lundi 18 février 2013

Le Lac McLaren

La Mauricie est un pays de lacs. On en trouve des dizaines au nord de la ville de Shawinigan. Aujourd'hui, ceux qui n'ont pas été intégrés au Parc national de la Mauricie sont entourés de résidences cossues, habitées à l'année.

Certains de ces lacs étaient autrefois accessibles aux familles ouvrières et quelques-uns le sont encore. Dans les années 1940-1960, les clubs sociaux des usines, les fabriques des paroisses et les communautés religieuses s'étaient constitué de petits domaines lacustres pour les loisirs de leurs membres.

Le Lac McLaren, situé à 18 mille au nord de Shawinigan, appartenait à la Ligue ouvrière catholique (LOC) de la paroisse du Christ-Roi de Shawinigan. Le nom vient peut-être de James McLaren qui avait des concessions forestières dans la région. Ce n'est qu'une hypothèse. Le lac était encore sauvage quand il été acquis par la LOC en 1946 et aménagé par des bénévoles de cet organisme. Au début, la route pour s'y rendre était un chemin de terre étroit et sinueux.

De petits chalets, numérotés de 1 à 12, étaient loués aux familles des membres de la LOC, pour une semaine ou deux. On y retrouvait donc à peu près les mêmes familles à chaque été.

Un des petits chalets rustiques du Lac McLaren

Ces chalets étaient très rustiques, mais quand même confortables, du moins aux yeux d'un enfant. Les mamans avaient peut-être une opinion différente. Elles faisaient la cuisine sur des poêles au naphta et on s'éclairait avec des lanternes qui brûlaient aussi du naphta. Les latrines, nommées bécosses, étaient situées à l'extérieur des chalets.

Comme il n'y avait pas d'électricité ni de gaz, il fallait acheter de gros blocs de glace pour conserver les aliments. Ces blocs, coupés dans la Rivière Shawinigan et conservés sous du bran de scie, étaient emballés dans du papier journal. C'était une glace très dense qui durait plusieurs jours, dans les anciennes glacières verticales, s'il ne faisait pas trop chaud. Le vendeur de glace extrayait lui-même les blocs durant l'hiver et les entreposait jusqu'à l'été pour les vendre aux vacanciers.

Un chalet, plus grand que les autres, était réservé à l'aumônier du lac, l'abbé Gaston Gélinas (1922-2004), un Père du Très-Saint-Sacrement, cousin du dramaturge Gratien Gélinas. Il était aussi l'aumônier de la troupe des scouts du Christ-Roi qui tenait des camps d'été au Lac McLaren. Le Père Gélinas disait sa messe dans une petite chapelle en bois construite près du barrage de la décharge du lac, qu'on appelait la dam.

Hubert Saintonge et le Père Gélinas sur la dam devant la chapelle

Le Lac McLaren était un paradis pour les enfants : se baigner, pêcher des menés à la serviette, se promener en chaloupe, chasser les mulots dans les chalets, chercher de l'eau de source à la grotte de la Vierge. Cette grotte, située sur le bord du lac et accessible par un sentier, était une imitation de celle que l'on voyait  au sanctuaire Notre-Dame du Cap.  La religion était partout à cette époque.  Je me souviens aussi qu'il y avait un lac de castors que l'on apercevait en chaloupe, en amont du Lac MacLaren. L'endroit était demeuré très naturel.

La grotte de la Vierge

À la Saint-Jean, des bénévoles construisaient un énorme feu de joie avec des conifères entiers. Il y avait aussi une épluchette de blé d'Inde annuelle, en plein air.

Plus tard, à la fin des années 1960, quand les structures paroissiales ont commencé à se désagréger, le lac a changé de vocation. Quand j'y suis allé pour la dernière fois avec les scouts à l'été 1968, c'était devenu un terrain de camping moderne, ouvert à tous, avec un snack bar. La route avait été élargie.

Je crois que l'endroit est encore géré par un organisme sans but lucratif qui a pris la relève de la LOC.

Voir aussi sur ce blog : Monastère et vie paroissiale

3 commentaires:

Jocelyn Pelletier a dit…

Bonjour, Je ne pouvais pas imaginer qu'un jour l'histoire du lac McLaren me serait raconté. Pour ajouter à son histoire. Mon père Donat Pelletier et son frère Paul étaient parmi les bénévoles qui ont construit la grotte de la vierge. Ma mère , ma soeur et moi avons passés quelques étés au lac. La grotte était notre fierté.

Andre Lariviere a dit…

j'ai passe quelque ete de ma jeunesse au lac dans le chalet #4 et#7 javais parti le restaurent avec mon cousin serge paquin on a eu beaucoup de plaisir

Le Flâneur a dit…

Ce sont de beaux souvenirs d'enfance.