jeudi 31 mars 2011

Un enfant sauvage de la Cadie

Un acte de sépulture qui m'a beaucoup intrigué. Le 23 septembre 1760, le curé de Yamachiche donne la sépulture à «un enfant sauvage de la Cadie dont le nom était inconnu à celui qui l'a apporté à l'église, de père et mère sauvage mariés ensemble, âgé d'environ 1 mois." 

Si l'enfant était inconnu, comment celui qui l'a apporté savait-il qu'il venait de l'Acadie et que ses parents étaient mariés ? Comment un enfant d'un mois pouvait-il se retrouver seul, sans ses parents, si loin de son pays ?

On sait que des familles de réfugiés acadiens sont arrivés à Yamachiche à cette époque. Les Amérindiens qui vivaient en Acadie étaient des Micmacs, des alliés de la France contre l'Angleterre. Les parents de cet enfant ont peut-être accompagné des Acadiens dans leur exil.


dimanche 13 mars 2011

Les funérailles d'un scout


Le 27 juillet 1966. C'était l'âge d'or du mouvement scout au Québec. Il y avait une troupe dans chacune des paroisses. Sur la photo ci-haut, on voit une haie d'honneur de jeunes scouts aux funérailles de l'abbé Raymond Mercier qui était, si je me souviens bien, l'aumônier du mouvement dans le diocèse de Trois-Rivières. Le service funèbre a eu lieu à l'église Saint-Marc de Shawinigan. J'étais le deuxième de la rangée de droite.

Voir aussi Le scout catholique et Une vieille chanson scoute

mercredi 9 mars 2011

La peste russe romancée

La dernière manifestation de la peste en Europe s'est produite en 1878-1879 en Russie, dans la région d'Astrakhan sur les rives de la Volga. Le bacille était originaire de la Mésopotamie (Irak).  Environ 400 personnes seraient mortes de cette maladie entre novembre 1878 et janvier 1879, la plupart dans le village de Vetlanka. La nouvelle du retour de la peste avait terrifié les populations européennes. Des mesures avaient été prises pour empêcher sa propagation en fermant les frontières avec la Russie. 

Au Canada comme en Europe, les journaux ont couvert cet événement à leur façon, en exagérant ses effets, faisant partager à leurs lecteurs les craintes qu'inspirait la peste russe. En février 1879, le journal La Patrie a offert un récit romancé de l'origine  et de la propagation de la maladie. Selon cette version, la fiancée d'un soldat tartare aurait déclenché l'épidémie en dansant devant ses amis vêtue d'un châle infecté :
La peste fait des ravages terribles et s'est répandue dans les provinces méridionales. Les personnes atteintes ne vivent ordinairement que deux heures. Des milliers et des milliers de victimes ont succombé depuis quelques semaines. Tous les médecins sont morts dans l'espace de 24 heures après leur arrivée. Tous les cadavres sont brulés ainsi que les maisons dans lesquelles les gens meurent. Des villes entières sont dépeuplées. Le gouvernement a placé des cordons de soldats autour des provinces infectées. Sont impitoyablement fusillés tous ceux qui dépassent la ligne de démarcation. Personne ne peut sortir de l'empire. Les gouvernements autrichien et allemand ont placé un double cordon de troupes autour des frontières. Toutes les personnes sortant de la Russie en chemin de fer sont arrêtées à la frontière pour y subir une quarantaine. Les gens sont logés dans des hangars et des granges dépourvus de toute espèce de commodité.

On rapporte que cette peste a été introduite, il y a un mois, par un soldat tartare qui s'était enveloppé d'un châle trouvé sur le cadavre d'un soldat turc. En arrivant à sa ville natale, il fit cadeau de ce châle à sa finacée. Elle s'en enveloppa et se mit à danser dans un appartement où se trouvaient vingt-cinq personnes. Elle est morte au bout de deux heures et au bout de cinq heures les 25 personnes qui se trouvaient avec elle étaient mortes. Dans l'espace de trois jours, la population de la ville composée de 1100 personnes était passée de vie à trépas moins quarante-tois qui avaient pris la fuite. Telle est l'origine de la peste.

Une lettre venant du médecin de la cour de l'empereur dit que le onze du courant, la peste avait quasi terminé ses ravages. Cependant, le gouvernement tient encore strictement en force la loi de la quarantaine.

