanfares amateurs de la Province de Québec, les 2 et 3 juin 1951, à l'occasion du 50e anniversaire de la Cité de Shawinigan Falls.

lundi 18 février 2013

Le Lac McLaren

La Mauricie est un pays de lacs. On en trouve des dizaines au nord de la ville de Shawinigan. Aujourd'hui, ceux qui n'ont pas été intégrés au Parc national de la Mauricie sont entourés de résidences cossues, habitées à l'année.

Certains de ces lacs étaient autrefois accessibles aux familles ouvrières et quelques-uns le sont encore. Dans les années 1940-1960, les clubs sociaux des usines, les fabriques des paroisses et les communautés religieuses s'étaient constitué de petits domaines lacustres pour les loisirs de leurs membres.

Le Lac McLaren, situé à 18 mille au nord de Shawinigan, appartenait à la Ligue ouvrière catholique (LOC) de la paroisse du Christ-Roi de Shawinigan. Le nom vient peut-être de James McLaren qui avait des concessions forestières dans la région. Ce n'est qu'une hypothèse. Le lac était encore sauvage quand il été acquis par la LOC en 1946 et aménagé par des bénévoles de cet organisme. Au début, la route pour s'y rendre était un chemin de terre étroit et sinueux.

De petits chalets, numérotés de 1 à 12, étaient loués aux familles des membres de la LOC, pour une semaine ou deux. On y retrouvait donc à peu près les mêmes familles à chaque été.

Un des petits chalets rustiques du Lac McLaren

Ces chalets étaient très rustiques, mais quand même confortables, du moins aux yeux d'un enfant. Les mamans avaient peut-être une opinion différente. Elles faisaient la cuisine sur des poêles au naphta et on s'éclairait avec des lanternes qui brûlaient aussi du naphta. Les latrines, nommées bécosses, étaient situées à l'extérieur des chalets.

Comme il n'y avait pas d'électricité ni de gaz, il fallait acheter de gros blocs de glace pour conserver les aliments. Ces blocs, coupés dans la Rivière Shawinigan et conservés sous du bran de scie, étaient emballés dans du papier journal. C'était une glace très dense qui durait plusieurs jours, dans les anciennes glacières verticales, s'il ne faisait pas trop chaud. Le vendeur de glace extrayait lui-même les blocs durant l'hiver et les entreposait jusqu'à l'été pour les vendre aux vacanciers.

Un chalet, plus grand que les autres, était réservé à l'aumônier du lac, l'abbé Gaston Gélinas (1922-2004), un Père du Très-Saint-Sacrement, cousin du dramaturge Gratien Gélinas. Il était aussi l'aumônier de la troupe des scouts du Christ-Roi qui tenait des camps d'été au Lac McLaren. Le Père Gélinas disait sa messe dans une petite chapelle en bois construite près du barrage de la décharge du lac, qu'on appelait la dam.

Hubert Saintonge et le Père Gélinas sur la dam devant la chapelle

Le Lac McLaren était un paradis pour les enfants : se baigner, pêcher des menés à la serviette, se promener en chaloupe, chasser les mulots dans les chalets, chercher de l'eau de source à la grotte de la Vierge. Cette grotte, située sur le bord du lac et accessible par un sentier, était une imitation de celle que l'on voyait  au sanctuaire Notre-Dame du Cap.  La religion était partout à cette époque.  Je me souviens aussi qu'il y avait un lac de castors que l'on apercevait en chaloupe, en amont du Lac MacLaren. L'endroit était demeuré très naturel.

La grotte de la Vierge

À la Saint-Jean, des bénévoles construisaient un énorme feu de joie avec des conifères entiers. Il y avait aussi une épluchette de blé d'Inde annuelle, en plein air.

Plus tard, à la fin des années 1960, quand les structures paroissiales ont commencé à se désagréger, le lac a changé de vocation. Quand j'y suis allé pour la dernière fois avec les scouts à l'été 1968, c'était devenu un terrain de camping moderne, ouvert à tous, avec un snack bar. La route avait été élargie.

Je crois que l'endroit est encore géré par un organisme sans but lucratif qui a pris la relève de la LOC.

Voir aussi sur ce blog : Monastère et vie paroissiale

mercredi 20 juillet 2011

Un tour de machine à la Caillette

Une carte postale qui date du début des années soixante. Elle montre une photographie de l'intérieur d'une véritable institution, le fameux restaurant Caillette qui était situé sur la vieille route 2 (aujourd'hui la 138) à Maskinongé. Il est écrit au verso de la carte : « L'endroit le plus original au Québec - Service chaud et froid ». Elle a été publiée par le Studio St-Cyr de Trois-Rivières.


C'était à l'époque l'une des destinations préférées des familles de la Mauricie lors des « tours de machine » ou ballades en auto du dimanche. On s'y arrêtait pour la crème glacée et autres milk shakes, mais surtout  pour le fromage frais « en crottes ». Le thème de la décoration était très clairement la vache, d'où le nom de Caillette : têtes de vaches qui dodelinaient sur les murs, plancher et comptoirs à motifs de peau de vache, cornes et queues de ruminants pendues au plafond.

Avec le recul, je dirais que c'était évidemment quétaine, mais surtout très amusant. Aussi, le modernisme impressionnait les enfants : l'air climatisé et les portes automatiques qui s'ouvraient toutes seules quand on les approchait étaient des nouveautés au début des années soixante. Sans parler des grosses vaches mécaniques grandeur nature qui se trémoussaient en beuglant.

Voici une seconde carte postale qui présente quatre photos de la Caillette. Le même slogan est écrit au verso : « L'endroit le plus original au Québec ». Cette carte a été publiée par la société UNIC de Montréal.


Ajout  du 15 août 2012 : Le restaurant est ouvert. Il conserve plusieurs éléments de l'ancienne décoration, mais ne porte plus le nom de Caillette.