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vendredi 9 août 2013

Le pain tranché

Où il est question de l'invention du pain tranché, du quart de pain de Shawinigan, du Petit Michel, du pain sur la sole et de la consolidation de l'industrie du pain.

L'invention du pain tranché

On dit parfois d'une personne peu futée qu'elle n'a pas inventé le pain tranché. Mais cette invention du pain tranché a-t-elle précédé (a) ou suivi (b) celle du grille-pain ? La bonne réponse est (b) : le pain tranché a été inventé dans les années 1920 pour faciliter l'alimentation de l'appareil commercialisé quelques années plus tôt. Le pain coupé à la main avait fâcheusement tendance à s'accrocher dans les fentes du grille-pain.

Le quart de pain

Dans la région de Shawinigan, on nomme encore aujourd'hui le pain de mie tranché « quart de pain ». J'ignore l'origine de cette expression. Peut-être cuisait-on autrefois le pain dans un moule à quatre miches dont chacune était le quart. Ou encore, était-ce une question de poids réglementaire ? Je trouverai bien la réponse un jour.


Le Petit Michel

Le pain tranché le plus vendu en Mauricie dans les années 1950-1960 s'appelait Le petit Michel. On voyait sur le sac de plastique le visage poupin d'un petit garçon. Ce nom venait, je crois, du titre d'une chanson populaire de l'artiste country Willie Lamothe, intitulée Allö, allô petit Michel. Vous pouvez l'écouter sur ce site, si jamais le coeur vous en dit.



Le pain sua sole

Si je me souviens bien, Le petit Michel était cuit au Cap-de-la-Madeleine, dans un vieil édifice qui sentait bon le pain. Mes parents s'y arrêtaient en passant pour acheter du pain sur la sole, lors des visites au Sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap.

On appelait pain sur la sole (prononcer pain sua sole) celui qui était cuit à l'ancienne, directement sur la sole du four, par opposition aux pains industriels cuits sur des plaques ou dans des fours rotatifs. Le pain sua sole de mon enfance était un gros pain au lait moelleux à croute épaisse, non tranché, qui rappelait le pain de ménage d'autrefois cuit dans des fours artisanaux à la campagne. Il accompagnait les fèves au lard cuites elles aussi sua sole.



La consolidation du pain

Les pains de mon enfance ont été avalés par le géant Multi-Marques de Montréal qui contrôle aujourd'hui plus de 60 % du marché au Québec. À son tour, Multi-Marques a suscité l'appétit d'encore plus gros qu'elle, Les Aliments Maple Leaf de Toronto (voir La boulangerie Multi-Marques sous le contrôle de Maple Leaf).

mercredi 7 août 2013

L'épluchette

L'épluchette de blé d'Inde est une tradition qui nous viendrait des Amérindiens. Autrefois, à la campagne, les parents, les voisins, les amis se réunissaient au mois d'août dans une grange pour éplucher le maïs. Un des épis contenait un pigment rouge. Celui ou celle qui le trouvait embrassait la personne de son choix. Ce pouvait être une occasion de déclarer son amour.

La chanson L'épluchette a été composée par Albert Larieu. Elle a été enregistrée sur 78 tours par Simone Quesnel, contralto, et Albert Viau, baryton, sur étiquette Bluebird vers 1941. Vous pouvez l'écouter sur le site des enregistrements sonores de BANQ.

J'ai trouvé les paroles et la partition de cette chanson dans le premier cahier de La Bonne chanson publié en 1938. L'image au bas de la page est une gravure de 1917 d'Edmond Joseph Massicotte intitulée Une épluchette de blé d'Inde.


samedi 3 août 2013

Le ténor Dosithé Boisvert

Le ténor Dosithé Boisvert a donné quelques récitals en Mauricie et à Montréal au cours des années 1950, notamment comme soliste invité de la chorale Les disciples de Massenet avec Maureen Forrester. Il avait donc amorcé une carrière prometteuse qu'il n'a pu poursuivre bien longtemps puisqu'il est décédé à l'âge de 39 ans, en 1962.


On a mis en ligne sur Youtube quelques-unes de ses interprétations : un extrait de la Tosca de Pucini, Catari de Salvatore Cardillo et Le chant hindou de Blemberg.  Il avait une très belle voix.