(Source de l'article : Bibliothèque et Archives nationales du Québec)

L'histoire du châle est tirée d'une dépêche publiée à Londres le 3 février 1879 que l'on peut lire sur ce site. La Patrie a ajouté à ce récit plusieurs détails sensationnels, notamment la danse de la fiancée. Notons que dans cette dépêche la fiancée est morte au bout de deux jours alors qu'elle n'a survécu que deux heures selon La Patrie.

mardi 8 mars 2011

La visite des chantiers (2)

Charles-Théodore Bellemare, issu d'une famille aisée de Yamachiche, a été curé de Shawenegan (Saint-Boniface) de 1875 à 1894. Il entretenait une correspondance suivie avec son homologue Vital Bellemare, prêtre desservant de  la paroisse de Chambray en Normandie (voir La Normandie et le Québec vus du presbytère).

Dans une lettre écrite en février 1888, le curé de Shawenegan décrivait de façon très négative la visite annuelle qu'il devait faire en hiver dans les chantiers (voir La visite des chantiers). Peut-être intimidé par la rudesse des bûcherons et incapable d'établir la communication avec eux, ils les décrivaient alors comme la lie de la société et leur reprochait leur malpropreté.

Source de la photo : florelaurentienne.com

Cinq ans plus tard, son opinion et son attitude envers les bûcherons ont complètement changé.  De hautain qu'il était à son arrivée dans la paroisse, il est devenu plus familier et plus amical avec les fidèles. La visite des chantier est maintenant pour lui une fête et les bûcherons sont devenus de bons lurons qui font leur toilette avant l'arrivée du curé.  Le 16 février 1893, il écrivait à son correspondant normand :
Il est bon de vous dire que nous avons, cet hiver, sur la paroisse deux établissements en pleine forêt pour la coupe du bois. Ce sont deux grandes maisons, basses, la couverture surbaissée, bâties en bois rond, calfeutrées avec de la mousse et des étoupes. L'intérieur est vaste, avec une table d'une quarantaine de pieds de longueur et une rangée de lits à deux étages. Une quarantaine d'hommes occupent chacun de ces chantiers. Un de mes paroissiens, M. Morel, en est le contre-maître et les travaillants sont, pour la plupart de Shawenegan et de Saint-Étienne, ce qui fait qu'en arrivant dans ces chantiers, nous arrivons en pays de connaissance, et nous sommes bien reçus. La journée choisie par le prêtre pour visiter le chantier est annoncée d'avance ; le travail cesse un peu plus tôt et quand nous arrivons, vers 6 heures et demie chaque homme a fait sa toilette et nous commençons de suite les amusements avec tous ces bons lurons. Des contes, des chansons, quelquefois des danses, du violon, nous aident à passer bien agréablement les quelques heures données par encouragement à ces hommes qui peinent toute la journée à travers les neiges et les froids. Ils sont pourtant contents de leur sort, ils sont robustes, nos jeunes Canadiens (ce sont, en partie des jeunes gens), et quand, au printemps vous les voyez revenir du chantier, ils se présentent à vous, gros, gras, le teint plein de feu. S'ils travaillent fort, ils sont en général bien nourris, bien traités. Le lard, le boeuf, les pois, les haricots, la farine de première qualité pour le pain et les pâtisseries sont fournis par le bourgeois et s'il veut avoir des hommes il faut que sa cuisine soit chargée.

... nous arrivons vers 6 heures et demie. Après les salutations d'usage, quelques mots d'entretien avec le bourgeois, M. Ritchie, présent ce soir-là, et avec le contremaître, nous entrons dans la chambre des hommes où les bons chanteurs nous régalent des meilleurs morceaux de leur répertoire. Après les chansons, j'avise un mien cousin qui , comme moi, s'appelle Charles Bellemare, de nous conter quelques contes. Vous dire l'aspect du chantier quand je leur annonçai que Charles allait nous conter un conte, c'est un peu difficile. Nos Canadiens aiment les contes et l'on écoute le contenu comme à l'église l'on écoute le prêcheur. La renommée de Charles est bien connue, aussi dès que je leur annonçai qu'il avait donné son consentement, chacun de quitter sa place et de venir entourer mon homme, les uns s'asseyant sur les tables, les autres par terre, tous se plaçant de manière à avoir le conteur en vue, et Charles de commencer, avec son grand sérieux et son air de brigand ; mais le sérieux ne dura pas longtemps : Charles est un farceur et le cours de ses histoires nous amena bien des incidents où le chantier n'était pas assez grand pour contenir les éclats de rire des auditeurs ...Je récitai le chapelet avec toutes ces bonnes gens, je fis la prière du soir et leur donnai en quelques mots les avis que me suggéraient leur état et les renseignements que j'avais reçus du contremaître et nous leur disons : au revoir mes bons amis ! À 10 heures et quart, nous étions de retour à la maison ; M. Milot passa avec nous l'avant-midi et tantôt il nous disait adieu pour s'en aller voir sa vieille mère.

