mardi 15 décembre 2009

La Loi des douze enfants

Dans un épisode de l'ancien téléroman "Les Belles histoires des pays d'en-haut", le colon Basile Fourchu, père de treize enfants vivants, recevait du gouvernement une "terre en bois deboute".

En 1890, le gouvernement d'Honoré Mercier observant «qu'il convient, à l'exemple de tous les siècles, de donner des marques de considération à la fécondité du lien sacré du mariage», fait voter une loi intitulée «Acte portant privilège aux pères ou mères de famille ayant douze enfants vivants». Cette loi accordait gratuitement cent acres de terre publique, ou bien une prime d’un montant de cinquante dollars, aux parents de douze enfants vivants, nés en légitime mariage.

Pour se prévaloir des dispositions de la loi, tout père ou mère de famille admissible devait présenter une requête au secrétaire de la province, accompagnée de son acte de mariage, d'un extrait de naissance de chacun de ses enfants ainsi que d'un certificat devant un juge de paix, constatant le nombre de ses enfants et leurs noms. Les cent acres de terre devaient être choisis parmi les terres publiques propres à la culture, en vente et disponibles au moment du choix, dans le canton, la paroisse ou le territoire non organisé où le requérant demeurait ou, sinon, dans celui le plus rapproché de son domicile.

En vertu de cette loi, Elzéar Bourassa et Odélie Gélinas du Grand Quatre de Saint-Boniface ont reçu le lot numéro 48 du rang 6 du canton Shawinigan (Saint-Boniface). Leur demande d’octroi est datée du 26 décembre 1901. Elle a été signée par le curé Joseph-Télesphore Gravel de Saint-Boniface sur un formulaire intitulé « Certificat des pères (mères) à l’effet qu’il (elle) a douze enfants vivants ». Le formulaire est accompagné d’une copie de l’acte de mariage inscrit au registre de la paroisse de Saint-Boniface. En guise de signature, Elzéar Bourassa a marqué ce formulaire d’une croix.

Cinq autres familles de Saint-Boniface ont profité de cette mesure qui a été abolie en 1905 :

- Jean-Alexis Gélinas et Adélina Pellerin;
- Prosper Lamy et Élisa Milot;
- Jean Matteau et Adéline Desaulniers;
- Augustin Lambert et Philomène St-Onge;
- Antoine St-Onge et Eutychiane Lamothe.

Antoine St-Onge et son beau-frère Augustin Lambert, ont acquis des terres dans ce qui est devenu la paroisse Saint-Marc de la haute-ville de Shawinigan. Ils devenaient ainsi les pionniers de ce secteur de la ville, autrefois appelé village St-Onge. Deux rues ont été nommées en leur honneur et le parc Saint-Marc a été renommé parc Atoine St-Onge il y a quelques années.




Les familles de douze enfants n’ont pas toutes profité de ces octrois. Les formalités administratives ont pu décourager certaines. D’autres ignoraient peut-être même l’existence de cette mesure.

Les dossiers de demande d’octrois gratuits de terres aux familles de douze enfants vivants sont conservés à Québec aux Archives nationales.

1 commentaire:

mpierrela a dit…

J'envoie mes lecteurs ce matin sur votre billet.

http://sadp.wordpress.com/2013/05/14/la-loi-des-douze-enfants/