Joseph Eugène Dosithée Boisvert est né le 24 février 1923 à Grand-Mère, fils de Thomas et de Marie-Anne Lacerte. Il s'est marié à 19 ans avec Rita Lacoursière, fille de Romulus et d'Anna Normandin, le 11 mai 1942 au Cap-de-la-Madeleine. Ils ont eu deux fils qui ont été baptisés dans la paroisse Saint-Marc de Shawinigan en 1943 et 1946. En 1957, le couple habite à Saint-Denis-sur-Richelieu où Boisvert occupe un poste de commis.

Dosithé Boisvert a participé à un concert donné à l'Auditorium de Shawinigan, le dimanche 3 juin 1951, dans le cadre des festivités du 50e anniversaire de la ville. Selon le programme souvenir, il avait alors chanté For you alone (Für dich allein) de Harry E. Geehl et La Danza de Rossini, accompagné par l'Union Musicale de Shawinigan dirigée par Philippe Filion.

En janvier 1950, le journal La Voix de Shawinigan a couvert ses débuts en concert dans des écoles de Shawinigan. Son professeur de chant, Madame Olga (et non Iga) Kondakova, l'accompagnait au piano.

La Voix de Shawinigan, 20 janvier 1950
Sa femme Rita Lacoursière s'est remariée avec Jean Desilets le 6 avril 1974 au Cap-de-la-Madeleine. Elle est décédée le 14 octobre 2004 à Saint-Antoine sur Richelieu, à l'âge de 80 ans.

Mis à jour le 10 janvier 2014.

mardi 4 décembre 2012

Le juke-box infernal

En octobre 1951, lors d'une conférence du Club Richelieu de Shawinigan, M. Jean Charbonneau, directeur des Chanteurs Lavallée-Smith, exposait les méfaits de la musique lascive. Il a dénoncé les grands dangers que présentent pour notre jeunesse les infernales boîtes musicales qu'on trouve dans les restaurants et autres endroits publics :
« Vous vous occupez de l'enfance malheureuse, a dit M. Charbonneau à ses auditeurs. C'est vraiment un malheur pour l'enfance que de subir cette déformation de notre mentalité due à ces machines musicales infernales. Les enfants aiment la musique et ne demandent qu'à entendre et connaître la meilleure musique. Aidez, par vos efforts, à faire disparaître cette menace de déformation qui plane sur notre jeunesse. Car il faut vivre sa vie au point de vue spirituelle (sic), et ce n'est pas avec la musique la plus sensuelle que nous y arriverons. » (Les Chutes de Shawinigan, 31 octobre 1951)


Le juke-box ci-dessus est un modèle ancien qui jouait des 78 tours. On le plaçait au milieu du  restaurant. Celui qui y mettait une pièce imposait son choix musical à toute l'assemblée. Des clients pouvaient s'attrouper, se rencontrer et même danser devant le juke-box, comme le chantaient si justement Akim et Sheila en 1965 :

 
Akim et Sheila - Devant le Juke Box par Galaxiestarwars

Le juke-box à 45 tours est apparu au début des années 1950. Grâce au format plus petit des disques, il devint possible de réduire la taille de l'appareil pour le placer sur les tables des restaurants. Chaque client pouvait désormais choisir sa propre musique qui se mêlait quand même un peu à celles des tables voisines.


Les juke-box sont disparus des lieux publics vers le milieu des années 1970. 

mardi 16 octobre 2012

Les Fameux Cadets

Dans un article sur les drums corps de Shawinigan (voir Tambours et clairons sur ce blog), j'écrivais que les Cadets de Shawinigan avaient un sens du marketing particulièrement aiguisé.

Voici une carte postale représentant cet ensemble qui a été très actif au Québec dans les années 1960.


Il est écrit au verso de la carte : « Les Fameux Cadets de Shawinigan, le corps de cadets le plus populaire au Canada, est un ensemble musical formé de tambours, trompettes et trombones. Grâce au dynamisme dont ils font preuve durant les défilés et à l'éclatante jeunesse de leurs spectacles, ils savent soulever l'enthousiasme des foules et provoquer leur admiration. »



En septembre 1960, ils ont attiré l'attention et soulevé l'enthousiasme des foules en organisant un spectacle de musique dans un piscine municipale de Shawinigan. Cette photo a été publiée dans le journal Le Nouvelliste de Trois-Rivières.