Voir aussi : La visite des chantiers et L'alambic du curé Bellemare

samedi 12 février 2011

Patronymes anglais en Mauricie

Modifié le 19 mars 2014

Plusieurs familles francophones de la Mauricie ont un patronyme à consonance anglaise. Elles descendent d'immigrants des îles britanniques qui se sont assimilés à la population Canadienne française. J'ai répertorié un certain nombre de ces immigrants qui ont une descendance francophone en Mauricie. Cette liste n'est pas exhaustive.

Bald, William Telfer (1817-1862). Né à Glasgow en Écosse le 2 novembre 1817, fils d'Adam Bald et de Janet Telfer. Il aurait fait des études en médecine. Arrivé au Canada vers 1838-1839, il s'est converti au catholicisme en 1841 à Beauport. William Bald a épousé Éléonore Rocheleau le 26 septembre 1843 au Cap-de-la-Madeleine. Ils  se sont établis à Saint-Maurice près de Trois-Rivières où il a exercé la médecine tout en faisant le commerce du bois. Cinq enfants sont nés dans cette paroisse entre 1845 et 1851. En 1852, les Bald ont été recensés à Trois-Rivières où ils menaient un grand train de vie avec trois serviteurs. Ils étaient voisins du riche marchand de bois Georges Baptist, Écossais d'origine lui-aussi. William Bald est décédé le 1er juin 1862 à Trois-Rivières. On trouve des informations sur sa descendance dans Cinq généalogies d'Eugène Duguay.

Collins, William et Margaret Shankle se sont mariés à la Metropolitan Church de Québec le 21 avril 1788. William Collins se déclarait aubergiste (Innkeeper). Le père de Margaret, Hans Henrich Shankle, est né en Allemagne. Selon ce site, William Collins et Margaret Shankle seraient nés en Nouvelle-Écosse (Granville, Annapolis). En Mauricie, les actes relatifs à cette famille sont difficiles à trouver parce que les noms ont été déformés dans les registres. On les retrouve à Maskinongé en 1790 et au Cap-de-la-Madeleine en 1811. Quatre enfants de ce couple, trois garçons et une fille, se sont mariés à Trois-Rivières. Je crois que les frères Collins travaillaient aux Forges du Saint-Maurice où plusieurs enfants de la troisième génération sont nés. Au recensement de 1852, on trouve plusieurs familles Collins au Cap-de-la-Madeleine (cherchez Cullins). Voir la page consacrée à Henrich Shankle sur Rootsweb.

Davidson, Georges (c1827-1896), fils de Thomas Davidson et de Geneviève (Jane) Johnson. Davidson est un patronyme commun en Écosse. Il a épousé Marcelline Paquin le 28 avril 1846 à Deschambault. Ce couple s'est établi à Saint-Tite dans le comté de Champlain. Georges Davidson est décédé à cet endroit le 1er novembre 1896. Il y a une histoire nébuleuse autour de sa naissance à Québec que je n'ai pas pu vérifier, on la trouve ici. On trouve une autre famille Davidson à Trois-Rivières vers 1820-1830, celle de Jean-Baptiste Davidson et de Brigitte Pépin, mariés dans cette ville le 5 février 1822. Il n'y a pas de lien entre ces deux familles.

Diamond, Henry (1787-1879) et sa femme Mary Thomasime Scott  (c1783-1849) nés en Angleterre. Ils avaient déjà des enfants quand ils sont arrivés en Mauricie vers 1826. Ils auraient vécu à Maskinongé pendant quelques années avant de s'installer définitivement à Saint-Barnabé-Nord où toute la famille s'est convertie du protestantisme au catholicisme. À son baptême catholique en 1837, Henry Diamond a déclaré être né à Londres en 1787, tandis que Mary Scott baptisée en 1835 a déclaré être née en Angleterre.  Il exerçait le métier de "scieur de long" dans le rang Saint-Joseph à Saint-Barnabé-Nord. Cinq de leurs enfants se sont mariés dans cette paroisse entre 1843 et 1847. Certains de leurs descendants prononcent leur nom à la française et d'autres, à l'anglaise. Un Diamond au nom prédestiné a été bijoutier à Shawinigan. Voir Cinq généalogies d'Eugène Duguay.

