dimanche 17 mars 2013

Un pédophile en Nouvelle-France

À Québec, en 1668, Pierre Pinel a été condamné pour le viol de deux fillettes de dix ans. Au moment du procès, il était marié et père de six enfants. Comme on peut le constater en lisant l'extrait qui suit, les peines encourues pour ce crime étaient alors beaucoup plus lourdes qu'aujourd'hui.  


La mortalité était très importante chez les galériens, mais Pierre Pinel a survécu à ses neuf années de galère. Il est même revenu à Québec où il a épousé, en secondes noces, Marie-Barbe Dupont, le 27 novembre 1692. On ignore ce qu'il est advenu de sa première famille. Il sont peut-être passés en France après sa condamnation.

Les deux victimes ont eu une descendance nombreuse :

- Geneviève Hayot, fille de Jean et de Louise Pelletier, née vers 1658, a épousé Gabriel Bérard en 1673. Elle était âgée d'environ quinze ans au moment de son mariage. Ils ont eu onze enfants.

- Ursule Trut, fille de Mathurin et de Marguerite Gareman, née le 22 avril 1658 à Sillery, a épousé Antoine Bisson en 1671. Elle était âgée de treize ans au moment de son mariage. Ils ont eu quinze enfants.

L'extrait est tiré d'À travers les registres de Cyprien Tanguay, publié en 1886.

lundi 11 mars 2013

Qu'est-ce qu'un métis ?

Selon le Larousse, un métis est issu de l'union de deux personnes d'origine ethnique différente. On disait autrefois de races différentes.

On qualifie les enfants de Catherine Scayanif (1756-1817) de métis parce que le grand-père de cette dernière était un Amérindien panis. Mais Catherine Scayanif avait tout de même 75 % de sang blanc. Ses enfants avaient 87,5 % de sang blanc et ses petits-enfants, 93,75 %. Les enfants de ces derniers n'avaient plus que 3 % de sang amérindien. Doit-on les qualifier de métis eux aussi ?

Il y a des gens qui se disent métis et qui ont moins de 3 % de sang amérindien. Ça s'arrête quand ?

La réponse : Ça ne s'arrête jamais !  Selon ce site, les tribunaux devraient appliquer les trois critères suivants pour reconnaître un éventuel statut de métis : auto-identification, liens ancestraux et acceptation par la communauté. Serait métis, celui qui se définit comme tel, qui a des liens avec une communauté métisse historique et qui est accepté par cette communauté. Il ne serait pas nécessaire de prouver l'existence de liens du sang.

Pourtant, de nos jours, il devrait être facile de prouver une ascendance autochtone avec un test génétique.

Un conseil à ceux qui se considèrent métis, ou qui aimeraient le devenir, contactez sans tarder la communauté métisse la plus près de chez vous. Pas nécessaire d'avoir du sang indien ! (Je précise que c'est de l'ironie, ne le faite pas !).

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Ajout : Le site sur les métis auquel renvoie le lien plus haut est intéressant et bien écrit. Il vaut la peine de le consulter pour en savoir plus sur les aspects juridiques de cette question.

jeudi 7 mars 2013

Le déraillement de Yamachiche

J'ai passé quelque mois à Yamachiche en 1973 pour un emploi d'été à la voirie provinciale. J'avais loué un petit chalet, une espèce de cabanon, près de la voie ferrée du Canadien Pacifique qui passe à l'entrée du village. Un soir de juillet, le vendredi 13, un train a déraillé et creusé un cratère près du passage à niveau de la route 19b, à une cinquantaine de pieds de mon cabanon.

J'étais absent pour la fin de semaine au moment de l'accident. On m'a raconté qu'immédiatement après, il s'était formé un attroupement autour des wagons qui gisaient pêle-mêle. Tout le village était là et les pompiers peinaient à se frayer un chemin jusqu'aux décombres. Les catastrophes fascinent ; on a beau faire de l'exercice et manger du brocoli, elles nous rappellent que le sort peut nous frapper n'importe quand.

Déraillement de 1973. Source : Municipalité de Yamachiche.

À mon retour le lundi, j'ai vu le cratère et la fin des travaux de nettoyage. Le train transportait des rouleaux de papier et des caisses d'ampoules électriques. Il n'y avait plus rien à faire avec les ampoules, mais un entrepreneur est arrivé à Yamachiche pour récupérer le papier déchiqueté. Il a embauché des gens de la place et leur a fait faire des ballots de papier avec des emballeuses à foin louées aux cultivateurs. Les gens disaient qu'il était juif, qu'il avait acheté la cargaison tout de suite après l'accident et que les ballots étaient déjà vendus pour la fabrication de catalogues, avant même d'être emballés. Voilà pour mes souvenirs d'un accident qui est arrivé il y aura bientôt quarante ans.

