vendredi 31 décembre 2010

Le réveillon du jour de l'an (chanson)

On m'avait invité à aller réveillonner
Pour fêter l'arrivée de la nouvelle année
Moé qui est toujours gai, je n'ai pas refusé
Et à mon arrivée, j'ai entendu chanter

Ah que c'est bon bon de prendre un verre de bière
Avec la cuisinière dans un petit coin noir
Pis si c'est bon bon, faites-le en riant
Y a pas de mal là-dedans dans le temps du jour de l'an
Ah que c'est bon bon de prendre un verre de bière
Avec la cuisinière dans un petit coin noir
Pis si c'est bon bon, faites-le en riant
Y a pas de mal là-dedans dans le temps du jour de l'an

Minuit est arrivé, on souhaite une bonne année
La bière est de côté pis on prends du brandy
On a trop mélangé, je me suis enivré
Et toute la sainte journée je donnais à murmurer

Ah que c'est bon bon de prendre un verre de bière
Avec la cuisinière dans un petit coin noir
Pis si c'est bon bon, faites-le en riant
Y a pas de mal là-dedans dans le temps du jour de l'an
Ah que c'est bon bon de prendre un verre de bière
Avec la cuisinière dans un petit coin noir
Pis si c'est bon bon, faites-le en riant
Y a pas de mal là-dedans dans le temps du jour de l'an

Une chanson traditionnelle du jour de l'an qui a été interprétée par La bottine souriante sous le titre La cuisinière

jeudi 30 décembre 2010

Heureuse année

Au début du siècle dernier, on échangeait des cartes postales pour les souhaits du nouvel an. Celle-ci a été postée à Ottawa le 30 décembre 1905 et a été reçue à Québec le premier janvier 1906. L'année étant inscrite dessus, elle ne pouvait servir qu'une seule journée.

mardi 21 décembre 2010

La grosse boîte rouge de bonbons Viau


Viau Limitée vendait des "bonbons surfins" dans de grosses boîtes rondes en fer-blanc de couleur rouge vif, ornées d'une fleur-de-lys dorée. Elles contenaient  environ 20 livres de bonbons durs multicolores qui étaient consommés dans le temps des Fêtes. Comme le couvercle fermait bien, les boîtes vides pouvaient être utilisées pour conserver des aliments. Ma mère y mettait les beignes de Noël au froid dans la "dépense".


Je crois que ces boîtes datent des années 1940-1950. Sur le site Héritage Montréal, on aperçoit des contenants de format semblable sur une photo en noir et blanc qui a été prise en 1935. L'entreprise fondée en 1867 a adopté le nom de Viau Limitée en 1936.

 Ajout du 25 décembre 2010 : La boîte date des années 1940. Elle était vendue aux commerces qui revendaient ensuite les bonbons au poids. Une boîte identique à celle qui est illustrée provenait du magasin général de Félix St-Onge à Saint-Étienne-des-Grès.

Voir aussi sur ce blog : Les bonbons mélangés.

lundi 20 décembre 2010

Le portage en sleigh

Dans le secteur de la forêt en Mauricie, le mot portage a pris plusieurs significations différentes, bien que connexes. J'en ai rencontré cinq :
  1. Le sens premier de portage désignait le transport à dos d'homme d'une embarcation pour franchir un obstacle à la navigation comme la chute de Shawinigan ou le rapide des Hêtres.
  2. Au milieu du 19ième siècle, des canotiers "portageaient" des marchandises qu'ils allaient livrer dans les chantiers du Haut-Saint-Maurice. On les appelait les "portageux".
  3. Portage désignait aussi le sentier que les canotiers empruntaient pour franchir l'obstacle.
  4. Par analogie, on utilisait le même terme pour  le chemin suivi par le castor pour transporter les matériaux vers sa hutte.
  5. On disait aussi portage pour le transport en hiver de marchandises vers les chantiers, en empruntant les rivières et les lacs gelés, avec des traîneaux à chevaux nommés sleighs.

Vers 1902, Georges Lampron de Saint-Boniface, fils d'Olivier et de Marie Caron, a fait du portage en sleigh dans les chantiers forestiers des frères Burrill. Il n'était pas le seul, plusieurs fermiers de Saint-Boniface approvisionnaient les chantiers en "portageant", notamment du foin et de l'avoine pour les chevaux. Le portage représentait pour eux un revenu d'appoint en hiver : "c'était pour se sortir du trou comme de raison" disait Béatrice, la fille de Georges.

Charles et Vivian Burrill exploitaient un gros moulin à scie à vapeur dans le troisième rang de Saint-Boniface, près de la paroisse de Sainte-Flore. Un hameau, qu'on appelait Burrill's Siding, s'était formé autour du moulin. La production de bois-d'oeuvre pouvait être expédiée à faible coût grâce au train qui passait à proximité.
 
(L'illustration est une peinture de Cornelius David Krieghoff.)

dimanche 19 décembre 2010

Beignes canadiens de Monsieur 50


Pour le temps des Fêtes, voici la recette de beignes canadiens de Monsieur 50. Cette recette n'est pas faisable. La pâte est beaucoup trop molle. Il faut ajouter 1 tasse et demi de farine et 1 cuiller à thé et demi de poudre à pâte. Il faut aussi réfrigérer la pâte avant de la rouler. Si vous n'avez pas de lait sûr, vous pouvez le remplacer par de la crème sure à 5 % dans laquelle on ajoute la cuiller à thé de bicarbonate de soude. La recette modifiée est délicieuse.