Elliott, Robert (1762-1816) né en Ecosse. Il était charpentier de navire. Il a épousé Louise-Élisabeth (Marie-Louise) Savoie de Louiseville le 13 mai 1788 à l'église Christ Church de la mission anglicane de Sorel. Il est décédé à Trois-Rivières le 5 février 1816. Selon la Loyalist Gazette, il aurait fait partie d'un groupe de loyalistes qui se sont établis sur les bords du Lac Maskinongé. La descendance de Robert Elliott et Louise-Élisabeth Savoie est nombreuse tant chez les anglophones que chez les francophones. La mère de Pierre Elliott-Trudeau était une descendante de Robert Elliott.

Fraser, John (c1728-1806), fils de John Fraser et d'Ann McDonnel, d'origine écossaise, était caporal dans le 78th Fraser Highlanders lors de la bataille des Plaines d'Abraham. Il a épousé Marie-Marguerite Vallée, de 27 ans sa cadette, le 22 mai 1775 à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Ils ont eu neuf enfants tous nés à Saint-Anne-de-la-Pérade. John Fraser est décédé à cet endroit le 13 décembre 1806. Voir le site consacré au 78th Fraser Highlander. Ce régiment comptait un grand nombre de Fraser et de McDonnell dans ses rangs.

Fraser, Robert (c1730- ), d'origine inconnue, peut-être apparenté au précédent, a épousé Madeleine Roy-Chatellereau vers 1760. Ils ont vécu à Batiscan où une fille Rosalie est née le 9 décembre 1761.

Griffin, John (c1814-1901) d'origine inconnue. Il était le fils de Gerald Griffin et de  Nelly Shahair. Il a épousé Adéline Milot le 11 janvier 1848 à Yamachiche. Il est décédé à Saint-Élie-de-Caxton le 27 novembre 1901. Griffin est un nom irlandais. John Griffin faisait probablement partie des immigrants qui ont fui la grande famine en Irlande entre 1845 et 1848 (voir le site de Parcs Canada sur Grosse-Île).

Hart, Aaron (c1724-1800) venait probablement d'Angleterre d'une famille juive d'origine bavaroise. Il faisait partie des marchands qui suivaient les troupes anglaises pendant la guerre de Conquête. Il serait arrivé à Trois-Rivières vers 1761. Il a épousé sa cousine Catherine Dorothea Judah à Portsmouth en Angleterre le 14 janvier 1768. Aaron Hart est considéré comme le fondateur de la communauté juive au Canada. Ses descendants se sont intégrés progressivement à la population francophone et catholique de Trois-Rivières. Voir l'article qui lui est consacré dans le Dictionnaire biographique du Canada.
 
Hill, Joseph et sa femme Marie-Ann Charlterton sont nés en Angleterre de religion anglicane. Hill était sergent d'artillerie dans l'armée britannique. La famille devait suivre le régiment dans ses déplacements : les quatre premiers enfants sont nés en Angleterre, au Nouveau-Bruswick et en Écosse entre 1823 et 1830. Leur fils Joseph a été baptisé à Québec par un ministre anglican de la garnison en 1831. Leur fille cadette Sarah a été baptisée à l'église anglicane de Trois-Rivières en 1837. Joseph Hill a travaillé comme journalier dans cette ville après avoir quitté l'armée. Après son décès, survenu avant le 5 mai 1846, sa femme a gagné sa vie comme servante. Elle était au service du sheriff Ogden à Trois-Rivières en 1852. Trois des enfants de Joseph Hill et Mary-Ann Charlterton se sont convertis au catholicisme. Leur fils James a épousé Félicité (Philie) Gélinas le 12 août 1856 à Saint-Sévère dans le comté de Saint-Maurice. La fameuse cabane à sucre "Chez Hill" à Saint-Mathieu du Parc appartenait à l'origine à un descendant de cette famille. Pour plus d'informations voir Conversions et servantes : les Hill de Trois-Rivières et Joseph Hill était sergent d'artillerie sur ce blog.

