mardi 12 janvier 2016

Jeunes filles aux Grès

Dernière mise à jour le 17 janvier 2016.

J'ai cette photographie ancienne de jeunes filles non identifiées qui aurait été prise vers 1942. Il est écrit au verso : aux Grès chez M Edmond Lemire. 



J'en connais deux, c'est un début. Au deuxième rang, la jeune fille au foulard est Yolande St-Onge (1920-2002), fille de Félix et d'Alma Picard, et celle qui se tient à sa gauche (à sa droite sur la photo) est sa soeur Jacqueline St-Onge (1921- ). J'imagine qu'il y a aussi dans ce groupe une ou des filles d'Edmond Lemire et des amies.

Selon des renseignements que j'ai reçus après la publication, la jeune femme au premier rang derrière la valise est Louise-Hélène Pellerin, fille de Félix et d'Yvonne Auger, qui a fait l'École normale des Ursulines de Trois-Rivières avec Yolande St-Onge, sa grande amie. Celle qui est assise de profil à droite de la première rangée est Gilberte Plourde (1922-2001), fille d'Alphonse et de Marie-Anna St-Onge, une cousine de Yolande et de Jacqueline St-Onge. Gilberte enseignait à Saint-Étienne-des-Grès en 1944.

La quatrième du deuxième rang, en commençant par la gauche, pourrait être Annette Campbell (1922- ), fille d'Osias et d'Éveline Boucher, qui a fréquenté l'École normale des Ursulines de Trois-Rivières, avec Yolande St-Onge et Louise-Hélène Pellerin.

Les Grès


Le hameau des Grès, où la famille Lemire résidait, s'était formé sur le bord de la rivière Saint-Maurice, autour de l'ancien moulin à scie des Baptist. « A company town » comme disent les Anglais. Il n'en reste plus grand chose à présent. L'endroit fait partie de la municipalité de Saint-Étienne-des-Grès. 

Charles-Edmond Lemire, fils de Joseph-Edmond et de Marie Lincourt, est né à Saint-Étienne-des-Grès le 10 juillet 1880. Il a épousé Béatrice Riopelle le 12 août 1902 à Saint-Mathieu. Cette famille a habité « La grande maison » des Grès, ancienne résidence des Baptist, qui a été démolie en 1953.

L'École normale des Ursulines


La photographie des jeunes filles aux Grès pourrait représenter un groupe d'étudiantes de l'École normale des Ursulines à Trois-Rivières.

L'École normale a ouvert ses portes le 8 septembre 1908 sur la rue Sainte-Cécile, quelque semaines après le grand incendie de Trois-Rivières, et a été relocalisée au Monastère Christ-Roi en 1939. Elle formait des institutrices de niveau primaire, dont plusieurs ont travaillé comme « maîtresses » dans les écoles de rang de la région.

Le Monastère Christ-Roi devenu le Collège Laflèche à Trois-Rivières

Ma tante Yolande St-Onge, celle qui porte un foulard sur la photo, a enseigné à l'école du rang Petit Saint-Étienne de 1942 à 1945, avant d'entrer chez les Soeurs de l'Assomption, une communauté enseignante dont la maison-mère est à Nicolet. Elle a passé la majeure partie de sa carrière d'enseignante à Princeville, où une rue a été nommée en son honneur.


samedi 12 décembre 2015

Une photographie mal identifiée

J'ai deux identifications d'une même photographie ancienne que je publie en espérant qu'un lecteur m'aide à dissiper cette confusion.

Cette photographie représenterait soit :
  1. Hilarion St-Onge (1870-1940) et son épouse Eugénie Lampron (1875-1959) qui se sont mariés à Saint-Boniface de Shawinigan le 4 juillet 1893. C'est l'identification qui a été faite dans l'album À propos de Saint-Boniface de Shawinigan publié en 1984. Cet album contient beaucoup d'erreurs, alors je me méfie un peu.
  2. Maxime Descôteaux (1848-1921) et Marie-Émilia Caron (1854- ) qui se sont mariés au même endroit le 18 février 1878. Leurs noms étaient écrits au verso d'un exemplaire qui se trouvait parmi des photos de famille.
Je penche pour le premier couple, celui d'Hilarion St-Onge et Eugénie Lampron, mais un doute subsiste dans mon esprit. Voici la photographie en question :




Et sur cette autre photographie, prise dans les années 1950, la femme de droite est Eugénie Lampron, veuve d'Hilaron St-Onge vieillie. Je ne suis pas physionomiste. Est-ce bien le même visage, disons soixante ans plus tard ?

dimanche 6 décembre 2015

Le missionnaire bénissait des fosses


Les postes du Domaine du roi


En 1785, quelques mois seulement après son ordination comme prêtre, le Montréalais Laurent Aubry (1756-1839) a été nommé missionnaire des postes du Domaine du roi. 

