jeudi 6 décembre 2012

Bigame malgré lui

Les immigrants dans le Nouveau Monde laissaient parfois un conjoint derrière eux en Europe. Ils ne pouvaient donc légalement se remarier sans avoir la preuve du décès de ce premier conjoint.

Pierre Picher dit Lamusette, chapelier de son métier, avait reçu une lettre de son frère Louis lui annonçant que sa femme restée en France était décédée. Il pouvait donc se remarier, ce qu'il fit le 25 novembre 1665. Sa nouvelle femme, Catherine Durand, lui a donné trois enfants. 

En 1671, un homme venu de France lui dit que sa première femme est encore vivante. Le second mariage est donc déclaré invalide et les enfants de Picher dit Lamusette deviennent des enfants naturels, incapables d'hériter de leur père.

Cette histoire connaît un dénouement romanesque dans lequel François de Montmorency-Laval, le premier évêque de la Nouvelle-France (Monseigneur de Pétrée), intervient personnellement en faveur de Picher. Voici le récit qu'en a fait Cyprien Tanguay dans À travers les registres publié en 1886 :





mardi 4 décembre 2012

Le juke-box infernal

En octobre 1951, lors d'une conférence du Club Richelieu de Shawinigan, M. Jean Charbonneau, directeur des Chanteurs Lavallée-Smith, exposait les méfaits de la musique lascive. Il a dénoncé les grands dangers que présentent pour notre jeunesse les infernales boîtes musicales qu'on trouve dans les restaurants et autres endroits publics :
« Vous vous occupez de l'enfance malheureuse, a dit M. Charbonneau à ses auditeurs. C'est vraiment un malheur pour l'enfance que de subir cette déformation de notre mentalité due à ces machines musicales infernales. Les enfants aiment la musique et ne demandent qu'à entendre et connaître la meilleure musique. Aidez, par vos efforts, à faire disparaître cette menace de déformation qui plane sur notre jeunesse. Car il faut vivre sa vie au point de vue spirituelle (sic), et ce n'est pas avec la musique la plus sensuelle que nous y arriverons. » (Les Chutes de Shawinigan, 31 octobre 1951)


Le juke-box ci-dessus est un modèle ancien qui jouait des 78 tours. On le plaçait au milieu du  restaurant. Celui qui y mettait une pièce imposait son choix musical à toute l'assemblée. Des clients pouvaient s'attrouper, se rencontrer et même danser devant le juke-box, comme le chantaient si justement Akim et Sheila en 1965 :

 
Akim et Sheila - Devant le Juke Box par Galaxiestarwars

Le juke-box à 45 tours est apparu au début des années 1950. Grâce au format plus petit des disques, il devint possible de réduire la taille de l'appareil pour le placer sur les tables des restaurants. Chaque client pouvait désormais choisir sa propre musique qui se mêlait quand même un peu à celles des tables voisines.


Les juke-box sont disparus des lieux publics vers le milieu des années 1970.