mardi 13 août 2013

Le Séminaire Sainte-Marie

Je retourne sur mes pas, encore une fois. J'ai étudié au Séminaire Sainte-Marie de Shawinigan de 1967 à 1972. C'était la fin du cours classique, condamné par la réforme de l'éducation. Les cinq années d'étude se nommaient : Élément latin, Syntaxe, Méthode, Versification et Belles lettres. Les trois classes d'Élément latin portaient les noms de Saint-Martyrs canadiens : Brébeuf, Buteux et Lallemand. Les trois dernières années du cours classique (Philo1, Philo2 et Rhétorique) avaient disparu pour faire place au Cégep de Shawinigan nouvellement fondé, mais pas encore construit. Le Séminaire Sainte-Marie a fourni des locaux temporaires aux premiers étudiants du cégep.


Après mon passage, le Séminaire s'est transformé en école secondaire privée, accueillant aussi des filles. Le couvent Saint-Pierre de Shawinigan, où les Ursulines offraient le cours classique aux jeunes filles, venait de fermer ses portes.

Les prêtres résidents en 1965

Je suis tombé par hasard sur la la liste des électeurs du Canada pour l'année 1965. Treize prêtres logeaient alors au 5655 boulevard des Hêtres à Shawinigan, adresse du Séminaire Sainte-Marie :
  • Matteau, Jacques, chanoine recteur
  • Abbé Bédard, Gaston, professeur
  • Abbé DeCarufel, Jean-Paul-S., professeur
  • Abbé Foley, Jean-Paul, professeur
  • Abbé Grenier, Jean-Baptiste, professeur
  • Abbé Jacob, Gérard, professeur
  • Abbé Marceau, Roger, professeur
  • Abbé Langevin, Jacques, professeur
  • Abbé Marchand, Gilles, professeur
  • Abbé Mongeau, Jean-Marie, professeur
  • Abbé Perron, Marcel, directeur des études
  • Abbé St-Onge, Bernard, conseiller en orientation
  • Abbé Slight, François, professeur
Les abbés DeCarufel, Foley, Grenier, Marceau, Langevin, Perron, St-Onge et Sligh m'ont enseigné.

Il y avait aussi, sur la liste des électeurs de 1965, un cuisinier nommé Roger Dupuis qui logeait avec eux. Les enseignants laïcs habitaient à l'extérieur.


L'abbé Marcel Perron (1932-2010)


L'abbé Marcel Perron a succédé au chanoine Matteau comme recteur du Séminaire. C'était une des personnes les plus brillantes que j'ai connues. Il pouvait remplacer, au pied levé, dans n'importe quelle matière et donner aux élèves le cours le plus intéressant de l'année. En histoire, il nous expliquait, en dessinant des croquis au tableau, comment ont été construites les pyramides. En mathématiques, il nous démontrait avec le sourire, et hors de tout doute, que deux et deux font cinq. C'était un jeu d'enfant pour lui. On m'a dit que le soir, pour se détendre, il construisait son propre téléviseur dans son bureau.

Il était le fils d'Henri Perron et d'Eutychiane Perron de Saint-Tite.


O tempora ! O mores !

La principale mission des collèges classiques était de former des prêtres. Accessoirement, ils servaient aussi à préparer l'accès à l'université, à former des professionnels dans différents domaines.

À la fin des années 60, les élèves sont devenus beaucoup moins réceptifs à la bonne parole. C'était une source de frustration pour les prêtres enseignants. L'un d'eux m'avait dit : « Si c'est comme ça, je serais mieux d'aller vendre des aspirateurs ». Je ne l'ai pas contredit.

À ma connaissance, un seul des élèves de ma promotion se destinait à la prêtrise,  et c'était le neveu d'un abbé du Séminaire.

Avec la réforme de l'éducation, le déclin des vocations religieuses à sûrement joué un rôle dans la disparition des collèges classiques.

1 commentaire:

Raymond Cantin a dit…

Gradue en 1968 du SSM.

Le soir , pendant la periode d'etudes entre 4,30 et 5,45, l'Abbe Perron se permettait de nous joer sur son piano, du Bethoven ou Mozart,

Il ouvrait sa porte de chambre et celle de la classe et s'assoyait a son piano.

Le matin il lisait son jornal Chinois, Il parlat couramment Chinois,