J'ai retrouvé l'article du journal Le Nouvelliste qui rapporte ce déraillement sur le site des pompiers de Yamachiche. Vous pouvez agrandir le texte en cliquant sur les images. Je ne me souvenais pas qu'il y avait eu un mort, le chauffeur de la remorque qui a été frappée par le train.




 





















Ajout du  25 mars 2013: Le chauffeur de la remorque était M. Normand Mongrain âgé de 31 ans. Selon le journal Le Nouvelliste, il habitait sur la rue Viger à Shawinigan (Le Nouvelliste, 14 juillet 1973). J'ai retrouvé son acte de sépulture le 16 juillet 1973 à Saint-Georges de Champlain, un village situé tout près de Grand-Mère, aujourd'hui fusionné à Shawinigan. Il avait épousé Yvonne Boyle le 30 septembre 1961 à Montréal. Dans l'acte de mariage, l'époux est dit de Shawinigan, fils de Joseph Mongrain et de Rose Ayotte.

mercredi 6 mars 2013

De choses et d'autres (4)

- Un démembrement de paroisse est le détachement d'une partie de son territoire pour former une vouvelle paroisse. Ainsi, une famille pouvait changer de municipalité, tout en restant au même endroit. Ces démembrements avaient lieu quand une population relativement importante se trouvait trop loin de l'église. Par exemple, une famille de Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup (aujourd'hui Louiseville) pouvait être détachée à Saint-Léon-le-Grand en 1833 et ensuite à Saint-Paulin en 1847. Un chercheur peut facilement s'y méprendre et interpréter ce changement de paroisse comme un déménagement.

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C'est à Saint-Léon-le-Grand, au dix-neuvième siècle, que l'on trouve l'affreuse déformation de Gélinas en Ginas. Quelle en est la cause ? Une mauvaise prononciation ? Un curé négligent, peu au fait de l'histoire de ses paroissiens ? Dans le même genre, on peut mentionner la déformation de Croisetière en Crochetière, probablement due aux mêmes causes.

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Ce que je n'aime pas de BMS2000 ? La perte d'informations. La plupart du temps, BMS2000 ne donne que les nom, date et lieu, même si l'acte contient davantage d'informations pertinentes. Un espace, presque toujours vide, est prévu dans les fiches de BMS000 pour ces autres informations. Il faudrait s'en servir. Cette situation s'explique par le fait que la banque de donnée est construite, non pas à partir des registres, mais plutôt à partir des répertoires de baptêmes, mariages et sépultures publiés par les sociétés de généalogie.

Un irritant majeur : les fonctions de mise en tampon et d'impression sont souvent défectueuses. 

Un détail qui m'agace est la disparition, en format imprimable, du crochet qui indique qu'un parent est décédé.

BMS2000 demeure un outil de recherche utile pour trouver un acte, mais qui a grandement besoin d'être amélioré. 

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J'ai enfin complété Les commandements du généalogiste en y ajoutant un neuvième et un dixième.


mardi 5 mars 2013

À propos du scoutisme

- Tavi, le pseudonyme de l'abbé Albert Tessier (1895-1976) dans Les Beaux Albums Tavi, faisait partie du nom de la mangouste Rikki-Tiki-Tavi dans un épisode du Livre de la jungle (1894) de Rudyard Kipling. C'est un personnage de l'univers scout, utilisé chez les Louveteaux. Tessier a été fortement impliqué dans ce mouvement en tant qu'aumônier des Scouts de Trois-Rivières et directeur de la revue Le Scout Catholique. Il a baptisé Domaine Tavi une résidence d'été qu'il possédait quelque part en Mauricie. Voir Les Beaux Albums Tavi sur ce blog :  Notre mère la Terre, La Patrie c'est ça ! et Femmes de maison dépareillées

Source Wikipédia
 
- J'ai fait du bénévolat dans une troupe scoute de la ville de Québec au début des années 1990, alors que ma fille faisait partie des Castors, un groupe pour les plus jeunes . J'ai été sidéré d'apprendre que j'étais le seul membre du groupe à avoir fait du scoutisme. Aucun autre parmi la quinzaine d'adultes bénévoles que comptait la troupe n'avait été scout, pas même les moniteurs qui devaient enseigner le scoutisme aux jeunes. Pas étonnant que les traditions se perdent !