La mission des postes du Domaine du roi couvrait un immense territoire s'étendant, d'ouest en est, de Tadoussac, à l'embouchure de la rivière Saguenay, jusqu'à une limite orientale qui pouvait varier, selon les cartes, entre Sept-Îles et l'archipel des Îles Mingan. Au nord-ouest, le Domaine touchait le rivage de la Baie d'Hudson.

Sources : Atlas électronique du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Tadoussac, Chicoutimi, Sept-Îles, les Ilets-de-Jérémie étaient des lieux de rencontre avec les nomades montagnais pour la traite des fourrures. Chacun de ces postes comprenait une maison pour le commis, qui servait aussi de magasin et d'entrepôt, de même qu'une chapelle à l'usage du missionnaire.

Le prêtre commençait sa tournée au printemps et en revenait à la fin du mois d'octobre, après avoir parcouru des centaines de kilomètres, à pied ou en canot d'écorce, sous les intempéries et parmi les moustiques. Il fallait un homme jeune et robuste pour accomplir cette mission. 

La mission de l'abbé Aubry


Laurent Aubry n'a oeuvré dans le Domaine du roi qu'une seule saison en 1785. Son registre s'ouvre le 5 mai 1785 et le dernier acte qu'il a signé est daté 8 octobre de cette même année.

Il avait développé un système original pour identifier le poste où se situait chaque acte du registre. Aubry écrivait en très grandes lettres dans la marge : 
  • TA pour Tadoussac, la porte d'entrée du Domaine ;
  • IG pour les Islets-de-Gérémie (Jérémie) ;
  • SI pour Sept-Îles ;
  • CHE pour Chekoutimi (Chicoutimi).

Le missionnaire ne pouvait visiter qu'une partie du Domaine. Souvent, les Amérindiens qu'il rencontrait n'avaient pas vu de prêtre depuis des années. Il y avait donc un rattrapage à faire pour bénir leurs naissances, leurs unions et leurs sépultures qui étaient déjà anciennes.

Aubry a célébré quelques baptêmes à son arrivée à Tadoussac (TA) avant de se rendre aux Islets-de-Jérémie (IG).

La bénédiction des fosses


Le quatorze mai 1785, Aubry a officié une cérémonie inhabituelle qu'il a intitulée : bénédiction de la fausse (sic) de la fille de Joseph Cheucabanau. L'enfant « décédée  il y a un an âgée de trois jours. »

Extrait du registre des Postes-du-Roi

L'enfant de Joseph Cheucabanau avait donc été enterrée l'année précédente en l'absence d'un prêtre et dans une terre non consacrée. Or, le missionnaire n'avait pas le pouvoir de consacrer cette terre pour en faire un cimetière catholique. Il contournait la difficulté en bénissant chacune des fosses qui s'y trouvaient.

Le 10 juin suivant, au poste de Chicoutimi (CHE), l'abbé Aubry a béni huit autres fosses dont les plus anciennes dataient de huit ans. Il devait donc s'en remettre aux témoignages des Montagnais présents pour connaître l'emplacement de ces fosses, la date des décès et l'identité des défunts.

Aubry a été remplacé par un autre jeune Montréalais Jean-Joseph Roy (1759-1824) qui est demeuré en poste pendant dix ans.

jeudi 12 novembre 2015

La légitimation d'un enfant naturel par mariage

Le 2 janvier 1783, le curé Jean-Baptiste-Noël Pouget de Berthierville a baptisé Pierre, né le même jour, de père et mère inconnus. Son parrain a été Louis Houde et sa marraine, Marie-Angélique Fournaise, femme de Pierre Botineau.

Extrait du registre de Berthierville, 2 janvier 1783

Un nouveau-né n'arrivait jamais seul à l'église pour son baptême.  Il était porté par sa marraine qui était souvent la grand-mère ou la tante de l'enfant. Le curé connaissait donc l'identité des parents, mais ne pouvait pas l'inscrire dans le registre parce que ces derniers n'étaient pas mariés. L'enfant devait porter le stigmate d'une naissance illégitime.

