jeudi 31 mars 2016

Un frère de grand-père Félix

Cette photographie de famille a été identifiée : « un frère de grand-père Félix ». Grand-père Félix était mon arrière-grand-père, le forgeron Félix Martineau dit Saintonge (1850-1927). Il avait quatre frères : Adolphe, Désiré, François et Élie. Je crois que c'est une photo d'Adolphe (1835-1906), le seul de ses frères qui soit demeuré dans la région de Maskinongé où la famille a vécu. 

Un fils de François Martineau-Saintonge et Josephte Allard

Si c'est bien Adolphe, la photo aurait été prise vers 1900-1905, peut-être à Saint-Alexis-des-Monts, un village forestier situé dans les Laurentides au nord du comté de Maskinongé. Adolphe est décédé à cet endroit le 8 mai 1906. La maison que l'on voit derrière lui semble tirée d'un film western, tant l'influence américaine est évidente. Les souliers ou bottes qu'il porte me semblent étranges, je n'en ai jamais vu de semblables.

Adolphe Martineau-Saintonge, fils de François et de Josephte Allard, a épousé Éloïse Carpentier le 6 février 1855 à Saint-Paulin dans le comté de Maskinongé. Ils ont d'abord vécu sur une ferme à Saint-Paulin après leur mariage, puis à Saint-Paul l'Ermite où Adolphe a travaillé comme journalier, et enfin à Saint-Alexis-des-Monts où la photo aurait été prise.

Les trois autres frères, de même qu'une soeur de mon arrière-grand-père Félix se sont dispersés aux États-Unis, où ils ont engendré une descendance nombreuse de cousins américains que je découvre actuellement, au fil de mes recherches. Je prévois leur consacrer quelques articles au cours des prochaines semaines.

vendredi 11 mars 2016

Le Québec ne sera pas une deuxième Corée !

En 1950, les manoeuvres de l'Union Soviétique en Corée laissaient craindre une troisième guerre mondiale. Au Québec, l'Union Nationale de Maurice Duplessis a exploité cette peur pour asseoir son pouvoir. 

L'hedomadaire La voix de Shawinigan était réputé très proche de l'Union Nationale. Son propriétaire-éditeur, M. Gilles Trudel, était le fils du Dr Marc Trudel, député unioniste du comté de Saint-Maurice de 1944 à 1952. À chaque semaine, une chronique intitulée La politique au Québec faisait l'éloge des réalisations de l'Union nationale et tournait en ridicule les interventions des libéraux.

Citant l'agence Brithish United Press, l'édition du 21 juillet 1950 rapportait que :

« Le gouvernement provincial du Québec a pris toutes les mesures pour mettre en état d'arrestation, en moins de quelques heures, tous les Communistes et leurs sympathisant, en cas d'urgence ... C'est grâce à la Loi du Cadenas, adoptée sous la première administration Duplessis, que les agents anti-subversifs ont pu découvrir les nids de traîtres qui n'attendent que le signal de Moscou pour agir contre leur propre patrie.

Selon un porte-parole du Procureur général, le gouvernement du Québec possède une liste complète et à date de tous les agitateurs et nous savons constamment où chacun se trouve afin de pouvoir les cueillir si nécessaire. Il semble que le gouvernement provincial ait entouré cette liste et son plan de campagne du plus grand secret afin de pouvoir entrer en action en quelques instants si la chose devenait nécessaire ... Les plans comprennent l'arrestation immédiate des communistes et de leurs amis, la protection des édifices publics, des entrepôts, des points stratégiques, des ponts et des services publics, en cas d'urgence, et jusqu'à ce que l'armée puisse relever les agents provinciaux ...

C'est pourquoi des agents spéciaux de la Sûreté provinciale travaillent sans relâche à se renseigner sur les agissements communistes et subversifs. Tout en insistant sur le fait que le gouvernement provincial n'anticipe pas d'avoir à mette ces plans en action, un porte-parole a insisté sur le fait que le Québec ne serait pas " une deuxième Corée ". »

Le plan secret dont il est question dans cet article ressemble beaucoup à celui qui a été mis en oeuvre vingt ans plus tard contre les activistes du Front de libération du Québec (FLQ). 

Voir aussi sur ce blogue : Des felquistes au Lac Martel