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mardi 10 septembre 2013

De choses et d'autres (7)

Le carnet du flâneur accueillera bientôt son cent millième visiteur. Merci à ceux qui le suivent régulièrement et qui le citent à l'occasion.

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Antoinette Lemay est née le 6 mars 1680 à Lotbinière et a été baptisée le lendemain à Grondines, ce qui signifie que son père Michel a traversé le fleuve en chaloupe avec un nouveau-né pour le faire baptiser le plus vite possible. Il fallait vraiment avoir peur des limbes! Ce concept tordu de «limbes des enfants» a été aboli par le Vatican en 2007.

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À l'époque de la Nouvelle-France, les morts étaient souvent enterrés le jour même. Je crois que c'est la connaissance de cas de personnes réveillées dans leur tombe qui, plus tard, a incité les familles à attendre quelques jours avant d'enterrer leurs défunts. De tels cas ont été signalés pendant les épidémies, notamment lors de la grippe espagnole de 1918.

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J'ai ajouté à la liste des doyennes de la Mauricie Madame Alice Trudel, née le  21 décembre 1905 à Saint-Jean-des-Piles. Elle est décédée le 22 juin dernier à l'age de 107 ans et 6 mois.

jeudi 31 mai 2012

Des livres et des piastres

Nous avons vu dans un message précédent qu'après l'introduction du dollar canadien, la piastre en usage au Canada français était devenu synonyme de dollar (voir Grand chèque en piastres sur ce blog). Mais que valait la piastre en livre anglaise qui était la monnaie de référence à l'époque ?

Voici quelques exemples de contrats libellés en piastres, tirés du minutier de Robert Trudel, notaire à Sainte-Geneviève-de-Batiscan dans le comté de Champlain. Il m'ont été transmis par Guy Parent de Québec qui tient un blog sur les familles Parent.
  1. Le 23 novembre 1857. François Massicotte, fils de Louis, cultivateur de Saint-Narcisse, achète d’Augustin Massicotte, cultivateur de Saint-Prosper, un cheval sous poil rouge, 46 piastres. 
  2. Le 16 avril 1858. Vente de Joseph Gauthier, agriculteur et Juge de Paix, de Saint-Narcisse, à Isidore Trépanier, marchand de Saint-Narcisse, un terrain au 2e rang de 70 pi.x 133 pi., près de l’église, pour un prix de 10 livres ou 40 piastres. 
  3. Le 15 juin 1858. Quittance de Cyrille Massicotte et son épouse, Luce Simon Ayotte, et Cyrille Bronsard et son épouse, Julie Simon Ayotte, à Émilie Baril, veuve Joseph Simon Ayotte, cultivateur de Saint-Narcisse; 100 livres, la livre de 20 sous.
  4. Le 3 novembre 1858. Vente de François Vermette, marchand de Sainte-Geneviève, et son épouse Exupère Baribault, à Nazaire Simon Ayotte, cultivateur de Saint-Narcisse, une terre au premier rang de 2 arpents sur 25 arpents; Prix : 100 livres ou 400 piastres.
Ces contrats ont donc été conclu après l'introduction du dollar canadien en 1854, à parité avec la piastre. La piastre, qui était déjà utilisée comme unité monétaire avant 1854, est alors devenue synonyme de dollar pour les francophones du Bas-Canada. Notons qu'en Louisiane, le mot piastre était utilisé par les Cajuns, descendants des réfugiés acadiens, comme synonyme du dollar américain.
Les contrats nos 2 et 4 nous donnent le taux de conversion de la piastre (dollar) en livre : en 1858, la piastre valait le quart d'une livre anglaise.
Le contrat no 3 précise que la livre contenait 20 sous. Avant 1971, la livre anglaise était divisée en 20 schillings d'argent, selon l'ancien système duodécimal. Chaque shilling valait 12 pennies et 24 halfpennies en cuivre. Des unités monétaires équivalentes étaient en vigueur en France avant la Révolution (livre, sous, denier et demi-denier).

Un schilling en argent de 1855

Les contrats nos 1 et 4 nous donnent un aperçu des prix relatifs. En 1857-1858, un cheval « sous poil rouge » (contrat no 1) valait neuf fois moins qu'un terrain situé près de l'église (contrat no 4).

mercredi 26 janvier 2011

Les doyennes de la Mauricie

Julia Houde (1894-2006)
Mise à jour le 24 décembre 2014

J'ai dressé une courte liste des personnes nées en Mauricie qui sont décédées à l'âge le plus avancé. Il n'y a pas d'homme dans ce classement, ce qui n'a rien d'étonnant étant donné que plus de 90 % des centenaires sont des femmes.

On constate que Julia Houde qui est décédée à l'âge de 112 ans a eu une longévité vraiment exceptionnelle. Elle appartenait à la catégorie sélecte des "super centenaires" qui regroupe les personnes qui ont vécu 110 ans ou plus.  Elle était d'ailleurs une des 25 personnes les plus âgées de la planète (voir Vivre très longtemps sur ce blog). Les six personnes qui la suivent dans ce classement ont vécu 3, 4 ou 5 ans de moins qu'elle.

Voici donc les personnes nées en  Mauricie qui, d'après mes données, sont décédées à l'âge le plus avancé. J'ai vérifié leur âge dans l'acte de baptême et ajouté les informations relatives à leur mariage, le cas échéant.

