mercredi 18 juin 2014

Magna cum laude

Le Flâneur est très fier de sa fille Gabrielle, fraîchement diplômée de la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa.


mardi 17 juin 2014

Triste accident

Au 19e siècle, la vie des travailleurs ne valait pas grand chose. Les employeurs qui, par négligence, auraient pu être tenus responsables du décès d'un employé s'en tiraient souvent à bon compte.

L'article suivant a été publié dans Le Journal des Trois-Rivières du 22 juin 1871 :
« H. R. Blanchard, Ecr., coroner de ce district, a tenu en cette ville samedi soir, le 17 juin courant, une enquête sur le corps de Raymond Cloutier, âgé de 17 ans, enfant de M. Eusèbe Cloutier de St-Barnabé. Le défunt était à l’emploi de Monsieur Joseph Larivière, voiturier de cette ville depuis le mois d’octobre dernier. Samedi sur les 4 heures, le défunt était à vendre du fer à une personne de campagne et en voulant en avoir une barre du rouleau pour le peser, six gros rouleaux de fer qui étaient debout sont tombés sur lui et l’ont frappé à la tête et lui ont fracturé le crâne. Sa mort a été instantanée. Le juré après avoir visité le lieu et entendu les témoins a rendu un verdict de “mort accidentelle”, et exonéré de tout blâme Monsieur Larivière qui a promis en présence du juré de prendre les moyens d’arrêter les rouleaux de fer qui se trouvent placés debout dans la bâtisse employée à cette fin, par des gardes de sûreté afin qu’ils ne puissent plus tomber. »
Raymond Cloutier, âgé de 17 ans au moment du décès, a été inhumé le 19 juin 1871 à Saint-Barnabé-Sud dans le comté de Saint-Hyacinthe. Il était le fils d'Eusèbe Cloutier et d'Adélaïde Hévey, mariés le 8 novembre 1852 au même endroit.

Souvent, les voituriers étaient aussi forgerons, ce qui expliquerait l'entreposage, imprudent dans ce cas-ci, des barres de fer.


lundi 16 juin 2014

Des Abénaquis à Saint-Léon

Les mentions d'Amérindiens dans les paroisses du comté de Maskinongé sont plutôt rares. Le registre de Saint-Léon-le-Grand contient quelques actes qui signalent la présence d'Abénaquis le long de la rivière du Loup entre 1811 et 1823. Ces chasseur exploitaient des territoires laissés vacants par la disparition des anciens Attikamegs, exterminés par les Iroquois et les maladies dans les années 1670.

Des réfugiés

Les Abénaquis étaient des réfugiés, au même titre que les Acadiens et les Loyalistes de la Nouvelle-Angleterre qui se sont établis plus tard dans le comté de Maskinongé.

Dans son Histoire de Louiseville publiée en 1961, Germain Lesage signalait leur présence sur la rivière du Loup :
« Vers la fin de 1679, des réfugiés d'un autre genre arrivent dans le district. Des Abénaquis de Kennebec, vaincus par les Bostonnais, émigrent au Canada et se fixent à la rivière Saint-François de l'autre côté du Lac-Saint-Pierre. Ils ne tardent pas à venir chasser tout le long de la rivière du Loup qu'ils appellent, en leur langue Abamasie, la rivière croche. »
Ils fréquentaient donc la rivière du Loup bien avant l'ouverture du registre de Saint-Léon-le-Grand en 1802. J'ai trouvé dans ce registre trois mentions de ces chasseurs en 1811, 1817 et 1823.

Première mention

La première mention en 1811 n'en dit pas beaucoup. C'est la sépulture d'un enfant noyé, de parents inconnus : 
« Le 20 de juillet 1811, par nous soussigné, curé de cette paroisse, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de François né de parents inconnus ; le dit enfant, noyé hier âgé d'environ sept ans, Sauvage de la nation abénaquise ... Delaunay prêtre »
L'intérêt de cet acte est qu'il mentionne la nation abénaquise à laquelle appartenait l'enfant. Ses parents ont peut-être préféré garder l'anonymat de peur d'être inquiétés.

Deuxième mention

La deuxième mention en 1817 est plus révélatrice. C'est le baptême de Joseph Louis sauvage dont les parents étaient connus :
« Le 8 avril 1817, par nous curé soussigné a été baptisé Joseph né de ce jour du légitime mariage de Joseph Louis et de Narcisse Joseph, Sauvages Abénaquis du village de Saint-François ; le parrain a été Jean-Baptiste Hostein dit Marineaut agriculteur de la paroisse de Saint-Antoine de la rivière du Loup ; la marraine a été Angélique Desserre Épouse d'Augustin Lambert qui ainsi que le père présent ont déclaré ne savoir signer de ce enquis. Delaunay prêtre. »
Ce deuxième acte nous donne, en plus de la nationalité de l'enfant, le lieu d'où venaient ses parents : Saint-François. Il s'agit bien sûr de Saint-François-du-Lac, le village abénaquis situé au sud du Lac-Saint-Pierre.

Je n'ai pas réussi à retrouver ses parents. Les patronymes Louis et Joseph font probablement référence aux prénoms des grand-pères de l'enfant baptisé, ce qui ne nous avance pas beaucoup.

Le parrain Jean-Baptiste Hostein dit Marineau n'était pas apparenté aux Abénaquis. La marraine Angélique Deserre, épouse d'Augustin Lambert, non plus. Il ont probablement assumé ces rôles comme témoins du baptême, à la demande du curé Delaunay.