Voici une autre carte postale des Cadets de Shawinigan. La photo a été prse dans la côte de Shawinigan-Sud. On voit la ville de Shawinigan en arrière-plan. Il est écrit au verso : « Le Fameux corps des Cadets de Shawinigan qui se distingue au pays et à l'étranger par sa brillante tenue lors des spectacles et des parades qu'il présente. »


Cette carte a été éditée par Benjamin News Co. de Montréal. Celle présentée plus haut a été éditée par Jean Garceau de Shawinigan.

Voir aussi sur ce blog : Les Majorettes Robin-des-bois.

mardi 25 septembre 2012

Les Majorettes Robin-des-Bois

Voici une photo du corps de tambours et clairons le plus rigolo de la région : Les Majorettes Robin-des-Bois du Cap-de-la-Madeleine.

Majorettes Robin-des-Bois du Cap-de-la-Madeleine

Un article du journal Le Portage de l'Assomption daté du 23 mai 1963 annonçait la venue du groupe dans cette ville :  
Ce corps a été formé en août 1961. Par la suite, chaque majorette a suivi un cours de solfège afin de se qualifier pour le choix d'un instrument. Toutes les harmonisations sont faites selon les règles les plus strictes de l'harmonie musicale. Le costume des majorettes est le costume réel de Robin des Bois. Ne manquez pas de voir évoluer ce spectaculaire corps de majorettes à l'aréna le 1er juin.
Le 7 avril 1966, elles étaient à Val-d'Or, comme le rapporte le Val d'Or Star. Cette année-là, elles ont présenté leur chorégraphie à la compétition annuelle de Rouyn-Noranda.

Voir aussi sur ce blog : Les Fameux Cadets de Shawinigan.

lundi 24 septembre 2012

Tambours et clairons

Les corps de tambours et clairons ont connu une très grande popularité au Canada à la fin des années 1950 et au début des années 1960. C'est une mode qui nous est venue des États-Unis. On utilise souvent l'expression anglaise « drum corps » pour désigner ces ensembles où les musiciens jouent en marchant. Les gens se déplaçaient en grand nombre pour entendre leur musique et aussi pour admirer les majorettes.

Des majorettes américaines

Ces drum corps ont surgi en grand nombre à la fin des années 1950 et la plupart d'entre eux ont eu une vie bien éphémère. On pourrait facilement établir un parallèle avec la prolifération subite des groupes yéyés au début des années 1960.

Selon Louis-Georges Pellerin, qui a dirigé Les Majorettes de Shawinigan pendant trente ans, la ville a été le berceau du mouvement des drum corps  au Québec. Il y aurait eu seize de ces ensembles musicaux à Shawinigan entre 1960 et 1965, soit presque autant que dans tout le Québec d'aujourd'hui. Ces groupes participaient à des compétitions annuelles aux niveaux québécois, canadien et nord-américain. 

Dans Shawinigan depuis 75 ans, Fabien Larochelle raconte que la ville a été l'hôtesse de plusieurs de ces compétitions dans le cadre de la Classique internationale de Canots. Larochelle compte neuf ensembles à Shawinigan au début des années 1960 et non pas seize, ce qui est quand même considérable compte tenu de la population de la ville.

Quelques-uns de ces ensembles ont acquis une certaine notoriété. J'ai amassé des informations sur les cinq formations les plus connues : Les MajorettesLes Grenadiers-Kiwanis, Les Cadets de Shawinigan, Les Optimistes et Les Ambassadrices. 

Les Majorettes de Shawinigan (1957-1987) aurait été le premier groupe féminin du genre au Québec. L'ensemble a été fondé le 17 avril 1957, sous le nom de Roxyettes, par Louis-Georges Pellerin, Jacques Pellerin, Lucille et René Hétu. On comprend pourquoi le nom a été changé après quelques mois pour celui de Majorettes. C'est le groupe qui a duré le plus longtemps, trente ans avec plus ou moins les mêmes dirigeants. Les Majorettes ont été très actives dans les compétitions au début des années 1960, avec plus ou moins de succès. Elles se sont faites plus discrètes par le suite, mettant surtout l'accent sur la formation musicale des jeunes filles. Elles étaient très connues dans la région de Shawinigan où elles participaient à toutes les cérémonies et parades. C'était le groupe des grandes occasions. Curieusement, on trouve aujourd'hui peu de photos de cet ensemble sur internet. Ceux qui en possèdent devraient y remédier.