  1. Julia Houde - 112 ans et 2 mois - Née le 18 septembre 1894 à Saint-Prosper dans le comté de Champlain. Fille de Herménégilde et d'Amanda Cossette. Elle ne s'est pas mariée. Elle est décédée le 18 novembre 2006 à Montréal.
  2. Clara Saucier - 109 ans et 8 mois - Née le 25 avril 1903 à Saint-Paulin dans le comté de Maskinongé.  Fille d'Arthur Saucier et d'Anny Elliott. Elle habitait Shawinigan depuis 1920. Mariée à Henri (Hormidas) Bronsard le 13 juin 1928 dans la paroisse Saint-Bernard de Shawinigan. Voir sur ce blog : Claudia Saucier.
  3. Monique Girard - 108 ans et 6 mois -  Née le 29 avril 1903 à Trois-Rivières. Fille de Napoléon Girard et de Joséphine Dufresne. Elle a épousé Ludger-Auguste Hébert, fils d'Auguste et de Célina Roy, le 17 juillet 1922 à Trois-Rivières. Elle est décédée le 17 octobre 2011 à la Résidence Villa Champêtre à Trois-Rivières.
  4. Clara Lajoie - 107 ans et 10 mois - Née le 20 avril 1901 à Saint-Léon-le-Grand dans le comté de Maskinongé. Fille de Henri et d'Édouardina Benoit. Elle a épousé Victorin Milot, fils d'Arthur et Mathélia Bournival le 10 avril 1828 à Saint-Léon. Elle est décédée le 17 février 2009 au Cap-de-la-Madeleine.
  5. Claudia Boucher - 107 ans et 6 mois - Née le 8 mars 1902 à Saint-Élie-de-Caxton dans le comté de Saint-Maurice. Fille d'Adélard et de Joséphine Gélinas. Elle a épousé Armand Côté, fils d'Alfred et de Marie-Louise Rabouin, le 3 mars 1924 à Shawinigan. Elle est décédée le 29 septembre 2009 à Grand-Mère (Saint-Georges).
  6. Alice Trudel - 107 ans et 6 mois - Née le 21 décembre 1905 à Saint-Jean-des-Piles dans le comté de Champlain. Fille d'Adélard Trudel et d'Indiana Brouillette. Elle a épousé Antonio Houle, fils de François-Xavier et de Mathilde Raymond, le 23 avril 1936 à La Tuque. Elle est décédée le 22 juin 2013 à Saint-Augustin de Desmaures.
  7. Dora Chorel (Charel) - 107 ans et 5 mois - Née le 26 septembre 1901 à Champlain. Fille de Lucien et de Caroline Duval. Elle a épousé Richard Vaillancourt, fils d'Anselme et de Rébecca Marchand, le 11 octobre 1927 à Champlain. Elle est décédée le 18 mars 2009 à Sainte-Anne-de-la-Pérade.
  8. Yvette Grenier - 107 ans et 1 mois - Née le 1er juin 1901 à Saint-Joseph de Maskinongé. Fille de Romuald et de Marie-Louise Lemire. Elle a épousé Bernardin Bélanger, fils d'Adélard et d'Ernestine Lesage, le 12 juin 1939 à Saint-Joseph. Elle est décédée le 28 juin 2008 à Louiseville
Soeur Béatrice Naud, Fille de Jésus, née le 6 avril 1905 à Saint-Adelphe, est maintenant âgée de 109 ans et 8 mois, ce qui la place au deuxième rang.

Monsieur Charles Rousseau, natif de Trois-Rivières et décédé le 15 novembre 2010 à l'âge de 106 ans et 7 mois, est probablement l'homme né en Mauricie qui a vécu le plus longtemps.

Voir aussi : Vivre très longtemps.
Les photos qui suivent sont tirées des avis de décès qui ont été publiés dans Le Nouvelliste de Trois-Rivières.
Claudia Boucher (1902-2009)
Clara Lajoie (1901-2009)

Dora Chorel (1901-2009)
Yvette Grenier (1901-2008)



mercredi 12 janvier 2011

Décès de l'historien Marcel Trudel

Marcel Trudel est décédé aujourd'hui à l'âge de 93 ans. Il était sans aucun doute le plus grand historien que le Québec ait connu. C'est lui qui m'a fait apprécier l'histoire de la Nouvelle-France.

Marcel Trudel (1917-2011)

Fils d'Hermile et d'Antoinette Cossette, Marcel Trudel est né à Saint-Narcisse dans le comté de Champlain le 29 mai 1917. On lui doit, entre autres, une monumentale Histoire de la Nouvelle-France,  de même que des études sur l'esclavage en Nouvelle-France, sur le régime militaire du gouvernement des Trois-Rivières après la conquête et sur l'abbé Chiniquy. Voici un extrait de l'article qui est paru aujourd'hui sur le site Cyberpresse :

La Presse Canadienne
Montréal
L'historien laisse derrière lui une oeuvre monumentale portant en grande partie sur l'histoire de la Nouvelle-France. En tout, il a signé une cinquantaine de publications et a contribué à mettre sur pied le Dictionnaire biographique du Canada. Marcel Trudel a également enseigné à l'université pendant 40 ans, d'abord à l'Université Laval, puis à l'Université d'Ottawa.

Neuvième d'une famille de 11 enfants, devenu très tôt orphelin, M. Trudel a reçu beaucoup d'aide dans ses études au collège et à l'université, si bien qu'il a voulu à son tour aider les autres et a fondé, en 1999, une bourse annuelle pour études supérieures dans son village natal, Saint-Narcisse.

Il a reçu un doctorat d'honneur de l'Université du Québec, de l'Université d'Ottawa et de l'Université Laval, en plus d'avoir été élu membre de l'Académie des lettres du Québec. Il a reçu un prix Athanase-David et un autre du Gouverneur général, a été fait officier puis compagnon de l'Ordre du Canada et grand-officier de l'Ordre national du Québec. En France, il a été promu chevalier de l'Ordre national du mérite.