On trouve sur le même scan les recettes du pouding au pain, du pouding au chômeur, des grosses crêpes, du gâteau de blé d'inde et de la mousse au sirop d'érable.

vendredi 17 décembre 2010

Des avantages et un inconvénient du train

En 1879, l'achèvement de la construction du Chemin de fer du Nord entre Montréal  et Québec a facilité de façon considérable les déplacements entre les municipalités de la Mauricie situées le long de cette ligne. Des activités comme le tourisme, les pèlerinages et même les assemblées politiques ont alors connu un essor remarquable. À l'époque, il y avait souvent des fanfares à bord  pour distraire les passagers et peut-être aussi pour couvrir le bruit du train. On imagine le vacarme !

Voici quelques extraits d'articles de la presse régionale qui nous parlent avec enthousiasme de ces nouveaux développements. Certains déplorent cependant que l'arrivée du chemin de fer favorise l'exode des familles aux États-Unis.

Le tourisme 

« On nous dit que la baie de la Maskinongé va devenir une des places favorites pour le pique-nique des Trois-Rivières, grâce à la beauté de la plage et à l’abondance de la pêche et la facilité qu’il y a pour aller et revenir en chemin de fer. »  Courrier de Maskinongé (1 août 1878): 2, col. 4.

« Dimanche prochain, le 7 septembre, nous aurons de visite de Québécois : comme nos lecteurs ont pu le voir, sans doute, par les journaux de Québec. Une excursion, par le chemin de fer du Nord, partira de la gare du Palais à midi précis dimanche, arrivant ici vers 3:30 heures probablement. Les excursionnistes repartiront vers 7 heures du soir. Un magnifique corps de musique les accompagnera. »  La Concorde (5 septembre 1879): 3, col. 1.

Les pèlerinages

« Un grand pèlerinage à Ste-Anne de Yamachiche vient d’être organisé par les conférences St-Vincent-de-Paul de cette ville. Il aura lieu vendredi prochain. Les catholiques de cette ville profiteront, nous n’en doutons pas, de cette occasion, pour aller déposer leurs hommages aux pieds de la grande sainte dans le sanctuaire vénéré d’Yamachiche. Le voyage aura lieu par le chemin de fer du Nord; des arrangements ont été pris pour offrir aux pèlerins tout le confort et la facilité possible; les prix seront très réduits. Départ de la gare des Trois-Rivières à 5 1/2 heures du matin; retour à 10 heures a.m. et 7 heures du soir. »  Le Journal des Trois-Rivières (29 juillet 1878): 2, col. 4.

Les assemblées politiques

« Dimanche prochain, il y aura une grande démonstration politique à Yamachiche à laquelle les honorables Messieurs Joly, Marchand, Turcotte et Messieurs Charles Langelier, J. N. Bureau, C. R. et plusieurs autres orateurs distingués adresseront la parole. À cet effet, et pour donner à nos amis l’avantage de prendre part à cette grande démonstration, un train spécial du chemin de fer du Nord laissera la gare des Trois-Rivières à l’heure précise, dimanche, pour se rendre à Yamachiche, où doit avoir lieu la démonstration, et de là à Rivière-du-Loup, afin de donner l’avantage aux amis de la cause libérale, en cette paroisse, de se joindre à nous. Le train arrêtera aussi, en allant et revenant, à la Pointe-du-Lac. Un magnifique corps de musique fera partie de l’excursion. Le prix du passage, aller et retour, sera réduit à 25 centins, afin de permettre à chacun de prendre part à cette grande manifestation libérale. »  La Concorde (3 octobre 1879): 2, col. 1.

L'émigration aux États-Unis

« Nous regrettons de constater qu’à chaque convoi de chemin de fer du Nord Q.M.O. et O., quatre à cinq familles prennent passage pour les Etats-Unis. »  Courrier de Maskinongé (15 avril 1880): 2, col. 2. 

« On nous informe que les agents pour la vente des billets pour les différentes compagnies de chemin de fer font de véritables ravages dans notre district. Il y a de ces agents dans presque toutes les paroisses et la plupart, pour grossir leur commission, encourage les cultivateurs à émigrer aux Etats-Unis. Nous attirons l’attention du gouvernement sur ce regrettable état de choses. »  La Concorde (25 août 1880): 3, col. 1.


Ces extraits sont tirés des Bases de données en histoire de la Mauricie.

Voir aussi sur ce blog :  En attendant le train, La Bonne Sainte-Anne et 400 victimes sur un vapeur.


jeudi 16 décembre 2010

Georges Smiley l'anti-héros

«Mr George Smiley n'était pas naturellement équipé pour courir sous la pluie, et surtout pas en pleine nuit... Petit, bedonnant et à tout le mieux entre deux âges, il était en apparence un de ces humbles de Londres à qui le royaume des cieux n'appartient pas. Il avait les jambes courtes, la démarche rien moins qu'agile, il portait des vêtements coûteux, mal coupés et extrêmement mouillés. Son manteau, qui vous sentait un peu le veuf, était de ce tissu noir et mou qui semble conçu pour retenir l'humidité. C'étaient ou bien les manches qui étaient trop longues ou bien ses bras qui étaient trop courts, car comme Roach, quand il portait son imperméable, les parements lui dissimulaient presque les doigts. Pour des raisons de vanité il ne portait pas de chapeau, persuadé à juste titre que les chapeaux lui donnaient l'air ridicule. « On dirait une bonnette sur un oeuf », avait remarqué sa belle épouse peu avant la dernière fois où elle l'avait quitté, et cette cinglante formule, comme c'était souvent le cas, lui était restée dans l'esprit.»

(John Le Carré, La taupe, traduit de l'anglais par Jean Rosenthal)