Hogg, William soldat britannique (25th foot soldiers, 2nd bataillon) né vers 1771, originaire du hameau de Gladsmuir dans le comté d'East Lothian en Écosse. Il mesurait 5 pieds et 8 pouces, avait les yeux gris, les cheveux noirs et le teint foncé. Il a été forgeron avant d'entrer dans l'armée. William Hogg a épousé Marie-Louise Pépin-Lachance le 12 mars 1811 à l'église protestante de Trois-Rivières. Le couple s'est établi à Saint-Léon-le-Grand dans le comté de Maskinongé. Le nom a été francisé en Hogue. Une "fille naturelle"de William Hogg prénommée Julie, née vers 1810, habitait avec eux. Plusieurs immigrants du nom de Hogg sont venus d'Écosse, mais il y a aussi au Québec des Hogue qui sont d'origine française.

Long, Philip d'origine inconnue. Il aurait été soldat dans l'armée américaine lors de la guerre d'indépendance (1775-1783). Un site web a été consacré à la recherche des origines de cet ancêtre (ici).  Il a épousé Marie-Julie Couillard-Després le 6 décembre 1792 à  l'église Holy Trinity Anglican Church à Québec. Ils se sont établis dans le Madawaska au Nouveau-Brunswick. Leur fils Philippe a épousé Émilie Boucher le 22 octobre 1833 à Trois-Rivières. En se francisant, le nom de famille a subi plusieurs transformations : Lang, Laing, Laingue. Une entreprise bien connue de Grand-Mère, la boulangerie Laing, appartenait à cette famille.

Newhalt, Samuel-Charles (1720-1800) originaire de la ville de York en Angleterre. Il aurait été capturé avec sa mère Mary Tisdale lors d'un raid en Nouvelle-Angleterre et ramené prisonnier à Québec. Samuel-Charles s'est marié avec Marie-Catherine Guibeau le 18 février 1753 à Yamachiche. Ses descendants ont conservé le nom de famille de sa mère comme surnom. Newhalt-Tisdale a été francisé en Noël-Tisdelle avec plusieurs variantes dans l'orthographe  Un site a été consacré à cette famille sur Family Tree Maker's. 

Turner, John  (c1750-1840) d'origine inconnue. Il s'est établi à Louiseville dans le comté de Maskinongé  avec sa femme Nancy Agnes Clark. Ils se seraient mariés en  1774 à Québec à l'église anglicane Holy Trinity. Ils auraient fait partie d'un groupe de réfugiés loyalistes qui ont séjourné à Yamachiche entre 1778 et 1784.  John Turner a été inhumé à Sorel le 17 juin 1840.  Trois enfants du couple se sont mariés à l'église Saint-James de Trois-Rivières. Ceux de la troisième génération se marient dans des églises catholiques. Turner est un patronyme très répandu en Écosse.

Voir aussi sur ce blog : Patronymes anglais en Mauricie (2).

(Mis à jour le 19 mars 2014)

jeudi 10 février 2011

L'odeur de l'ennemi

On trouve sur le Blog de l'histoire une recension d'un livre intitulé L'odeur de l'ennemi, 1914-1918. Il traite du jugement négatif porté par les Français sur l’odeur des Allemands pendant la Première Guerre mondiale, une façon de déshumaniser l'ennemi. L’occupation allemande du Nord de la France, dès le début de la guerre, a ainsi pu être perçue par les témoins comme une occupation par l’odeur (celle d’une armée en opération), une « invasion olfactive ».

L'auteure Juliette Courmont présente les explications savantes du docteur  Edgar Bérillon qui était une autorité médicale et scientifique reconnue en 1914. Selon ce bon docteur :
l’odeur allemande » ne diffère pas selon qu’on est un homme ou une femme, un civil ou un militaire ; tout au plus peut-on percevoir, selon lui, une odeur de boudin plus marquée chez les bruns, et de « graisse rance » chez les blonds ! Comment explique-t-il alors cette odeur ? Par une maladie qui touche les Allemands, la « bromidrose plantaire » ! Cette maladie pourrait provenir de facteurs physiologiques (« un travail intestinal plus lent » dû à une longueur extrême des intestins, supérieurs de 3 mètres à ceux des Français), mentaux (« l’orgueil, la peur, la vanité »), héréditaires (accumulation des « tares prussiennes »). La maladie serait même aggravée par certains facteurs comme le port de bottes ou d’un casque à pointe imperméable ! 