Les Majorettes en 1957

Le journal L'Action populaire du mercredi 6 février 1963 nous apprend que Les Majorettes de Shawinigan, édition 1961-1962, étaient formées de : « 1 tambour-major, des couleurs, 10 porte-drapeaux, 2 carabines, 2 épées, 1 tambour-major en chef, 4 tambours, 2 bongos, 2 tampanizes, 2 grosses caisses, 2 cymbales et 30 buggles avec coulisse ». Dans le jargon des drum corps, le mot couleurs désignait les danseurs et gymnastes intégrés à la chorégraphie.

Les Grenadiers Kiwanis (1960 - ?) ont été fondés par François Guay le 28 mai 1960 et ont effectué leur première parade lors des célébrations de la Saint-Jean-Baptiste, un mois plus tard. Ils ont été commandités par le Club Kiwanis, à compter de 1962. C'était sans aucun doute le meilleur ensemble de Shawinigan. Ils ont gagné de nombreux concours au Canada et aux États-Unis, dont quatre championnats provinciaux consécutifs de 1963 à 1966. Le 23 juin 1962, ils organisaient un spectacle nommé « Tambourama » à l'aréna de Shawinigan, en compagnies de plusieurs ensembles de la région, avec l'intention d'en faire un événement annuel.  Le groupe a participé aux cérémonies du vingtième anniversaire de Radio-Canada en 1972. C'est la dernière mention d'eux que j'ai trouvée.

Cliquer pour voir l'image en taille réelle
Les Grenadiers Kiwanis
Les Grenadiers Kiwanis avaient deux traits distinctifs. Pendant les premières années, ils portaient deux drapeaux blancs avec des points d'interrogation noirs pour dénoncer l'absence de drapeau national au Canada. Deuxième particularité : à compter de 1964, leur ligne de couleurs (danse et gymnastique) était formée de douze demoiselles. Le journaliste Michel Auger, qui a été membre de cette formation, racontait que la principale motivation des Grenadiers était de prouver aux filles de Shawinigan qu'ils étaient les meilleurs. C'étaient des adolescents.

Dans un style complètement différent, Les Cadets de Shawinigan-Sud (1957- ?) ont été fondés par Jacques Thomassin, lieutenant du 62e Régiment d'artillerie de Shawinigan. Les participants étaient des cadets de l'armée, du moins à leurs débuts. Ils se surnommaient eux-même modestement Les Fameux Cadets de Shawinigan. Ce groupe avait un sens aiguisé du marketing : culottes très courtes, spectacle dans une piscine, cartes postales avec leurs photos, etc. Ils étaient invités partout au Québec et ont fait deux tournées en Europe. Les Cadets étaient âgés de 10 à 17 ans. Les plus jeunes faisaient partie de l'ensemble Les Bambinos qui assurait la relève. Les Cadets ont cessé brusquement leurs activités à la fin des années 1960. À son apogée, l'organisation très bien structurée comptait une centaine de jeunes.
 
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Les fameux Cadets de Shawinigan

Les deux ensembles suivants ont été fondés par Rosaire Chamberland de Shawinigan-Est et ont été commandités par le Club Optimiste de Shawinigan : Les Cadets de l'Assomption (1959 - ?) et Les Ambassadrices (1960 - ?). Les Ambassadrices, moins connues que Les Majorettes, étaient le seul autre groupe féminin de Shawinigan. Elles ont évolué pendant cinq ou six ans. Les Cadets de l'Assomption n'ont pas duré plus longtemps. Les journaux de l'époque rapportent leur participation à des concours et des spectacles locaux. Ils ont changé de nom après quelques années pour s'appeler Les Optimistes de Shawinigan, commandite oblige.