Il était possible de légitimer à posteriori la naissance d'un enfant soit par une décision de justice, soit par le mariage de ses parents. C'est la voie qu'ont choisie les parents naturels du petit Pierre : Pierre Botineau, le fils de la marraine de l'enfant, et Angélique Joly, qui était veuve de Louis Durand. Ils se sont mariés le vingt janvier 1783, soit 18 jours après le baptême, en présence de l'enfant, de son parrain et de sa marraine. Voici la formule que le curé Pouget a ajouté à la fin de l'acte de mariage pour légitimer l'enfant :

« lesquels ont reconnu pour légitime un garçon né d'eux et baptisé le 2 janvier courant en présence des susdits témoins nommé Pierre et dont les témoins Louis Houde et Marie-Angélique Fournaise mère de l'époux ont été parrain et marraine et présenté en ce jour par les dits époux. »

Extrait du registre de Berthierville, 20 janvier 1783

J'imagine que la mariée tenait l'enfant dans ses bras.

Louis Durand, le premier époux d'Angélique Joly est décédé avant le 21 mars 1779, jour du baptême d'une enfant posthume. Je n'ai pas retrouvé son acte de sépulture. Angélique Joly a eu deux filles de ce premier mariage : Louise Durand née le 28 janvier 1777 et Angélique Durand, l'enfant posthume en question. Elle était donc veuve depuis près de quatre ans quand elle a épousé Pierre Botineau. Angélique Joly et Louis Durand ont signé un contrat de mariage devant le notaire Faribault de Berthierville le 19 février 1776.

mardi 10 novembre 2015

François Fournaise, chaudronnier ambulant, est tombé d'une falaise

L'ancêtre François Fournaise dit Laboucane, ancien soldat et chaudronnier ambulant, a connu une fin tragique alors qu'il faisait sa tournée dans la région de Donacona. Aux Écureuils, il est tombé d'une falaise, d'un escarpement que l'on nommait écore. 

L'acte de sépulture signé par le curé Chartier de Lotbinière raconte les derniers jours de François Fournaise comme le ferait un journaliste. C'est un acte comme je les aime, qui raconte une histoire.

L'acte du registre de la paroisse des Écureuils, est daté du 20 juillet 1772.


Le texte est petit et l'écriture est pâle, mais j'ai réussi à le lire (avec l'aide d'Hervé). J'ajoute une ponctuation pour faciliter la lecture :
L'an mil sept cent soixante douze, le vingt de juillet, j'ai inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de françois fournelle dit la boucane, homme marié et passant chodronnier de profession, âgé de quarante trois ans ; il a tombé des écores de cette paroisse et a été ramassé et mené chez un nommé pierre langlois le dix huit du présent mois et est mort la veille de la sépulture, sans recevoir aucun sacrements, personne ne s'étant aperçu de son état ; en présence de pierre dusaut et de plusieurs autres qui ne savent signer de ce enquis. Chartier de Lotbinière, ptre.
François Fournaise dit Laboucane, ancien soldat de la compagnie de Montigny des troupes de la Marine, était le père d'Angélique Fournaise dite Laboucane, épouse de Pierre Bottineau dont j'ai parlé dans l'article précédent. Il est le sosa 686 de mes enfants. À son décès, il avait 63 ans plutôt que 43.

François Fournaise avait un fils prénommé François qui, selon le registre de la Rivière-des-Prairies, est né le 14 juillet 1731 à 4 heures du matin. Le mort des Écureuils était-il le père ou le fils ? J'ai présumé que c'était le père parce qu'il était chaudronnier. Je réviserai cette conclusion si jamais j'apprend que le fils exerçait le même métier.

samedi 7 novembre 2015

Pierre Botineau et Angélique Fournaise dite Laboucane

Il y a trente ans, aux Archives nationales du Québec. dans la salle des microfilms, j'ai découvert un couple de mes ascendants, les sosas 342 et 343 de mes enfants, dont les noms singuliers m'ont fait sourire : Pierre Botineau et son épouse Angélique Fournaise dite Laboucane. J'ai découvert récemment qu'ils étaient les grands-parents du fameux coureur des bois Pierre Botineau que les Américains ont surnommé "The Kit Carson of the Northwest".


