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mardi 18 septembre 2012

Des maux anciens

Voici les noms que l'on donnait autrefois aux maladies connues en Nouvelle-France et dans le Bas-Canada. Certaines de ces maladies ont été pratiquement éradiquées depuis.

Fièvre pourpre : Typhus aussi appelé fièvre des navires ou fièvre des prisons. Maladie pathogène transmise par les poux. Épidémies à Québec en septembre 1697 et septembre 1740, à l'arrivée des navires.

Hydropisie : Rétention d'eau ou oedème. Accumulation anormale de liquide dans les tissus souvent due à l'insuffisance cardiaque.

Mal caduc : Épilepsie aussi appelée le haut mal. Convulsions subites qui affectent environ 5 personnes sur 1000.

Mal de terre : Scorbut. Grave carence en vitamine C qui touchait les équipages des navires et les premiers hivernants en Nouvelle-France. La cause du scorbut est demeurée inconnue jusqu'au XXe siècle. Les Amérindiens le soignait avec une infusion de cèdre blanc (thuya occidentalis).


Picote : Petite vérole ou variole. Maladie virale caractérisée par l'apparition de pustules. On la confondait parfois avec la varicelle, une maladie infantile. Des épidémies de picote ont été signalées à Champlain en 1684, à Québec et Montréal en 1702-1703, à Trois-Rivières en 1733, à Baie-Saint-Paul à l'automne 1760, à Montréal en 1885. Cette maladie faisait des ravages chez les populations amérindiennes.

vendredi 17 février 2012

De l'origine d'enfirouaper

On m'a raconté une belle histoire sur l'origine du verbe enfirouaper, un mot en usage au Québec qui signifie berner ou tromper.

À l'époque de la Nouvelle-France, il était interdit aux coureurs des bois d'échanger des fusils aux Amérindiens pour des fourrures. On voulait ainsi éviter une aggravation des guerres entre les nations amérindiennes et aussi, éventuellement, que nos alliés se retournent contre nous avec des armes à feu.

Mais les Hollandais et plus tard les Anglais de la Nouvelle-Angleterre n'avaient pas ces scrupules. Des marchands anglais malhonnêtes mettaient debout un fusil dont la hauteur devait être égalée par une pile de fourrures apportée par l'Amérindien. C'était payer beaucoup trop cher pour un fusil. Ainsi, l'expression « in fur wrapped  » serait devenue synonyme de tromperie. Cette expression aurait ensuite été francisée en enfirouaper par les coureurs des bois francophones.

Il existe plusieurs variantes de cette histoire qui établissent un lien entre le canadianisme enfirouaper et l'anglais  « in fur wrapped ». La suivante me semble la plus plausible.

Les Amérindiens couvraient leurs ballots de fourrures avec les plus belles peaux et cachaient les moins belles à l'intérieur. L'expression in fur wrapped serait donc devenue synonyme de tromperie, cette fois-ci de la part des Amérindiens, et les voyageurs à l'emploi de la Hudson Bay Company l'aurait francisée en enfirouaper.

Tout ça me semble plus ou moins convaincant. Je ne serais pas du tout surpris qu'on découvre un jour que le terme enfirouaper est un vieux mot français disparu en France mais conservé au Québec, comme il en existe des dizaines.