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jeudi 26 avril 2012

Ti-Claude Samson

C'est un sujet difficile. Je voudrais en parler avec respect, mais sans non plus sombrer dans la rectitude politique.

Ti-Claude Samson est un personnage de mon enfance. C'était un mongolien qui vivait dans la paroisse Saint-Marc de Shawinigan. Je suis certain qu'il ne paraîtra jamais dans le Dictionnaire biographique du Canada. Il mérite pourtant qu'on laisse un témoignage de sa vie.

J'ai lu sur Facebook un message de quelqu'un qui l'a connu : « Tout le monde riaient de P'ti Claude Samson et ça me rendait triste.»

C'est très réducteurTi-Claude Samson n'était pas enfermé chez lui, contrairement à beaucoup de handicapés intellectuels de son époque. C'était le type même de l'idiot du village, le débrouillard, celui que l'on rencontrait dans la rue et que tout le monde connaissait.

Vers 1965, il devait bien avoir une trentaine d'années, sinon plus. Il aimait les hot-dogs et se tenait souvent près de la roulotte à patates frites du parc Saint-Marc, dans l'espoir de s'en faire offrir un par un client.

On entendait bien quelques rires mais, en général, les gens étaient plutôt gentils avec lui. Il les aidait à se sentir normaux.

Ti-Claude adorait le baseball. On l'avait intégré dans l'équipe du parc Saint-Marc. Il ramassait les balles échappées. C'était un peu la mascotte du club. Le problème, c'est qu'il prenait le sport trop à coeur. Il chicanait les enfants qui commettaient des erreurs et pleurait lorsque son équipe perdait un match. Finalement, les dirigeants ont décidé de l'éloigner du terrain, parce qu'il était trop émotif et devenait parfois agressif dans le feu de l'action. Il a continué d'assister aux matchs en restant sagement derrière la clôture.

Je crois qu'il avait atteint la limite de sa capacité d'intégration à la communauté.