Troisième mention

La troisième mention du registre de Saint-Léon en 1823 est un autre baptême, celui de Paul Rotono :
« Le 31 de janvier 1823, par nous curé soussigné, a été baptisé paul né de ce jour du légitime mariage de François Rotono et de Marie Josephte sauvages hivernant dans ces endroits ; le parrain a été jean-baptiste grenier La marraine Thérèse Delaunay épouse de joseph Foucher et qui ont déclaré ne savoir signer ; le père étant allé à la chasse, de ce enquis Delaunay prêtre. »
L'acte nous apprend que les parents hivernaient dans les environs de Saint-Léon et que François Rotono était à la chasse le jour du baptême de son fils.

Pour connaître la nationalité des parents, il faut se référer à l'acte de mariage de leur fille Marie-Josephte avec l'Abénaquis Noël Saint-Aubin le 2 juillet 1825 à Trois-Rivières (Immaculée-Conception). Cet acte mentionne que François Rotono était un Algonquin et que sa femme Marie Josephte était une Abénaquise. Joseph Boucher de Niverville a été témoin de ce mariage.

On retrouve le patronyme Rotono chez des membres de la bande des Algonquins de Trois-Rivières. Le mariage de François Rotono avec une Abénaquise pouvait lui donner accès aux territoires de chasse fréquentés par les Abénaquis.

Le parrain et la marraine du petit Paul Rotono, Jean-Baptiste Grenier et Thérèse Delaunay, n'étaient pas apparentés aux Abénaquis. 

Voir aussi sur ce blog : La fureur des Abénaquises.

mercredi 11 juin 2014

Croyez-vous aux anges ?

L'Église a ses archanges : Michel qui a terrassé le Diable, Gabriel le messager de Dieu, Raphaël le protecteur des voyageurs,  Lucifer avant sa chute.

Un ange m'est venu du Ciel. La petite Alice Tremblay née le 31 juillet dernier à Québec ; pas encore un archange, mais sait-on jamais.


mercredi 30 avril 2014

Trouvée morte gelée

Un acte mystérieux que j'ai trouvé dans le registre de la paroisse de Saint-Boniface de Shawinigan :
« Le six janvier mil huit cent soixante-deux, nous prêtre soussigné, avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Félicité Bellemare, épouse de Charles Blais, morte accidentellement, trouvée gelée le deux du présent mois, à l'âge de quarante-cinq ans, comme il appert par le verdict de V. Guillet Écuyer Coroner, annexé au registre de cette paroisse. Présents Jean Plouf soussigné et André Lajoie qui n'a su signer. J. D. Comeau prtre »
Félicité Bellemare, surnommée Philie, veuve de Calixte Dubé, a épousé Charles Blais le 20 février 1860 à Saint-Sévère. Un mariage atypique : elle avait 45 ans et son jeune époux n'en avait que 22. Charles Blais était dit journalier, ce qui signifie qu'il n'avait pas de métier ni de terre à cultiver. Il était donc vraisemblablement pauvre.

Le couple a été recensé à Saint-Sévère à l'été 1861. Le décès est donc survenu peu après leur arrivée à Saint-Boniface. Félicité avait auprès d'elle deux enfants de son premier mariage : Caroline âgée de 13 ans et Joseph âgé de 8 ans.

Si le rapport du coroner a été annexé au registre, il n'a malheureusement pas été numérisé. Le notaire Valère Guillet a été coroner du district de Trois-Rivières de 1836 à 1878.

mardi 29 avril 2014

Joson et Josette au micro

J'ai trouvé ce carnet de chansons de l'émission Le voyage autour du monde de Joson et Josette chez un brocanteur. 


Publié vers 1936, le livret de 64 pages était commandité par La Compagnie B. Houde Ltée de Québec qui vendait le tabac à cigarette Lasalle et le tabac à pipe Alouette, dont le slogan était : 



Le voyage autour du monde de Joson et Josette a été diffusé de 1930 à 1936 sur les ondes de CKAC (Montréal), CHRC (Québec), CBJ (Chicoutimi), CKCH (Hull), CJBR (Rimouski), CHNC (New Carlisle) et CKRN (Rouyn-Noranda). C'était l'époque de la crise économique, la vraie, pas celle que les médias nous réinventent à chaque année.

Le voyage était une émission de chansons et de textes satiriques écrits par Albéric Bourgeois qui était caricaturiste au journal La Presse. Les voix de Joson et de Josette étaient celles de Fred Barry et Jeanne Maubourg.

Les textes n'étaient pas bien méchants. Les victimes de ces satires légères étaient les politiciens de l'époque : les Libéraux, les dissidents de l'Action libérale nationale, les Conservateurs, devenus Unionistes sous Maurice Duplessis, et les maires de Montréal et de Québec.

Albéric Bourgeois se moquait du projet de nationalisation de l'électricité de Philippe Hamel de l'Action libérale nationale : 



Et de la gourmandise de Maurice Duplessis :



Ce carnet est un des rares documents qui nous restent de cette ancienne émission. Biblothèque et Archives nationales du Québec conserve un fonds Albéric Bourgeois qui contient des textes dactylographiés de l'émission, mais pas d'enregistrement sonore.

dimanche 20 avril 2014

Joyeux jour de Pâques 1914

Il y a cent ans, le dimanche de Pâques tombait un 12 avril. Cette carte a été postée le 11 avril 1914 à Lévis, en face de Québec. Elle était adressée à C.E. Pouliot du Collège de Sainte-Anne de La Pocatière :
« Joyeux jour de Pâques pour toi et Louis-Joseph. Je vous souhaite toutes les joies que vous désirez.  Mariette »