- La troupe à laquelle j'appartenais à Shawinigan était la 33e Christ-Roi, aujourd'hui disparue. D'autres troupes de Shawinigan ont survécu dont la 24e Saint-Marc, paroisse voisine du Christ-Roi. Cette dernière possède un site web  qui retrace l'historique de la troupe. D'après le peu que j'ai pu en voir, leur philosophie me semble assez conforme aux principes fondateurs du scoutisme, d'ailleurs énoncés sur leur site. Si j'ai bien compris, on dit aujourd'hui groupe plutôt que troupe.

lundi 4 mars 2013

Deux enfants-servantes

Une des images que l'on retient du dix-neuvième siècle est celle d'enfants travaillant dans les mines ou dans les manufactures. À cette époque, on quittait la maison paternelle à douze ans pour devenir apprenti. Des auteurs comme Charles Dickens, en Angleterre, et Mark Twain, aux États-Unis ont commencé à travailler à cet âge. Plus près de  nous, Benjamin Sulte a dû abandonner l'école pour gagner sa vie dès l'âge de dix ans.

De nos jours, ce phénomène est pratiquement disparu des pays riches mais encore très présent dans les pays pauvres.

Cosette dans Les Misérables


Louise Vallière

Louise Vallière était une enfant-servante de douze ans. Elle vivait dans la maison de Louis Gauthier à Hunterstown dans le comté de Maskinongé en 1852. Gauthier et sa femme Émilie Vallière avaient cinq jeunes enfants, dont le plus vieux avait six ans. Ils ont eu un nouvel enfant à chaque année depuis leur mariage en 1845.

Hunterstown est une ancienne municipalité, aujourd'hui intégrée à Saint-Paulin, près du contrefort des Laurentides. C'était plutôt un hameau qu'un village. Des familles de travailleurs s'étaient regroupées autour d'un gros moulin à scie, alimenté par la puissance hydraulique de la Rivière-du-Loup. Au recensement de 1852, il y avait 350 habitants. La plupart des chefs de familles étaient journaliers. Il y avait aussi un forgeron, un meunier et quelques cultivateurs.Tous les bâtiments, le moulin à farine, la forge et les résidences des employés appartenaient à la compagnie de Truman Kimpton qui avait acheté la majeure partie des terres du canton vers 1823. En bon anglais, c'était une company town.

Le recensement de 1852 nous donne l'occupation, l'âge et le lieu de naissance. Louise était une servante, âgée de douze ans, née à Saint-Léon-le-Grand, prés de Saint-Paulin. J'ai vérifié les naissances à Saint-Léon en 1840 et trouvé une Marie-Louise Vallière qui est née le 13 juillet. Elle était la fille de Joseph Vallière et d'Élisabeth Alarie, la plus jeune d'une famille nombreuse. Sa mère, Élisabeth Alarie, avait 48 ans. Elle est morte moins de deux ans après la naissance de Louise, le 24 avril 1842.

La maîtresse de maison chez qui elle travaillait comme servante, Émilie Vallière, était la soeur aînée de Louise. Quand elle a atteint ses dix-huit ans, Louise Vallière a épousé Augustin Gauthier, le frère de Louis Gauthier chez qui elle travaillait.

Louise Lemay

Louise Vallière n'était pas un cas unique. J'ai trouvé pire. Il y avait une autre enfant servante à Hunterstown en 1852. Louise Lemay était âgée de douze ans, selon le recensement, et née à Saint-Léon elle aussi. Elle vivait dans la maison de Jean-Baptiste Déchaine. Ce "Déchaine" était en réalité un Miville-Deschesnes.

La seule naissance d'une Louise Lemay que j'ai trouvée à Saint-Léon date du 10 octobre 1843. Elle aurait donc eu neuf ans et non pas douze. Pourquoi l'aurait-on vieilli devant le recenseur ? D'après mes recherches, aucune loi n'empêchait le travail des enfants à domicile. Mais il pouvait être gênant de déclarer qu'on se faisait servir par une fillette de neuf ans, fut-ce une parente.

Il y avait en tout quatre servantes à Hunterstown en 1852. Les deux autres étaient âgées de dix-huit et vingt-deux ans.

samedi 2 mars 2013

De choses et d'autres (3)

- Il y a eu une petite vague de prénoms italiens pour les hommes au début du vingtième siècle. Rien de comparable au raz-de-marée des prénoms féminins en "a" qui a submergé le Québec entre 1860 et 1890 (voir D'Actilia à Zélia sur ce blog). La mode des prénoms italiens pour les hommes est survenue une génération plus tard, entre 1890 et 1920. Parmi les prénoms en vogue à cette époque, mentionnons Antonio, Claudio et Lorenzo.

- Un blogueur a réécrit Les commandements du généalogiste dans le style des dix commandements de Dieu. Voir Vie des ancêtres des Malibele. Malheureusement, je n'ai pas réussi à comprendre ce que signifie Malibele. Un autre article sur ce même blog traite de la baisse de la fréquentation des sociétés de généalogie avec la disponibilité des outils de recherche sur l'internet.