Les Majorettes ou les Roxyettes? Non, les Ambassadrices!Cliquer pour voir l'image en taille réelle
Les Ambassadrices et Les Optimistes de Shawinigan

La photo des Ambassadrices a été prises à côté de l'église de l'Assomption, ce qui illustre bien leur appartenance à la paroisse du même nom, autrefois appelée Shawinigan-Est.

vendredi 2 mars 2012

La musique de Monsieur Chatillon

Cathédrale de Nicolet en 1890
Octave Hardy dit Chatillon (1831-1906) a été professeur de musique au collège de Nicolet pendant une quarantaine d'années et organiste à la cathédrale de cette ville. Selon Louis Caron : c'était un personnage de haute taille et d'allure martiale, à la tête couronnée d'une chevelure léontine et dont le visage s'enveloppait d'une épaisse barbe descendant en pointes sur la poitrine.

Il a surtout composé de la musique religieuse. On lui doit six messes, cinq cantates, des motets, des choeurs et diverses oeuvres écrites pour certains instruments. Signalons une musique pour flûte, clarinette et violoncelle dont les pièces sont intitulées : Les chutes de Shawinigan, Les Forges, Le voyage de noces, Promenades, Le Saint-Maurice et Voyage en train. Un enregistrement réalisé par son arrière-petit-fils Jean Chatillon est disponible aux BANQ.

On trouve dans Le Journal des Trois-Rivières du 28 décembre 1866 le compte-rendu d'une fête au collège de Nicolet au cours de laquelle Octave Chatillon assurait la partie musicale :
« La St-Thomas a été célébrée au collège de Nicolet avec le même entrain et la même pompe que dans les années précédentes. Et certes, il ne pouvait en être autrement, car les élèves de cette institution chôment la fête patronale de leur supérieur, de Monsieur le Grand-Vicaire Thomas Caron, de cet homme de bien qui, depuis vingt-huit ans, se consume, avec un dévouement sans égal, dans l’oeuvre de l’éducation de l’esprit et du coeur de la jeunesse du pays. Il y avait à la séance du soir une vingtaine des messieurs du clergé du diocèse et une foule extraordinaire de laïques toujours avides de cette fête.

 On a joué les “deux captifs”, et on a remporté dans cette pièce un succès remarquable. Plusieurs des acteurs se sont révélés au public comme des orateurs puissants. La comédie “foin et paille” a excité à plusieurs reprises les rires de toute l’assemblée. La musique et le chant ont été ravissants comme toujours sous la direction d’un violoniste aussi habile que l’est Monsieur de Châtillon. »

L'article du Journal des Trois-Rivières est tiré des Bases de données en histoire de la Mauricie. La photo de la cathédrale de Nicolet provient de la collection des BANQ.

vendredi 29 juillet 2011

Le vrai Ruteboeuf

Léo Ferré (1916-1992)
La très belle chanson Pauvre Ruteboeuf de Léo Ferré (Que sont mes amis devenus) est constituée d'extraits, traduits en français moderne, de deux poèmes de Ruteboeuf (1230-1280) dans lesquels l'auteur se plaint de sa pauvre condition : Le Dit de la Griesche d'hiver et La complainte.  

Mais la traduction de Ferré, qui date de 1955, n'est pas toujours fidèle au texte original. Voici un extrait du Pauvre Ruteboeuf de Ferré :

Et droit sur moi quand bise vente 
Le vent me vient, le vent me vente

Et le texte original du Dit de la Griesche d'hiver qui prend un sens assez différent:

Et froit au cul quant byze vente:
Li vens me vient, li vens m'esvente
Et trop souvent
Plusors foïes sent le vent.

On peut entendre l'interprétation de Ferré sur Youtube. Une dizaine d'autres artistes l'ont chantée dont Joan Baez, dans une version folk, et Claude Dubois, dans une version plus rock.

dimanche 12 décembre 2010

Mes meilleurs disques de Noël

Marie-Michel Desrosiers chante les classiques de Noël avec l'Orchestre Symphonique Tchèque dirigé par Jacques Lacombe, réalisé par André Gagnon, Audiogram ADCD10100, 1996.  La belle voix de Marie-Michelle Desrosiers, autrefois chanteuse du groupe Beau Dommage, convient parfaitement au répertoire de Noël. Onze classiques plus une berceuse allemande intitulée Wiengenlied. À ne pas confondre avec un autre disque de Noël de Marie-Michelle Desrosiers enregistré avec le Choeur de l'Armée rouge qui est moins réussi. Je crois que le travail d'André Gagnon à la réalisation y est pour beaucoup dans la beauté de cet album de Noël.