On en rit aujourd'hui mais c'était très sérieux à l'époque. En 1915, Edgar Bérillon a soutenu cette thèse d'une différence d'odeur corporelle entre les Français et les Allemands devant l'Académie de Médecine de Paris . Il prétendait alors que : 
« l’Allemand, qui n’a pas développé le contrôle de ses impulsions instinctives, n’a pas cultivé davantage la maîtrise de ses réactions vasomotrices. Par là il se rapprocherait de certaines espèces animales chez lesquelles la peur ou la colère ont pour effet de provoquer l’activité exagérée de glandes à sécrétions malodorantes. »

Ces mêmes préjugés étaient véhiculés dans des caricatures, des cartes postales et différentes illustrations de l'époque :




Sur le même sujet, on trouve sur le site de la revue Quasimodo un article intitulé «Bouffer du Boche» : «Animalisation, scatologie et cannibalisme dans la caricature française de la Grande Guerre».

mercredi 9 février 2011

Passé et présent au féminin

Aurore Dessureault-Descôteaux et Yolande Buist-Bordeleau, «Passé et présent au féminin», Trois-Rivières, Éditions du Bien Public, 1979.

Ce répertoire présente une cinquantaine de courtes biographies de résidentes de Grand-Mère (y compris Sainte-Flore) qui se sont impliquées dans différentes oeuvres paroissiales : AFEAS, Saint-Vincent-de-Paul, etc. Il a été écrit à une époque où les femmes mariées portaient deux noms de famille, le leur et celui de leur mari. Pour la plupart, ces femmes n'occupaient pas d'emploi rémunéré et pouvaient  donc consacrer une partie de leur temps au bénévolat après avoir élevé leurs enfants. Ce livre a été écrit pour leur rendre hommage et pour faire connaître le travail qu'elles ont accompli. On peut le consulter en ligne sur le site Nos racines.

Voici, à titre d'exemple, la fiche d'Azilda Lavergne-St-Onge, épouse de Cléophas St-Onge. Je ne l'ai pas choisie au hasard, elle était la soeur de mon arrière-grand-père maternel Adélard Lavergne. On insiste dans le texte qui lui est consacré sur son caractère qu'elle avait fort semble-t-il : femme énergique, qui sait faire respecter ses idées, d'une grande fermeté, d'un courage remarquable  Des qualités essentielles pour une "maîtresse d'école" qui a enseigné pendant une vingtaine d'années dans le rang Saint-Anatole de Sainte-Flore.

Source : Passé et présent au féminin, 1979

J'ajoute ci-après quelques informations sur l'histoire de cette famille. 

Azilda Lavergne (1865-1962) était la fille de Louis Lavergne et de Marie Blais. Cette famille, originaire de Saint-Boniface, habitait le rang des Hêtres de Sainte-Flore dans le secteur qui allait devenir plus tard la paroisse de l'Assomption de Shawinigan. Azilda avait épousé, en premières noces, Augustin Doucet le 9 février 1885 à Sainte-Flore. Je n'ai pas retrouvé la date du décès d'Augustin Doucet avec qui elle a eu deux enfants (Liguori et Aurore). Je suppose que c'est après la mort de ce dernier qu'elle est allée enseigner dans le Rang Saint-Anatole. Les femmes mariées n'avaient pas le droit d'enseigner à cette époque.

Ses enfants étaient adultes quand elle s'est remariée, à l'âge de 49 ans, avec Cléophas St-Onge, lui-même veuf  d'Auréa Bourassa et père de sept enfants. Ce deuxième mariage a été célébré  le 11 juillet 1914 toujours à Sainte-Flore. Azilda est décédée presque centenaire, le 25 octobre 1962 à l'âge de 97 ans et 8 mois.

Auréa Bourassa (1882-1912)
Cléophas St-Onge, le deuxième mari d'Azilda Lavergne, était le fils de Louis St-Onge et de Julie Auger du Rang Quatre de Saint-Boniface de Shawinigan. Il a épousé en premières noces Auréa Bourassa, âgée de 16 ans seulement, fille d'Elzéar Bourassa et d'Odélie Gélinas, aussi du Rang Quatre. Ce mariage a été célébré  le 15 juin 1898 à Saint-Boniface. Cléophas était cultivateur à Saint-Boniface au moment de son mariage avec Auréa mais on retrouve ce couple à Sainte-Flore trois ans plus tard, au recensement de 1901; ils avaient déjà deux enfants (Marie-Anne et Marie-Flore). Auréa Bourassa est décédée le 2 juillet 1912 et a été inhumée à Sainte-Flore (carte mortuaire ci-contre).