Pierre Botineau (c1730-1790)

L'ancêtre Pierre Botineau était originaire de la région de Nantes en Bretagne. Selon son âge au décès, il serait né vers 1730. Il a immigré en Nouvelle-France peu de temps avant la prise de la colonie par les Anglais. La première mention que j'ai trouvée de sa présence en Amérique est son mariage avec Marie-Angélique Fournaise dite Laboucane, le 7 janvier 1760 à Lavaltrie, quatre mois après la Bataille des plaines d'Abraham.

L'acte de mariage nous donne l'identité de ses parents : Mathurin Botineau et Marie Aubron de la paroisse de Doulon dans le diocèse de Nantes en Bretagne. L'ancienne commune de Doulon fait aujourd'hui partie de la ville de Nantes.

Le patronyme Botineau n'est pas d'origine bretonne. Il viendrait plutôt de la Vénétie, dans le nord de l'Italie. Il s'est répandu dans plusieurs régions de France, dont la Bretagne.

Aucun des actes que j'ai consultés ne donne le métier de Pierre Botineau père, mais je crois qu'il était sabotier parce que ses deux fils aînés, Pierre et Joseph-Jacques, ont exercé ce métier dans la région de Berthier. Le cas échéant, ils l'auraient appris en travaillant avec leur père.

Au XVIIIe siècle, les sabots étaient portés dans toute l'Europe du Nord, mais on les associe souvent au costume traditionnel du paysan breton. Les immigrants de Bretagne et d'autres régions du Nord de la France ont apporté cette chaussure avec eux en Amérique.

Comme on peut le voir sur la carte postale ci-contre, le sabotier sculptait chaque chaussure dans une bûche de bois, d'abord planée en forme de sabot, puis creusée pour façonner l'intérieur à la forme du pied. Il en faisait de toutes les grandeurs, pour les enfants comme pour les adultes. Le sabot de bois était la chaussure de tous les jours, tandis que le soulier de cuir n'était porté que dans les grandes occasions.

Angélique Fournaise dite Laboucane (1742- )

Son épouse, Angélique Fournaise dite Laboucane, était la fille du soldat François Fournaise et d'Angélique Serre. Cet improbable surnom de Laboucane était vraisemblablement le nom de guerre que son père avait reçu dans le compagnie de Montigny des troupes de la Marine.

Après sa démobilisation, Fournaise a exercé le métier de chaudronnier à Lavaltrie. Un peu orfèvre, il restaurait des objets de culte dans les églises de la région.

L'acte de sépulture d'Angélique Fournaise est introuvable.


Descendance

Pierre Botineau et Angélique Fournaise on fait baptiser huit enfants à Lavaltrie et à Berthierville entre 1760 et 1776. Trois garçons et deux filles se sont mariés : Pierre (né en 1760), Joseph-Jacques (1762), Angélique (1764), Marie-Jeanne (1771) et Charles (1776). Leur fille Angélique Botineau est le sosa 171 de mes enfants.

Leur fils cadet, le coureur des bois Charles Botineau, est l'ancêtre des Botineau métis du Nord-Ouest des États-Unis.

(À suivre)


mardi 27 octobre 2015

Deux cent mille

Ce matin, Le Carnet du Flâneur a reçu son deux cent millième visiteur. 

Le tout a commencé en mai 2008 par un article sur la disparition d'une croix de chemin.  Je ne m'attendais pas à une telle diffusion.

J'ai couvert à peu près tous les sujets qui m'intéressent : l'histoire, la généalogie, la littérature, l'environnement, l'économie bien sûr, et même la musique. Mais peu à peu, la généalogie et l'histoire des familles de la Mauricie se sont imposés comme sujets principaux, sinon exclusifs. On peut dire maintenant que Le Carnet du Flâneur est un blogue de généalogie.

Mon public s'est élargi au fil des ans. Certains atterrissent sur Le Carnet au hasard d'une recherche, d'autres le consultent régulièrement. Mes visiteurs viennent autant de France que du Québec. J'en connais qui sont des lecteurs assidus parce qu'ils laissent des commentaires sur les articles que je publie.

Il n'y a pas beaucoup de blogues de généalogie au Québec : quatre ou cinq, tout au plus. Très peu comparé aux centaines de blogues qui traitent du sport ou de la politique. En France, je connais une douzaine de blogueurs qui font des recherches semblables aux miennes. Nous formons une petite communauté sur le net grâce à Twitter.

Cette deux cent millième visite m'amène à prendre une résolution, celle d'être plus productif sur ce blogue. Parole de flâneur.