Sarah McLachlan Wintersong, produit et réalisé par Pierre Marchand, Tyde Music 0 6700 30621 2 1, 2006. Happy Christmas (War is over) de John Lennon, River  de Joni Mitchell, What Child is this?  (une variation de Greensleeves), Song for a Winter Night de Gordon Lighfoot et plusieurs airs traditionnels qu'elle a arrangés à la façon McLachlan avec le vibrato dans sa voix qui donne à l'enregistrement une couleur folk celtique. Elle a déjà vendu plus d'un million d'exemplaires de cet album. Pierre Marchand, de Montréal, a produit tous les albums de Sarah McLachlan depuis 1991.


Rossmarin Oyez! La Nouvelle, réalisation de Claude Gagnon, et Rossmarin, ATMA ATM 2 9718.  Un disque moins connu que les précédents. Deux  membres de l'ensemble Anonymus, Guy Ross (luth et chant) et Alfred Marin (viole de gambe et chant), interprètent des chansons profanes et des cantiques religieux de la Renaissance française (seizième et dix-septième siècles), dont Noël Nouvelet. La plupart des pièces sont anonymes. Pour ajouter un peu de variété dans le  répertoire des Fêtes : Je me suis levé par un matinet, Une vierge pucelle, Promptement levez-vous mon voisin,  Le triste état de cette pauvre étable, etc.

André Gagnon, Noël avec l'Orchestre Philarmonique de Prague dirigé par Mario Klemens, arrangements et orchestration d'André Gagnon, Les disques Star STR-CD-8038. Disque platine enregistré à Prague en 1992. Félix du meilleur album instrumental en 1993. Un de ses meilleurs disques. André Gagnon interprète au piano des classiques et quelques airs moins connus : Bel astre, La ronde des bergers, La Vierge à la crèche. Arrangements originaux. Une musique douce au tempo lent qui crée une ambiance nostalgique.

Nat King Cole, The chrismas song, Capitol Records 09463-31227-2-7. La magnifique voix et le piano de Nat King Cole (1919-1965). La plupart des enregistrements de cet album datent des années 1960. Son titre original était The Magic of Christmas. La chanson Christmas song de Mel Tormé (chestnuts roasting on an open fire) est présentée en trois versions : celle de 1961, un duo virtuel avec sa fille Nathalie Cole enregistré en 1998, de même qu'une version plus ancienne du Nat King Cole Trio en 1946.
Thomas Hampson, International Christmas Carols avec The Saint Paul Chamber Orchestra dirigé par Hugh Wolff, Teldec 9031-73135-2. La voix de baryton de Thomas Hampson convient particulièrement aux interprétations de chants traditionnels allemands qui constituent près de la moitié des pièces de ce disque. Il nous rappelle que le Noël profane était au départ une tradition germanique. Aussi quelques cantiques religieux en latin et des pièces du répertoire américain. Malheureusement, le Minuit Chrétiens ! , un cantique du répertoire français, est chanté en anglais : O Holy Night !

Barbara Hendricks, chante Noël avec le Choeur de chambre Eric Ericson, un choeur d'enfants et l'Orchestre de chambre de Stckolm, EMI Classics 7243 5 55387 2 7. La soprano d'origine américaine, qui vit en Suisse, a enregistré en 1995 ce disque de Noêl international et polyglotte. Trentre-trois pièces interprétées en français (6), en allemand, en espagnol, en anglais, en italien, en flamand, en tchèque et en danois, notamment. Seize de ces chants sont fusionnés dans quatre "International Medleys". À signaler : le gospel Sweet Little Jesus Boy a capella. Des airs très connus, mais aussi d'autres que j'ai entendus pour la première fois sur ce disque. Barbara Hendricks chante très bien en français en roulant joliment ses "r". Belle interprétation (bilingue) du Minuit Chrétiens ! accompagnée à l'orgue. La présence des choeurs ajoute beaucoup à l'ensemble.



Mise à jour le 16 décembre 2014.